Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 25
24 avril, 2011, 21:47
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J’ai choisi cette semaine un titre de Taxi Girl[1], Cherchez le garçon, sorti en octobre 1980 en single et sur l’album éponyme.

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Le groupe est emblématique du début eighties en France, formé vers 1977-1978, d’un côté (électro) par Mirwais, Pierre Wolfsohn, puis Stéphane Erard, de l’autre côté (plus rock) par Daniel Darc et Laurent Sinclair. Les références sont nombreuses et souvent marginales, en tout cas à l’époque : les Stones bien sûr, Deep Purple, les Doors, Kraftwerk aussi, plus Jimi Hendrix, le Velvet Underground, puis les Sex Pistols pour Mirwais, les Stooges, Blue Öyster Cult, puis Patti Smith, Richard Hell, Television pour Darc. Dès le début, le groupe trouve un équilibre, sur une vague froide (cold wave), dans une ambiance de drogues (stimulants et opiacés) et de rivalités incessantes (jusqu’à l’affrontement physique), managé par le « mythomane » Alexis Quinlin ; Taxi Girl cartonne sur un malentendu : ils « ont tout juste vingt ans, posent dans […] Salut […], mais ils sont complètement incontrôlables, post-punks et drogués. » En fait, l’équilibre prend un autre nom : autodestruction. Pierre Wolfsohn meurt très vite d’hépatite. Trop de drogue. Même la mort rode. La déglingue. Pour leur album Seppuku, Darc, après s’être ouvert les veines sur scène, a l’idée d’insérer une la(r)me de rasoir dans la pochette. No Future. Puis Sinclair est débarqué. Ils étaient « les danseurs, [les fossoyeurs] d’un monde à l’agonie, en même temps que fantômes, conscients d’être mort-nés »[2]. En 1986, le groupe se désagrège : un direct TV à Cannes apocalyptique, un concert sans bassiste, Darc sous héro. Dark. Mirwais était devenu le barreur d’un bateau fantôme. C’est grâce au son que Mirwais produit que je me suis mis à écouter Taxi Girl, il n’y a pas longtemps ; son album Production en 2000, Music et American Life de la Madone en 2000 et 2003, le concept génial arabo-pop Arabology avec YAS en 2009, et quelques titres du très bon Sex Dreams & Denim Jeans d’Uffie en 2010, c’est Mirwais. Alors, No Future ?

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[1] Rendons à César : le paragraphe qui suit est largement documenté par le maître-ouvrage de Benoît Sabatier paru en 2007 chez Hachette Littératures, Nous sommes jeunes, nous sommes fiers, qui retrace l’histoire de la jeunesse depuis Elvis jusqu’à Myspace ; l’auteur est le plus grand fan de Taxi Girl au monde et, à ce titre, retrace en parallèle l’histoire du groupe. Je recommande ce bouquin à tous ceux que la musique intéresse !

[2] Hubert-Félix THIEFAINE (1981), Exil sur Planète fantôme, sur l’album Dernières balises (avant mutation).



La Chanson de la Semaine 24
18 avril, 2011, 10:44
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J’ai choisi cette semaine une chanson d’un artiste reconnu par le grand public que récemment : Les dingues et les paumés d’Hubert-Félix Thiéfaine. Comment vous dire ? HFT a baigné mon enfance. Des chansons comme 113e cigarette sans dormir, Cabaret Sainte-Lilith, Soleil cherche futur ont très tôt côtoyé mes oreilles à la maison, dans la voiture, chez des amis. Mon père est fan. Durant mon adolescence, je m’en suis peu à peu détaché ; et quand j’y suis revenu, je suis resté scotché sur les deux albums que mon paternel m’ « infligeait » : Dernières balises (avant mutation) en 1981 et Soleil cherche futur en 1982. HFT, c’est d’abord une incarnation. Des textes habités par une voix écorchée, rythmés par la musique de Tony Carbonare, puis celle de Claude Mairet. Les dingues et les paumés est une chanson très prenante, avec une atmosphère très sombre, lancinante, à la manière d’un film d’angoisse.

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(suite…)



La Chanson de la Semaine 23
10 avril, 2011, 19:17
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J’ai choisi cette semaine un morceau des Frenchy de Justice, One Minute To Midnight, sortie sur l’album † en 2007.

