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Katia nous parle passionnément de La Vie d’Adèle
5 novembre, 2013, 21:27
Classé dans : Ca, de l'art ?,Identité & Image,La Société en question(s)

Il y a presque un an, je découvrais Katia, une jeune étudiante en littérature, qui « rêve d’être scénariste [et qui] aime le rhum et la téquila », par le biais de son nouveau blog. La recette est connue : un film, une critique, une note. Je me dis : « des blogs comme ça, Internet en chie des téra-octets toutes les nano-secondes ». Magnanime, je jette un œil distrait. Et soudain, cet œil s’illumine… En dépit d’une critique sur Taxi Driver qui me laisse sur ma faim, je prends plaisir à lire celles de Take Shelter, Up !, et surtout Eyes Wide Shut. La formule la plus simple est parfois la meilleure. Je commente, j’entre en contact, nous dialoguons. Et puis… rien. J’attends de nouvelles chroniques, mais c’est le désert. J’abandonne, en me disant : « Malgré son talent, cette petite jeune ne prend pas le temps de s’occuper de son blog. Dommage. » Coup de théâtre (c’est relatif, hein !) en juin : Katia commente l’un de mes articles en m’apprenant qu’elle a déménagé (numériquement parlant). Nouveau blog, nouvelles critiques. Ça rassure. De mon côté, après avoir écrit plusieurs papiers sur plusieurs films, et si ma fréquence de sorties ciné reste assez soutenue, mon poil dans la main m’empêche d’écrire autre chose que quelques mots sur Facebook. « Le plus important dans la vie, c’est de ne pas gâcher son talent ! » Mouais… Je retourne sur le blog de Katia après avoir vu et adoré La Vie d’Adèle ; je lis les deux articles qu’elle a consacrés au film de Kechiche. Deux articles jouissifs. Katia a rédigé quelque chose de fort, de creusé, de subtil, de juste. A la lecture, je revis avec des troubles dans le bide l’amour et la violence du long-métrage, et me promet, dans mon for intérieur : « J’arrête d’écrire sur le ciné ; je préfère lire Katia sur le ciné ! » Je partage donc, avec son accord, ces deux articles, qui disent tout ce que je pense du film, et bien plus encore – et bien mieux encore que nombre de critiques autorisés. Pour les passionnés de cinéma, et de la vie.

* Les photos ne sont pas toutes celles choisies par Katia. 

 

Katia, « La vie d’Adèle (Abdellatif Kechiche, 2013) », publié le 11 juillet 2013 sur son blog

 

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Débat sur le « Prix Nobel » d’économie 2013 sur Facebook…

On dit souvent que les réseaux sociaux et les blogs ne sont qu’un formidable pouvoir aux mains d’anonymes malades égocentriques et égoïstes, se contemplant le nombril en parlant d’eux-mêmes ou en s’arrogeant le pouvoir de critiquer, ici une œuvre, là une réforme. Pour paraphraser Michel Druker, on aurait ainsi affaire à un « ego-système »… Je fais une autre lecture de ces outils : diffuser la connaissance, partager ses goûts, répandre l’engagement politique. A mon humble niveau, j’essaie d’aller dans ce sens en m’appropriant ce qu’avaient bâti Tom Wolfe, Norman Mailer, Joan Didion, Talese Gay, Truman Capote, Grover Lewis, et surtout Hunter S. Thompson : un journalisme plus subjectif. Entendons-nous : je ne suis pas journaliste. Mais, dans mes études de sciences sociales, j’ai appris notamment à mener une recherche rigoureuse sur un sujet donné ; j’en profite pour parler de moi. Ou plutôt : je parle de moi et j’en profite pour parler d’autre chose. Le fondateur du magazine Le Tigre, Raphaël Meltz, avait dit ça quelque part : « [I]l ne s’agit pas de parler de soi, mais que ce « soi » parle de quelque chose, ce qui est très différent »[1]. Aujourd’hui encore, donc, je parle de moi pour donner à voir les débats existant en économie, sur la théorie, sur l’histoire de la pensée, sur le « Prix Nobel d’économie », sur les liens entre théorie et engagement… et sur l’idée de débat public sur les réseaux sociaux.

