Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 48
15 janvier, 2012, 9:43
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson de Cream, Sunshine of your Love, sortie sur leur 2ème album Disraeli Gears en 1967, véritable chef-d’œuvre.

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 Comment puis-je me souvenir de ma première fois ? Cream est un groupe qu’on entend partout mais dont on ne connait pas le nom. Où ai-je entendu I Feel Free ? Dans Les Soprano, mais ce n’était pas mon dépucelage. Sunshine of your Love est une chanson que j’adore, mais qui est définitivement trop courte ! On peut l’entendre dans Les Affranchis, après le casse de la Lufthansa ; le morceau débute sur le visage vieilli, fier et un peu hautain de Jimmy Conway, le cerveau, joué par De Niro, au bar, tirant sur sa cigarette d’un air monarchique. Très vite, paranoïaque, il fera assassiner une grande partie de son équipe, de peur des balances autant que des maladresses. A partir du moment où j’ai cherché à en savoir davantage sur le groupe, je suis tombé des nues. Non seulement beaucoup de leurs titres sont véritablement des hits, mais en plus ils tapent tous musicalement très haut. En plus, ils fusionnent à merveille plusieurs styles – revival blues, rock, saupoudrés d’une bonne dose de psychédélisme –, et ce en très peu d’albums, seulement quatre. Cream a durablement marqué la deuxième partie des sixties, notamment parce que c’est l’un des premiers super-groupe de l’histoire de la pop (ça existait déjà dans le jazz) : « ils ne furent jamais véritablement amis, et leurs affinités s’en tinrent à la musique : Ginger Baker avait fait ses classes chez Graham Bond, Eric Clapton chez John Mayall, Jack Bruce chez l’un et l’autre. »[1]Leur premier album s’appelait, en yaourt, Crème Fraîche. Ouais, un bon bol d’air frais, même après quarante ans.

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[1] François DUCRAY (1995), « Cream : Fresh Cream. Chronique », Rock & Folk hors-série n° 11, décembre, p. 17. Pour la petite histoire, il y a une dizaine d’années, je me suis passionné pour les anciens magazines de mon père, rangés dans la cave. J’ai pu lire avec délectation et transgression d’anciens numéros de L’Echo des Savanes, j’ai retrouvé une bédé géniale des années Métal Hurlant (Tranches de brie), j’ai pleuré (presque) lorsque ma grand-mère m’a appris qu’elle avait jeté la plupart des Hara-Kiri de mon père à la poubelle, j’ai pu découvrir des numéros hallucinants du Crapouillot, j’ai fait miens une vingtaine d’aventures des Pieds Nickelés version souple. Et je me suis approprié, avec la bienveillance de mon père, ce hors-série retraçant trente ans de disques rock. D’ailleurs, Philippe Manœuvre, fleurant le bon coup, publiera deux ouvrages, parmi cent autres, qui reprennent l’idée. Genre, les 101 disques qui ont changé le monde.



La Chanson de la Semaine 47
8 janvier, 2012, 11:56
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 J’ai choisi cette semaine un titre de Janis Joplin, Litlle Girl Blue, présent sur son 1er album studio, I Got Dem Ol’Kozmic Blues Again Mama !, publié en 1969.

