Ce que j’en dis…

LCS 193. Roxy Music, « Avalon », 1982
4 juin, 2016, 20:55
Classé dans : Musique & Music

 

Roxy Music At Royal College Of Art In London 1972

Roxy Music, Modelling M&S’s ‘glam rock art student’, 1972. Photograph : Brian Cook/Redferns.

J’ai choisi cette semaine un titre de Roxy Music, « Avalon », sorti sur l’album éponyme en 1982 sur le label EG, leur dernier album studio à ce jour.

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Fondé en 1971 par Brian Ferry, Brian Eno et Andy Mackay, rejoint très vite par Graham Simpson, le groupe anglais montre d’emblée sa patte glamrock et s’inspire de l’art conceptuel, en particulier d’Andy Warhol. Le premier album, Roxy Music, est un grand succès décadent, mais, très vite, Brian Eno et Brian Ferry s’écharpent sur la direction musicale : Eno s’en ira vite créer son univers novateur et électronique ailleurs, tandis que Ferry imprimera plus durablement encore sa marque sur le groupe. Personnellement, j’ai découvert le groupe dans les pages de la bible paternelle – un hors-série de Rock & Folk de 1995 –, qui me servira de phare pour défricher ce continent presque inconnu qu’était pour moi le rock, dans toute sa diversité. Et, avant de m’y frotter vraiment, j’entends « Love is a drug », morceau génial, dans le Casino de Scorsese. À la première écoute de ce premier album, je ne saisis pas tout, mais je bande musicalement : je trouve cet objet musical bariolé mais foutrement cohérent, richement truffé de références sans pouvoir apercevoir le dixième de cette richesse, et irréductiblement moderne ; j’y discerne notamment des accents pré-Devo (j’ai eu connaissance de Q: Are We Not Men? A: We Are Devo!, qui date de 1978, avant Roxy Music). Le morceau choisi ici sonne résolument eighties, mais donne à voir une certaine idée de la classe, un peu désuète, certes, old fashioned, mais que j’interprète aussi (sans encore avoir traduit les paroles) comme un appel à l’abandon hédoniste avec une jeune femme inaccessible, type papier glacé1, sur une plage de sable fin, enivré de cocktails à vingt dollars… Il me faut avouer que j’ai découvert ce morceau… dans un pub H&M, réalisée en 2012 par Sofia Coppola, dont j’aime beaucoup les films et les thématiques. Ceci explique cela ! (D’ailleurs, la publicité est plutôt bien branlée : on a envie de se retrouver grand bourgeois mais bohème, avec ces mannequins dans une villa pour une fête décadente, piscine, Grey Goose et cocaïne.)

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Je tiens quand même à rassurer mon lectorat : si une partie de cette chronique ressemble à un placement de produit, je rappelle que H&M reste une firme capitaliste qui exploite des ouvriers au Bangladesh ou en Éthiopie, utilise la corruption pour les audits de ses usines, travaille avec des gens peu recommandables et procède à l’évasion fiscale (voir documentaire ci-dessous). Qu’on ne vienne pas me prendre pour quelqu’un d’autre…

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Documentaire de Marie Maurice, « Le Monde selon H&M », produit pour l’émission Spécial Investigation (Canal +) en 2014

Bonus : Roxy Music, « Ladytron », sur leur premier album, Roxy Music, en 1972

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1Roxy Music aime à soigner ses pochettes, affichant dans des poses glamour et sexy Kari-Ann Muller (1972), Amanda Lear (1973), Marilyn Cole (1973), Constanze Karoli et Eveline Grunwald (1974), Jerry Hole (1975), ainsi que des inconnues (1979, 1980)…

 

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LCS 192. The Golden Gate Quartet, « Sixteen Tons », 1950-60s

 

The Golden Gate Quartet, « Sixteen Tons ». Je n’ai pas trouvé l’année où le Quartet a repris ce titre, mais la vidéo semble bien datée des années 50-60, vue l’âge supposé des membres du groupe. Cette reprise figure sur une compilation intitulée The Spirituals & Gospels, un double CD datant de 2001 édité chez Gemini en Allemagne.

