Ce que j’en dis…

La Parole Ouvrière (1830-1851) a des choses à nous dire sur l’élection présidentielle 2017

 

Dans les années 1970, le philosophe Jacques Rancière a déjà rompu avec le marxisme d’Althusser et entreprend une longue recherche qui le mènera à une thèse d’État en 1981. A l’époque, professeur de philosophie à l’Université de Vincennes, il décide de « [transformer son] cours de philosophie en groupe de recherche sur l’histoire ouvrière » (p. 339) et trouve son partenaire, Alain Faure, « Etudiant transfuge d’un département d’histoire » (p. 339) (qu’on ne doit pas confondre avec l’historien Alain Faure, spécialiste de la classe ouvrière à l’Université Paris 10 Nanterre). En 1976, avec cet étudiant, Jacques Rancière publie La Parole Ouvrière, une sélection de textes écrits par des prolétaires français entre 1830 et 1851. Ce livre a été réédité par les éditions La Fabrique en 2007*, et c’est une vraie libération de lire ces textes qui, non contents de signifier l’émancipation ouvrière pour les prolétaires de l’époque, amorcent également une véritable émancipation pour le lecteur du XXIe siècle, enfermé dans les contradictions et les absurdités de son siècle.

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Je ne sais pas si je l’ai déjà écrit ici, mais si je me suis lancé dans l’exploration rigoureuse de la pensée de Jacques Rancière, c’est grâce à ma rencontre, l’an dernier, avec un enseignant-chercheur de l’ISP-ICP de Paris, un véritable maître ignorant qui a fait sienne la non-méthode de Rancière ; c’est lui qui m’a poussé à revenir à Rancière, que j’avais lu trop rapidement plus tôt dans ma vie ; c’est lui qui m’a obligé à comprendre Rancière par moi-même, sans me le verser tout cuit dans le bec, pratique qui est trop souvent vouée à l’échec d’ailleurs ; c’est lui qui ravive la flamme que j’ai en moi depuis ce mémoire sur la crise de 1929, rédigé en 2009, cette flamme de la recherche universitaire et du questionnement scientifique. Bon, trêve de bavardage : en ces temps troublés d’élection toute pétée, je m’en vais reproduire quelques textes issus, donc, de La Parole Ouvrière.

* Les références renvoient à l’édition de 2007.

 

A la fin de son introduction (pp. 26-27), Alain Faure introduit et cite deux textes d’époque :

 

« Espoir et désespoir mêlés dans cette réflexion d’avant le combat que prêtait l’écrivain républicain Rey-Dusseuil dans son roman Le Cloître Saint-Merri à un ouvrier insurgé de juin 1832 :

« Tout le monde ne peut pas être riche, je le sais, mais tout le monde doit vivre, je le veux !… Qui nous arrêterait ? La peur de la mort ? On n’a peur de mourir que quand on a plaisir à vivre. La mort est la seule amie du peuple, si elle vient avec une balle, elle se présente mieux qu’attendue sur un grabat… En avant, donc ! »

En écho, à seize ans de distance, cette pensée se retrouve dans la brochure d’un ouvrier supposé tranquille, Cousin-Vesseron (Nécessité de l’organisation du travail) :

« Faut-il s’étonner si des hommes, pour qui le passé et le présent n’ont que des souvenirs d’amertume d’une réalité de souffrance, jettent vers tout nouveau soleil un regard d’impatience et d’espoir ; après tout, l’ouvrier n’a rien à perdre, son sort ne saurait être pire ; il ne désire pas les bouleversements, il ne les craint pas non plus, puisqu’à chaque catastrophe il peut espérer voir cesser l’intolérable état de choses dont il est la victime et se voir débarrasser du fardeau de misère qui depuis si longtemps pèse sur lui. »

Attitude devant la mort qui nous renvoie à la mort quotidienne subie dans l’atelier et à l’avenir qui se pense et se fait à partir d’elle ; s’exprimant dans la pensée ouvrière. »

 