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Chanson écrite par Richard Rodgers et Lorenz Hart pour Nina Simone, qui l’enregistra en 1957, cette balade est l’une des plus belles interprétations de Janis Joplin, sensible et belle, éternellement triste mais pleine de vie, notamment grâce à cette voix incomparable, digne de ses modèles Bessie Smith, Odetta, Big Mama Thornton[1]. Egalement attirée par les auteurs de la Beat Generation, Janis Joplin est une rebelle, une vraie, qui n’hésite pas à faire du stop pour vivre son truc à San Francisco. Elle vit tellement sa musique à fond qu’elle l’accompagne de paradis artificiels et de baise glorieuse (Hendrix, Leonard Cohen, Kris Kristofferson, Eric Clapton, plus quelques nanas)[2]. S’ensuivent Monterey, Woodstock, et une OD. Putain d’héroïne. La légende-malédiction du Club des 27 peut commencer ! Ça va devenir une habitude, mais j’ai découvert Janis Joplin par hasard, au gré de mes amours cinématographiques. Durant mon adolescence, je tombe accro au 1er film de notre Bernie Bonvoisin national (leader de Trust – papa, si tu me lis !), Les démons de Jésus, sorti en 1997 : la fin des 60s, la langue chantante, le côté décalé… A un moment, dans sa chambre, Marie, la fille bosseuse, allume une cigarette et enfile des bas, se brosse les cheveux, passe une robe… La pauvre fille de forain alcoolique devient une femme désirable. Mais son regard triste perdure, Little Girl Blue en fond sonore. J’aimais la chanson, mais je n’avais pas poussé jusqu’à connaître l’artiste. Puis, récemment, ma femme me tanne pour regarder Les Petits mouchoirs. Mouais, une chose à garder : la bande-son, qui enchaîne Creedence Clearwater Revival, David Bowie, Nina Simone, Iggy Pop &… Kozmic Blue de Janis Joplin. Quelle voix extraordinaire !


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Dédicace : pour Elodie

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[1] Ellis AMBURN (1992), Pearl : The Obsessions And Passions of Janis Joplin, New York, Warner Books, cité par l’article Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Janis_Joplin.

 

 

 

[2] Le Monde 2, juillet 2007, selon Wikipédia, op. cit.

 

 

 



La Chanson de la Semaine 46
1 janvier, 2012, 23:38
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 J’ai choisi cette semaine un morceau des Yardbirds, Heart Full Of Soul, présent sur l’album Having A Rave Up With The Yardbirds sorti en 1965.

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Formé en 1963 en Angleterre, ce groupe est l’un des plus influents sur la scène revival blues britannique, avec les Rolling Stones, les Animals, John Mayall, Van Morrison, Eric Clapton, Jeff Beck, Jimmy Page. D’ailleurs, ces trois derniers guitaristes ont successivement fait partie des Yardbirds, avant de former respectivement Cream et le Jeff Beck Group (notamment avec Rod Stewart) ; Jimmy Page, après s’être retrouvé à la tête du groupe, engage d’autres musiciens et le grand Robert Plant. Les Yardbirds deviennent alors Led Zeppelin. Ah, l’histoire complexe de la musique, parfois ! Là encore, j’ai découvert les Yardbirds un peu par hasard, dans Las Vegas Parano de T. Gilliam. C’était For Your Love, un morceau psychédélique typique de la fin des sixties, un peu comme celui-là, Heart Full Of Soul. Une idée revient souvent : ceux qui ont vécu les sixties ne s’en souviendraient pas. Ceux qui les racontent sont donc dans le faux, consciemment ou pas. Si vous feuilletez attentivement ce blog, vous aurez compris que je suis né au début des eighties. Les images qui me viennent sont donc forcément subjectives, partiales et fictives. Et cette fois, ma vision, j’en conviens, frôle la caricature : chanson d’amour tortueux, avec qui ? Sommes-nous sûrs que c’est une fille ? Ce ne serait pas plutôt une substance ? Des acides ? De l’herbe ? Qu’on se partage autour d’un feu, dans une communauté en Californie, en 1969 ? Ce morceau me rappelle étrangement la scène d’Easy Rider de Dennis Hopper, dans laquelle les deux motards débarquent à l’improviste dans une communauté hippie et découvrent leur mode de vie. Sick at heart and lonely, Deep in dark despair. Thinking one thought only Where is she tell me where ? En fin de compte, je me suis fourvoyé. Ce qu’il demande, c’est : mais où est la liberté ?

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N.B. : Il manque Eric Clapton sur la photographie… 

 



La Chanson de la Semaine 45
26 décembre, 2011, 21:56
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J’ai choisi cette semaine une chanson de Jefferson Airplane, White Rabbit, présente sur Surrealistic Pillow, 2ème album sorti en février 1967.

