Ce que j’en dis…
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J’ai vu… La Mort en direct de Bertrand Tavernier
2 février, 2013, 11:21
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Depuis que mon pote Ben m’a fait découvrir les joies du cinéma d’art et d’essai (entendre : voir des vieux films parfois inconnus dans des petites salles du quartier latin avant de boire plusieurs verres dans un bar en face), je multiplie les visionnages ! Mes humbles critiques, courtes, je les publie sur mon compte Facebook. Mon dernier film n’est pas forcément celui qui m’a le plus fait jouir, qui m’a le plus fait réfléchir, qui m’a… Mais ma critique, toujours aussi humble, prend davantage de place, et la taille étant l’inconvénient principal de Facebook, je profite de mon espace personnel numérique pour la publier en toute liberté.

 

Je suis allé voir, un peu intrigué par le titre et l’histoire, Death Watch (La Mort en direct) de Bertrand Tavernier (1980), avec Romy Schneider, Harvey Keitel, Max Von Sidow. C’est l’histoire d’un homme qui a une caméra greffée dans le cerveau et qui filme donc tout ce qu’il regarde. C’est l’histoire d’une femme qui s’enfuit pour « mourir libre ». Voulant échapper aux médias, en l’occurrence une émission de tv, elle ne sait pas qu’elle est aidée dans sa fuite par celui-là même qui la filme. Bande annonce :

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Chronique Facebook #001

N.B. : Je tiens à préciser que ce qui suit comporte une grande part d’ego-trip, mais, pour reprendre Raphaël Meltz, fondateur de la revue LeTigre, parler de soi n’est intéressant que si « ce « soi » parle de quelque chose »[1], ce qui est parfois le cas ici, je l’espère.

 

Il y a un peu plus d’un an, malgré mes réticences, je me suis laissé séduire par le pouvoir communicationnel de Facebook, le plus grand réseau social numérique mondial. Soucieux de la phrase lâchée par son fondateur, Mark Zuckerberg, en 2010, à l’occasion d’une conférence, et conscient des limites et des risques d’un tel réseau, j’ai préféré affronter le problème franchement : puisque « la vie privée est un concept dépassé », je choisis délibérément de rendre tout ce que je publie public, en prêtant bien évidemment attention à ce contenu. Peu de vie effectivement privée, pour le reste, j’assume. Sauf que je conserve un relatif anonymat : à peine une date de naissance, mon nom n’apparaît pas, presque pas de photos de moi, pas de ville de naissance ou d’habitation, etc. D’ailleurs, à l’ouverture de mon compte, une amie m’écrira fort justement : « Tu as craqué ? Personne n’échappe à Facebook ! » Effrayant : on croirait cette phrase extraite d’un 1984 2.0. Au programme de mon compte, du sujet d’actualité, de la musique, des causes à défendre, mes articles du blog, du délire, des trouvailles que j’ai envie de partager. Surtout, Facebook permet une réactivité bien plus grande qu’un blog : conséquence, des posts intéressants ne sont jamais publiés sur mon blog. C’est pourquoi, avec un maximum de recul, je décide aujourd’hui de restituer un certain nombre de posts sur ce blog, après une sélection digne du festival de Cannes ! (suite…)



Mariage gay : l’avis de Gilles Raveaud
11 janvier, 2013, 9:57
Classé dans : La Société en question(s)

Mariage gay : l'avis de Gilles Raveaud dans La Société en question(s) vieux-cons

Copyright Lardon 2013.

Alors que les anti-mariage pour tous comptent défiler (se défouler ?) en nombre ce dimanche 13 janvier pour protester contre ce qu’ils estiment être une hérésie, un ébranlement des valeurs morales destructeur pour la société – que dis-je – pour la civilisation, alors que Najat Vallaud-Belkacem (Ministre des droits des femmes) aurait fait du prosélytisme dans une école publique[1], tandis que certains pontes de l’école catholique voudraient organiser la rébellion contre ce projet infernal[2], je ne peux m’empêcher de propager l’avis de l’économiste Gilles Raveaud sur la question, publié sur son blog[3] :

 

 

Pour certaines personnes, le mariage devrait rester, éternellement, une union entre un homme et une femme. Ces personnes s’autorisent même à manifester publiquement leur refus de l’attribution à d’autres personnes d’un droit dont elles jouissent elles-mêmes, simplement en raison de leur orientation sexuelle, qu’elles n’ont pas, comme tout un chacun, choisi.