L’extrait suivant (pp. 37-43) provient d’un texte écrit en 1831 par l’ouvrier typographe Augustin Colin, publié dans Le Cri du peuple :

 

« [...] Nous avons secoué le joug de l’aristocratie nobiliaire pour tomber sous la domination de l’aristocratie financière, nous avons chassé nos tyrans à parchemin pour nous jeter dans les bras des despotes à millions. (suite…)



Paye ta playlist ! #007 by Lud : My Classics R’n'B
15 février, 2017, 21:46
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music,Un peu d'Histoire

 

Bonjour à tous (vous devez être bien… trois maximum !) et bienvenue pour cette nouvelle playlist, qui sera beaucoup plus avare en blabla que la dernière (en même temps, ce n’est pas difficile de faire moins bavarde que ma playlist Musica de Brasil). Cette fois, je vous convie à une plongée dans mon adolescence, la musique qu’on écoutait un peu par-dessus la jambe dans la 306 au lycée – donc celle qui passait plutôt sur les ondes, le R’n'B mainstream quoi, et qui fleure bon le début des années 2000. Une manière, aussi, de faire découvrir un temps pas si ancien aux jeunes curieux que je côtoie tous les jours : le R’n'B à la fin des 1990s début 2000s, c’était bandant ! Encore une fois, je vous préviens : cette playlist est entièrement subjective, partiale, partielle, et comportera quelques anachronismes (certains morceaux ne datent pas de la fin 1990s début 2000s – oui, je triche, mais je fais ce que je veux, c’est mon putain de blog). Je vais essayer de la faire chronologiquement… Et je m’excuse par avance : je n’ai pas toujours mis les clips disponibles sur Youtube, car ils sont trop souvent censurés, et je déteste ça !

On commence tout de suite avec un groupe qu’on pourrait qualifier davantage rap que R’n'B, mais bon : Fugees, immense groupe qui a moyennement fini, mais nous, les enfants des eighties, on s’en tape, parce qu’on s’est pris ce putain d’album The Score (1996) en pleine face, et qu’on était un peu trop jeune pour apprécier la bagarre East Coast/West Coast du début des 1990s, même si on s’est bien rattrapé ! Je vous propose deux morceaux connus, que j’affectionne tout particulièrement : « Fu-Gee-La », suivi de « Ready Or Not ».

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Jacques Rancière : « Election et raison démocratique »

 

Souvent,  je lis des textes, je les trouve brillants, et je ne sais pas faire autrement pour les utiliser que de les retranscrire entièrement. Voici un article du philosophe Jacques Rancière datant de 2007, penseur radical de l’égalité, que je découvre de jour en jour, et qui tiraille toujours un peu plus ma réflexion !

 

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Jacques Rancière pour un entretien à Filosofie Magazine, devant des étudiants de l’université d’Amsterdam (Maagdenhuis), mai 2015, copyrights Roger Cremers.

 

Cette élection présidentielle, comme les précédentes, donne aux médecins bénévoles ou intéressés l’occasion de reprendre l’antienne de la crise ou du malaise de la démocratie. Il y a cinq ans, ils se déchaînaient contre ces électeurs inconscients qui votaient selon leur goût personnel pour des « candidats de protestation » et non en citoyens responsables pour des « candidats de gouvernement ». Aujourd’hui, ils dénoncent l’empire des médias qui « fabrique » des présidentiables comme on lance des produits. En dénonçant ce qu’ils considèrent comme une perversion de l’élection présidentielle, ils confirment le postulat que cette élection constitue bien l’incarnation suprême du pouvoir du peuple.