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C’est une chanson que, dès la première écoute de l’album, j’ai adoré. Surtout, elle agit sur moi comme une madeleine de Proust. Une madeleine particulière, effectivement. J’explique. Pour ceux nés au début des eigthies qui avaient la chance de tripoter les manettes des nouvelles consoles de salon, le jeu Terminator sur la Sega Megadrive[1] donnait quelques satisfactions. Ce qui m’avait marqué, c’étaient les sons : le bruit des flingues et la musique du jeu. Je ne sais pas si Justice a tâté de la bête, mais le morceau est une référence presque explicite à cette musique. Et à celle de John Carpenter, aussi. Dès la première écoute, je revis toute ma jeunesse d’apprenti gamer ; une chanson assez calme (comparée à Let There Be Light, Phantom, Stress, Water of Nazareth), teintée d’une certaine mélancolie et fulgurée par quelques éclairs d’électricité. J’ai fait la connaissance de la tornade Justice bien avant qu’ils sortent leur album, mais après qu’ils ont sorti leur remix de Simian, Never Be Alone, salué par toute la presse underground. Les pages de Technikart m’ont rendu très impatient ; à l’écoute de l’album, une grande claque. Le titre qui ouvre l’album, Genesis, est un sommet de baroque électro, un jugement dernier à la sauce French Touch, une apocalypse SF, saturée d’énergie électrique crade, noire, auréolé de voix d’anges de la mort, enchaînant sur un morceau plus violent encore. Justice, dignes héritiers des grands frères à casque (Guy-Man et Thomas, avec le même père Pedro Winter) ont l’avantage d’offrir une œuvre globale, pas seulement une cohérence musicale : Justice, c’est un bouquet, une imagerie, des références pop, des symboles. Et puis, leur utilisation obsédée du sample aurait pu les desservir, mais elle sublime le son « Justice », rend cohérent l’ensemble, et donne à voir (lapsus : à entendre ! c’est de la musique) une œuvre postmoderne mais singulière. Surtout, c’est un grand coup de frais dans l’univers de la pop, qui commençait franchement à s’ankyloser depuis le demi-échec du troisième album des Daft Punk. 

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[1] Pour ceux qui ont raté ça en 1992 : http://www.youtube.com/watch?v=ApNHAY-E138



La Chanson de la Semaine 22
3 avril, 2011, 20:17
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J’ai choisi cette semaine une chanson de la jeune M.I.A. qui s’intitule Meds & Feds, présente sur son dernier album /\/\/\Y/\ (2010).

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Je vous l’accorde, elle n’est pas au mieux de sa forme sur ce titre ; celui-ci est si tonitruant, si crade, si bruitiste si vide qu’il permet de le faire. Le vide. C’est un titre pour décompresser. Pour faire table rase de sa journée. Pour anesthésier son cerveau. Une sorte de lobotomie récréative et régressive. J’ai fait la connaissance de M.I.A. en feuilletant le magazine Technikart, il me semble que c’était pour son deuxième album Kala, en 2007. Une bombe : des sons sanguinolents, que je n’avais jamais entendus, un « patchwork d’étendards criards »[1] moulés en une musique plurielle et amnésique. Une enfance pas forcément normale, tiraillée entre les logements sociaux d’Angleterre, l’exil en Inde, la guerre civile au Sri Lanska, la mort de son père, figure du Tamoul libre ; sa scolarité laisse éclater un tempérament créatif, comme peuvent en témoigner ses pochettes et ses tenues, quoique pas toujours du meilleur goût ! En plus, son activisme cool (pour l’indépendance du Tamoul) et ses références (notamment aux Clash et à Joe Strummer) ne plaisent pas à tout le monde : « […] on a M.I.A. qui s’en réclame à donf alors qu’elle n’en est pourtant à peine qu’une caricature bitchy. Qui annonce se foutre de son image mais balance sur Twitter les données personnelles d’une journaliste l’ayant un peu trop critiquée […] »[2]. Moi, je m’en fous un peu, de tout ça ; elle continue à avancer sans regarder dans le rétro, et peut même faire son autocritique. Et puis, le fait qu’elle s’acoquine avec la bande de Kourtrajmé (Romain Gavras) pour son clip controversé de Born Free me la rend encore plus sympathique ! Enfin une artiste aux prises avec les paradoxes de son temps : connectée et tiers-mondiste, féministe et activiste, mainstream et underground, fashionista et provoc jusqu’au bout des ongles… Finalement, c’est d’être profondément actuelle qu’on lui reproche ? 

