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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #019

F. Hollande – enfin, surtout la vacuité idéologique qu’il incarne – n’a décidément rien compris à l’Histoire. Exposé en quatre points.

1. Haut dignitaire d’un Parti dit « Socialiste », F. Hollande s’est fait élire en 2012 sur une méprise doublée d’une conjoncture particulière : non content d’apparaître comme une force suffisante pour battre N. Sarkozy, cette apparence se double en effet d’une posture de gauche (« Mon ennemi, c’est la finance », la taxe à 75%) à défaut d’avoir véritablement un programme de gauche (équilibre des comptes publics, allègements fiscaux et aides publiques aux entreprises). A titre personnel, je pense qu’il se croit encore sincèrement socialiste ; il a simplement oublié ce que signifiait ce mot…

2. Élu de justesse au 2nd tour, sa politique économique se révèle en fait très… libérale, sur les questions de la croissance, du chômage, de l’emploi ; on l’entend même reprendre à son compte, mot pour mot, la fumeuse « loi » des débouchés de Jean-Baptiste Say ! On a pu croire à un « tournant », mais c’était passer sous silence le parcours du bonhomme (HEC, IEP, ENA, Mitterrand, J. Attali, Cour des comptes, « oui » à la Constitution européenne en 2005, etc.), du parti qu’il incarne (le tournant libéral date en fait de… 1982) et des têtes qu’il a choisies pour mener sa politique (J. Cahuzac, P. Moscovici, M. Sapin, M. Valls, F. Rebsamen, E. Macron, sans compter les conseillers et/ou amis du Président : P. Aghion, P. Lamy, H. Védrine, D. Villemot, J. Attali, P. Villin, etc.). La « gauche » ou le « socialisme » incarnés par F. Hollande ressemble finalement, malgré les spécificités nationales, au Parti démocrate de Clinton, au SPD de Schröder, au Labour de Blair et de plus en plus au reagano-thatchérisme le plus crasse…

3. En avril 2015, à la TV, F. Hollande choque tous ceux qui se trouvent à sa gauche en comparant le FN contemporain à « un trac du PCF des années 1970 ». Toute l’extrême-gauche est scandalisée, à juste titre : pas vraiment par cette saillie qui, si on analyse la citation dans son contexte, est beaucoup plus prudente qu’il n’y paraît ; mais parce que l’insidieuse indistinction entre « les » extrêmes, ramenant dos à dos ce qu’on appelle l’extrême-droite et l’extrême-gauche, est répétée comme un mantra depuis plusieurs décennies, jusque dans les programmes d’histoire, alors qu’il n’y a rien de commun entre ces deux « extrêmes » ; ils sont même antinomiques !

4. Hier, F. Hollande était à Cuba, en particulier pour faire des affaires. Il en a profité pour rencontrer Fidel Castro, lider de la Révolution cubaine en 1958, et l’a qualifiée de « rencontre de l’Histoire ». Deux propositions antithétiques. Que va faire F. Hollande chez Castro ? « Rassurer sa gauche », affirment les journalistes, comme si les idéaux de gauche étaient portés par le vieux barbu. En fait, il vient y faire des affaires. Lorsque Castro (Raul, pas Fidel) annonce l’ouverture de Cuba aux investisseurs étrangers (à l’image de la Chine des années 1980), les démocraties libérales oublient le caractère non démocratique de l’île et foncent y vendre tout un tas de cochonneries. Business is business. C’est comme se féliciter de vendre des armes au Qatar, soupçonnés de financer… le djihadisme ! Mais revenons à nos moutons, car il y a plus grave que faire du business avec des pays loin d’être de gentilles démocraties. Ce qui est grave, c’est que, d’un côté, les sociaux-libéraux, incarnés en France par le PS, décrédibilisent les idéaux progressistes portés par l’extrême-gauche actuelle en les comparant aux idéaux fascistes, alors que de l’autre, ils n’hésitent pas à commercer avec des fascistes qui se réclament de l’idéal révolutionnaire (le tampon « vu avec F. Castro » est censé valider le caractère « de gauche » de F. Hollande), mais qui sont en fait responsables de la trahison de cet idéal, avec les régimes soviétiques, chinois, nord-coréen…

Relisez cette dernière phrase au calme…

 

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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #018