Je tiens à rappeler à ceux qui ne sont pas habitués aux réseaux sociaux que le fonctionnement des pages Facebook permet de répondre à certains commentaires ou à écrire de nouveaux commentaires (qui peuvent en fait être des réponses à d’autres commentaires), ce qui fait que ce qui suit n’est pas forcément chronologique. Vous me suivez ?

 

Tout part d’un post publié sur Facebook le 14 octobre par les Economistes Atterrés. Le post en question est un lien vers un article de Gilles Dostaler[2] sur le « Prix Nobel » d’économie, avec le commentaire suivant : « La vérité sur ce  »Prix Nobel d’économie » ».

 

Le premier commentaire ne se fait pas attendre : juste avant la fin de la journée, à 23h59, Fabrice répond de manière cinglante : « C’est une belle démonstration de jalousie et de bêtise que vous cautionnez. Je souscrivais à certaines de vos thèses au début de vos publications, mais je crois que le fruit est définitivement moisi, hélas. Je me désinscris immédiatement de votre lettre de diffusion. C’est devenu beaucoup trop médiocre à mon goût, désolé. » D’autres individus commentent, mais passeront vite à autre chose. Le 15 octobre, je me lève tôt pour le travail, j’allume mon ordi et je tombe sur ce post. Je réponds alors à Fabrice vers 6h : « Jalousie ? Bêtise ? Le papier est juste une remise des compteurs à zéro pour montrer que le Nobel d’économie n’existe pas, et qu’un nombre exagéré d’entre les lauréats sont des économistes partis en croisade contre l’Etat (de manière souvent peu scientifique) et/ou des économistes qui permettent de perfectionner les instruments de la spéculation… » (suite…)



Paye ta playlist ! #004 by Lud : L’économie sous acid (jazz)*

Texte écrit jeudi 19 septembre 2013 * L’acid-jazz n’est pas le seul courant musical représenté ici, c’est juste pour le jeu de mot… 

 

Ce matin, malgré un état de santé chancelant, je me lance dans la dernière partie de mon chapitre de terminale, que je refonds en raison d’un allègement (incohérent) des programmes. Et, comme souvent, je pioche dans toutes les sources musicales possibles pour ambiancer ce travail sur l’instabilité de la croissance : sites spécialisés, radios cheloues, disques oubliés, suggestions Youtube, recherche Deezer… Une idée au moment de prendre ma douche : je vous livre les grandes lignes de mon travail en le saupoudrant de morceaux que j’apprécie. Une playlist-conomic, en somme. A noter que j’ai mis trois fois plus de temps à faire mon choix musical qu’à résumer mon cours ! Lumineux ou foireux, c’est à vous de juger. En attendant…

Nico Gomez & His Afro Percussion Inc., « Pa! Pa! Pa! Pa! », sur l’album Ritual (1971)

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Croissance ou développement ? PIB ou IDH ?

Pour tenter de rendre compte de la richesse des nations, on a créé un agrégat : le produit intérieur brut (PIB). C’est l’ensemble des richesses produites par les unités résidentes sur un territoire pendant un an. C’est la somme des valeurs ajoutées. On y inclut la production marchande et une partie de la production non-marchande. On calcule ainsi sa croissance d’une année sur l’autre. C’est ainsi qu’on a évalué qu’à l’échelle de l’humanité, la croissance économique est très récente : elle débute à partir de la révolution industrielle au XVIIIe siècle. (suite…)



Jour de libération fiscale : des libéraux encore à côté de la plaque !

Quand la nouvelle est sortie, j’étais en vacances, sans télévision, sans Internet, à la montagne, en train de faire des cocktails avant de partir en canyoning. J’ai donc été sauvé de cette logorrhée médiatique à propos du fameux jour de libération fiscale. D’ailleurs, je ne suis pas certain que cette nouvelle frelatée ait fait grand bruit dans les chaumières (ou sur les plages). J’en avais déjà entendu parler, les années précédentes. A l’heure où François Hollande annonce au Monde qu’il est temps de faire une « pause fiscale »[1], une question : mais de quoi parle-t-on ? Le jour de libération fiscale est le premier jour de l’année à partir duquel les salariés ont accumulé suffisamment d’argent pour s’acquitter des prélèvements obligatoires. Autrement dit, c’est le jour à partir duquel ils travaillent pour eux-mêmes, et non plus pour l’Etat. Selon différentes études, le salarié moyen français travaillerait en 2013 sept mois pour l’Etat, les cinq mois restant pour lui. C’est vraiment pas juste…