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[1] Joël VACHERON (2007), « M.I.A. : le monde se télescope », Vibrations n° 96 ; http://joelvacheron.net/sound-culture/mia/[2] Serge (2010), sur le site Goûte Mes Disques : http://www.goutemesdisques.com/no_cache/chroniques/album/y/



La Chanson de la Semaine 21
27 mars, 2011, 19:35
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J’ai choisi cette semaine un fameux morceau des Anglais de The Prodigy, Smack My Bitch Up. Sorti en single en 1997 et, la même année, sur le mythique album Fat Of The Land, le titre est typique du son du groupe formé en 1990, dans le comté d’Essex, en Angleterre, qui allie punk, techno et hip hop.

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A vrai dire, l’intérêt de l’album tient en quelques mots : la redéfinition du punk[1] ; même si Liam Howlett ne cessait d’asséner des « I fuck rock’n’roll ! » au début de certains concerts en 1998[2]. Froide ambiguïté comme chez une égérie d’Hitchcock, vélocité lourde du beat digne d’une rave, le morceau reste néanmoins festif, à l’image du chant lyrique dans la deuxième partie, mais d’une manière provoc’ et agressive, comme en témoignent le titre (« Dérouiller ma salope »), la première image de la pochette du single (la photo d’une Mercedes accidentée qui ressemblait étrangement à celle de feu la Princesse Diana), et le clip. Parlons-en, tiens, du clip : on y suit les élucubrations d’un gonze qui alterne agressions sexuelles et overdoses, en une caméra subjective semblant nous contraindre au vécu nauséeux d’un soi-même. J’ai découvert The Prodigy dans ces années-là, riches musicalement pour moi, scrutant MCM en mode continu. Le clip de Breathe y passait en boucle, et le larsen introductif de Firestarter avait été transformé en jingle pour la chaîne. Un après-midi de mon adolescence incertaine, je tombe sur une rétrospective (déjà !) du groupe sur MCM, dans laquelle les clips se succèdent et m’apprennent l’histoire du groupe, entrecoupée de commentaires instructifs de la présentatrice Anne-Gaëlle Riccio. Que retenir de ces allumés, survoltés, puissants qui forment le groupe ? « [Ils resteront] une marque indélébile dans la musique qui dérange, la musique qui fait bouger, la musique fédératrice, celle qui réconcilie les antagonistes […]. »[3] 



[1] Macho BLUES, http://www.metalorgie.com/groupe/Prodigy#785.

[2] AURELIE, http://www.albumrock.net/critiquesalbums/the-fat-of-the-land-948.html.

[3] Macho BLUES, Ibid



La Chanson de la Semaine 20
21 mars, 2011, 8:06
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J’ai choisi cette semaine un titre d’un autre jeune français : Dog de SebastiAn.

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Jeune surdoué du label Ed Banger, SebastiAn est un spécialiste des remixes. Il a en effet touché à tout : Annie, Uffie, Mylo, Kavinsky, Klaxons, The Kills, Sébastien Tellier, il a même écorné des morceaux de Daft Punk, Rage Against The Machine et The Who ; toujours pour les pervertir, les déstructurer, les déconstruire ! Très pote avec son voisin de label Mr Oizo, il signe quelques morceaux sur la bande originale de son film Steak, avec son autre pote S. Tellier ; proche du crew Kourtrajmé, il signe également la B.O. du long-métrage de Romain Gavras, Notre Jour Viendra, disque qualifié par Thomas Ducres de « musique de chambre et symphonies d’orchestre, électro spartiate pour conquérir les cités d’or », sombre, tragique et surprenant[1]. J’ai découvert SebastiAn en écoutant des pelletées de titres Ed Banger, mais je ne pourrais plus dire quel est le premier titre entendu. Peut-être dans Steak (dans lequel il joue un membre des Shivers, d’ailleurs !). Présent sur la compilation Ed Rec vol. III en 2008, le morceau attaque d’emblée : voix agressive et syncopée directement issue de la scène la plus hardcore, beat électrique et lourd comme l’enfant né d’un viol du Fire Your Guns d’AC/DC par le Burning Flag de Marylin Manson, guitare saturée et ultra basique à côté de laquelle celle du Robot Rock des parrains Daft Punk paraît bien sage, ambiance barres de fer et baston, nuit noire éclairée aux néons usés, avec en toile de fond un paysage urbain dévasté, caisses qui crament, pillages et enfants qui pleurent. Urgence, gangs de rue, et fin du monde : les humains pires que des chiens ? 