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Le titre, quant à lui, est, selon Wikipedia, un morceau enregistré pour la première fois en 1946 par Merle Travis et parue l’année suivante sur son album Folk Songs of the Hills. Tennessee Ernie Ford en fit une version très populaire en 1955.

Apparemment, c’est un morceau très connu qui relate la dure vie d’un mineur dans une mine de charbon, un morceau qu’on peut assimiler à une protest song à l’écoute de laquelle on comprend que le salariat est bien un système d’exploitation : comme les prostituées du XIXe siècle, les travailleurs des mines n’étaient pas toujours payés en monnaie, mais en bons d’achat non transférables et valables uniquement dans le magasin de l’entreprise, empêchant les ouvriers de faire quelque économie (truck system), ils logeaient souvent dans des maisons ou dortoirs appartenant à la compagnie et devaient s’acquitter du loyer. Ce système persista jusqu’à ce que les luttes syndicales du United Mine Workers amenèrent à interdire de telles pratiques ; ces luttes furent si terribles qu’on les appela les « Mine Wars », les guerres des mines, qui se déroulèrent entre le début des années 1920 et les années 1930. On comprend mieux cette partie du refrain : « Another day older and deeper in debt » (« Un jour de plus et la dette s’accroît »).

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Travailleurs dans les mines, Ward, Virginie Occidentale, début du XXe siècle, Baker Library, Harvard Business School.

 

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Entrée d’une mine de charbon, Virginie Occidentale, 1908, by Lewis Wickes Hine, US Library of Congress.

 

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Entrée d’une mine, Red Star, Virgine Occidentale, 1908, US Library of Congress.

 

Bonus : The Golden Gate Quartet, « The Preacher and the Bear », titre sorti en août 1937 en single 78RPM :

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LCS 191. Busta Rhymes, « Turn Me Up Some », 2002
22 mai, 2016, 19:43
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Busta Rhymes, « Turn Me Up Some », sur l’album It Ain’t Safe No More…, paru en 2002 sur J. Records.

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Paye ta playlist ! #005 by Lud : la Solitude
18 mai, 2016, 22:37
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Texte écrit par Lud le Scribouillard, tard, plusieurs nuits de mai 2016…

 

J’aime bien Gérard Jugnot, il incarne une partie de mon enfance et de mon adolescence, en même temps que tout un pan de la culture populaire française : Bernard Morin des Bronzés, Félix le Père Noël, Adolfo Ramirez, Pinot le flic simple, mais aussi l’employé de banque dans le « Hold Up » fomenté par Louis Chedid, ou Gérard Traunau, l’extraordinaire réalisateur d’effets normaux chez Les Nuls. En 1991, il signe Une Epoque Formidable, une comédie touchante sur la vie d’un cadre qui devient chômeur, se fait larguer par sa femme, et se retrouve à la rue ; un film que j’aime beaucoup, notamment parce qu’il donne à voir l’équilibre fragile entre drame social et comédie populaire, avec en toile de fond la crise économique du libéralisme (Coline Serreau réalise l’année suivante La Crise, un film qui est très complémentaire de celui de Jugnot), une certaine vision de ce « monde » qui vit « au bord du monde » (pour reprendre le titre du documentaire de Claus Drexel en 2014), entre entraide solidaire et instrumentalisation cynique. Le génial Chick Ortega (l’énervé Jacky Sueur dans Dobermann, l’inquiétant barbouze dans L’Affaire Ben Barka) y joue Mimosa, un ancien toxico un peu fêlé tenu en laisse par le Toubib (Richard Bohringer). La scène se déroule un peu après que Michel (Jugnot) ait rencontré Le Toubib et ses acolytes ; les trois SDF ont flairé le pigeon…

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Je me suis toujours demandé quel était cet air que jouait Mimosa, sans jamais aller fouiner, jusqu’à cette rediffusion, il y a quelques mois, sur la TNT. J’ai découvert, inculte que j’étais, que Mimosa reprenait le refrain d’un morceau de Monsieur 100 000 volts, Gilbert Bécaud. On ne l’écoutait pas, à la maison, je ne connais pas sa carrière, sa vie, ses chansons.

