Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 15
6 février, 2011, 20:15
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J’ai choisi cette semaine un titre des hyperactifs Rage Against The Machine : Renagades of Funk. Ce groupe a marqué tous les jeunes qui avaient 15 ans au début des nineties ; moi, je n’en avais que 8, c’est pour cela que je ne les ai approché que bien plus tard, après avoir splitté.

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En effet, je les découvre sur la bande originale du jeu GTA San Andreas, dans lequel Radio X diffuse Killing In The Name Of, en 2004. Né à Los Angeles, le groupe est proche des milieux hardcore et hip hop, comme quoi ! Musique radicale, paroles sans concession, son brut, voire brutal, attitude activiste et militante, RATM fait mal : contre la mondialisation et l’idéologie néolibérale, contre le racisme et l’indifférence. En 2000, au moment de leur séparation, le groupe paraît un album, Renegades, où ils reprennent d’autres artistes. Renegades of Funk est une reprise électrique d’Afrika Bambaataa & The Soulsonic Force, sur l’album Planet Rock en 1986, chanson déjà sortie en 1983 en single. Manifeste en faveur de ceux qui changent l’histoire, le clip est une suite de figures emblématiques de la contre-culture américaine ; un morceau à écouter le poing levé, No Logo de Naomi Klein dans la main libre, un keffieh sur la bouche et un t-shirt à l’effigie du drapeau de l’EZLN[1] sur le dos ! 

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[1] L’Armée Zapatiste de Libération Nationale.



La Chanson de la Semaine 14
31 janvier, 2011, 10:08
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J’ai choisi cette semaine une chanson de l’électro-funk eigthie comme on les aime : More Bounce To The Once, du groupe Zapp Band, plus connu sous le nom Zapp & Roger.

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Originaires de Dayton dans l’Ohio, Roger Troutman et ses frères percent dans la musique grâce à leur sonorité bien personnelle, en particulier le son émis par le leader à travers la Talkbox, un procédé acoustique se servant de la voix pour modifier le son qui y entre (à ne pas confondre avec le vocoder, procédé électronique qui transforme directement la voix, utilisé de manière systématique ces dernières années, particulièrement dans le hip hop[1]). Produit par Bootsy Collins, proche du Funkadelic de George Clinton avec lequel il a travaillé, le groupe devient superstar du funk durant les 80s, surtout après ce tube de 1980. Seulement, voilà : comme le dit Benoît Sabatier, « Roger chope la grosse tête ». Jusqu’à ce jour de 1999, où une dispute tragique emporte ce dernier et son frère Larry à coup de plomb. La première fois que j’ai entendu cette tuerie (le morceau, pas le drame), j’ai tenté de l’enregistrer sur K7 pour me l’approprier et l’écouter dans mon baladeur : c’était furtivement dans La Haine, en 1995. La chanson retrouve une troisième jeunesse quand sort GTA Vice City, présente sur la radio Wildstyle. Tout est bon : les basses, le chant, les petits riffs de guitare, ton corps est emporté, tes hanches move indépendamment de ton esprit, le diable est entré ; et le pire, c’est qu’après les 9 minutes, t’en redemandes… Dire que le son de California Love de 2Pac et Dre, c’était eux ! RIP 

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[1] Selon un auteur pointilleux de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Zapp



La Chanson de la Semaine 13
24 janvier, 2011, 9:23
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J’ai choisi cette semaine le brûlot d’un rappeur du Bronx Timothy Blair, plus connu sous le nom de Tim Dog : Fuck Compton. Rien que ça ! Je rappelle que Compton est un ghetto noir au sud de Los Angeles, la banlieue criminelle et brûlante du groupe N.W.A., composé de Dr Dre, Eazy-E et Ice Cube. Inconscient, le Tim Dog ? Provocateur !

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En 1991, la guerre West Coast/East Coast semble lancée et ce titre y est certainement pour quelque chose. Il faut dire qu’ils sont un peu énervants, ces gangsta succesful, avec leur « son ultra punk, ultra funk, ultra groovy » selon Benoît Sabatier[1]. Moquant les usages vestimentaires et musicaux de ses homologues, Tim Dog déclenche plus ou moins une guerre qui se terminera avec les morts de Tupac et Biggy en 1996 et 1997. Le son est lourd, gras et crade comme un bon gros hamburger au saindoux, entraînant aussi, un peu potache, mais l’imposante voix du rappeur empêche l’auditeur de rigoler à grosses larmes en le forçant à se gratter virilement les parties, tout en crachant sur ces baltringues de l’autre côte. C’est paradoxalement très proche, musicalement, des N.W.A. ! La première fois que j’ai entendu ce titre, c’est une reprise française ! Le groupe Mafia K’1 Fry l’a repris sur son magistral La cerise sur le ghetto en 2003, rebaptisée F.U.C.K. Ton Pote. Puis mon frère avait été voir ce que donnait la version originale et, depuis, les deux titres demeurent pour moi des incontournables. 

