Ce que j’en dis…

LCS 106. Jack Seps, « Fin Du Springtime » & « Comme Super Mario », 2014
1 avril, 2014, 5:06
Classé dans : Ca, de l'art ?,Ils font avancer le monde,Musique & Music

 

Cette semaine est particulière. Mon frère Jack Seps sort officiellement deux morceaux sur la toile. Pas de maison de disque ni de label, do it yourself, avec l’énergie du désespoir, la fougue de l’artisan, la joie du désintérêt. Depuis plusieurs années, le frérot bosse ses textes, cherche de la matière musicale dans les brocantes et chez les disquaires (et partout ailleurs), fait des rencontres. Par nos liens familiaux, j’ai évidemment eu la chance d’entendre avant tout le monde des bouts de textes, la pose d’un flow, l’intérêt d’une boucle, et toutes les interrogations à leur propos, et toutes les interminables discussions sur mon lit au cours de nuits blanches mémorables et passionnées.

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Bref, aujourd’hui est à marquer d’un Francis Blanche. Deux faces B, et basta ! Démerdez-vous avec ça. Je chronique en toute subjectivité. « Fin Du Springtime » est une sorte d’entrée en matière, histoire de décliner son identité, ses goûts, ses centres d’intérêts. Rappé sur le pétillant désuet « Springtime » du Klub des Loosers (sur Spring Tales, 2010), le morceau est court, un 16 mesures dans tout ce qu’il a de plus traditionnel, mais foutrement efficace, alternant les phases techniques et complexes, et les phases plus cools, posées. Un titre qui rappelle, dans l’imaginaire, le morceau « La Ville En Juin », de L’Atelier (2003), un titre tout en rondeur mais contenant, de manière plus ou moins feutrée, des phases plus sombres. « Comme Super Mario » est une mise en musique 8 bits d’un vieux texte, un 16 mesures également. La production est signée Hirokazu Tanaka, composition réalisée pour ce jeu qui a bercé toute notre enfance (et qui continue), Dr Mario (1990). Jack, tant sur le plan des textes que sur celui du flow, convoque tour à tour la scène TTC, Delleck, Fuzati, La Caution, Octobre Rouge, etc. Evidemment, son art, comme souvent, est un syncrétisme, et son originalité se perçoit dans l’affranchissement de ces figures tutélaires, dans l’affirmation d’une liberté et d’une singularité dans les références. Jack nous dit clairement : je suis un gamin des eighties, souvent affreuses à première vue (les fringues, la musique, le cinoche), mais qui renferment finalement, en tout cas pour ceux qui y ont vu le jour, une indéniable et inépuisable source de pop culture façonnant, qu’on le veuille ou non, notre imaginaire. Aussi, Jack nous lance cet appel discret : à première vue un mec cool, généreux et propre, je peux exploser à tout moment, même sur le thème de l’arrivée de l’été ! Je suis vivant, je suis un être humain, dans tout ce qu’il a de plus pur, mais aussi dans tout ce qu’il de plus sale. « Mon cerveau se putain de détraque/Je frôle la crise de nerf/Une crise colérique digne d’un nerd ». Folie latente, folie normale. Honnête et humble. « Non, j’fonce et plonge dans l’étrangeté de mes songes » Complexe. Un bâtard sensible : « Non, c’est juste une carapace pour pas que l’amour me rattrape ». Je lui tire mon chapeau concernant la diction, il y en a en effet peu qui sont capables de balancer autant de mots en si peu de temps, de façon plus ou moins harmonieuse sans perdre en clarté (Grems et Julien Lepers, en gros). Cette diction claire rend simple son propos, mais cache une certaine complexité (encore), sur le fond comme sur la forme. Les allitérations, les rimes multisyllabiques, les figures de style, tout est maîtrisé. Cessons-là tout superflu verbiage, tout vain babillage, tout inutile agiotage, place à la musique. De toute façon, l’avenir appartient à Jack Seps. Nous aurons l’occasion d’en reparler. En toute subjectivité.

Jack Seps, « Fin Du Springtime », 2014

Jack Seps, « Comme Super Mario », 2014

 

N’oubliez pas le soundcloud de Jack Seps !