Les opposants au mariage homosexuel se présentent en dépositaires du droit au mariage, dont ils auraient le pouvoir de régler l’attribution. Cette attitude est étonnante si l’on se livre à une petite analyse socio-économique de la question. (suite…)



Un blog SES !
8 novembre, 2012, 21:40
Classé dans : La Société en question(s)

Et oui, j’ai décidé d’ouvrir un blog pour ma discipline, les sciences économiques et sociales (SES), et pour mon lycée, Hulst. Et surtout, pour mes élèves ! Il sera en partie animé par eux : en effet, ils réaliseront durant cette année un compte-rendu d’un ouvrage qu’ils auront étudié que nous publierons. Et puis pleins d’autres trucs ! Bien sûr, il ne s’adresse pas qu’à des lycéens et est ouvert à tous ; c’est pourquoi je vous invite à visiter régulièrement ce lieu insolite dédié à la connaissance, à la réflexion et à l’ouverture sur la société.

http://hulstses.unblog.fr

 

Un blog SES ! dans La Société en question(s) chat-enseignant



Egalité : les homos prêts à divorcer pour s’arracher la garde du petit ?
8 novembre, 2012, 14:30
Classé dans : La Société en question(s)

Un couple de gouines devant monsieur le maire ? Quoi, des drogués qui se déhanchent le cul à l’air veulent des enfants ? Qu’on le veuille ou pas, ça a l’air d’être pour bientôt, comme ça l’est déjà pour beaucoup d’Etats dans le monde. Et ça ne manque pas de faire polémique : la droite (des homophobes presque affirmés aux arguments pondérés d’un Alain Juppé jusqu’au favorable Franck Riester), l’Eglise catholique (voir les propos de Mgr André Vingt-Trois), les associations familiales, les homos eux-mêmes (voir la prestation hésitante de Xavier Bongibault, du collectif Plus gay sans mariage, dans le Grand Journal de Denisot), etc. Pourquoi tant de haine ?

 

Egalité : les homos prêts à divorcer pour s'arracher la garde du petit ? dans La Société en question(s) egliseCopyright Baudry 2012 (suite…)



L’ombre de Sarkozy plane…
22 septembre, 2012, 8:15
Classé dans : La Société en question(s)

Ça y est, passée à la trappe de l’info vite fait mal fait, la Une de Libé du 10 septembre ? Vous l’avez déjà oublié, cette Une un peu grossière, avec un montage de Bernard Arnault et ces mots : « Casse-toi, riche con ! » ? Elle a fait le « buzz »[1] toute la semaine dernière, enflammant les débats médiatiques, embrasant les conversations à la machine à café. Du pour, du contre, il y avait effectivement matière à gloser : « pas intéressant : c’est juste un coup marketing », « indigne : c’est une insulte à l’intégrité d’une personne », « absurde : Arnault fait vivre beaucoup de Français car il crée de la valeur », « hypocrite : sans les riches comme Arnault, pas de presse française », « ironique : c’est juste la reprise mot pour mot de la vulgate sarkozyste », « poil à gratter : derrière cette Une est mise en avant la possibilité qu’ont les riches de refuser une politique de vol organisé », « poil à gratter : derrière cette Une est mise en avant la possibilité qu’ont les riches de s’exempter de justice sociale », « nécessaire : car est soulevé le problème de la perte du sens commun », etc.

 

L'ombre de Sarkozy plane...  dans La Société en question(s) Libé

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Manifeste pour (toutes) les sciences sociales au lycée !

