Ce que j’en dis…
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Dorothea Lange, Migrant mother, 1936

 

La période de l’entre-deux-guerres me poursuit, on pourrait même dire qu’elle me hante. Je l’ai croisée à l’adolescence, à travers le récit enflammé des grands gangsters de ces années-là, les Charlie Luciano, Meyer Lansky, Bugsy Siegel, Frank Costello, Lepke Buchalter, Al Capone, ainsi que les John Dillinger, les Bonnie Parker & Clyde Barrow, etc. Je me suis nourri de cette période, à la fin du collège et au lycée, elle a excité ma curiosité. Un moment fondateur de mon goût particulier pour l’histoire contemporaine, celle qui commence à la fin de la Grande Guerre, l’histoire du XXe siècle. Cette période, j’y suis revenu à travers un mémoire de master, dont j’avais choisi le sujet : la crise de 1929. J’ai adoré effectué ce travail, notamment parce que ça m’obligeait à creuser une facette de cette histoire que je maîtrisais moins, celle des mécanismes économiques, sociologiques, politiques qui lient inextricablement la Grande Guerre à la Grande dépression, la misère des paysans à la bulle spéculative, le Traité de Versailles à l’austérité allemande, la Grande dépression à la Deuxième Guerre mondiale, etc. Entre mon adolescence et aujourd’hui, j’ai picoré dans la culture et, ce faisant, je comprends de mieux en mieux cette histoire. La lecture du formidable Hard Times de Studs Terkel m’a replongé, l’an dernier, dans cette Grande dépression. Une réédition des éditions Amsterdam illustrée de plusieurs dizaines des photos que Dorothea Lange prit pour la Farm Security Administration dans les années 1930. Et ce mois-ci, novembre 2018, le musée du Jeu de Paume décide de consacrer une exposition riche et minutieuse à Dorothea Lange, sous l’intitulé : « Politiques du visible ». Et c’est par l’entremise de ma grande amie Pascale, collègue géniale de littérature, que je me retrouve, mardi soir, en sa si charmante compagnie, au milieu de l’expo, bouleversé par ces photographies.

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Le capitalisme, les inégalités, la mondialisation, tout ça raconté en 12 minutes. L’Île aux fleurs, J. Furtado, 1989

 

Il y a quelques mois, l’une de mes anciennes élèves de terminale ES m’a envoyé une vidéo, via les réseaux sociaux, en indiquant que cela pouvait me plaire. Une vidéo réalisée par le documentariste Jean-Gabriel Periot en 2012, dans le cadre du projet 100jours : cent documentaires diffusés au rythme d’un film par jour, pendant les 100 jours précédant le deuxième tour de l’élection présidentielle (2012), « pour essayer de construire un autre rapport au politique ». Voilà l’ovni (à noter qu’il y a des images pornos représentées là-dedans) :

Alors, engagé ou cynique ? Peut-être un peu des deux : on sent tout l’engagement ambivalent de quelqu’un qui n’a connu qu’un pays « en crise » (né après la fin des Trente glorieuses), une sorte de nihilisme politique a-partisan, qui souhaite changer le monde merdique dans lequel on vit (c’est le soldat Guignol qui, en voix-off, à la fin de Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick, dit : « Je vis dans un monde merdique, ça oui ! Mais je suis vivant. Et je n’ai pas peur. »), mais un engagement sublimé par la culture Hara Kiri, L’Echo des Savanes, Groland, Les Nuls, l’entarteur belge !

En m’interrogeant sur ce que je venais de voir, je me suis vite rendu compte que cette création était une sorte d’hommage impertinent à un grand court-métrage documentaire de 1989 intitulé Ilha das flores (L’Île aux fleurs), réalisé par le brésilien Jorge Furtado, qui a remporté plusieurs prix pour ce film.

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Je ne connaissais pas ce truc. Et j’ai découvert un documentaire génial, acéré, sans concession, engagé jusqu’au bout des ongles, mais pas pontifiant, pas lénifiant, pas emmerdant. Un engagement qui ne te dit pas quoi faire, mais qui t’interroge, en profondeur, sur ce que toi, tu veux et peux faire pour changer le monde. Un truc qui te met face à tes responsabilités d’être humain (qui a la particularité d’avoir un pouce préhenseur et le télé-encéphalogramme hautement développé), un peu comme le formidable Tell Me Lies de Peter Brook (dont j’aurais certainement l’occasion de reparler). Voilà ce petit bijou que je recommande vivement à tout le monde. Enjoy !

