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Jacques Rancière : « Election et raison démocratique »

 

Souvent,  je lis des textes, je les trouve brillants, et je ne sais pas faire autrement pour les utiliser que de les retranscrire entièrement. Voici un article du philosophe Jacques Rancière datant de 2007, penseur radical de l’égalité, que je découvre de jour en jour, et qui tiraille toujours un peu plus ma réflexion !

 

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Jacques Rancière pour un entretien à Filosofie Magazine, devant des étudiants de l’université d’Amsterdam (Maagdenhuis), mai 2015, copyrights Roger Cremers.

 

Cette élection présidentielle, comme les précédentes, donne aux médecins bénévoles ou intéressés l’occasion de reprendre l’antienne de la crise ou du malaise de la démocratie. Il y a cinq ans, ils se déchaînaient contre ces électeurs inconscients qui votaient selon leur goût personnel pour des « candidats de protestation » et non en citoyens responsables pour des « candidats de gouvernement ». Aujourd’hui, ils dénoncent l’empire des médias qui « fabrique » des présidentiables comme on lance des produits. En dénonçant ce qu’ils considèrent comme une perversion de l’élection présidentielle, ils confirment le postulat que cette élection constitue bien l’incarnation suprême du pouvoir du peuple.

L’histoire et le bon sens enseignent pourtant qu’il n’en est rien. L’élection présidentielle directe n’a pas été inventée pour consacrer le pouvoir populaire mais pour le contrecarrer. Elle est une institution monarchique, un détournement du suffrage collectif destiné à le transformer en son contraire, la soumission à un homme supérieur servant de guide à la communauté. Elle a été instituée en France en 1848 comme contrepoids à la puissance populaire. Les républicains avaient cru en limiter le risque par un mandat de quatre ans non renouvelable. Le coup d’État de Louis Napoléon fit prévaloir l’esprit monarchiste de l’institution sur sa forme républicaine. (suite…)



L’aliénation du travail (parental)

 

Partons d’une boutade : tu sais que tu es parents de jumeaux quand… tu comprends le concept philosophique d’ « aliénation » sans jamais avoir ouvert un bouquin d’Hegel, de Feuerbach ou de Marx.

 

Un heureux évènement double !

 

Depuis le 30 juillet 2014, ma compagne et moi sommes parents de jumeaux. Deux petits garçons beaux comme l’Adonis qui nous comblent de bonheur à mesure que nos nuits s’amenuisent. Nous avons la trentaine, sommes enseignants tous les deux (français-latin pour elle, sciences sociales et économiques pour moi). A ce titre, je suis un éternel érudit : je lis, décortique, écris beaucoup, sur la société, l’économie, l’art, le sport… Ma bibliothèque ferait pâlir d’envie le CDI du lycée dans lequel j’enseigne (je dois avoir 400 ou 500 ouvrages de SES, ma femme trois fois plus dans sa discipline), sans compter les revues et magazines, les ouvrages sur le cinéma, la musique, les bande-dessinées, les beaux livres.

 

Bien sûr, je m’étais préparé à l’arrivée de ces créatures, j’étais même impatient de pouvoir les porter, les embrasser, les nourrir, les laver, les endormir, les chatouiller. Eric Zemmour me considérerait comme un sous-homme féminisé nourri à Hélène et les garçons, je lui rétorquerais que je suis un homme moderne, progressiste et féministe. Toutefois, en dépit du quintal de publications lues par ma femme sur le sujet, des questions posées aux professionnels et des conseils avisés reçus d’amis bienveillants, nous avons évalué l’écart entre ce qu’on dit et la réalité quand ils sont nés : un gouffre qui semble aussi infranchissable que les gorges que s’apprête à traverser Homer Simpson avec le skateboard de Bart dans un épisode célèbre…

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J’ai vu… La Propriété, c’est plus le vol d’Elio Petri (Réflexions sur la propriété, la monnaie, la dette)

* Ce texte n’est pas tant une critique du film qu’un prétexte pour tenter d’éclaircir les notions de propriété, de monnaie, de dette.

 

Pendant les vacances, je travaille… Mais j’en profite aussi pour aller au cinéma. Cette semaine, j’ai vu le formidable documentaire Au Bord du monde de Claus Drexel (2013), le très touchant et énervé Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée (2013), le violent 12 Years A Slave de Steve McQueen (2013), l’éternel (et moins blockbuster qu’on ne le dit) Jaws de Spielberg (1975) avec ma belle, et La Propietà non è più un furto d’Elio Petri (1973) avec mon pote Benoît. Pourquoi ai-je décidé d’écrire une bafouille sur La Propriété, c’est plus le vol ? Parce qu’il n’est pas que radicalement contestataire, mais tellement riche intellectuellement…

L’histoire est simple, en apparence. Total (Flavio Bucci) est un modeste employé de banque, fils d’un modeste employé de banque. Le problème est qu’il semble assez mal dans sa peau ; d’ailleurs, il est allergique à l’argent, des démangeaisons frénétiques s’emparent de lui à chaque contact avec un billet. Révulsé par l’absurdité du système capitaliste basé sur l’argent, il décide de démissionner et de lui rentrer dans le lard. Il prend alors pour cible un riche boucher (Ugo Tognazzi) qui affiche sa fortune avec ostentation.