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[1] Benoît SABATIER (2007), « A quel âge ont-ils été vraiment jeunes ? », entretien avec Léonard Haddad, Technikart n° 110, mars, pp. 30-31.



La Chanson de la Semaine 12
16 janvier, 2011, 21:41
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J’ai choisi cette semaine la chanson d’un duo hip hop de Harlem, Rob Base & DJ EZ Rock : It Takes Two. Combo new yorkais localement connu sur les radios et dans les clubs de la grosse pomme, le groupe se produit au milieu des eighties pour splitter au crépuscule de la décennie.

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Il est surtout connu pour ce hit de 1988, qui sample notamment le titre funk de Lyn Collins Think (1972), le début du titre Space Dust de Galactic Force Band (1978) et le « Hit it » de La Di Da Di des human beat box Slick Rick & Doug E Fresh Tribute (1985). A noter que le « Ouh Ah » entendu ici ou là est déjà sur le titre de Lyn Collins, et qu’il est prononcé par le mentor de cette dernière, James Brown en personne ! C’est un titre très entraînant qui, si on tend l’oreille, passe un peu partout sans qu’on sache si c’est une blague potache ou une reprise d’un vieux titre hip hop. C’est d’ailleurs la chanson favorite de Randy dans la série My Name is Earl : lorsque le début s’enclenche, l’envie envahit doucement son corps, annoncé par un léger rictus satisfait ; lorsqu’elle part, une danse fraternelle débute dans une chorégraphie digne de la plus noble des pêches à la truite. Un putain de fou rire ! 

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La Chanson de la Semaine 11
9 janvier, 2011, 20:51
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J’ai choisi cette semaine le tube d’un groupe de hip hop mythique : Me, Myself & I de De La Soul. Ce titre date de 1989, sorti sur leur premier album 3 Feet High And Rising.

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J’ai découvert ce groupe en 2000 à l’écoute de leur single (It Aint) All Good ?, en featuring avec l’immense chanteuse soul Chaka Khan, une chanson que j’ai très moyennement appréciée. A la même époque, en zappant sur la chaîne musicale MCM tard dans la nuit, je fais des trouvailles musicales extraordinaires : c’est notamment là que j’ai découvert, en 1996, le clip Da Funk de Daft Punk réalisé par Spike Jonze, que j’ai mis du temps à trouver en CD ! C’est lors d’une nuit de ce genre que je repère un vieux titre old school des rappeurs new yorkais, qui m’a tout de suite plu : Me Myself & I. Tout y est : le son hip hop 80s, la basse entraînante, le rythme bonhomme, les mecs cools et décalés, les coupes de cheveux éclatées, l’autodérision, et surtout un recul rare sur les extravagances des rappeurs (chaines en or XXL, ghetto blaster, couleurs vives, casquettes et chaussures de sport), à l’opposé par exemple du gangsta rap des N.W.A. à Los Angeles. Cette critique du milieu est très en avance sur son temps, devance même les sketchs des Inconnus ou des Nuls en France ! Triste quand on observe à quel point les faux rappeurs d’aujourd’hui ressemblent encore à la caricature dressée dans le clip il y a vingt ans… 

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La Chanson de la Semaine 10
2 janvier, 2011, 23:50
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J’ai choisi cette semaine le morceau d’un artiste très important et pourtant méconnu en France : Gil Scott-Heron. Inclassable, ce vieux noir ravagé et pourtant encore élégant, lettré, est d’abord un écrivain, auteur de polar et de poésie, très tôt révolté et engagé.

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Il scande bientôt ses textes à travers des rythmes funky afro-cubains, dans un mélange d’éloquence, de militantisme et d’assurance digne d’un dissident politique, comme ici. Chanteur et musicien adroit, sa carrière s’envole durant les seventies, une décennie fructueuse pour l’art populaire noir américain ; sa musique est créative et accompagne les avancées technologiques de son époque. Abandonné par ses fans, puis par sa maison de disques, les années 1980 signent une lente déchéance, même si on le redécouvre la décennie suivante à travers son influence sur le hip hop ; il critiquera d’ailleurs les rappeurs en 1994 dans Message to the messenger. Des problèmes de drogue et de violences domestiques le contraignent à des séjours en prison et centres de rehab. J’en avais déjà entendu parler à plusieurs reprises dans mon adolescence, sans prendre conscience de son importance et de son talent. Puis, décidé à rattraper le temps perdu en écoutant son dernier album, I’m New Here en 2010, que la presse accueille très favorablement, je tombe sur l’une des meilleures galettes que j’ai entendu dans ma vie ! Assurément, cette voix revient d’entre les morts. 

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La Chanson de la Semaine 9
28 décembre, 2010, 13:24
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J’ai choisi cette semaine un titre de la chanteuse soul Minnie Riperton : Every Time He Comes Around.