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[1] Thomas DUCRES (2010-2011), « Mr Oizo & Gaspard Augé VS SebastiAn », Technikart n° 148, décembre-janvier, p. 113.



La Chanson de la Semaine 19
14 mars, 2011, 9:51
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J’ai choisi cette semaine une chanson d’un jeune français un peu bizarre : Ghetto Bounce de Tepr. C’est quoi ce nom ? Vous préférez Tanguy Detestable ? Ce titre est issu de l’album En direct de la côte en 2006, son troisième album.

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Comment j’ai découvert ce mec, déjà ? Au début des années 2000, déçu du hip hop français typique (presque seule la Mafia K’1 Fry trouve grâce à mes yeux), je m’investis corps et âmes dans ce hip hop iconoclaste qu’offrent alors des groupes comme TTC, le Klub des Loosers, La Caution, que j’aurais l’occasion d’émettre. C’est dans la recherche encyclopédique du moindre featuring d’un des ces rappeurs que je tombe sur l’album Côte Ouest de Tepr (2005), qui a invité Cuizinier de TTC. J’accroche tout de suite avec sa techno qui s’inspire « du hip hop le plus salace », selon Clovis Goux. Grand admirateur devant l’éternel des Beastie Boys, du Wu Tang Clan, de Nirvana, de Prince, de Tears For Fears, de The Jesus Lizard et de l’électro (Daft Punk, Aphex Twin, Justice, Mr Oizo, SebastiAn), « Tepr vient […] d’une génération […] dont les premiers émois soniques remontent à Moroder et aux Buggles et qui a sans doute fait son éducation sentimentale au son de la TB-303. » [1] Le son est saccadé comme les Daft, crade comme du crunk, et les titres portent des noms dérangeants : Muchas tetas, poco sexo ; Tits, yeyo & yumyum ; Crève salope ; Un accident de voiture ; Rhinopharyngite. Le grand public le découvre lorsqu’il remixe A Cause des garçons en 2007 de sa pote Yelle, dont il a produit une partie de l’album avec son autre pote GrandMarnier. Même s’il n’est connu que par un noyau dur de fans, il est pour moi l’un des meilleurs producteurs techno français, loin devant les Guetta et autre Solveig… Bien meilleur ! 

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[1] Clovis GOUX (2005), « Chronique : Electro crado gramme », Technikart n° 96, octobre, p. 109.



La Chanson de la Semaine 18
7 mars, 2011, 10:16
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J’ai choisi cette semaine un morceau du duo barré d’Atlanta : B.O.B. d’Outkast. J’ai découvert ces types une journée de 2001 avec le clip zarbi de Mrs Jackson ; je n’ai pas trop accroché, d’ailleurs.

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Par contre, lors de mes nuits de zapping sur les chaînes musicales du satellite, je suis tombé sur le clip d’une autre chanson du groupe issu de l’album Stankonia, sorti en 2000, pas du tout le même genre que Mrs Jackson. Un clip chromatiquement psychédélique, musicalement électronique, hip hop sur le bout des ongles, hystérique avec ses bimbos masquées et son singe hurlant… Un OVNI visuel et sonore. J’ai vécu avec cette chanson orpheline, car à l’époque je n’avais pas pris le soin de me renseigner ; le titre suffisait. Puis, en 2003, un autre OVNI. La double galette Speakerboxxx/The Love Below vient de claquer dans les bacs que ma belle-mère me l’offre à Noël ou à mon anniversaire, je ne sais plus. La partie d’Andre 3000 passe en repeat dans mes esgourdes depuis (voir ici) ; cet album est l’un des plus aboutis de l’histoire du hip hop ! Big Boi et son acolyte se rencontrent très jeunes, à l’université d’East Point, en Géorgie. Tombés dans le rap étant petits, ils rivalisent puis s’associent et signent, au début des nineties, sur le label LaFace pour devenir une sérieuse alternative à l’opposition East Coast/West Coast. Dernièrement, Big Boi a enfanté un album solo aussi riche que ceux sortis avec son compatriote sosie de Jimi Hendrix. Chapeau bas ! 