 

La contre-révolution néolibérale

 

D’où vient ce concept creux ? Il est dû « à Dallas Hosteller, un homme d’affaires américain [qui] l’a inventé en 1948 et a même acquis les droits sur le nom « tax freedom day », avant de le céder à la Tax Foundation, un think tank travaillant sur la fiscalité. [D’inspiration libérale], Le dessein explicite de l’indicateur était de montrer le « poids » des taxes et impôts sur le contribuable. »[2] En 1980, dans La Liberté du Choix, l’économiste Milton Friedman et sa femme Rose ressortent cet indicateur des placards et, provocateurs, proposent de faire de ce jour de libération fiscale une nouvelle fête nationale aux Etats-Unis. (suite…)



Un cinéma de vieux Schnocks !
25 juin, 2013, 20:56
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le cinéma. Je suis né dans une famille qui avait fait des Blues Brothers leur film de chevet ; c’est devenu le mien. La comédie US, la contre-culture des seventies, le cinéma franchouillard, le fun des eigthies, j’ai tout digéré. A l’adolescence, en bon maniaque qui se respecte, j’enregistre tout ce qui passe et n’en regarde qu’un dixième. Une période de vache maigre dans le ventre mou des années 2000, puis je repars vers le cinoche, aidé en cela par ma femme qui me pousse à prendre une carte illimitée, et mon pote Benoît qui m’emmène dans les méandres magiques du cinéma d’art et d’essai. Depuis quelques mois, je prends même la plume pour oser une critique sur certains films : Death Watch, Wadjda, A La Merveille, Foxfire, The Last Stand. Oh, bien sûr, ce ne sont pas forcément ceux qui m’ont le plus marqués, plutôt ceux que j’ai vus à un moment où j’avais le temps d’écrire dessus ; si je devais faire une critique un tant soit peu poussée sur chaque toile, j’aurais besoin de journées de 48 heures, au moins ! Sur Facebook, j’écris souvent quelques mots sur ces films oubliés de mes longues et fastidieuses critiques. Ce n’est pas pour ça que je vais m’empêcher de partager ces « réflexions », si futiles soient-elles ! Petite rétro spécial cinéma schnock !

 

L’une des premières fois où j’ai parlé de cinéma sur Facebook, c’était pour dire RIP à Gérard Rinaldi, parti le 2 mars 2012, l’un des Charlots chers aux années Giscard, qui nous aura tous bien fait rire… Pour ma part, j’ai surtout ri à leurs pérégrinations libertaires dans les allées d’une grande surface, avec Galabru et Serrault, dans Le Grand Bazar de Claude Zidi ; un film qui, sous le vernis schnock et absurde, fait réfléchir à plus d’un titre sur ces transformations qui ont bouleversé la France des Trente Glorieuses : déclin du petit commerce et des relations sociales qui vont avec, organisation de la résistance, résignation des commerçants devant l’appât du gain, absurdités du fonctionnement de la grande surface, homogénéisation et rationalisation du goût, précurseurs de la décroissance, etc.

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La Chanson de la Semaine 88

J’ai choisi cette semaine un morceau de Robin Thicke, accompagné de T.I. et de Pharrell Williams, « Blurred Lines », single sorti en mars 2013 sur le label de Pharrell, Star Trak.