Plus de trois mois déjà que les attentats contre Charlie Hebdo ont été perpétrés, et le monde continue de tourner : l’islamisme tue toujours, et la connerie médiatico-politique, c’est tout comme. La gauche de gouvernement n’a jamais été aussi à droite sur le plan économique ; la droite n’a jamais été aussi extrême sur le plan immigration/sécurité/pauvreté ; l’extrême-droite n’a jamais semblé si proche des idées communistes des années 1970 (c’est François Hollande qui le dit)… En fait, on confond souvent le rouge, le bleu et le brun (oublions le rose !) dans une confusion qui n’a, en réalité, pas lieu d’être à partir du moment où on réalise l’immense effort de simplement ouvrir les yeux.

 

Depuis plus de trois mois, la presse joue un trouble double jeu en mettant en scène ces attentats, et ce qu’ils sont censés représenter, dans une surenchère somme toute bassement marketing, même si la déontologie de certains titres est plus noble que celle d’autres. On y sort des hors-série sur la tolérance, en jouant sur la polysémie du terme ; on revisite le Coran pour tenter d’y voir plus clair ; on investigue l’intégrisme religieux pour mieux mélanger les cartes. Et pendant ce temps-là, Charlie, après avoir engrangé un petit pactole, continue à faire des doigts.

 

Intéressons-nous à l’intégrisme, si vous le voulez bien. Dans nos esprits javellisés, l’intégrisme est souvent représenté par un turban, une barbe, une bombe, un « Allah Akbar », un voile noir, un faciès typé (comme on dit chez les Français de souche), des mœurs barbares, etc. La liste n’est pas exhaustive, mais elle ne s’embarrasse ni de complexité ni de subtilité.

 

Il est admis chez la plupart de nos concitoyens, et encore davantage parmi nos élites médiatiques, politiques et intellectuelles, que l’intégrisme religieux, surtout celui relatif à l’Islam, doit se combattre : par exemple, Eric Zemmour, celui qui dit tout haut la merde nauséabonde que certains n’osent pas penser même tout bas, avance sans ciller qu’ « il n’y a qu’une différence de degré entre Islam et islamisme », en d’autres termes, que tous les musulmans sont de manière latente des terroristes en puissance.

 

Bon… Mais il est un autre intégrisme qu’on n’interroge jamais, celui-là, et qu’on est peu à combattre. L’intégrisme économique. « Quoi ? » J’aurai bientôt, je l’espère, l’occasion d’en reparler ici dans un long article fouillé. Pour l’instant, je vais laisser la plume à un Economiste Atterré, Eric Berr, maître de conférence en économie à l’université de Bordeaux, qui a publié au nom de l’association un article percutant il y a un mois à ce sujet. A toi, Eric : (suite…)



Hommage à Bernard Maris – Adieu, tonton Bernard !

 

Mercredi 7 janvier 2015, le siège du journal satirique Charlie Hebdo a été victime d’un attentat terroriste. Sous leurs balles, douze personnes innocentes sont tombées ce jour-là, dont les dessinateurs Tignous, Honoré, Charb, Cabu, Wolinski (ces deux derniers ont bercé ma jeunesse, entre Le nez de Dorothée et Mon corps est à elles, entre autres), et l’économiste Bernard Maris. En dépit de l’amour inconsidéré que j’ai pour Cabu et Wolinski, je vais aujourd’hui raconter mon Bernard Maris. Avec des sanglots dans la plume.

 dessin_deFred_Duval_et_JHB

Comment commencer ? J’ai découvert Bernard Maris par hasard. Etudiant en sociologie, en droit et surtout en économie (par hasard), je suis un étudiant laborieux, brouillon, perdu. Après un DEUG cahin-caha dans la gauchiste (c’est un plaisir) université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, je tente avec difficultés d’être transféré à Paris-Diderot. Il m’en coûtera un redoublement de ma troisième année. Mais surtout, je rencontre enfin un enseignement cohérent, par-delà la pluridisciplinarité de ma section, un enseignement qui m’emporte. Je m’y plonge avec une assiduité dont j’ai rarement fait preuve, et commence à « devenir » un étudiant : après des heures passées dans la bibliothèque de Paris 8, je passe le cap, j’achète des livres de ma propre initiative, et surtout, je les lit. Évidemment, j’ai peine à nager dans l’océan de publications existantes ; je prends donc des conseils un peu partout. (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #017

 

 

Ce n’est pas la première fois que je m’insurge contre ça, mais ce sera la première fois sur ce blog. « Ça », ce sont les nombreuses pages contre François Hollande.