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Composition de la chanteuse Grace Slick, c’est, avec Somebody To Love, la plus connue et la plus emblématique du groupe, elle permet aussi au groupe de connaître ses premiers succès, et à Grace Slick de s’imposer à la place de Signe Toly Anderson. Formé en 1965, le groupe de San Francisco devient vite la figure de proue d’un rock psychédélique, bourré au LSD et aux champignons, aux textes à double sens, à la musicalité hypnotique, nourri à la littérature de Ken Kesey, Timothy Leary et surtout Aldous Huxley… Les lignes se distordent, la réalité se déforme, l’esprit s’ouvre ! White Rabbit relie l’histoire d’Alice au pays des Merveilles à la prise de psychotropes ; le monde de Lewis Carroll est un monde à découvrir, son monde intérieur, celui de l’imagination et des possibles. Et de la sexualité, aussi. Sur le site officiel du groupe, on peut trouver : « Grace has always said that White Rabbit was intended as a slap toward parents who read their children stories such as Alice in Wonderland (in wich Alice uses several drug-like substances in order to change herself) and then wondered why their children grew up to do drugs. »[1] J’ai découvert Jefferson Airplane un peu par hasard, errant entre les programmes de Canal +. Adolescent, je suis très branché Simpsons, et découvre un Homer agriculteur et distributeur de jus de fruit hallucinogènes ; on y entend White Rabbit. Ignorant encore l’existence d’Hunter Thompson, je me jette aveuglément sur Las Vegas Parano de Terry Gilliam : une grande claque cinématographique, fruit notamment de la scène de la baignoire. Raoul Duke ouvre la porte de sa chambre d’hôtel, et retrouve un capharnaüm impossible à décrire. A côté, ma chambre d’ado passe alors aux yeux de mes parents pour un exemple de propreté et de salubrité. Duke ouvre la porte de la salle de bain et découvre un Dr Gonzo, complètement défoncé (euphémisme) à tout ce qui peut se gober, s’ingurgiter, se boire, tout prêt de se faire électrocuter. Il l’exhorte alors, sous la menace d’une lame, de mettre White Rabbit, « une chanson qui fait monter », et de lancer la radio dans le bain au moment du final. « Je veux le lapin ! »

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[1] « Grace [Slick] a toujours dit que White Rabbit était une gifle à l’attention des parents qui lisaient à leurs enfants des histoires comme Alice au pays des Merveilles (dans lequel Alice utilise plusieurs substances semblables à la drogue pour se transformer) et qui ne comprenaient pas pourquoi leurs enfants grandissaient pour essayer des drogues. », in http://www.jeffersonairplane.com/the-band/grace-slick/.

 

 



La Chanson de la Semaine 44
18 décembre, 2011, 0:01
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J’ai choisi cette semaine un titre de Jimi Hendrix, 1983… (A Merman I Should Turn To Be), présente sur le 3ème album de The Jimi Hendrix Experience Electric Ladyland, sorti en 1968.