L’histoire et le bon sens enseignent pourtant qu’il n’en est rien. L’élection présidentielle directe n’a pas été inventée pour consacrer le pouvoir populaire mais pour le contrecarrer. Elle est une institution monarchique, un détournement du suffrage collectif destiné à le transformer en son contraire, la soumission à un homme supérieur servant de guide à la communauté. Elle a été instituée en France en 1848 comme contrepoids à la puissance populaire. Les républicains avaient cru en limiter le risque par un mandat de quatre ans non renouvelable. Le coup d’État de Louis Napoléon fit prévaloir l’esprit monarchiste de l’institution sur sa forme républicaine. (suite…)



L’islamophobie, c’est quoi ? Un regard sociologique

 

Depuis plusieurs décennies, il fait de moins en moins bon être musulman en France – qu’on soit Français ou pas. Il y a deux ans, fouineur que je suis, je tombe sur l’excellente revue scientifique Sociologie, née quelques années auparavant, qui propose un numéro spécial sur la sociologie de l’islamophobie, dont on peut lire certains articles sur le portail Cairn (ici). C’est en étudiant cette revue que j’ai affiné mon regard scientifique sur cet objet si méconnu et passionné qu’est l’islamophobie. Je lis et entends souvent des critiques sans nuances à l’égard des musulmans et de l’islam, quand ce n’est pas parfois une franche et irraisonnée hostilité, même de la part de mes amis, critiques réservées à cette seule religion et à ces seuls croyants. Dans le numéro de Sociologie sus-cité, notamment, les politistes Abdellali Hajjat et Julien Beaugé s’intéressent au rôle du Haut Conseil à l’intégration dans la construction du « problème musulman », et le sociologue Marwan Mohammed introduit le numéro en esquissant un panorama des travaux sociologiques consacrés à ce nouveau champ de recherche qu’est l’islamophobie. Il y a quelques jours, je tombe sur un ouvrage important, que je dévore rapidement : A. Hajjat, M. Mohammed (2013), Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », Paris, La Découverte, « Poche », 2016. J’ai eu envie de partager avec vous l’introduction de cet ouvrage (pp.5-22), qui, je l’espère, vous donnera l’envie de prolonger la lecture. Toutefois, avant de proposer cette introduction, je souhaitais clarifier quelque chose tout de suite : le sociologue Marwan Mohammed n’est pas Marwan Muhammad. Ce dernier est un militant très actif, directeur exécutif de l’association Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) depuis mars 2016. Il n’y a aucun lien de parenté. Voilà une vidéo dans laquelle Marwan Mohammed (le sociologue, donc) est invité sur France 24 par Gauthier Rybinski en 2013 pour y présenter l’ouvrage en question :

http://www.dailymotion.com/video/x1802lq

Après cette « introduction », voici la réelle introduction de l’ouvrage co-écrit par A. Hajjat et M. Mohammed : (suite…)



LCS 192. The Golden Gate Quartet, « Sixteen Tons », 1950-60s

 

The Golden Gate Quartet, « Sixteen Tons ». Je n’ai pas trouvé l’année où le Quartet a repris ce titre, mais la vidéo semble bien datée des années 50-60, vue l’âge supposé des membres du groupe. Cette reprise figure sur une compilation intitulée The Spirituals & Gospels, un double CD datant de 2001 édité chez Gemini en Allemagne.

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Le titre, quant à lui, est, selon Wikipedia, un morceau enregistré pour la première fois en 1946 par Merle Travis et parue l’année suivante sur son album Folk Songs of the Hills. Tennessee Ernie Ford en fit une version très populaire en 1955.

Apparemment, c’est un morceau très connu qui relate la dure vie d’un mineur dans une mine de charbon, un morceau qu’on peut assimiler à une protest song à l’écoute de laquelle on comprend que le salariat est bien un système d’exploitation : comme les prostituées du XIXe siècle, les travailleurs des mines n’étaient pas toujours payés en monnaie, mais en bons d’achat non transférables et valables uniquement dans le magasin de l’entreprise, empêchant les ouvriers de faire quelque économie (truck system), ils logeaient souvent dans des maisons ou dortoirs appartenant à la compagnie et devaient s’acquitter du loyer. Ce système persista jusqu’à ce que les luttes syndicales du United Mine Workers amenèrent à interdire de telles pratiques ; ces luttes furent si terribles qu’on les appela les « Mine Wars », les guerres des mines, qui se déroulèrent entre le début des années 1920 et les années 1930. On comprend mieux cette partie du refrain : « Another day older and deeper in debt » (« Un jour de plus et la dette s’accroît »).