 

« Honte à Hollande : qu’il dégage ! »

 

Entendons-nous bien : je comprends tout à fait qu’on puisse avoir des griefs contre Hollande, son Premier Ministre, le gouvernement, sa politique, sa ligne, ses choix, car ils ne brillent guère par leur acuité, leur compétence, leur cohérence, leur efficacité, ce qui montre au passage, ironie de l’histoire, l’incroyable constance des gouvernements de la Ve République. D’ailleurs, les habitués du blog auront remarqué les critiques régulières portées à l’endroit de la politique gouvernementale par votre serviteur, notamment en raison (et non en dépit) de mon engagement à gauche.

 

Je ne vais pas m’attarder sur le cas « Hollande Dégage » (450 000 ‘j’aime’, quand même, à ce jour), tant cette organisation citoyenne draine et regroupe tout ce que la France compte de groupes conservateurs, traditionnalistes, xénophobes, réactionnaires, extrémistes, avec son lot de propos haineux, mensongers, démagogiques, violents, diffamatoires, idiots, révisionnistes… Bref : un vulgaire appel à la haine, non seulement sur la personne de François Hollande, mais aussi sur tous les ennemis supposés de la nation, étrangers, immigrés, fonctionnaires, LGBT, Noirs, gauchistes, syndicalistes, Roms, etc. Une page qui, définitivement, pour des raisons légales, devrait être fermée.

 

Observons une autre page intitulée « J’ai Honte de Mon Président », qui comptabilise à ce jour 280 000 ‘j’aime’. La line-up est simple : « pour tous ceux qui ont honte de notre président ». Adoptant un ton plus badin que la dégueulasse « Hollande Dégage », cette page reste dans le fond insultante, parfois diffamatoire, souvent démagogique. Essayons de voir, en plusieurs exemples, en quoi cette page ne constitue en aucun cas un medium satirique, et que, bien au contraire, elle a une visée politique en première et dernière instance, en usant de stratagèmes malhonnêtes, et en générant des commentaires représentant le degré zéro du débat public.

 

1er cas : les impôts

 

Le 18 août dernier, les administrateurs de la page publiaient une blague sur les prélèvements obligatoires.

 

 

Hollande Honte 6

(suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #016

 

Les réseaux sociaux sont très utiles pour faire circuler des rumeurs invérifiables, mais plausibles, instituant la peur, l’indignation, la révolte, le tout sans recul factuel mais avec un maximum d’envolées passionnelles. On a eu ça avec le prix des bonbons (à bas l’euro, cause de l’inflation !), on a eu ça avec les seringues contenant le sida coincées dans les sièges des cinoches parisiens, on a eu ça avec le bijoutier meurtrier de Nice, on a eu ça avec les pigeons qui paient trop d’impôts, etc. Heureusement, des sites comme www.hoaxbuster.com remettent très vite les points sur les « i ».

 

Il y a un an presque jour pour jour, un certain Sébastien envoyait une lettre ouverte au Président François Hollande par courrier, qu’il diffusa sur les réseaux sociaux. Cette lettre en fit le tour et devint virale. Je la reproduis ici (fautes de français incluses) :

 

Mes excuses Monsieur le Président. Je m’appelle Sébastien, et je suis un français dit « moyen », de taille moyenne, au QI dans la moyenne et à la plume incertaine. J’ai la chance (diriez-vous) d’avoir un emploi, moyen lui aussi, tant en terme d’intérêt que de rémunération. Je suis marié et père des 2 superbes enfants (en bonne santé), mon épouse travaille (elle aussi, oui… quelle chance !!) un peu plus que la moyenne. Pour résumer, c’est le bonheur !!! (suite…)



L’aliénation du travail (parental)

 

Partons d’une boutade : tu sais que tu es parents de jumeaux quand… tu comprends le concept philosophique d’ « aliénation » sans jamais avoir ouvert un bouquin d’Hegel, de Feuerbach ou de Marx.

 

Un heureux évènement double !