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Critique artistique

 

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J’ai vu… Foxfire, confessions d’un gang de filles de Laurent Cantet

Ce lundi 4 mars, j’ai été studieux : j’ai assisté à un colloque international à Sciences Po, sur le thème Travail et genre : variations France/Etats-Unis. J’y ai notamment découvert une économiste brillante, dont je parlerais peut-être par ailleurs, Nancy Folbre. Et j’ai terminé ma journée au cinéma, avec ma belle, devant Firefox, Confessions d’un gang de filles, histoire de prolonger artistiquement cette journée scientifiquement stimulante. Adaptation d’un roman de Joyce Carol Oates, le film est clairement un prolongement du précédent long-métrage de Laurent Cantet, Entre les murs. Son dada : filmer la prise de conscience puis de pouvoir de la jeunesse en pleine ébullition. On peut se demander, rétrospectivement, si l’objectif du cinéaste n’était pas, finalement, de filmer des jeunes filles dans leur révolte, confuse, contradictoire, abstraite bien que fondée sur des bases bien concrètes, comme ça, sans message, à hauteur de filles, les filmer simplement, et observer leurs parcours, collectif et individuel, les voir former ce groupe précaire dont elles sont si fières…

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J’ai vu… A la merveille de Terence Malick
9 mars, 2013, 10:53
Classé dans : Ca, de l'art ?,Philosophie & Pop Philosophie

Je suis allé voir A la merveille cette semaine, alléché par la bande-annonce et la stylisation d’un triangle amoureux filmé à travers la caméra du réalisateur des Moissons du Ciel, de La Ligne Rouge et de Tree of Life.

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Dr. Mario en consultation chez J. Rawls et A. Sen
15 janvier, 2012, 16:14
Classé dans : Philosophie & Pop Philosophie

Il y a quelques mois, le philosophe Mathieu Triclot[1] lance un pavé numérique dans la mare du gaming, dans lequel il cherche à « comprendre les jeux vidéos comme une forme d’expérience. »[2] Une expérience de vie. Le jeu vidéo n’est désormais plus considéré comme une vulgaire distraction pour enfant délaissé : l’âge moyen des gamers est aujourd’hui de 37 ans[3]. Non seulement, les gamers ont vieilli (l’industrie du jeu vidéo a quarante ans), mais les jeux deviennent de véritables expériences complexes au graphisme singeant la réalité (Heavy Rain, Uncharted, GTA IV, Red Dead Redemption), tandis qu’un virage fun a été insufflé par Nintendo dans sa quête de distraction transgénérationnelle, invitant le sexe féminin ainsi que les seniors. (suite…)



Capitalisme Et Régression Selon Paul Virilio
7 janvier, 2010, 0:01
Classé dans : Philosophie & Pop Philosophie

Cela fait longtemps (en fait, depuis la première fois où je l’ai lu) que je souhaite résumer le thème principal de la revue Ravages du printemps 2009, qui était l’ « Infantilisation générale », et qui appuyait sa réflexion sur l’ouvrage d’un philosophe américain, Benjamin Barber[1]. La revue donnait ainsi la parole à de nombreux penseurs, pas seulement philosophes, mais aussi économistes, écrivains, historiens, neurobiologistes, comme le philosophe Paul Virilio.

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Considérations Philosophiques Mineures
1 janvier, 2010, 19:03
Classé dans : Philosophie & Pop Philosophie

Il y a peu, j’ai lu un ouvrage initialement destiné à des élèves de terminale, l’Antimanuel de philosophie, de Michel Onfray. Rafraîchissant. Plusieurs choses m’ont frappé.

Tout d’abord, un extrait de Réponse à la question : qu’est-ce que « Les Lumières » ?, de Kant : lorsqu’il évoque « La sortie de l’homme de sa Minorité, dont il est lui-même responsable », il veut parler de la devise des Lumières, Sapere aude, « aie le courage de te servir de ton propre entendement ». Il continue sur le fait que la « paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes [restent] mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser en tuteurs des premiers. […] Que la grande majorité des hommes […] tienne aussi pour très dangereux ce pas en avant vers leur majorité, outre que c’est une chose pénible, c’est ce à quoi s’emploient fort bien les tuteurs qui, très aimablement, ont pris sur eux d’exercer une haute direction sur l’humanité. » Cette phrase fait étrangement écho à l’infantilisation de l’homme dont la société est sujette aujourd’hui[1].

 

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