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Travailleurs dans les mines, Ward, Virginie Occidentale, début du XXe siècle, Baker Library, Harvard Business School.

 

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Entrée d’une mine de charbon, Virginie Occidentale, 1908, by Lewis Wickes Hine, US Library of Congress.

 

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Entrée d’une mine, Red Star, Virgine Occidentale, 1908, US Library of Congress.

 

Bonus : The Golden Gate Quartet, « The Preacher and the Bear », titre sorti en août 1937 en single 78RPM :

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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #020

 

 

Aujourd’hui, j’ai décidé de balancer un Edito-Eco un peu particulier, dans lequel je reproduis un essai d’un immense écrivain, Jack London. Longtemps, j’ai cru que Jack London était celui qui avait écrit Croc Blanc. Entendre : celui qui n’avait écrit que Croc-Blanc. Et encore, ne l’ayant toujours pas lu, je n’avais de Croc-Blanc qu’une vague idée, certainement fausse, véhiculée par ses mièvres succédanés télévisuels : un conte pour enfants avec un chien moral qui parle (ou qui pense à voix haute), à peine plus palpitant que L’incroyable voyage…Voilà ce que je connaissais de Jack London.

Il y a quelques mois, une très chère amie, connaissant mes engagements savants et politiques, m’enjoint de lire Le Talon de fer (The Iron Heel), publié en 1908, roman dans lequel Jack London imagine une révolution socialiste aux États-Unis en 1914.

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J’entre dans une librairie, et cherche l’ouvrage en question, en vain. Déçu de passer pour un temps à côté d’une œuvre aussi attrayante, je décide de partir avec un autre ouvrage de l’écrivain, pour enfin le découvrir, lui et ses engagements. Après une intense comparaison entre les différents titres disponibles, mon choix se porte sur un recueil d’essais politiques et personnels, intitulé Révolution (du titre d’un essai de 1908) suivi de Guerre des classes, publié chez Libretto.

C’est l’un de ces essais que je reproduis ce jour : un texte d’une sincérité et d’une justesse incroyables, en plus d’un certain style, que, malgré la dimension très biographique, on pense avoir été écrit pour notre époque libérale et cynique ; un texte qui a digéré Marx et le marxisme, voire même Thorstein Veblen, et qui contient déjà en filigrane Karl Polanyi, Pierre Bourdieu et Frédéric Lordon. Ce texte s’intitule « Ce que la vie signifie pour moi ». Bonne réflexion ! (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #019

F. Hollande – enfin, surtout la vacuité idéologique qu’il incarne – n’a décidément rien compris à l’Histoire. Exposé en quatre points.

1. Haut dignitaire d’un Parti dit « Socialiste », F. Hollande s’est fait élire en 2012 sur une méprise doublée d’une conjoncture particulière : non content d’apparaître comme une force suffisante pour battre N. Sarkozy, cette apparence se double en effet d’une posture de gauche (« Mon ennemi, c’est la finance », la taxe à 75%) à défaut d’avoir véritablement un programme de gauche (équilibre des comptes publics, allègements fiscaux et aides publiques aux entreprises). A titre personnel, je pense qu’il se croit encore sincèrement socialiste ; il a simplement oublié ce que signifiait ce mot…

2. Élu de justesse au 2nd tour, sa politique économique se révèle en fait très… libérale, sur les questions de la croissance, du chômage, de l’emploi ; on l’entend même reprendre à son compte, mot pour mot, la fumeuse « loi » des débouchés de Jean-Baptiste Say ! On a pu croire à un « tournant », mais c’était passer sous silence le parcours du bonhomme (HEC, IEP, ENA, Mitterrand, J. Attali, Cour des comptes, « oui » à la Constitution européenne en 2005, etc.), du parti qu’il incarne (le tournant libéral date en fait de… 1982) et des têtes qu’il a choisies pour mener sa politique (J. Cahuzac, P. Moscovici, M. Sapin, M. Valls, F. Rebsamen, E. Macron, sans compter les conseillers et/ou amis du Président : P. Aghion, P. Lamy, H. Védrine, D. Villemot, J. Attali, P. Villin, etc.). La « gauche » ou le « socialisme » incarnés par F. Hollande ressemble finalement, malgré les spécificités nationales, au Parti démocrate de Clinton, au SPD de Schröder, au Labour de Blair et de plus en plus au reagano-thatchérisme le plus crasse…