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Merci Chloé !



La Dictature du prolétariat, c’est quoi ? Par Daniel Bensaïd

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Encore une fois, je souhaite partager ici un extrait d’un beau texte de synthèse de Daniel Bensaïd, philosophe et dirigeant historique de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) devenue Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) en 2009. Dans une nouvelle édition enrichie de La Guerre civile en France, pamphlet publié par Karl Marx en 1871, que publie les éditions La Fabrique en 2008 sous le titre Inventer l’inconnu, Daniel Bensaïd a rédigé un texte intitulé « Politiques de Marx », précédant les textes et correspondances autour de la Commune entre Karl Marx et Friedrich Engels, entre autres. Lecteur anecdotique de Marx, disposant d’une connaissance approximative de la période qui va de la Révolution française jusqu’au début du XXe siècle, j’ai littéralement dévoré cet opuscule à l’automne dernier. Dans ce texte, Daniel Bensaïd revient notamment sur la notion terriblement ambiguë de « dictature du prolétariat », qui a tant fait couler d’encre. Je reproduis ici le paragraphe intégral.

 

 

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La Commune, donc, comme forme enfin trouvée de l’émancipation, ou de la dictature du prolétariat, ou des deux, indissociablement ? C’est ce que proclame Engels, vingt ans après, en conclusion de son introduction, datée précisément du 18 mars 1891, à La Guerre civile en France : « Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l’air ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat. »

Il vaut en effet la peine d’y regarder de plus près. Le mot « dictature », au XIXe siècle, évoque encore la vertueuse institution romaine d’un pouvoir d’exception, dûment mandaté et limité dans le temps pour faire face à une situation d’urgence. Il s’oppose à l’arbitraire de la « tyrannie ». C’est en ce sens que Marx le reprend dans Les Luttes de classes en France, après avoir cité son propre article du 29 juin 1848, publié dans la Nouvelle Gazette rhénane au lendemain même des massacres. (suite…)



La Parole Ouvrière (1830-1851) a des choses à nous dire sur l’élection présidentielle 2017

 

Dans les années 1970, le philosophe Jacques Rancière a déjà rompu avec le marxisme d’Althusser et entreprend une longue recherche qui le mènera à une thèse d’État en 1981. A l’époque, professeur de philosophie à l’Université de Vincennes, il décide de « [transformer son] cours de philosophie en groupe de recherche sur l’histoire ouvrière » (p. 339) et trouve son partenaire, Alain Faure, « Etudiant transfuge d’un département d’histoire » (p. 339) (qu’on ne doit pas confondre avec l’historien Alain Faure, spécialiste de la classe ouvrière à l’Université Paris 10 Nanterre). En 1976, avec cet étudiant, Jacques Rancière publie La Parole Ouvrière, une sélection de textes écrits par des prolétaires français entre 1830 et 1851. Ce livre a été réédité par les éditions La Fabrique en 2007*, et c’est une vraie libération de lire ces textes qui, non contents de signifier l’émancipation ouvrière pour les prolétaires de l’époque, amorcent également une véritable émancipation pour le lecteur du XXIe siècle, enfermé dans les contradictions et les absurdités de son siècle.

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Je ne sais pas si je l’ai déjà écrit ici, mais si je me suis lancé dans l’exploration rigoureuse de la pensée de Jacques Rancière, c’est grâce à ma rencontre, l’an dernier, avec un enseignant-chercheur de l’ISP-ICP de Paris, un véritable maître ignorant qui a fait sienne la non-méthode de Rancière ; c’est lui qui m’a poussé à revenir à Rancière, que j’avais lu trop rapidement plus tôt dans ma vie ; c’est lui qui m’a obligé à comprendre Rancière par moi-même, sans me le verser tout cuit dans le bec, pratique qui est trop souvent vouée à l’échec d’ailleurs ; c’est lui qui ravive la flamme que j’ai en moi depuis ce mémoire sur la crise de 1929, rédigé en 2009, cette flamme de la recherche universitaire et du questionnement scientifique. Bon, trêve de bavardage : en ces temps troublés d’élection toute pétée, je m’en vais reproduire quelques textes issus, donc, de La Parole Ouvrière.