 

Depuis le 30 juillet 2014, ma compagne et moi sommes parents de jumeaux. Deux petits garçons beaux comme l’Adonis qui nous comblent de bonheur à mesure que nos nuits s’amenuisent. Nous avons la trentaine, sommes enseignants tous les deux (français-latin pour elle, sciences sociales et économiques pour moi). A ce titre, je suis un éternel érudit : je lis, décortique, écris beaucoup, sur la société, l’économie, l’art, le sport… Ma bibliothèque ferait pâlir d’envie le CDI du lycée dans lequel j’enseigne (je dois avoir 400 ou 500 ouvrages de SES, ma femme trois fois plus dans sa discipline), sans compter les revues et magazines, les ouvrages sur le cinéma, la musique, les bande-dessinées, les beaux livres.

 

Bien sûr, je m’étais préparé à l’arrivée de ces créatures, j’étais même impatient de pouvoir les porter, les embrasser, les nourrir, les laver, les endormir, les chatouiller. Eric Zemmour me considérerait comme un sous-homme féminisé nourri à Hélène et les garçons, je lui rétorquerais que je suis un homme moderne, progressiste et féministe. Toutefois, en dépit du quintal de publications lues par ma femme sur le sujet, des questions posées aux professionnels et des conseils avisés reçus d’amis bienveillants, nous avons évalué l’écart entre ce qu’on dit et la réalité quand ils sont nés : un gouffre qui semble aussi infranchissable que les gorges que s’apprête à traverser Homer Simpson avec le skateboard de Bart dans un épisode célèbre…

(suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #015 : Soutenons Manuel Valls !

 

* Enfin un Edito court et incisif… comme un éditorial normal, quoi !

 

Manuel Valls veut changer le nom du Parti Socialiste. Je le soutiens. Notez bien : JE SOUTIENS MANUEL VALLS ! Il faut le soutenir, car il est bien esseulé au sein du PS.

Rappelons-nous qu’il n’avait recueilli en 2011 que 6 % des suffrages des militants socialistes à la primaire PS. Rappelons-nous que ses soutiens au PS et ailleurs sont bien maigres : le journaliste F. Bonnet, cofondateur de Mediapart, rappelle d’ailleurs une chose très juste dans un papier du 22 octobre : « La légitimité de M. Valls n’est aujourd’hui qu’institutionnelle, dépendant du seul choix présidentiel de l’avoir nommé à Matignon. Sans majorité politique au sein du parti majoritaire, son seul levier de pouvoir est sa fonction de premier ministre. [C'est bien pour cette raison qu'il ne veut pas de débat, et qu'il ranime ce vieux principe léniniste de l'épuration]. »

Pourquoi soutiens-je le Premier ministre dans ce combat ? Parce que, je l’ai déjà dit sur mon blog, – et une note d’analyse des Economistes Atterrés, de la Fondation Copernic, et d’Attac le montre très bien sur le plan économique (budget 2015) -, le PS n’a plus de ‘socialisme’ que le nom. Les épisodes successifs (désinflation compétitive, privatisations, libéralisation de la finance et des médias, puis du marché du travail, politique de l’offre, « J’aime les entreprises » par M. Valls devant un parterre de patrons, etc.) montrent définitivement que le « socialisme » porté par le PS (ou par certains courants du PS) n’est plus aujourd’hui qu’un linceul dérisoire sur une idée révolutionnaire, même si le PS « s’accroche au label comme à son dernier oripeau symbolique, [héritier] ayant depuis belle lurette dénoncé l’héritage » (F. Lordon) La mue idéologique du PS est en marche, et M. Valls en est le héraut, le porte-drapeau, le chef de la police des consciences et des esprits.

Il faut donc changer la dénomination du principal parti à gauche de l’échiquier politique (mais plus ‘de’ gauche depuis bien longtemps) sous peine de décevoir encore et encore les naïfs qui s’attachent aux mots plus qu’aux actes. Premièrement, parce que l’idéologie – oui, le pragmatisme et le réalisme sont idéologiques – portée par cette ‘nouvelle gauche’ (ça rappelle la mue du Parti Démocrate américain, du (New) Labour au Royaume-Uni, du SPD allemand) est incapable de penser la société en dehors du marché et du communautarisme ; cette idéologie est mortifère car elle n’a aucune vision d’avenir tout en menant irrémédiablement les sociétés guidées par elle dans le mur (écologique, social, nationaliste…). Deuxièmement, parce que cette idéologie porte en elle la dévalorisation des idéaux progressistes de la gauche (la vraie), qui répugnent désormais son principal (mais si mutilé) porte-drapeau (le PS) ; c’est d’ailleurs consubstantiel à l’édification de cette ‘nouvelle gauche’ !

