Ce que j’en dis…

Lud Le Bootleger s’amuse avec du bourbon
5 mai, 2015, 12:21
Classé dans : Epicurian Arts

 

Depuis que je me suis lancé dans le bartending amateur, en humble artisan, je me délecte. Je cherche, essaie, échoue et prend beaucoup de plaisir à affiner mes recettes. Aujourd’hui, je partage deux recettes avec comme base du bourbon.

 

La première est une recette trouvée dans la 75e édition du Mr Boston Official Bartender’s Guide (2012), que j’ai éprouvée à plusieurs reprises au point de l’avoir twistée !

C’est un cocktail qui s’appelle le Magnolia Maiden. La recette du Mr Boston est la suivante : dans un shaker sur glace, introduire 1,25 oz de bourbon (Maker’s Mark), 1,25 oz de liqueur Mandarine Napoléon, 1/12 oz de sirop de sucre simple. Verser dans un verre old-fashinoned rempli de glace, allonger avec 1/12 oz d’eau gazeuse (Perrier).

J’ai juste ajouté trois traits de Chocolote Bitters (Scrappy’s Bitters) dans le shaker, et j’ai allongé avec un peu plus d’un douzième d’eau gazeuse (environ 1 oz), tout en exprimant un zeste de mandarine (Espagne).

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Le résultat est intéressant : on sent distinctement la rudesse du bourbon et l’amertume de l’agrume, qui se marient magistralement avec le chocolat du bitters. Un cocktail assez fort, mais relativement riche en goût, avec une finale très aromatique.

Je n’ai pas trouvé grand-chose sur l’origine de ce cocktail, à part le fait qu’il est souvent préparé avec du curaçao orange (Grand Marnier) au lieu de la liqueur Napoléon prescrite par Mr Boston. Je n’ai donc aucune idée de l’histoire de ce cocktail. Ce qui est intéressant, c’est qu’il mêle la nouveauté (cette liqueur est peu utilisée par les bartenders) avec la tradition : le cocktail, à l’origine, c’est un spiritueux, du sucre, de l’eau et un bitters.

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Ma journée au Paris Cocktail Festival 2014
29 janvier, 2015, 23:02
Classé dans : Ca, de l'art ?,Epicurian Arts,Un peu d'Histoire

 

* J’ai écrit ce texte quelques jours après la manifestation, à partir de mes notes. Je ne sais toujours pas pourquoi je ne le publie que maintenant… Toutes les photos ont été prises par votre serviteur.

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Sur conseil de Cocktail Molotov, je décide de participer à la troisième édition du Paris Cocktail Festival. La page d’accueil du site m’enchante : des ateliers, des conférences, un tournoi, une expo, le tout dans le quartier du Louvre.

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Capturer g - CopieExtraits de captures d’écran du site dédié au festival

Récit.

 

Il est 11h10, à Porte de Saint-Ouen. J’accours, mais le bus part devant moi. Le pire, c’est que je ne suis pas en retard : c’est le bus qui accélère une minute en avance. Le prochain dans dix-huit minutes. Putain de RATP. Je m’apprête à naviguer dans les allées du Paris Cocktail Festival (PCF), sises au 8 rue de Valois, en ce jour de grâce du dimanche 27 avril 2014. Pendant que deux papes sont canonisés, moi, je vais descendre des canons alambiqués. En attendant, je patiente seul dans un arrêt de bus gris de la Porte de St-Ouen. Durant dix-huit minutes.

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Le bus arrive enfin. En avance de deux minutes. Une fois dedans, lâche, je ne dis rien, tout excité à l’idée d’entendre des conseils et de vider mon morlingue en accessoires et autres litrons. Deux petites vieilles entrent dans le bus et se marrent comme des baleines : elles viennent de voir un sans-abri pisser sans retenue ni gêne. En psychanalyse, on parle d’absence de surmoi. « Non mais, regarde-moi ça, la mairie pourrait faire quelque chose… Celui-là, il a tout un barda prêt du métro, avec ses cadis et sa tente. Ça fait pas propre, faudrait penser à le virer, tout de même… » Putain de parasites. (suite…)



Lud le bootlegger présente… le Cable Car
8 juin, 2014, 13:14
Classé dans : Epicurian Arts

 

* Toutes les photos du cocktail ont été réalisées chez moi, par moi…  

* Malgré ses fortes ressemblances avec le paragraphe sur le Cable Car dans l’ouvrage La Bible des Cocktails, de Simon Difford (2013, Marabout), je certifie avoir écrit mon texte en faisant mes propres recherches, et je n’ai eu connaissance de ce paragraphe qu’après publication du présent article. 