 

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LCS 105. Klaus Doldinger, « Moonchild », 1984
24 mars, 2014, 8:33
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Klaus Doldinger intitulé « Moonchild », présent sur la bande originale du film The Neverending Story (1984), sur laquelle Doldinger partage l’affiche avec le moustachu Giorgio Moroder.

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Né en 1936 à Berlin, ce qui fait beaucoup pour un seul homme, le pauvre Klaus Doldinger a pour lui d’être l’un des plus grands musicien et musicologue de sa génération. Avant l’âge d’avoir du poil aux pattes, il fréquente le conservatoire de Düsseldorf tout en jouant avec plusieurs groupes dans les années 1950, puis suit une formation d’ingénieur du son. Après le Klaus Doldinger Quartett, il compose à tout va (pub, ciné, théâtre), puis fonde l’immense groupe Passport, avec lequel il va exploser le genre jazz-rock-fusion dans une putain de concurrence avec Weather Report, lui aussi formé en 1971. Je me souviendrai toujours l’insistance du fan avec laquelle mon père tenta, longtemps en vain, de nous faire écouter, à mon frère et moi, l’album Iguacu (1977) et sa formidable pochette : « Et puis, tu sais que les plus grandes chutes du monde, c’est pas Niagara, c’est Iguacu ! » Le pire, c’est qu’il avait raison : pas sur les plus hautes chutes d’eau, mais sur la qualité de ce groupe. Depuis, j’ai pu prendre plaisir en écoutant, outre Iguacu, les albums Ataraxia (1978) et Oceanliner (1980). Il faut savoir que Jack Seps (mon frère, donc) est un digger sans complexe ; il y a peu, il m’a fait écouter quelques morceaux de cette extraordinaire BO du film L’Histoire sans fin, que tous les enfants des années 1980 ont vu des dizaines de fois. Sauf nous. Et Jack de me faire deviner sa découverte : le titre « Moonchild » a été samplé par Para One et Tacteel (Fuckaloop) pour le titre « Sans Fin », de L’Atelier sur Le Buffet des Anciens Elèves (2003), l’un des meilleurs albums qui repoussa les limites du hip hop en son temps. Revenons à Doldinger, que mon père n’hésite pas à qualifier d’ « intellectuel de la musique » : « Moonchild » est un sommet de rêverie dark, un son inquiétant avant l’explosion de la 2e partie, qui fait référence aussi bien aux grandes épopées hollywoodiennes (Ben Hur ou The Ten Commandments) qu’à la sous-culture pop des eighties (Ghostbusters, Back To The Future), tandis que la 1e partie pourrait se plaquer sans problème sur une scène sale, dérangeante, choquante. Du pur génie musical… qui fait marcher à fond l’imagination, sans fin. 

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Bonus : L’Atelier, « Sans Fin », Buffet Des Anciens Elèves (2003)

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La Chanson de la Semaine – « Y’en a marre du rap ! »
19 mars, 2014, 6:45
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

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Les Inconnus, 1992

 

Y’en a marre du rap ! Evidemment, il faut prendre mes propos au troisième degré (au moins) : le hip hop reste l’une des cultures les plus fortes dans laquelle j’ai passé mon adolescence, l’une des cultures qui me marquera jusqu’à mes vieux jours, l’une des plus riches aussi, quoi que peuvent en penser ces incultes d’Eric Zemmour ou Alain Soral. Alors, pourquoi ce titre ? Tout simplement, parce que j’ai décidé, après plusieurs mois de Chroniques dédiées quasi-exclusivement au rap, de prendre le large, côté musique. J’ai tant de choses dans mes cartons ! Et je n’exclue pas de chroniquer un titre rap de temps en temps, tandis que mon frère Jack Seps, qui a baigné plus jeune encore dans cette culture, a toujours ses quartiers sur ce blog. Je me sentais – c’est un peu bête, je sais – un peu étriqué dans ce costume du « Special Rap » que j’ai mis en place en juillet 2013 ; je reprends ma liberté. Plus de règles, sauf celles de la bonne musique, de la passion et de la sincérité. A venir, donc, prochainement sur ce blog : du spoken jazz français, du classique, de l’ambient chelou allemand, du folklore western, du blues dansant, de l’électro bourrine suédoise, de l’entêtant funk tropical d’Amérique du sud, de la chanson à texte belge, du rap dépressif, etc.