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Jimi Hendrix est une légende, que dis-je une légende, un mythe pour beaucoup d’amateurs de rock. Un mythe aussi pour pas mal de nanas : ses frasques avec des groupies, notamment avec Pamela Des Barres, sont de notoriété publique, et le moulage en plâtre de son sexe par une autre groupie, Cynthia Plaster Caster, un 25 février 1968, reste un must dans l’art de faire entrer une rockstar dans le Hall of Fame, catégorie « sex ». Pour ce qui est du « drugs », Hendrix fait tout pour vivre le truc à fond. L’héroïne de l’histoire le fera crever – vraisemblablement étouffé dans son vomi le 18 septembre 1970 après une OD de barbituriques associés à une bonne pillave –, comme d’autres, Gram Parsons, Tim Hardin, Janis Joplin, Tim Buckley. Sex, drugs & rock ; pour ce qui est du dernier terme, Hendrix est un Dieu : guitariste hors-pair, gaucher de feu, précurseur du glam rock dans les costumes, voix grand écart, c’est un artiste plus que complet, influencé par tout ce qui fait de mieux dans la musique (blues bien sûr, mais aussi jazz et folk). Pourtant, il n’est pas devenu une légende consensuelle tout de suite. Benoît Sabatier rappelle par exemple qu’ « en 1971, en France, Hendrix n’est pas l’icône d’aujourd’hui, ce sont les initiés [comme Mirwais] qui adorent »[1] ; Hendrix, c’est l’underground. Malgré un père né en 1958 et accro au rock, Hendrix n’est pas un artiste qu’on écoute chez moi. On reconnaît son talent, mais c’est tout. Je me souviens de l’un des nombreux documentaires que j’ai vu, on entendait Jeff Beck raconter l’honneur qu’il avait eu de rencontrer Hendrix au zénith de son art (68-69) ; celui-ci, humble, reconnaissait qu’il avait piqué des trucs de guitaristes à Jeff Beck, doublement honoré ! Il subsiste des zones d’ombre, comme son caractère violent, parfois, contre les femmes, ou cette anecdote qu’on ne cite guère : Hendrix aurait touché, pour faire Woodstock, un pactole de 18 000 dollars, alors qu’il semble « le moins matérialiste »[2]. Reste des chefs-d’œuvre, comme cette chanson, longue, mais qui dure finalement peu de temps. Comme sa carrière.

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[1] Benoît SABATIER (2007), Nous sommes jeunes, nous sommes fiers, Hachette Littératures, p. 95.

[2] Ibid, p. 102.



La Chanson de la Semaine : Pause…
26 septembre, 2011, 21:32
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Chers internautes,

Ma charge actuelle de travail est telle que je suis contraint, temporairement, non de mettre la clef sous la porte, mais de lever la pédale, de marquer le pas, de souffler un peu. Je reviendrai vite avec une série de chansons de la semaine qui célébrera mes dieux du rock symbolisant la fin des sixties, l’explosion psychédélique, le revival blues, la mélancolie de la fin du rêve américain, l’invention du hard, l’hymne à la liberté et à l’espace, l’entrebâillement des portes de la perception…

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Copyright Moulinsart SA 2011



La Chanson de la Semaine 43
19 septembre, 2011, 7:32
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Semaine particulière. Dans la nuit du 12 au 13 septembre 2011, Mehdi Favéris-Essadi meurt à la suite d’une mauvaise chute du haut de sa mezzanine. Shit.

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Alors que je viens de célébrer la vie (à travers le baptême d’une adorable Amandine), ma femme, marraine, m’apprend à brûle-pourpoint qu’un Dj rebeu est décédé. « Dj Abdel », m’assure-t-elle avant de se raviser au bruit d’un hésitant « Dj Mehdi, peut-être ? Je l’ai lu dans Direct Matin, cette semaine. Je crois. » Alors que je viens de publier un post dans lequel j’écris, seulement pour la seconde fois, à propos d’un groupe déjà cité, Dj Mehdi nous quitte sur un malentendu ; j’avais posté sur Gil Scott-Heron avant qu’il meure, quelques semaines plus tard. Ne m’appellerais-je « le blogueur poissard », « la guigne », « la scoumoune » ? Alors, nous serions en pleine science-fiction, en plein épisode d’X-Files, poursuivi par le renard Mulder et docteur Scully… On entend déjà les sombres présages. Tous les artistes publiés sur ce blog seront hantés à jamais, dans les limbes virtuels d’une mort bien réelle. Mais alors ? Si mes calculs sont exacts, les membres d’Outkast périront dans d’obscures circonstances, dans exactement cinq mois, Big Boi épuisé jusqu’à la mort par la danse endiablée de jeunes et sexy filles masquées, André 3000 dévoré par le minuscule singe à la grande gueule. Avant d’en arriver à la fermeture administrative de ce blog vaudou, je souhaiterai revenir au sujet. Le départ de Dj Mehdi est particulier, car il a véritablement accompagné ma vie, depuis ma plus tendre adolescence et ses prod’ pour Ideal J, 113 et Assassin, jusqu’à ma trentaine pas encore accroché, rythmée par les bpm siglés Ed Banger, écurie qu’avait rejointe Mehdi au milieu des années 2000. Oh, et puis, zut… Marre des hommages ronflants qui ne satisfont que ceux qui les écrivent. L’horizon ? L’avenir. Celui de la house. Dj Mehdi + Riton = Carte Blanche, Gare du Nord, 2010. RIP.