 

Depuis longtemps, j’ai envie de mixer du rhum épicé. Mais les recettes qui en contiennent ne sont pas si nombreuses…

Il faut savoir que j’ai développé, depuis ma tendre enfance, une espèce de déviance, dite du « collectionneur » : dès qu’une passion m’envahit, je collectionne ! Par exemple, même si je sais que c’est un argument marketing, j’adore me procurer des coffrets d’alcool avec des verres en cadeau (en d’autres termes : je me laisse séduire par le marketing !). En 2011, le groupe Bacardi-Martini lançait son propre rhum épicé (un assemblage de rhum ambrés de mélasse, vieilli jusqu’à trois ans en fûts de chênes, auquel on a ensuite ajouté des arômes de vanille, de miel et d’épices telles que la cannelle et la noix de muscade), le Oakheart, pour concurrencer Captain’s Morgan et Sailor Jerry. Le produit arrive en France en 2012 avec force emballage marketing : une chope et une recette avec du citron vert et du cola. J’adore l’objet ! Et, à l’occasion, je découvre le goût du spiced rum, intéressant. Une bonne amie, connaissant mon obsession, m’offre un cadeau : plusieurs bouteilles d’Oakheart avec les chopes correspondantes ! Entre-temps, je m’étais procuré une bouteille de Sailor Jerry, que j’eus la surprise de découvrir dans mon supermarché.

Bref, j’avais du spiced rum en stock… N’ayant plus de bourbon, rationnant mon gin, délaissant le rhum blanc, je suis dans l’expectative. Dans le Mr Boston Official Bartender’s Guide, je tombe sur un cocktail intitulé le Cable Car, inconnu au bataillon. D’où vient ce cocktail ? Remontons un peu le temps.

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Lud le bootlegger présente… le Daïquiri
24 mai, 2014, 17:29
Classé dans : Epicurian Arts,Un peu d'Histoire

 

Back to basics. Aujourd’hui, place à un classique : le Daïquiri.

Durant ma période estudiantine, le Mojito se démocratisait plus vite que le Vélib à Paris. Conséquence : quand on en avait bu deux ou trois dans la semaine, on finissait par rechercher d’autres saveurs. Et quoi de mieux que le Daïquiri pour changer, sans prendre le risque de tomber sur un truc chelou pour l’étudiant moyen (au hasard : un Dry Martini avec des olives) ? Le Daïquiri, un grand classique.

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 Un Daïquiri classique fait à la maison le mois dernier !

Evidemment, j’en ai goûté des dizaines et des dizaines avant que mon palais s’affine. Et pas toujours les meilleurs : il a le défaut de sa popularité, comme le Mojito. Mais lorsqu’il est bien préparé, ce cocktail est un délice, c’est d’ailleurs l’un de mes préférés. Toutefois, avant de s’exercer à sa préparation, simplissime, faisons un détour par l’histoire.

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Lud le Bootlegger… s’est planté sur le Scotch Rickey !
8 mai, 2014, 11:23
Classé dans : Epicurian Arts

 

Nous sommes mercredi, il est 22h10. Epuisé par une belle journée très remplie, et soulagé de n’avoir pas à faire sonner le réveil le lendemain pour cause de jour férié, je décide de parcourir le dernier livre de recettes que je me suis payé au Paris Cocktail Festival, la 68e édition du Mr Boston Official Bartender’s Guide. Une petite bible pour tous les apprentis bartenders ! Evitant les recettes complexes, je me reporte sur une inconnue mais assez simple à réaliser : le Scotch Rickey. La recette originale est la suivante : 1,5 oz de blended scotch whisky et 0,5 oz de jus de citron vert dans un verre highball préalablement rafraîchi, allongé d’eau de Seltz et parfumé aux arômes d’un zeste de citron vert. Voici la recette de Dominic Venegas (de San Francisco), qui remplace le scotch par du bourbon : 

Image de prévisualisation YouTube

Souhaitant faire mon original, je remplace le scotch ou le bourbon par du Jameson (un irish whisky), le verre highball par un old fashioned et l’eau pétillante par une subtile limonade Elixia à la rose. Le résultat est malheureusement un beau plantage ! Mon mélange est sans saveur : on ne sent ni le citron vert, ni la rose, et le whisky est d’une fadeur inégalée… Une belle leçon, en tout cas, que les mecs de Cocktail Molotov m’avaient déjà donnée : avant d’essayer d’innover, il faut répéter et répéter les mêmes recettes, affiner son palais, et rechercher le goût. 