Il y a peu, je suis tombé sur un papier qui traitait de l’enseignement de l’économie en France, dans une optique affichée de « décryptage », mais qui était aussi manifestement autant un travail d’opinion et d’expert. Comme je suis prof de SES, il était impensable de laisser passer l’occasion. Ecrit par Sergio Alvarez, publié sur le site Atlantico en cette rentrée de septembre 2012, le papier est disponible ici. Je conseille à ceux qui désirent continuer la lecture de ce post de lire au préalable soigneusement le papier que je m’apprête à critiquer.

* Les citations en bleu sont tirées de l’article de Sergio Alvarez.

 

Les Français nuls en économie ?

 

L’article s’ouvre sur un « constat [qui] n’est pas nouveau : les Français souffrent de graves lacunes en matière économique. » Pour étayer son propos, l’auteur cite un questionnaire du CODICE réalisé en 2010. Avant ma salve de critiques, il faut préalablement savoir que le CODICE (2006-2010), Conseil pour la diffusion de la culture économique, s’il était indépendant, n’en restait pas moins marqué idéologiquement : créé par le ministre de l’Economie Thierry Breton et reconduit par Christine Lagarde, le comité des sages qui en fixe les grandes orientations était présidé par Eric Le Boucher. Faut-il rappeler que celui-ci est diplômé d’économie et de statistique à Paris Dauphine (très libérale en économie), journaliste économique mainstream, membre de la Commission Attali (« libérer la croissance », tout ça), directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Echos (no comment)… CQFD. Le CODICE a été créé pour répondre à de bonnes questions – la culture économique des Français –, mais sur la base d’une normalisation idéologique, non d’une réflexion pluraliste. L’idée du truc ? Les Français sont nuls en économie (encore faudrait-il rigoureusement le prouver), c’est pourquoi l’école (entre autres) doit leur expliquer les lois et les mécanismes économiques ; dès lors, les prénotions, ainsi que les réactions de rejet des modèles économiques actuels, tout comme (suite…)



Des narcos et des enfants en Amérique latine, par R. Saviano
1 septembre, 2012, 23:23
Classé dans : Ils font avancer le monde,La Société en question(s)

Il y a deux mois, je publiais un long portrait du résistant moderne Roberto Saviano, salué par la critique (enfin, par Benoît). Ce papier avait été pensé douloureusement, chez moi dont la vue il y a cinq ans de son premier bouquin à la FNAC avait insinué en moi un sentiment de méfiance : j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un énième livre sur la mafia, laborieusement écrit et bourré d’erreurs. Très vite, j’ai réévalué mon jugement et me suis payé Gomorra. Feignant comme pas deux, je repousse sans cesse la lecture, prétextant un job exténuant (équipier McDonald’s et assistant d’éducation en même temps) ou des études trop prenantes (je retape alors mon 5e semestre de licence). Le temps file si vite qu’arrive, sans crier gare, l’adaptation cinématographique du livre. Sorti le 13 août 2008, je me lance le défi de lire le livre avant de voir la toile ; las, c’est presque septembre et je n’ai à peine débuté que quelques pages. Tant pis. Confortablement installé dans les sièges rouges du MK2 Bibliothèque, en cette fin d’août ensoleillée, j’observe, subis, encaisse deux heures d’une sourde et mortifère réalité, celle du crime, en VOST. Le taux de remplissage de la salle doit approcher les 3 %, en dépit de la climatisation. Après avoir douloureusement digéré l’œuvre projetée, je me jette sur l’œuvre scripturale. Un long direct dans l’estomac. Des mots qui frappent fort, travaillent le bide, atteignent leur but. Dès lors, je me passionne pour cet homme d’à peine trente piges, au crâne rasé, à la barbe mal tondue, aux allures de voyou. J’étais déjà un fin connaisseur du crime organisé depuis ce livre offert par grand-mère sur Lucky Luciano, Frank Costello, Meyer Lansky, Bugsy Siegle, j’étais au collège. Sur Roberto Saviano et la Camorra, je cherche, fouine, farfouille, et trouve. Je guette avec impatience ses interventions télé, ses nouveaux bouquins, ses articles publiés (Courrier International, ce genre).