* Les références renvoient à l’édition de 2007.

 

A la fin de son introduction (pp. 26-27), Alain Faure introduit et cite deux textes d’époque :

 

« Espoir et désespoir mêlés dans cette réflexion d’avant le combat que prêtait l’écrivain républicain Rey-Dusseuil dans son roman Le Cloître Saint-Merri à un ouvrier insurgé de juin 1832 :

« Tout le monde ne peut pas être riche, je le sais, mais tout le monde doit vivre, je le veux !… Qui nous arrêterait ? La peur de la mort ? On n’a peur de mourir que quand on a plaisir à vivre. La mort est la seule amie du peuple, si elle vient avec une balle, elle se présente mieux qu’attendue sur un grabat… En avant, donc ! »

En écho, à seize ans de distance, cette pensée se retrouve dans la brochure d’un ouvrier supposé tranquille, Cousin-Vesseron (Nécessité de l’organisation du travail) :

« Faut-il s’étonner si des hommes, pour qui le passé et le présent n’ont que des souvenirs d’amertume d’une réalité de souffrance, jettent vers tout nouveau soleil un regard d’impatience et d’espoir ; après tout, l’ouvrier n’a rien à perdre, son sort ne saurait être pire ; il ne désire pas les bouleversements, il ne les craint pas non plus, puisqu’à chaque catastrophe il peut espérer voir cesser l’intolérable état de choses dont il est la victime et se voir débarrasser du fardeau de misère qui depuis si longtemps pèse sur lui. »

Attitude devant la mort qui nous renvoie à la mort quotidienne subie dans l’atelier et à l’avenir qui se pense et se fait à partir d’elle ; s’exprimant dans la pensée ouvrière. »

 

L’extrait suivant (pp. 37-43) provient d’un texte écrit en 1831 par l’ouvrier typographe Augustin Colin, publié dans Le Cri du peuple :

 

« [...] Nous avons secoué le joug de l’aristocratie nobiliaire pour tomber sous la domination de l’aristocratie financière, nous avons chassé nos tyrans à parchemin pour nous jeter dans les bras des despotes à millions. (suite…)



LCS 192. The Golden Gate Quartet, « Sixteen Tons », 1950-60s

 

The Golden Gate Quartet, « Sixteen Tons ». Je n’ai pas trouvé l’année où le Quartet a repris ce titre, mais la vidéo semble bien datée des années 50-60, vue l’âge supposé des membres du groupe. Cette reprise figure sur une compilation intitulée The Spirituals & Gospels, un double CD datant de 2001 édité chez Gemini en Allemagne.

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Le titre, quant à lui, est, selon Wikipedia, un morceau enregistré pour la première fois en 1946 par Merle Travis et parue l’année suivante sur son album Folk Songs of the Hills. Tennessee Ernie Ford en fit une version très populaire en 1955.

Apparemment, c’est un morceau très connu qui relate la dure vie d’un mineur dans une mine de charbon, un morceau qu’on peut assimiler à une protest song à l’écoute de laquelle on comprend que le salariat est bien un système d’exploitation : comme les prostituées du XIXe siècle, les travailleurs des mines n’étaient pas toujours payés en monnaie, mais en bons d’achat non transférables et valables uniquement dans le magasin de l’entreprise, empêchant les ouvriers de faire quelque économie (truck system), ils logeaient souvent dans des maisons ou dortoirs appartenant à la compagnie et devaient s’acquitter du loyer. Ce système persista jusqu’à ce que les luttes syndicales du United Mine Workers amenèrent à interdire de telles pratiques ; ces luttes furent si terribles qu’on les appela les « Mine Wars », les guerres des mines, qui se déroulèrent entre le début des années 1920 et les années 1930. On comprend mieux cette partie du refrain : « Another day older and deeper in debt » (« Un jour de plus et la dette s’accroît »).

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Travailleurs dans les mines, Ward, Virginie Occidentale, début du XXe siècle, Baker Library, Harvard Business School.

 

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Entrée d’une mine de charbon, Virginie Occidentale, 1908, by Lewis Wickes Hine, US Library of Congress.

 

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Entrée d’une mine, Red Star, Virgine Occidentale, 1908, US Library of Congress.