 

Enjoy & Share ! 

 

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J’ai vu… La Propriété, c’est plus le vol d’Elio Petri (Réflexions sur la propriété, la monnaie, la dette)

* Ce texte n’est pas tant une critique du film qu’un prétexte pour tenter d’éclaircir les notions de propriété, de monnaie, de dette.

 

Pendant les vacances, je travaille… Mais j’en profite aussi pour aller au cinéma. Cette semaine, j’ai vu le formidable documentaire Au Bord du monde de Claus Drexel (2013), le très touchant et énervé Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée (2013), le violent 12 Years A Slave de Steve McQueen (2013), l’éternel (et moins blockbuster qu’on ne le dit) Jaws de Spielberg (1975) avec ma belle, et La Propietà non è più un furto d’Elio Petri (1973) avec mon pote Benoît. Pourquoi ai-je décidé d’écrire une bafouille sur La Propriété, c’est plus le vol ? Parce qu’il n’est pas que radicalement contestataire, mais tellement riche intellectuellement…

L’histoire est simple, en apparence. Total (Flavio Bucci) est un modeste employé de banque, fils d’un modeste employé de banque. Le problème est qu’il semble assez mal dans sa peau ; d’ailleurs, il est allergique à l’argent, des démangeaisons frénétiques s’emparent de lui à chaque contact avec un billet. Révulsé par l’absurdité du système capitaliste basé sur l’argent, il décide de démissionner et de lui rentrer dans le lard. Il prend alors pour cible un riche boucher (Ugo Tognazzi) qui affiche sa fortune avec ostentation.

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Critique artistique

 

(suite…)



Les Chroniques de l’Ouest #002 « Pas de pardon en Enfer »
15 février, 2014, 21:59
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature,Ca, de l'art ?

 

Il y a cinq mois, je publiais sur ce blog une première nouvelle intitulée « Tout le monde n’a pas droit au bonheur », qui se déroulait dans le Far West. Pourquoi cette époque et ce lieu ? Je n’ai pourtant pas particulièrement baigné dans le western étant petit, c’est le moins qu’on puisse dire : comme j’ai appris à lire avec la BD, l’un des seuls western qui m’a marqué quand j’étais gamin, c’est le Lucky Luke de Terence Hill (1991) ! Les années passent, je n’ai toujours pas vu un Sergio Leone en entier. Je visionne il y a cinq ans, sur les conseils de mon père, l’immense L’homme qui tua Liberty Valence de John Ford (1962). Claque latente. Car ma passion pour le Far West (et pas seulement le genre western) ne se révélera qu’en 2013 : un western de Tarantino, la ressortie du premier Django de Corbucci (1966), et celle de Heaven’s Gate de Cimino (1980), en compagnie de mon pote Benoît, l’éternel cinéphile. Ce dernier film est devenu pour moi un mantra, je ne le cacherai pas. Cela fait un an que je dévore tout ce que je croise sur le Far West (films, bande-dessinée, romans, séries TV, livres d’histoire, peinture) ; une période si riche en si peu de temps, je tombe dans un puits sans fond avec délectation. Voilà comment se dévoile une passion. 

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Ceci est une œuvre de fiction issue de l’esprit dérangé de l’auteur. Bien qu’inspirée d’éléments existants ou ayant existé, les évènements, les lieux, les personnes, les propos de ces personnes, qui y figurent restent purement fictifs.