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Sorti sur l’un de ses meilleurs albums, Perfect Angel, en 1974, cette chanson me fait voyager dans les méandres de mon cerveau, reconstituant une époque (le début des seventies) et un lieu (une métropole américaine) que je n’ai pas connus, psychédélique et ensoleillée par l’effet de la guitare électrique, littéralement shooté par la voix suave, sucrée et noire de la jeune femme. J’ai découvert Minnie Riperton sur la bande originale du Jackie Brown de Quentin Tarantino (1997) avec le sublime morceau Inside My Love ; c’est mon frère qui a extrait cette chanson du film et me l’a fait écouter pour la première fois. Minnie Riperton n’était pas une femme, c’était une voix. Céleste. Après avoir débuté dans des groupes de filles, elle devient choriste de Stevie Wonder, puis, fulgurante, sort successivement cinq albums en huit ans, tous des chefs d’œuvres fusionnant soul, funk et balade. Atteinte d’un cancer du sein, elle meurt en 1979 à l’âge de 31 ans. RIP. 

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La Chanson de la Semaine 8
19 décembre, 2010, 22:19
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J’ai choisi cette semaine, une fois n’est pas coutume, un morceau chantée par une actrice, et pas n’importe quelle actrice : la panthère noire sexy et férocement émancipée Pam Grier.

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Vous savez, cette actrice qui a fait les beaux jours du cinéma bis de blaxploitation (Coffy ; Black Mama, White Mama ; Foxy Brown ; Sheba, Baby) dans les années 1970, et réhabilitée par Quentin Tarantino dans Jackie Brown ! Je l’ai découvert dans ce film-là, d’ailleurs ; et j’en suis tombé amoureux ! Dans le rôle de Jackie Brown, elle incarne à la fois cette femme puissante et libérée, qui a les couilles de berner tout le monde – les cinéphiles l’avaient déjà vu ainsi –, mais aussi cette femme de presque cinquante ballets, qui a des rondeurs, des fragilités et des petits plaisirs (les vinyles seventies), ce qui la rend d’autant plus touchante. Dans cette chanson, extraite d’un de ses premiers films (The Big Doll House, 1971), elle dit qu’elle veut être libre. Paradoxale, pour une actrice ayant joué tant de rôles de femme libérée ? Pas tout à fait : d’une part, ses personnages doivent toujours se battre pour être libre ; d’autre part, le film en question évoque la question des femmes en prison. CQFD. Ce morceau est un hymne à la liberté chantée par une femme noire aux Etats-Unis en 1971, et l’effet qu’elle me fait est toujours le même : une irrépressible soif de venir l’aider, lui briser ses chaînes. Une soif misogyne et supérieure, en fait. Mais je ne fais rien. Plaisir décuplé lorsqu’on comprend qu’elle n’a besoin de personne. Girl Power ! 

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La Chanson de la Semaine 7
12 décembre, 2010, 22:11
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Cette semaine est un moment particulier. En effet, j’ai appris avec trois mois de retard le décès d’un des plus grands soulman américain, surnommé le « The King of Rock’n’Soul », Solomon Burke.

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La chanson est l’une de ses plus célèbres, notamment parce qu’elle fait partie de la bande originale de Dirty Dancing ; c’est d’ailleurs grâce à ce film que j’ai connu ce gros black à la voix chaude, sexy en diable. Petit bijou des sixties, ce titre est un exemple de cette fusion caractéristique de la musique noire américaine, au romantisme naïf, à base de robes à fleurs, de Coca-Cola, de Ford Thunderbird, de drive-in, de brillantine, l’Eglise baptiste le dimanche avec papa-maman… Très tôt proche de la religion, Solomon Burke fait des allers-retours entre musique et spiritualité en exerçant son art dans une chorale, puis prêche dans une radio, il sort des galettes de gospel également. Son heure de gloire reste les années 1960, même s’il avance en continuant de sortir des disques jusqu’au XXIe siècle. Un grand monsieur de la musique. RIP. 

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La Chanson de la Semaine 6
5 décembre, 2010, 21:59
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J’ai choisi cette semaine une chanson emblématique du Chicago Blues, le Mannish Boy du bluesman Muddy Waters, qui a influencé les plus grands groupes de rock, notamment en Angleterre.

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J’ai entendu ce genre de chanson tellement de fois (Hoochie Coochie Man du même Muddy Waters, I’m A Man de Bo Diddley, Framed de The Sensational Alex Harvey Band, entre autres) que j’ai toujours cru, dans mon simple esprit, qu’il n’y avait qu’un seul et même morceau que j’écoutais si mal que je ne le reconnaissais pas ! J’ai découvert Mannish Boy en écoutant la bande originale des Affranchis, de Martin Scorsese, il y a longtemps. Ce titre date de 1955, mais il marche toujours, surtout dans les scènes du septième art dans lesquelles il y a une confrontation virile entre deux egos givrés. Lorsque Muddy Waters part pour Chicago en 1943, il révolutionne le blues en échangeant sa guitare acoustique pour une électrique, en ajoutant une section rythmique et un harmonica. A écouter quand on doute de sa virilité, un bourbon dans la pogne, un barreau de chaise dans le bec et les panards sur la table ! 

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