Des narcos et des enfants en Amérique latine, par R. Saviano dans Ils font avancer le monde Roberto-Saviano-9

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Crack de T. Jordis passé à la moulinette de la sociologie clinique
17 avril, 2012, 6:57
Classé dans : La Société en question(s)

Ah, mes années d’étudiant… Après avoir retapé ma 3e année de licence, je me lance à la rentrée 2008, mi-conquérant, mi-sceptique, dans une année de challenge. Triple activité : je prépare un concours d’enseignant (style CAPES) pour la 1ère fois ; j’attaque un master de sciences économiques et sociales (alors que j’ai toujours pensé être un élève laborieux qui devait s’arrêter tôt, avant de rencontrer encore des échecs) ; je suis contraint, après déjà deux ans, de continuer à bosser quotidiennement au McDonald’s pour payer mes études et mon loyer. Heureusement, mon amie entreprend à peu près la même chose et m’encourage beaucoup. Et puis, on se soutient ! Une année riche, donc. J’ai forcément raté quelque chose, cette année : le concours. Mais j’ai rencontré des professeurs formidables à Paris-Diderot qui ont contribué à me donner confiance en moi, en plus de dispenser des cours haut de gamme. Au 2e semestre, je suis un cours du sociologue Vincent de Gaulejac un peu étrange pour un étudiant en économie : « Changement social et psychique ». On a un devoir à rendre pour mai, une liberté importante mais une contrainte : une vingtaine de pages. Je choisis par hasard de confronter les thèses du sociologue avec un objet littéraire qui vient de sortir : Crack de Tristan Jordis[1].

Crack de T. Jordis passé à la moulinette de la sociologie clinique dans La Société en question(s) Tristan-Jordis-Copie

J’ai eu 15/20. Après avoir remanié un peu, je partage : (suite…)



Valérie Pécresse et la dévalorisation de la parole politique
8 mars, 2012, 22:35
Classé dans : La Société en question(s)

En ces temps de campagne présidentielle, les hommes politiques usent de ficelles grosses comme leur ambition, abusent de petites phrases assassines fomentées par des cabinets noirs, et rusent en énonçant des vérités inexactes, quand ils ne détournent pas purement et simplement des données statistiques en salissant l’organisme émetteur. Vous vous souvenez très bien des grossières erreurs de Claude Guéant évoquant les taux d’échec scolaire des enfants immigrés ou issus de l’immigration (même ça, c’était confus), ou la récupération malhonnête des idées de l’économiste Thomas Piketty, spécialiste des inégalités et de la fiscalité, par Marine Le Pen. Cette semaine, on a encore eu un bel exemple de mensonge politique. Parce qu’il faut bien dire ce qui est : un mensonge éhonté. « En réponse à une question du député Alain Bocquet, Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, a prétendu le 6 mars dernier à l’Assemblée nationale qu’Alternatives Economiques aurait indiqué que la France était le seul pays européen où le pouvoir d’achat avait été maintenu malgré la crise. »[1]

Valérie Pécresse et la dévalorisation de la parole politique dans La Société en question(s) valerie-pecresse

Voici les propos de Valérie Pécresse : « Le pouvoir d’achat des Français a augmenté de 6 % en moyenne sur le quinquennat ; le magazine Alternatives Economiques, qui n’est pas proche de la majorité, soulignait que seule la France avait réussi à ne pas avoir un pouvoir d’achat […] en baisse pendant la crise. »[2] Reprenons le fil de l’article : « Nous remercions vivement Madame la Ministre de l’intérêt qu’elle porte à notre publication, mais l’information est totalement inexacte : nous avons au contraire souligné, dans notre numéro de mars 2012, la stagnation du pouvoir d’achat des Français entre 2007 et 2011 et le caractère exceptionnel de cette stagnation (voir graphique ci-dessous). A titre de comparaison, selon le même indicateur, ce pouvoir d’achat avait progressé de 12 % entre 1997 et 2002… Par ailleurs, nous avions indiqué en décembre dernier que plusieurs autres pays européens avaient, au contraire, vu le pouvoir d’achat de leurs citoyens augmenter malgré la crise. »[3] (suite…)


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