 

 

Dessin de Lud le Scribouillard réalisé le 15 février 2014, d’après Martha Jane Cannary, album réalisé par Matthieu Blanchin et Christian Perrissin (2008)

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Episode 2. « Pas de pardon en Enfer »

 

Sauf avis contraire, ces propos ont été recueillis et compilés par Jasper Drake, journaliste et directeur du Bloomington Herald, au cours d’une enquête de plusieurs jours. On trouvera à la fin l’éditorial de Jasper Drake à la publication de cette enquête. (suite…)



J’ai vu… L’Eredità Ferramonti de Mauro Bolognini

Paris, c’est bien pour ça, aussi. Pour sortir avec ses amis ou sa chérie en semaine, il faut toujours composer avec des emplois du temps alambiqués, faire avec la flexibilité des horaire, trouver des compromis. Avec ma jeune et jolie femme, nous souhaitons aller voir Les Garçons, et Guillaume, à table !. Le créneau de ma belle est fin : mardi en soirée mais pas trop tard, car grosse journée le lendemain. Le mardi m’arrange moyennement : je finis ma journée à 11h30, le film est à 18h. Que faire ? Heureusement, nous sommes à Paris, et le hasard est flamboyant. En me baladant dans le quartier latin, je tombe sur ce film italien au titre intriguant, L’Héritage (en VF), avec Anthony Quinn. Vous croyez que j’aurais découvert ça dans mon sud Seine-et-Marne, dans une ville de 12 000 habitants comme Provins, 3e ville de France au Moyen-Âge ? 

Sans a priori, je suis donc allé voir L’eredità Ferramonti, un film réalisé en 1976 par Mauro Bolognini, grand cinéaste italien alors au sommet de son art. Le film est adapté du roman de Gaetano Carlo Chelli, publié en 1883. Nous sommes à Rome dans les années 1880, le vieil artisan boulanger Gregorio Ferramonti prend sa retraite, l’héritage va déchirer ses descendants : rien pour Mario le flambeur, quelques milliers de lires jetés à la gueule du médiocre Pippo, rien pour la vénale Teta, déjà mariée à un gratte-papier. Gregorio décide de vivre de ses rentes et de laisser sa descendance à leur sort, tous plus indignes de lui les uns que les autres. Il leur reproche de ne s’être intéressés qu’à son argent. Pippo épouse la fille du quincailler dont il rachète la boutique, Irene. C’est elle qui tient les rênes, et qui va rabibocher les descendants fâchés, Mario qui s’enrichit en magouillant et en spéculant à la bourse, Teta dont le mari, Paolo Furlin, prend du galon au gouvernement et pourra obtenir des débouchés pour Pippo. Finalement, Irene, la douce et candide femme de Pippo, se révèle être une séductrice sournoise, une opportuniste machiavélique, une manipulatrice aux charmes ravageurs…

 Anthony Quinn and Dominique Sanda in L'Eredita Ferramonti

(suite…)



Katia nous parle passionnément de La Vie d’Adèle
5 novembre, 2013, 21:27
Classé dans : Ca, de l'art ?,Identité & Image,La Société en question(s)

Il y a presque un an, je découvrais Katia, une jeune étudiante en littérature, qui « rêve d’être scénariste [et qui] aime le rhum et la téquila », par le biais de son nouveau blog. La recette est connue : un film, une critique, une note. Je me dis : « des blogs comme ça, Internet en chie des téra-octets toutes les nano-secondes ». Magnanime, je jette un œil distrait. Et soudain, cet œil s’illumine… En dépit d’une critique sur Taxi Driver qui me laisse sur ma faim, je prends plaisir à lire celles de Take Shelter, Up !, et surtout Eyes Wide Shut. La formule la plus simple est parfois la meilleure. Je commente, j’entre en contact, nous dialoguons. Et puis… rien. J’attends de nouvelles chroniques, mais c’est le désert. J’abandonne, en me disant : « Malgré son talent, cette petite jeune ne prend pas le temps de s’occuper de son blog. Dommage. » Coup de théâtre (c’est relatif, hein !) en juin : Katia commente l’un de mes articles en m’apprenant qu’elle a déménagé (numériquement parlant). Nouveau blog, nouvelles critiques. Ça rassure. De mon côté, après avoir écrit plusieurs papiers sur plusieurs films, et si ma fréquence de sorties ciné reste assez soutenue, mon poil dans la main m’empêche d’écrire autre chose que quelques mots sur Facebook. « Le plus important dans la vie, c’est de ne pas gâcher son talent ! » Mouais… Je retourne sur le blog de Katia après avoir vu et adoré La Vie d’Adèle ; je lis les deux articles qu’elle a consacrés au film de Kechiche. Deux articles jouissifs. Katia a rédigé quelque chose de fort, de creusé, de subtil, de juste. A la lecture, je revis avec des troubles dans le bide l’amour et la violence du long-métrage, et me promet, dans mon for intérieur : « J’arrête d’écrire sur le ciné ; je préfère lire Katia sur le ciné ! » Je partage donc, avec son accord, ces deux articles, qui disent tout ce que je pense du film, et bien plus encore – et bien mieux encore que nombre de critiques autorisés. Pour les passionnés de cinéma, et de la vie.