 

Bonus : The Golden Gate Quartet, « The Preacher and the Bear », titre sorti en août 1937 en single 78RPM :

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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #020

 

 

Aujourd’hui, j’ai décidé de balancer un Edito-Eco un peu particulier, dans lequel je reproduis un essai d’un immense écrivain, Jack London. Longtemps, j’ai cru que Jack London était celui qui avait écrit Croc Blanc. Entendre : celui qui n’avait écrit que Croc-Blanc. Et encore, ne l’ayant toujours pas lu, je n’avais de Croc-Blanc qu’une vague idée, certainement fausse, véhiculée par ses mièvres succédanés télévisuels : un conte pour enfants avec un chien moral qui parle (ou qui pense à voix haute), à peine plus palpitant que L’incroyable voyage…Voilà ce que je connaissais de Jack London.

Il y a quelques mois, une très chère amie, connaissant mes engagements savants et politiques, m’enjoint de lire Le Talon de fer (The Iron Heel), publié en 1908, roman dans lequel Jack London imagine une révolution socialiste aux États-Unis en 1914.

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J’entre dans une librairie, et cherche l’ouvrage en question, en vain. Déçu de passer pour un temps à côté d’une œuvre aussi attrayante, je décide de partir avec un autre ouvrage de l’écrivain, pour enfin le découvrir, lui et ses engagements. Après une intense comparaison entre les différents titres disponibles, mon choix se porte sur un recueil d’essais politiques et personnels, intitulé Révolution (du titre d’un essai de 1908) suivi de Guerre des classes, publié chez Libretto.

C’est l’un de ces essais que je reproduis ce jour : un texte d’une sincérité et d’une justesse incroyables, en plus d’un certain style, que, malgré la dimension très biographique, on pense avoir été écrit pour notre époque libérale et cynique ; un texte qui a digéré Marx et le marxisme, voire même Thorstein Veblen, et qui contient déjà en filigrane Karl Polanyi, Pierre Bourdieu et Frédéric Lordon. Ce texte s’intitule « Ce que la vie signifie pour moi ». Bonne réflexion ! (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #019

F. Hollande – enfin, surtout la vacuité idéologique qu’il incarne – n’a décidément rien compris à l’Histoire. Exposé en quatre points.

1. Haut dignitaire d’un Parti dit « Socialiste », F. Hollande s’est fait élire en 2012 sur une méprise doublée d’une conjoncture particulière : non content d’apparaître comme une force suffisante pour battre N. Sarkozy, cette apparence se double en effet d’une posture de gauche (« Mon ennemi, c’est la finance », la taxe à 75%) à défaut d’avoir véritablement un programme de gauche (équilibre des comptes publics, allègements fiscaux et aides publiques aux entreprises). A titre personnel, je pense qu’il se croit encore sincèrement socialiste ; il a simplement oublié ce que signifiait ce mot…

2. Élu de justesse au 2nd tour, sa politique économique se révèle en fait très… libérale, sur les questions de la croissance, du chômage, de l’emploi ; on l’entend même reprendre à son compte, mot pour mot, la fumeuse « loi » des débouchés de Jean-Baptiste Say ! On a pu croire à un « tournant », mais c’était passer sous silence le parcours du bonhomme (HEC, IEP, ENA, Mitterrand, J. Attali, Cour des comptes, « oui » à la Constitution européenne en 2005, etc.), du parti qu’il incarne (le tournant libéral date en fait de… 1982) et des têtes qu’il a choisies pour mener sa politique (J. Cahuzac, P. Moscovici, M. Sapin, M. Valls, F. Rebsamen, E. Macron, sans compter les conseillers et/ou amis du Président : P. Aghion, P. Lamy, H. Védrine, D. Villemot, J. Attali, P. Villin, etc.). La « gauche » ou le « socialisme » incarnés par F. Hollande ressemble finalement, malgré les spécificités nationales, au Parti démocrate de Clinton, au SPD de Schröder, au Labour de Blair et de plus en plus au reagano-thatchérisme le plus crasse…

3. En avril 2015, à la TV, F. Hollande choque tous ceux qui se trouvent à sa gauche en comparant le FN contemporain à « un trac du PCF des années 1970 ». Toute l’extrême-gauche est scandalisée, à juste titre : pas vraiment par cette saillie qui, si on analyse la citation dans son contexte, est beaucoup plus prudente qu’il n’y paraît ; mais parce que l’insidieuse indistinction entre « les » extrêmes, ramenant dos à dos ce qu’on appelle l’extrême-droite et l’extrême-gauche, est répétée comme un mantra depuis plusieurs décennies, jusque dans les programmes d’histoire, alors qu’il n’y a rien de commun entre ces deux « extrêmes » ; ils sont même antinomiques !