La Chanson de la Semaine 88 dans Identité & Image robinthicke_2009c

Ô cher internaute, je te sens interloqué. Pourquoi chroniquer un truc si récent, putassier et sexiste, qui fait le buzz au Grand Journal, le tout sur un site aussi pointu ? Parce que ce truc pose question. Je ne connaissais pas du tout ce pâle sosie de George Michael et d’Emmanuel Moire, qui, si Wikipedia dit vrai, a produit Brandy, Mary J. Blige, Mariah Carey, Christina Aguilera, Michael Jackson tout en publiant six albums solo depuis 2002 ; je suis tombé sur le clip chez Yann Barthès il y a peu. Tout de suite, avant même de remarquer la nudité des jeunes femmes, je crois reconnaître l’excellent titre « Got To Give It Up » de Marvin Gaye. Mais ce n’est qu’un sample creux, transparent. En fait, à l’écoute, malgré son côté addictif, « Blurred Lines » est assez pauvre : le sample, en effet, ne crée rien, ne dit rien d’autre que « Regardez comme je suis cool, je sample Marvin Gaye ! » et, sans le sample, la musique n’a plus grand intérêt ; la qualité vocale de Robin Thicke est complètement occultée par sa comparaison immédiate avec le timbre génial de Marvin Gaye ou le fantasque du nain de Minneapolis, Prince ; par respect, je ne dirais rien du « rap » des deux autres zozos. Mais on est aussi là pour parler du clip, non ? Il y a deux versions, je garde la plus dirty. C’est que, faire danser des jeunes femmes à poil (on dirait plutôt des barely legals ukrainiennes qui tarifent leurs prestations) dans un clip est toujours porteur (jurisprudence Make The Girl Dance) ; d’ailleurs, à voir certains de ses anciens clips, Robin Thicke ne se cache pas d’aimer les jolies femmes à poils. Visuellement, c’est accrocheur : le clip, c’est l’image, c’est-à-dire la captation de l’attention. Qui n’est pas capté ? Selon les rumeurs, les internautes sont tombés raide dingue d’Emily Ratajkowski, la jolie brune… Sûr qu’on la verra bientôt à Hollywood.

Sexiste ? La question qu’il ne faut pas poser. (suite…)



Les inégalités expliquées par le QI (ou comment les libéraux se tirent une balle dans le pied)

Un site libéral qui remet en cause les inégalités par une analyse de la mobilité sociale ? Intéressant a priori. Las, toujours les mêmes poncifs, les mêmes caricatures, les mêmes erreurs, les mêmes mensonges. Entreprise de démontage d’un article (très) mal écrit : Cincinnatus (on sait qu’il est bouclé !), « Les inégalités sociales ne sont pas des injustices », sur le site libéral Contrepoints, 26 avril 2013 [Je conseille vivement la lecture de l'article en question avant de lire mes injustes critiques ; les citations du dit article sont en bleu].

 

Une introduction qui en révèle beaucoup…

 

L’article commence par se tirer une balle dans le pied en caricaturant les Trentenaires de l’UMP (on y reviendra) : il y aurait une « mouvance intellectuelle [désignée] néo-égalitarisme » qui dénonce les inégalités comme des vilaines injustices avec « ses champions (tel que Stiglitz) et même en France son évangile : un ouvrage intitulé Pour une révolution fiscale, de Piketty, Landais et Saez. Il s’agit d’un petit opuscule rouge de propagande égalitariste tout aussi déprimant à lire que l’autre petit livre rouge […] ». Comment délégitimer son propos derechef ? En comparant un ouvrage de propagande mal écrit de la part d’un des plus grands meurtriers de masse du XXe siècle, avec un ouvrage d’économie aussi rigoureux scientifiquement qu’engagé politiquement[1], signé par trois universitaires français, loin d’être d’affreux gauchistes ou pseudo-marxistes. Cette fâcheuse tendance à disqualifier une théorie ou un courant de pensée en faisant l’économie de sa critique… Je ne suis pas sûr que l’auteur (l’énigmatique Cincinnatus) ait lu le bouquin en question, qui ne fait que 134 pages pourtant.