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En tombant sur « La Solitude ça n’existe pas », j’ai été bluffé : orchestration cheloue, grandiloquente, avec ce rythme un peu western ; interprétation « virile », Bécaud défie la Solitude ; paroles désabusées et cyniques derrière le vernis de la négation ; en fait, Bécaud a peur… Le morceau est sorti en 1970 en 45 tours, écrit par Bécaud et Pierre Delanoe. (suite…)



LCS 190. Terry Riley, Persian Surgery Dervishes, 1972
15 mai, 2016, 12:48
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Il est impossible d’écouter des morceaux de Terry Riley extirpés de leurs albums ; c’est pourquoi, aujourd’hui, je partage deux albums de ce génie que j’admire : Persian Surgery Dervishes, sorti en 1972 chez Shanti, une merveille :

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Et A Rainbow In Curved Air, sorti en 1969 chez Columbia Masterworks (dont on peut entendre le titre éponyme sur la station de radio « A Journey » dans le jeu vidéo GTA IV) :

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Une brève interview par Bester Langs, à voir sur Gonzai :

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LCS 189. Moondog, « Oasis Op. 11 N° 1″, 1979
15 avril, 2016, 20:00
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Moondog, « Oasis Op. 11 N° 1″, sur l’album A New Sound Of A Old Instrument, sorti en 1979 chez Kopf.

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LCS 188. Unknown, « Ninna Nanna Lullaby »
9 avril, 2016, 12:58
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J’ai découvert le morceau qui suit, intitulé « Ninna Nanna (Lullaby) » (parfois « Ninna Ninna »), dans l’antépénultième épisode des Soprano, et je n’ai toujours pas trouvé le compositeur ni l’interprète. Selon les sources, il s’agit d’une vieille rengaine lombarde ou calabraise, qu’on peut trouver par exemple dans le volume 1 de la compilation Italian Folk Music, sortie en 1972 chez Folkways Records.

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LCS 187. Dead Obies, « Tony Hawk », 2013
1 avril, 2016, 20:48
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Dead Obies, « Tony Hawk », single sorti en .mp3 en 2013, et disponible sur leur album Montréal $ud, sorti en 2013 chez Bonsound Records. Merci à Jack Seps pour la trouvaille !

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LCS 186. Didier Super, « A Bas Les Gens Qui Bossent », 2009
26 mars, 2016, 9:13
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Didier Super, « A Bas Les Gens Qui Bossent », sur son album Ben Quoi ?, sorti en 2009 sur le label V2. J’ai découvert Didier Super de manière complètement fortuite, sur le DVD Kourtrajmé ; en 2004, Kourtrajmé Productions a réalisé le clip de « Y’en A Des Biens », dans lequel apparaissent notamment Ladj Ly, Mouloud Achour, Dimitriu, Hi-Tekk… Depuis, mon frère Jack Seps me l’a fait redécouvrir. Ce mec est un génie gênant…

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Bonus : version acoustique de « Comme Un Enfant Au Brésil » (2009).

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Une interview sur France Ô :

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LCS 185. Stupeflip, « Les Monstres », 2002
18 mars, 2016, 22:07
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Stupeflip, « Les Monstres », sur l’album Stupeflip, paru en 2002 sur le label Vorston & Limantell (BMG).

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Depuis 1972, le CROU est advenu, même si nous ne sommes pas encore prêt pour la 2e ère du Stup…

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[Frédéric Taddéi, chez King Ju, pour l’émission Paris Dernière]

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