3. En avril 2015, à la TV, F. Hollande choque tous ceux qui se trouvent à sa gauche en comparant le FN contemporain à « un trac du PCF des années 1970 ». Toute l’extrême-gauche est scandalisée, à juste titre : pas vraiment par cette saillie qui, si on analyse la citation dans son contexte, est beaucoup plus prudente qu’il n’y paraît ; mais parce que l’insidieuse indistinction entre « les » extrêmes, ramenant dos à dos ce qu’on appelle l’extrême-droite et l’extrême-gauche, est répétée comme un mantra depuis plusieurs décennies, jusque dans les programmes d’histoire, alors qu’il n’y a rien de commun entre ces deux « extrêmes » ; ils sont même antinomiques !

4. Hier, F. Hollande était à Cuba, en particulier pour faire des affaires. Il en a profité pour rencontrer Fidel Castro, lider de la Révolution cubaine en 1958, et l’a qualifiée de « rencontre de l’Histoire ». Deux propositions antithétiques. Que va faire F. Hollande chez Castro ? « Rassurer sa gauche », affirment les journalistes, comme si les idéaux de gauche étaient portés par le vieux barbu. En fait, il vient y faire des affaires. Lorsque Castro (Raul, pas Fidel) annonce l’ouverture de Cuba aux investisseurs étrangers (à l’image de la Chine des années 1980), les démocraties libérales oublient le caractère non démocratique de l’île et foncent y vendre tout un tas de cochonneries. Business is business. C’est comme se féliciter de vendre des armes au Qatar, soupçonnés de financer… le djihadisme ! Mais revenons à nos moutons, car il y a plus grave que faire du business avec des pays loin d’être de gentilles démocraties. Ce qui est grave, c’est que, d’un côté, les sociaux-libéraux, incarnés en France par le PS, décrédibilisent les idéaux progressistes portés par l’extrême-gauche actuelle en les comparant aux idéaux fascistes, alors que de l’autre, ils n’hésitent pas à commercer avec des fascistes qui se réclament de l’idéal révolutionnaire (le tampon « vu avec F. Castro » est censé valider le caractère « de gauche » de F. Hollande), mais qui sont en fait responsables de la trahison de cet idéal, avec les régimes soviétiques, chinois, nord-coréen…

Relisez cette dernière phrase au calme…

 

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Ma journée au Paris Cocktail Festival 2014
29 janvier, 2015, 23:02
Classé dans : Ca, de l'art ?,Epicurian Arts,Un peu d'Histoire

 

* J’ai écrit ce texte quelques jours après la manifestation, à partir de mes notes. Je ne sais toujours pas pourquoi je ne le publie que maintenant… Toutes les photos ont été prises par votre serviteur.

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Sur conseil de Cocktail Molotov, je décide de participer à la troisième édition du Paris Cocktail Festival. La page d’accueil du site m’enchante : des ateliers, des conférences, un tournoi, une expo, le tout dans le quartier du Louvre.

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Capturer g - CopieExtraits de captures d’écran du site dédié au festival

Récit.

 

Il est 11h10, à Porte de Saint-Ouen. J’accours, mais le bus part devant moi. Le pire, c’est que je ne suis pas en retard : c’est le bus qui accélère une minute en avance. Le prochain dans dix-huit minutes. Putain de RATP. Je m’apprête à naviguer dans les allées du Paris Cocktail Festival (PCF), sises au 8 rue de Valois, en ce jour de grâce du dimanche 27 avril 2014. Pendant que deux papes sont canonisés, moi, je vais descendre des canons alambiqués. En attendant, je patiente seul dans un arrêt de bus gris de la Porte de St-Ouen. Durant dix-huit minutes.