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La Chanson de la Semaine 42
11 septembre, 2011, 21:21
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J’ai choisi cette semaine un morceau d’Outkast, Prototype, présente sur leur double album Speakerboxx/The Love Below, sorti en 2003. Intégrant la confrérie ultra sélecte et très fermée des artistes déjà cités par votre serviteur, avec pour le moment comme unique membre Gil Scott-Heron, le groupe d’Atlanta n’a toujours pas fait mieux, pour l’heure, que cette double galette qui vient d’ailleurs. Presque dix ans, déjà, et pas une ride. Ça serait même l’inverse !

 

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Mis à part peut-être le 1er single sorti, Hey Ya !, qui, s’il a fait danser mes neurones durant de longs mois, s’est vite asséché à mesure qu’il touchait le monde entier, la plupart des titres présents sur l’album ravit mes sens musicaux chaque jour. Après avoir découvert Outkast par Mrs Jackson et B.O.B., ma première écoute de l’album débute par Ghettomusick, 2nd single, alternant des phases électro-rapides à d’autres mid-tempo et érotico-soul. Un véritable shoot euphorisant. Puis, je me tourne vers la partie d’Andre 3000 et tombe sur un morceau qui, parmi d’autres, me scotchent par tant d’inventivité, de soleil et de sentiments. Prototype est certes assez guimauve, mais si bon. L’intro évoque un voyage, les premières chaleurs du printemps, un soleil déjà haut, déjà chaud dans un ciel bleu, un pré vert comme l’espoir parsemé de belles marguerites OGM… I Think I’m In Love Again. Parfois simpliste, le morceau possède sa part de doute, de mélancolie, dans le sens où un prototype n’est qu’un premier exemplaire, perfectible. Et on est toujours à la recherche de son premier amour, par nature… imparfait. Par l’espoir de retrouver cette imperfection, cette innocence, cette douceur, cette sensation de vraiment vivre sa vie, de rendre grave une situation futile, c’est son enfance qu’on poursuit, sa jeunesse. Le mieux, c’est quand on arrive à grandir en gardant cette flamme, celle de l’insouciance et de la candeur, celle du premier vrai amour et des rires francs… « Te souviens-tu des instants adolescents insouciants, quand notre envie de tout vivre était plus forte que le temps… Te souviens-tu des ballades, des aventures, des moments, quand devant le crépuscule, on se réveille plus grand… »[1] Prototype, c’est ça : l’adulescence revendiquée, la pureté de l’enfance conjuguée à la force de l’amour.

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[1] Refrain chanté par des chœurs d’enfants, sur la chanson Antenne 2, présente sur le 3ème album de TTC, 3615 TTC, en 2006.

 

 

 



La Chanson de la Semaine 41
4 septembre, 2011, 17:51
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J’ai choisi cette semaine une chanson des Semifinalists, intitulée Origin Song et sortie sur leur premier album Semifinalist en 2006. Américains exilés à Londres ou Londoniens qui se donnent un air américain selon les sources, les membres du groupe se prénomment Adriana Alba, Chris Steele-Nicholson et Ferry Gouw (d’origine indonésienne), tous trois étudiants en cinéma.