4. Hier, F. Hollande était à Cuba, en particulier pour faire des affaires. Il en a profité pour rencontrer Fidel Castro, lider de la Révolution cubaine en 1958, et l’a qualifiée de « rencontre de l’Histoire ». Deux propositions antithétiques. Que va faire F. Hollande chez Castro ? « Rassurer sa gauche », affirment les journalistes, comme si les idéaux de gauche étaient portés par le vieux barbu. En fait, il vient y faire des affaires. Lorsque Castro (Raul, pas Fidel) annonce l’ouverture de Cuba aux investisseurs étrangers (à l’image de la Chine des années 1980), les démocraties libérales oublient le caractère non démocratique de l’île et foncent y vendre tout un tas de cochonneries. Business is business. C’est comme se féliciter de vendre des armes au Qatar, soupçonnés de financer… le djihadisme ! Mais revenons à nos moutons, car il y a plus grave que faire du business avec des pays loin d’être de gentilles démocraties. Ce qui est grave, c’est que, d’un côté, les sociaux-libéraux, incarnés en France par le PS, décrédibilisent les idéaux progressistes portés par l’extrême-gauche actuelle en les comparant aux idéaux fascistes, alors que de l’autre, ils n’hésitent pas à commercer avec des fascistes qui se réclament de l’idéal révolutionnaire (le tampon « vu avec F. Castro » est censé valider le caractère « de gauche » de F. Hollande), mais qui sont en fait responsables de la trahison de cet idéal, avec les régimes soviétiques, chinois, nord-coréen…

Relisez cette dernière phrase au calme…

 

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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #018

Plus de trois mois déjà que les attentats contre Charlie Hebdo ont été perpétrés, et le monde continue de tourner : l’islamisme tue toujours, et la connerie médiatico-politique, c’est tout comme. La gauche de gouvernement n’a jamais été aussi à droite sur le plan économique ; la droite n’a jamais été aussi extrême sur le plan immigration/sécurité/pauvreté ; l’extrême-droite n’a jamais semblé si proche des idées communistes des années 1970 (c’est François Hollande qui le dit)… En fait, on confond souvent le rouge, le bleu et le brun (oublions le rose !) dans une confusion qui n’a, en réalité, pas lieu d’être à partir du moment où on réalise l’immense effort de simplement ouvrir les yeux.

 

Depuis plus de trois mois, la presse joue un trouble double jeu en mettant en scène ces attentats, et ce qu’ils sont censés représenter, dans une surenchère somme toute bassement marketing, même si la déontologie de certains titres est plus noble que celle d’autres. On y sort des hors-série sur la tolérance, en jouant sur la polysémie du terme ; on revisite le Coran pour tenter d’y voir plus clair ; on investigue l’intégrisme religieux pour mieux mélanger les cartes. Et pendant ce temps-là, Charlie, après avoir engrangé un petit pactole, continue à faire des doigts.

 

Intéressons-nous à l’intégrisme, si vous le voulez bien. Dans nos esprits javellisés, l’intégrisme est souvent représenté par un turban, une barbe, une bombe, un « Allah Akbar », un voile noir, un faciès typé (comme on dit chez les Français de souche), des mœurs barbares, etc. La liste n’est pas exhaustive, mais elle ne s’embarrasse ni de complexité ni de subtilité.

 

Il est admis chez la plupart de nos concitoyens, et encore davantage parmi nos élites médiatiques, politiques et intellectuelles, que l’intégrisme religieux, surtout celui relatif à l’Islam, doit se combattre : par exemple, Eric Zemmour, celui qui dit tout haut la merde nauséabonde que certains n’osent pas penser même tout bas, avance sans ciller qu’ « il n’y a qu’une différence de degré entre Islam et islamisme », en d’autres termes, que tous les musulmans sont de manière latente des terroristes en puissance.