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Le bus arrive enfin. En avance de deux minutes. Une fois dedans, lâche, je ne dis rien, tout excité à l’idée d’entendre des conseils et de vider mon morlingue en accessoires et autres litrons. Deux petites vieilles entrent dans le bus et se marrent comme des baleines : elles viennent de voir un sans-abri pisser sans retenue ni gêne. En psychanalyse, on parle d’absence de surmoi. « Non mais, regarde-moi ça, la mairie pourrait faire quelque chose… Celui-là, il a tout un barda prêt du métro, avec ses cadis et sa tente. Ça fait pas propre, faudrait penser à le virer, tout de même… » Putain de parasites. (suite…)



Lud le bootlegger présente… le Daïquiri
24 mai, 2014, 17:29
Classé dans : Epicurian Arts,Un peu d'Histoire

 

Back to basics. Aujourd’hui, place à un classique : le Daïquiri.

Durant ma période estudiantine, le Mojito se démocratisait plus vite que le Vélib à Paris. Conséquence : quand on en avait bu deux ou trois dans la semaine, on finissait par rechercher d’autres saveurs. Et quoi de mieux que le Daïquiri pour changer, sans prendre le risque de tomber sur un truc chelou pour l’étudiant moyen (au hasard : un Dry Martini avec des olives) ? Le Daïquiri, un grand classique.

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 Un Daïquiri classique fait à la maison le mois dernier !

Evidemment, j’en ai goûté des dizaines et des dizaines avant que mon palais s’affine. Et pas toujours les meilleurs : il a le défaut de sa popularité, comme le Mojito. Mais lorsqu’il est bien préparé, ce cocktail est un délice, c’est d’ailleurs l’un de mes préférés. Toutefois, avant de s’exercer à sa préparation, simplissime, faisons un détour par l’histoire.

(suite…)



L’Edito Eco de Lud le Scribouillard #005

 

Ce samedi 3 mai 2014, l’économiste Gary Becker est mort.

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Depuis les années 1980, le néolibéralisme a poussé plus loin ses pions sur l’échiquier économique mondial, transformant les sociétés, les politiques, les comportements humains. On sait moins que le carcan épistémologique dans lequel le néolibéralisme enferme la société est pensé depuis, au moins, les années 1950 d’Eisenhower, au moment même où la pensée keynésienne s’imposait dans les centres de recherche et, sous une forme abâtardie, jusque dans l’application des politiques économiques. Une longue traversée du désert pour tous les libéraux de la planète. Traversée du désert productive, néanmoins…

 

Gary Becker est né en 1930 en Pennsylvanie. « Etudiant à Princeton, il affirme s’être inscrit « par hasard » à un cours d’économie. Il aime ça. Mais, assez vite, il se lasse. « J’avais l’impression que l’économie était une matière stérile. » Il est tenté par la sociologie. « J’ai lu des livres, notamment Talcott Parsons, qui était alors la référence en sociologie aux Etats-Unis. Je n’ai rien compris », s’amuse-t-il. [Il] se résigne donc à l’économie. Sans grand enthousiasme, il part à Chicago poursuivre ses études. Et, là, c’est le déclic. Il s’appelle Milton Friedman […]. » [Malingre, 2005] Il donne ainsi des cours et obtient son doctorat en 1955 à Chicago sous la direction de H. Gregg Lewis. Sa thèse est une analyse économique des discriminations raciales ; elle sera publiée en 1957. La même année, il devient professeur à Columbia, puis « retourne à Chicago, suite notamment aux mouvements étudiants de 1968 qu’il désapprouve fortement. » [AEP, 2005] « C’est [donc] à partir des années soixante que Becker va remodeler largement le champ de la pensée économique libérale en l’élargissant à l’ensemble des comportements humains impliquant des choix… » [Benhamou, 1988] (suite…)


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