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Des narcos et des enfants en Amérique latine, par R. Saviano
1 septembre, 2012, 23:23
Classé dans : Ils font avancer le monde,La Société en question(s)

Il y a deux mois, je publiais un long portrait du résistant moderne Roberto Saviano, salué par la critique (enfin, par Benoît). Ce papier avait été pensé douloureusement, chez moi dont la vue il y a cinq ans de son premier bouquin à la FNAC avait insinué en moi un sentiment de méfiance : j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un énième livre sur la mafia, laborieusement écrit et bourré d’erreurs. Très vite, j’ai réévalué mon jugement et me suis payé Gomorra. Feignant comme pas deux, je repousse sans cesse la lecture, prétextant un job exténuant (équipier McDonald’s et assistant d’éducation en même temps) ou des études trop prenantes (je retape alors mon 5e semestre de licence). Le temps file si vite qu’arrive, sans crier gare, l’adaptation cinématographique du livre. Sorti le 13 août 2008, je me lance le défi de lire le livre avant de voir la toile ; las, c’est presque septembre et je n’ai à peine débuté que quelques pages. Tant pis. Confortablement installé dans les sièges rouges du MK2 Bibliothèque, en cette fin d’août ensoleillée, j’observe, subis, encaisse deux heures d’une sourde et mortifère réalité, celle du crime, en VOST. Le taux de remplissage de la salle doit approcher les 3 %, en dépit de la climatisation. Après avoir douloureusement digéré l’œuvre projetée, je me jette sur l’œuvre scripturale. Un long direct dans l’estomac. Des mots qui frappent fort, travaillent le bide, atteignent leur but. Dès lors, je me passionne pour cet homme d’à peine trente piges, au crâne rasé, à la barbe mal tondue, aux allures de voyou. J’étais déjà un fin connaisseur du crime organisé depuis ce livre offert par grand-mère sur Lucky Luciano, Frank Costello, Meyer Lansky, Bugsy Siegle, j’étais au collège. Sur Roberto Saviano et la Camorra, je cherche, fouine, farfouille, et trouve. Je guette avec impatience ses interventions télé, ses nouveaux bouquins, ses articles publiés (Courrier International, ce genre).

Des narcos et des enfants en Amérique latine, par R. Saviano dans Ils font avancer le monde Roberto-Saviano-9

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Portrait de Roberto Saviano, résistant moderne
5 juillet, 2012, 17:19
Classé dans : Ils font avancer le monde

* Ce texte a été commencé avant la fin de la campagne présidentielle française.

 

« Voilà ce qu’est la France, aujourd’hui : un carrefour, un lieu de négociations, de réinvestissement et d’alliances entre cartels criminels. D’alliances entre des cartels criminels et des entrepreneurs qui tirent profit du trafic de stupéfiants, qui fraudent et qui recyclent, grâce aux organisations criminelles. » [2012a, p. 16]. La sentence glace le sang, fait froid dans le dos, analyse clinique de la situation du crime organisé dans l’Hexagone. Pendant que la campagne présidentielle française* est dans le « déni »[1], repliée sur elle-même comme un adolescent immature dans sa bulle ; pendant que nos candidats semblent hermétiques à ce qui se passe ailleurs, francocentristes comme jamais ; pendant que, après la bienvenue affaire Merah, le petit monde politico-médiatique, opportuniste, fait monter dans les chaumières la peur de l’Arabe, du Musulman, qu’il soit « d’apparence »[2] ou non, du bronzé, présumé coupable de terrorisme islamiste – ou islamique, on ne sait plus trop, tandis que les plumitifs arrivent avant les keufs au domicile des extrémistes qu’on arrête subitement par wagon, mais qu’on ne renvoie pas encore par bateau… La citation est de Roberto Saviano. 

Portrait de Roberto Saviano, résistant moderne dans Ils font avancer le monde Roberto-Saviano-5

Citation extraite de la préface de son nouveau bouquin traduit en France, qu’il consacre en partie à démythifier la vision du crime organisé qu’on a chez nous, en France, et rappeler, tel un médecin qui fixe un diagnostic à un malade qui s’ignore, que les cartels criminels sont bien implantés, qu’ils y réalisent des profits énormes, que des pans entiers de l’économie en dépendent. Pas autant qu’en Italie, bien sûr, mais suffisamment pour qu’on s’en soucie. « La France n’est pas épargnée. Des camorristes ont déjà investi dans des magasins à Paris, dans l’hôtellerie et le tourisme à Nice et à Cannes. Sans parler de la drogue… Le problème de la France est que tout le monde, chez vous, se moque de ces organisations tant qu’elles ne tuent pas ! Votre gouvernement […] considère ce phénomène comme italien, et ne se sent donc pas concerné. » [2008, p. 30] Au lieu de cela ? On s’intéresse à la viande hallal. Le cartel de la viande hallal plus dangereux que les cartels criminels ? (suite…)



Décès de Gilles Dostaler
8 mars, 2011, 16:09
Classé dans : Histoire de la Pensée,Ils font avancer le monde

Par où commencer ? C’est la première fois que le décès d’un grand penseur me fait cet effet ; un sentiment étrange, la pénible sensation du manque, pas un manque affectif bien sûr, quelque chose de plus intellectuel. Quoique. Gilles Raveaud révèle très bien ce que je ressens : « Je ne connaissais Gilles Dostaler que par ses écrits, et pourtant j’avais l’impression d’avoir un ami quand je le lisais. »[1] L’économiste Gilles Dostaler, car c’est malheureusement de lui dont il s’agit, est décédé le samedi 26 février dernier, à l’âge de 64 ans.

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