Lorsque le PS aura enfin changé de nom – et achevé définitivement sa mue, car celle-ci, en actes, est consommée -, le peuple souverain sera enfin mis devant le fait accompli : les idéaux progressistes dont on parlait tout à l’heure ne sont pas entièrement enterrés, d’autres courants politiques l’incarnent pleinement ; il apparaît juste vain de les chercher encore rue de Solferino : « le parti socialiste au socialisme parti » (F. Lordon)…Soutenons donc Manuel Valls !

 

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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #014

 

Ceci est bien un Edito-Eco, même si on va parler BD. Ouais. On évoquera plus tard le Prix de la Banque de Suède attribué à Jean Tirole. Ou pas. 

 

A la fin de l’année 2011, je tombe complètement par hasard sur une BD au format comics, un truc qui semble complètement dingue. Ça s’appelle Doggy Bags. C’est édité par Run et son Label 619, une sacrée bande de tarés. Le concept ? « Suspense, frissons & horreur ». Trois histoires avec pour mot d’ordre : genre. Du pulp, de l’horreur, du politiquement incorrect, jamais potache, toujours terriblement bien branlé en termes de scénar, de dialogues, et surtout de dessins. Bref, sept numéros sont sortis jusqu’ici, et c’est à chaque fois grisant, jouissif.

 

Reliés

 

A la fin de l’année 2013, je tombe complètement par hasard sur un BD au format revue (24×32), un truc qui semble complètement dingue. La couverture ressemble beaucoup, à première vue, à Doggy Bags. Ça s’appelle AAARG!. C’est une véritable revue, avec comme baseline : « Bande dessinée & culture à la masse ». C’est barré, sombre, marrant, cynique, avec de la BD, des reportages, des nouvelles (souvent cruelles), des gags, un poster…

 

Reliés

 

Dès le 2e numéro (janvier-février 2014), l’éditorial de Pierrick Starsky m’interpelle : il ironise sur la nouvelle année qui s’annonce, dans une langue de charretier marseillais, et surtout avec une fibre sociale évidente reposant sur un constat sans fioriture de la société actuelle. Je partage donc son éditorial présent dans le 4e numéro (mi-mai-mi-août 2014), en vous recommandant chaudement cette revue qui gagne sacrément à être connue…

 

 

« Je sais pas toi, dans ta ville, dans ton bled, dans tes bars, mais partout où je passe et où mes yeux s’égarent, où mes oreilles traînent, même si j’ai plus trop d’odorat, y’a pas, ça pue sévère. Ça renifle, ça schnouffe, ça fouette, et c’est pas nouveau. Y’a pas bon être pauvre, ça attire la mistoufle. (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #013

 

Il y a un mois, je montrais à quel point le paradigme néoclassique en économie avait infesté nos esprits, à commencer par ceux, rouillés, sclérosés, incapables de penser, du socialisme ambiant, « socialisme » qui devrait impérativement changer de dénomination sous peine de décevoir encore et encore les naïfs qui s’attachent aux mots plus qu’aux actes. Je l’ai cité dans le dernier Edito-Eco, mais je ne peux m’empêcher, à nouveau, de faire appel à l’économiste Jean-Marie Harribey, qui résume à la perfection ce qu’est, fondamentalement, la théorie économique dominante : « S’il en était encore besoin, la théorie économique qui domine l’enseignement, la recherche, l’information et le gouvernement des hommes et des choses a fourni, à travers cette crise, les preuves de sa vacuité conceptuelle et heuristique, de son inefficacité à guider les politiques économiques, sociales et écologiques, et, par-dessus tout, de son allégeance aux classes dominantes, essentiellement à la bourgeoisie financière devenue mondiale. La « science économique » [standard] n’est qu’un vaste corpus idéologique, pétri d’incohérences logiques et de préceptes normatifs défendant des intérêts de classe. »[1] Et c’est cette vacuité conceptuelle et heuristique, cette inefficacité à guider les politiques, cette allégeance aux classes dominantes, qui gouvernent aujourd’hui dans beaucoup de pays… Il y a un mois, donc, je montrais l’inanité des idées du ministre socialiste du Travail et de l’emploi, François Rebsamen, à propos du chômage et du marché du travail.