Il continue en affirmant que « Le concept de lutte des classes révolutionnaire affiche plusieurs dizaines de millions de morts au compteur, ce qui nécessite tout un travail de rafraîchissement lexical à ses thuriféraires pour rendre possible sa funeste résurrection. » Alors, là, il y a tout, c’est très drôle. (suite…)



Je n’ai pas vu… Le Dernier Rempart de Kim Jee-Woon
13 avril, 2013, 20:06
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Oui. Je n’ai pas vu le dernier Schwarzenegger, moi qui suis né l’année de sortie de Terminator, moi qui ai suivi avec délectation les rediffusions des Conan, Commando, Predator, Double Détente, Total Recall, Last Action Hero, True Lies, moi qui suis capable de visionner un épisode des Rues de San Francisco et la grosse patate de Karl Malden juste pour l’apercevoir en guest énervé, moi qui ai fantasmé quand j’ai su que Sly souhaitait réunir la fine fleur de l’action movie des eighties et nineties (même si The Expendables n’a pas encore imprimé ma rétine)…

 

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J’ai vu… Foxfire, confessions d’un gang de filles de Laurent Cantet

Ce lundi 4 mars, j’ai été studieux : j’ai assisté à un colloque international à Sciences Po, sur le thème Travail et genre : variations France/Etats-Unis. J’y ai notamment découvert une économiste brillante, dont je parlerais peut-être par ailleurs, Nancy Folbre. Et j’ai terminé ma journée au cinéma, avec ma belle, devant Firefox, Confessions d’un gang de filles, histoire de prolonger artistiquement cette journée scientifiquement stimulante. Adaptation d’un roman de Joyce Carol Oates, le film est clairement un prolongement du précédent long-métrage de Laurent Cantet, Entre les murs. Son dada : filmer la prise de conscience puis de pouvoir de la jeunesse en pleine ébullition. On peut se demander, rétrospectivement, si l’objectif du cinéaste n’était pas, finalement, de filmer des jeunes filles dans leur révolte, confuse, contradictoire, abstraite bien que fondée sur des bases bien concrètes, comme ça, sans message, à hauteur de filles, les filmer simplement, et observer leurs parcours, collectif et individuel, les voir former ce groupe précaire dont elles sont si fières…

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Duval vs FOG : l’Allemagne, la France, et le journalisme économique…

L’actualité nous offre encore un exemple effarant de l’incompétence professionnelle, du manque de savoir scientifique et de la bêtise idéologique de ces grands manitous de l’opinion que sont les éditorialistes tels que Jean-Michel Apathie, Yves Thréard, Laurent Joffrin, etc. Aujourd’hui, c’est Franz-Olivier Gisbert (FOG) qui se distingue.

Il y a quelques jours, Guillaume Duval, ingénieur de formation (notamment en Allemagne), et depuis un moment rédacteur en chef à Alternatives Economiques, a publié un ouvrage au éditions du Seuil : Made in Germany. Le modèle allemand au-delà des mythes. Il y met à jour, à rebours de l’opinion dominante, les facteurs explicatifs de la réussite de l’Allemagne et les facteurs qui ont érodé ce modèle. Présentation de l’éditeur : « Que ne lit-on et n’entend-on pas en France sur le « modèle allemand » ? On fait […] très régulièrement l’éloge de la rigueur budgétaire allemande, et de la capacité de nos voisins à accepter de lourds sacrifices pour restaurer la compétitivité de leur industrie. Or, explique Guillaume Duval, ce ne sont pas là les véritables raisons des succès actuels de l’économie allemande. Cette réussite est due surtout aux points forts traditionnels du pays : un système de relations sociales très structuré, un monde du travail où le diplôme ne fait pas tout, un pays où l’entreprise n’appartient pas aux actionnaires, un solide réseau de firmes de taille intermédiaire, une longue tradition de décentralisation qui permet de disposer partout d’un capital financier, culturel, social, humain suffisant pour innover et entreprendre, etc. Au cours de la dernière décennie, le boom des pays émergents a permis à l’industrie allemande de profiter pleinement de ces atouts. Au contraire, la profonde remise en cause de l’État social, menée au début des années 2000 par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a fragilisé le modèle allemand : le développement spectaculaire de la pauvreté et des inégalités menace son avenir. On l’aura compris, ce qu’il faudrait copier ce sont plutôt les caractéristiques traditionnelles du modèle allemand que les réformes récentes qui y ont été apportées. Il n’est cependant jamais aisé de transposer les éléments d’un modèle national lié à une histoire particulière. Une meilleure compréhension de la société et de l’économie allemandes par les Français est en revanche indispensable pour réussir à imaginer ensemble un avenir pour l’Europe. »

 

http://www.dailymotion.com/video/xxgek2 (suite…)


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