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Leur musique évoque tour à tour Jeff Buckley (fils de Tim, terrible), Flaming Lips, Mercury Rev, Pavement, Sonic Youth, Arcade Fire, Daniel Johnston, voire Cardigans ; mais tout ça, c’est de la foutaise ! Cet album est complètement barré, il ne ressemble à rien. Quand je l’ai écouté, après avoir vaguement survolé la page musique de ma feuille de chou branchouille préférée, j’ai été… interloqué. Interrogé. Pas tout compris. Par contre, je me suis élevé dans les airs aux vapeurs psychédéliques quand les premières notes d’Origin Song vibrèrent dans mon cerveau. Dans ce groupe, la parité vocale est de rigueur ; dans le titre présenté ici, on ne sait si c’est Adriana ou Chris, ou autre chose ! Marc Beaugé s’interroge même à son sujet : « A-t-il vraiment des couilles ? Fume-t-il des menthol ? Ou vit-il, simplement, dans le monde hermaphrodite de Jonathan Donahue, chanteur des Mercury Rev ? »[1]Les premières secondes, notamment les voix, sont une incantation au psychédélisme 70s sous LSD ; très vite, des effets montrent le bout de leur nez électroniques, pour bien signifier qu’on est au XXIe siècle ; puis, les riffs de guitare ajoutent à l’ambigüité, à la confusion : où sommes-nous ? Dans un studio londonien rempli de psychotropes au milieu des 90s ? Sur la route 15 désertique du Las Vegas Parano de Hunter Stockton Thompson, à Barstow, entre Los Angeles et Sin City, avec tequila, éther et mescaline en stock ? Vers la 2nde minute, la voix est limpide et nous interroge, encore… La musique s’éteint doucement, sur des notes douces, qu’on voudrait empruntées à une boîte à musique, avec une danseuse étoile des années 1900, ou au My Favorite Things des Lennon Sisters. Qui figurent au générique du film de Terry Gilliam… Las Vegas Parano. « C’est le pays des chauve-souris ! Saloperies de volatiles ! »

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[1] M. BEAUGE (2006), « Rock à deux sexes », Technikart n° 103, juin, p. 87.



La Chanson de la Semaine 40
28 août, 2011, 22:59
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J’ai choisi cette semaine un titre d’un groupe suédois, Studio, qui s’appelle Origin (Shake You Down by the River), sorti sur leur premier album Yearbook 1, en 2007.

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Ça ressemble légèrement à ça, de la cosmic-disco. Le groupe est composé de Dan Lissvik et Rasmus Hägg, et fabrique une musique répétitive et envoutante, moite et interminable ; on est loin de l’ambiance Millenium (la célèbre série littéraire du regretté Stieg Larsson) ! Les références ? Un peu entre Lindström (célèbre DJ norvégien) et The Cure, ça touche à New Order et Moroder, et pas mal de Krautrock boche (Can, Neu). Dans l’entregent des années 2000, Technikart est une lecture quotidienne et quasi exclusive pour moi, alors que je cherche des sons nouveaux pour renouveler mon imaginaire. Tombant sur une chronique peu flatteuse de leur disque West Coast – genre « le mauvais goût sans la naïveté » ou encore « érudition + discipline = aseptisation »[1] –, je décide de braver les interdits du mag’ pour frotter mes oreilles à cette « aventure afrobeat-dub-disco-indie-pop »[2] suédoise. Première écoute : étrange : les titres s’étirent sur de longues minutes, les sons humains sont inexistants (très rares), le rythme est souvent ralenti. Surtout, certaines notes, certains passages agissent comme un mantra, qui revient parfois dans plusieurs titres, comme un rappel que, si on a changé de piste, on est toujours là, léger, le soleil qui tape doucement, un cocktail à la fraise pour rafraichir un front perlé, les jolies filles, tenues estivales, pas farouches, marchant au ralenti comme dans un clip, s’échangeant dans un éclat de rire leurs glaces dégoulinant sur leurs doigts, naïves… Comme si, de leur contrée trop verte, éloignée, et pour tout dire, froidement doux (l’hiver n’est qu’une longue, glaciale et austère nuit), Studio avait voulu s’évader un peu, s’imaginer le temps d’un album sur une plage à Miami ou à Bali. Avec l’hiver qui approche, Studio dans mon lecteur mp3 réchauffe mon sombre esprit dans la belle grisâtre parisienne.


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[1] Clovis GOUX (2007), « Chronique : La Méthode suédoise », Technikart n° 117, novembre, p. 88.

[2] Sur la version anglophone de Wikipédia : http://en.wikipedia.org/wiki/Studio_(band).


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