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Lud le Bootlegger présente… Le Mojito
22 juin, 2013, 14:06
Classé dans : Epicurian Arts

 

Il y a un mois, j’inaugurais cette chronique alcoolique par le bref récit de mon initiation à l’alcool (ici) ; et je racontais sommairement que, à mon arrivée à Paris, j’ai découvert les joies intellectuelles de l’université tout en plongeant allègrement dans les bars de la rue Oberkampf. Aussi intriguant que cela puisse paraître, c’est donc à l’âge de vingt ans que j’ai trempé mes lèvres pour la première fois dans ce cocktail qu’on ne cesse d’enterrer depuis une dizaine d’années, trop beauf pour les branchés, trop branché pour les beaufs : le Mojito. Petit rappel : le but, c’est le plaisir. Le plaisir altruiste de s’amuser avec des amis en les ravissant ; le plaisir laborieux de travailler à produire quelque chose dont on est fier ; le plaisir artiste d’affiner sa technique et son goût par une certaine maîtrise. Dans mon premier post, j’avais écrit : « Juste le plaisir amateur de jouir de la vie », et puis aussi un truc du genre : pas d’alcool sans plaisir (l’inverse, c’est l’alcoolisme !).

Revenons aux affaires. D’où vient ce cocktail si frais, si populaire et si souvent ringardisé ? D’après plusieurs sources, l’ancêtre du Mojito date de la fin du XVIe siècle, lorsqu’un célèbre corsaire anglais, Sir Francis Drake (ou l’un de ses hommes) concocta une boisson à base de rhum Aguardiente (rhum non raffiné) et de menthe (voire en y ajoutant du sucre et du citron vert), nommée le Drake ou El Draque (le dragon, surnom du corsaire). Il faut dire qu’il écumait les ports d’Amérique latine et des Caraïbes (en premier lieu Cuba) pour le compte de la reine Elisabeth Ire d’Angleterre. (suite…)



Lud le Bootlegger présente… Le Old Fashioned
20 mai, 2013, 21:43
Classé dans : Epicurian Arts

C’est affreux, je n’ai pas d’accroche au post qui va suivre… Comment débuter ? Il y a quelques mois, mon frère Jack Seps signait sur ce blog sa 2e playlist, célébrant l’alcool festif, toute en mise en abîme auto-fictionnelle. Elevés à la campagne, notre premier contact avec l’alcool, c’est vers la fin du collège, entre cuite presque mortelle à la bière bon marché au bord de la Seine, et whisky-Coca sans modération dans des boîtes de nuit rurales, avec les potes du foot, à squatter les chiottes et les banquettes… En grandissant, on prend conscience de ses limites, et on les franchit sans vergogne ! Quand j’ai quitté le domicile familial, c’était pour la fac… et les bars de la rue Oberkampf avec ma bien-aimée et les poteaux ! Ce qui signifie découverte des cocktails, en premier lieu Mojito et Caïpirinha. Cessons brutalement ces souvenirs sans intérêt, uniquement là pour introduire ce post : depuis une dizaine d’années, j’ai pris goût à essayer de refaire ces cocktails. J’aime tester et recommencer jusqu’à ravir mes amis ; le but, c’est vraiment le plaisir. Je maîtrise maintenant une vingtaine de cocktails, et je tente même parfois d’en inventer. L’une des raisons d’être de ce blog étant le partage, voilà, je partage maintenant mes recettes et mes astuces. L’objectif n’est pas de devenir un blog professionnel, avec publication d’un livre de recettes et participation au jury de Master-Pillave ou Top Cuite : pas de prise de tête, pas de chevilles qui enflent. D’ailleurs, mes cocktails sont assez banals ! Juste le plaisir amateur de jouir de la vie.

On ne répétera jamais assez que l’alcool est dangereux pour la santé : il accompagne le plaisir d’être ensemble, de se retrouver, de rire, de discuter ; il ne le supplante jamais.

Pour cette première, j’ai décidé de présenter le Old Fashioned, que je viens tout juste d’expérimenter, après plusieurs mois de réflexion. J’ai dû apercevoir la recette de ce cocktail (suite…)


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