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La Chanson de la Semaine 17
25 février, 2011, 18:17
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Avant toute chose, je voudrais éclaircir l’inhabituel rythme de la chronique : j’étais en vacances jusqu’à hier, j’avance donc le n°17. La chronique reprend son cours normal et le lien sera donc visible jusqu’au week-end prochain (dans huit-neuf jours). Bonne écoute !

J’ai choisi cette semaine un titre du projet Megalopolis initié par DJ Mehdi et mis en image par Romain Gavras pour le collectif Kourtrajmé, en 2005.

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Pas un album, une œuvre audiovisuelle, littéralement. L’ambition du projet est de célébrer Paris, dans toute son originalité, dans toute sa musicalité, dans toute sa radicalité, à travers l’itinéraire précaire de Dimitriu et sa découverte du hip hop. Un métrage d’une quarantaine de minutes brut, drôle, fantasmatique par moments ; une preuve d’amour au Paris hip hop de Mehdi et Gavras. Le Cirque ressuscite un Notorious Big imposant sous les traits de Tékilatex, dans une musique associant les rythmes hip hop et métal, pas si éloignés que ça, harmonieux même. Pour les néophytes, on pourrait presque croire à une chanson originale ! Mehdi est un artiste complet, riche. Né en 1977 en banlieue parisienne, il fait ses armes aux côtés des rappeurs du 94 (Different Type, Idéal J, 113, Rohff, Intouchable, Karlito) au sein de la Mafia K’1 Fry, leur offrant des productions différentes de ce que le hip hop d’alors propose. Non content de collaborer avec une bonne partie du rap hexagonal (Sages Po’, Koma, Fabe, Assassin, Rocé, Akhenaton, Booba, Oxmo Puccino), sa carrière prend un nouveau tour, plus éclectique, plus riche, lorsqu’il signe en 2006 chez son pote Pedro Winter (manager de Daft Punk, de Justice, etc.), sur le très branché label Ed Banger : il fait alors le lien entre Idéal J et les Daft, comme le souligne le site www.90bpm.net. Avec Riton, il devient Carte Blanche, ravivant les plus belles heures de la house ; du plaisir en perspective ! 

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La Chanson de la Semaine 16
15 février, 2011, 11:50
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J’ai choisi cette semaine un morceau d’un rappeur anglais plus hardcore et plus jeune que moi, Dizzee Rascal. Le titre s’appelle Sirens et, effectivement, mes oreilles n’en sont pas sorties indemnes la première fois qu’elles ont côtoyé cette « raclure » (Grime caractérisant ce style musical né dans la banlieue de Londres, brutal et anglais).

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Un flow clair, limpide et agressif, parfois arrogant, un son dur et violent, la musique est sombre et Dizzee n’est pas là pour miauler un refrain sur un florilège de samples funky. J’ai tout de suite adoré cette chanson, une des meilleures de l’album Maths + English sorti en 2007. C’est mon frère, alors très activement branché sur toutes les formes marginales de hip hop, qui m’a fait découvert cet artiste, qu’on pourrait rapprocher du Dirty South, ce son très speed, très crade du Sud des Etats-Unis. Dizzee Rascal est un artiste qui me plaît car sans trop de barrière artistique : venu de la scène rave, il se révèle un excellent MC, un producteur exigeant n’hésitant pas à mêler des sons différents, voire antinomiques (même si d’autres ont déjà fait cela, nous y reviendrons), il s’évertue désormais à produire un son plus électro (entendre : plus accessible) et plus pop. Sans perdre son exigence artistique. 

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