 

Bon… Mais il est un autre intégrisme qu’on n’interroge jamais, celui-là, et qu’on est peu à combattre. L’intégrisme économique. « Quoi ? » J’aurai bientôt, je l’espère, l’occasion d’en reparler ici dans un long article fouillé. Pour l’instant, je vais laisser la plume à un Economiste Atterré, Eric Berr, maître de conférence en économie à l’université de Bordeaux, qui a publié au nom de l’association un article percutant il y a un mois à ce sujet. A toi, Eric : (suite…)



Hommage à Bernard Maris – Adieu, tonton Bernard !

 

Mercredi 7 janvier 2015, le siège du journal satirique Charlie Hebdo a été victime d’un attentat terroriste. Sous leurs balles, douze personnes innocentes sont tombées ce jour-là, dont les dessinateurs Tignous, Honoré, Charb, Cabu, Wolinski (ces deux derniers ont bercé ma jeunesse, entre Le nez de Dorothée et Mon corps est à elles, entre autres), et l’économiste Bernard Maris. En dépit de l’amour inconsidéré que j’ai pour Cabu et Wolinski, je vais aujourd’hui raconter mon Bernard Maris. Avec des sanglots dans la plume.

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Comment commencer ? J’ai découvert Bernard Maris par hasard. Etudiant en sociologie, en droit et surtout en économie (par hasard), je suis un étudiant laborieux, brouillon, perdu. Après un DEUG cahin-caha dans la gauchiste (c’est un plaisir) université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, je tente avec difficultés d’être transféré à Paris-Diderot. Il m’en coûtera un redoublement de ma troisième année. Mais surtout, je rencontre enfin un enseignement cohérent, par-delà la pluridisciplinarité de ma section, un enseignement qui m’emporte. Je m’y plonge avec une assiduité dont j’ai rarement fait preuve, et commence à « devenir » un étudiant : après des heures passées dans la bibliothèque de Paris 8, je passe le cap, j’achète des livres de ma propre initiative, et surtout, je les lit. Évidemment, j’ai peine à nager dans l’océan de publications existantes ; je prends donc des conseils un peu partout. (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #017

 

 

Ce n’est pas la première fois que je m’insurge contre ça, mais ce sera la première fois sur ce blog. « Ça », ce sont les nombreuses pages contre François Hollande.

 

« Honte à Hollande : qu’il dégage ! »

 

Entendons-nous bien : je comprends tout à fait qu’on puisse avoir des griefs contre Hollande, son Premier Ministre, le gouvernement, sa politique, sa ligne, ses choix, car ils ne brillent guère par leur acuité, leur compétence, leur cohérence, leur efficacité, ce qui montre au passage, ironie de l’histoire, l’incroyable constance des gouvernements de la Ve République. D’ailleurs, les habitués du blog auront remarqué les critiques régulières portées à l’endroit de la politique gouvernementale par votre serviteur, notamment en raison (et non en dépit) de mon engagement à gauche.

 

Je ne vais pas m’attarder sur le cas « Hollande Dégage » (450 000 ‘j’aime’, quand même, à ce jour), tant cette organisation citoyenne draine et regroupe tout ce que la France compte de groupes conservateurs, traditionnalistes, xénophobes, réactionnaires, extrémistes, avec son lot de propos haineux, mensongers, démagogiques, violents, diffamatoires, idiots, révisionnistes… Bref : un vulgaire appel à la haine, non seulement sur la personne de François Hollande, mais aussi sur tous les ennemis supposés de la nation, étrangers, immigrés, fonctionnaires, LGBT, Noirs, gauchistes, syndicalistes, Roms, etc. Une page qui, définitivement, pour des raisons légales, devrait être fermée.

 

Observons une autre page intitulée « J’ai Honte de Mon Président », qui comptabilise à ce jour 280 000 ‘j’aime’. La line-up est simple : « pour tous ceux qui ont honte de notre président ». Adoptant un ton plus badin que la dégueulasse « Hollande Dégage », cette page reste dans le fond insultante, parfois diffamatoire, souvent démagogique. Essayons de voir, en plusieurs exemples, en quoi cette page ne constitue en aucun cas un medium satirique, et que, bien au contraire, elle a une visée politique en première et dernière instance, en usant de stratagèmes malhonnêtes, et en générant des commentaires représentant le degré zéro du débat public.

 

1er cas : les impôts

 

Le 18 août dernier, les administrateurs de la page publiaient une blague sur les prélèvements obligatoires.

 

 

Hollande Honte 6

(suite…)


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