 

Rebsamen-ministre-emploi-bureau ministere-JJ-miroir-4oct2014

 

Cette semaine, le même François Rebsamen se donne à lire, dans un entretien au journaliste Jérémie Lorand, du magazine bourguignon Miroir. « Un jour de septembre, le ministre qui veut qu’on parle de lui autrement qu’à chaque publication mensuel des chiffres du chômage, reçoit des journalistes au ministère pour qu’ils fassent un reportage sur sa vie rue de Grenelle. Parmi les invités, les communicants du ministre ont prévu un représentant de la presse locale de la région d’élection de leur patron, histoire de satisfaire à une habitude bien établie : même appelé à Paris, un baron local doit régulièrement envoyer des « cartes postales » à ses électeurs. Ils n’avaient pas prévu que le journaliste local engagerait une discussion sérieuse avec François Rebsamen qu’il connaît pour l’avoir souvent rencontré quand il était maire et sénateur de Dijon… »[2] Voilà la genèse d’un entretien… qui ne devait pas paraître. Oui, mais… Paru le 3 octobre sur le site de Miroir, il est retiré quelques minutes plus tard, trop tard : l’entretien reste visible dans le cache de Google ! L’attachée de presse du ministre tente alors une pirouette : « Ce n’était pas une interview. […] Il ne l’a d’ailleurs pas relue. »[3] Mais pourquoi le ministre et son staff ne souhaitaient pas voir cet entretien publié ? Extraits. (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #012

 

 

En ce moment, je suis assez las, il faut le reconnaître. Sept ans après la plus grave crise du néolibéralisme, l’argumentaire néolibéral ne s’est jamais aussi bien porté qu’aujourd’hui, jusque dans les rangs zélés d’un parti socialiste français qui, décidément, n’a pas fait que trahir son électorat, mais toute son histoire, en en vampirisant le terme-symbole (« socialisme ») désormais synonyme d’économie de marché, de politique de l’offre et de flexibilité au travail. « S’il en était encore besoin, la théorie économique qui domine l’enseignement, la recherche, l’information et le gouvernement des hommes et des choses a fourni, à travers cette crise, les preuves de sa vacuité conceptuelle et heuristique, de son inefficacité à guider les politiques économiques, sociales et écologiques, et, par-dessus tout, de son allégeance aux classes dominantes, essentiellement à la bourgeoisie financière devenue mondiale. La « science économique » [standard] n’est qu’un vaste corpus idéologique, pétri d’incohérences logiques et de préceptes normatifs défendant des intérêts de classe. »[1]

 

C’est pourquoi, lors du dernier Edito-Eco, j’ai fait un pas de côté, fouillant chez Smith comme chez Keynes, pour mieux éclaircir notre présent. Aujourd’hui, mon pas de côté sera d’un autre ordre. A la fin du XIXe siècle, l’économie prend un tour nouveau, en se rêvant science dure, loin, très loin de ces autres sciences sociales qui ne sont que palabres entre universitaires poussiéreux : c’est la naissance de la science économique, avec force lois, théorèmes et démonstrations, science économique qui, depuis 1968, a créé son propre « Prix Nobel » (qui n’en est pas un, voir ici et ici). A défaut de science, on trouvera surtout une religion. Aujourd’hui, donc, je mobiliserai la littérature. En effet, la littérature nous permet souvent de prendre acte des tourments du monde et de penser l’avenir de l’humanité de manière plus juste, plus précise, plus complexe, que les sciences ; tous les profs de français le savent bien. Pour paraphraser Frédéric Beigbeder : le seul moyen de raconter la réalité économique, c’est de l’inventer.

 

Il y a deux ans et demi, une nouvelle revue voyait le jour, au nom aussi emblématique que bien français : Charles. Il y est question de politique, mais avec une sincérité bienvenue, une diversité large, une érudition rare, c’est aussi exigeant que classieux. Bref : nouvelle revue dans ma bibliothèque. Pour son premier numéro, en pleine campagne présidentielle, la revue propose un gouvernement des écrivains, pour rêver un peu et (vraiment) ré-enchanter la politique.

CHARLES01_Coverweb_m (suite…)


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