* Les photos ne sont pas toutes celles choisies par Katia. 

 

Katia, « La vie d’Adèle (Abdellatif Kechiche, 2013) », publié le 11 juillet 2013 sur son blog

 

Katia nous parle passionnément de La Vie d'Adèle dans Ca, de l'art ? la-vie-d-adele-lea-seydoux-adele-exarchopoulos

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Les Chroniques de l’Ouest #001 « Tout le monde n’est pas fait pour le bonheur »
12 septembre, 2013, 18:30
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature,Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

Ceci est une œuvre de fiction issue de l’esprit dérangé de l’auteur. Bien qu’inspirée d’éléments existants ou ayant existé, toute ressemblance avec des évènements, des personnes, les propos de ces personnes, des lieux, etc., restent purement fictifs.

 

Dessin de Lud le Scribouillard réalisé le 16 septembre 2013, d’après Jean Giraud, Blueberry  « Fort Navajo », 1965

Les Chroniques de l'Ouest #001

 

Episode 1. « Tout le monde n’est pas fait pour le bonheur »

 

« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »

Déclaration d’indépendance américaine, 4 juillet 1776

 

 

Marcello Giambini, « Nel Covo Di Stengel », Ehi Amico… C’é Sabata, Hai Chiùso ! OST (1969)

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1. En cet automne 1889, le Wyoming restait un lieu surprenant, un lieu riche. Coincé entre les Rocheuses et les Grandes Plaines arides, entre le parc de Yellowstone, créé en 1872, et la Réserve indienne de Wind River, qui date de 1868, le Territoire, pas encore membre de l’Union, se développait vite, entre la Loi Homestead et l’arrivée du chemin de fer. Vite rime souvent avec chaotique, et c’était le cas ici. A Casper, une agglomération en pleine croissance, se trouvait une grande bicoque un peu particulière, qui ne payait pas de mine. Un peu en retrait, elle fermait la ville au sud. Elle n’avait pas de nom, mais les habitués l’appelaient le bordel. C’en était un, ça ne faisait aucun doute. Avery Lewis descendit de son cheval, qu’il prit soin de bien attacher dans la grange, et entra pour s’en payer une bonne tranche. (suite…)



Les Chroniques de l’Ouest – Annonce

Une lubie de lycéen. Le problème, c’est que j’y crois encore. Vous avez dû le remarquer, j’aime écrire. Et ce que je préfère, c’est raconter des histoires. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : j’accouche si laborieusement d’un récit que je cultive un immense complexe d’infériorité face à la Noble Littérature. C’est un travail si douloureux. Ma vraie jouissance serait de réaliser un métrage ou une série TV à partir de mon récit, un truc complètement contrôlé par moi, de la photographie aux costumes, jusqu’à la musique. Un vrai control freak ; ça y est, je me livre un peu… Depuis une dizaine d’année, j’écris une série littéraire, un peu à l’image de ce qu’a fait Philippe Djian en 2005 avec son Doggy Bag ; l’enfoiré m’a volé l’idée ! L’histoire d’une petite frappe en quête d’identité dans l’Amérique de la contre-culture. Mais je n’en dirai pas davantage sur ce projet. L’histoire d’une vie, un machin énorme, une révolution dans la fiction, sur tous les plans… Bon, redescendons un peu.

Il y a quelques mois, je prétextais une nouvelle chronique – « Paye ta playlist » – pour tenter d’écrire un ersatz d’histoire autour d’une bande originale. J’ai commencé à rédiger un truc dans l’imaginaire western, avec une B.O. aux petits oignons. Mais 1700 mots, c’est frustrant… Alors, j’ai retardé la publication, et développé l’histoire. C’est Jack Seps qui a squatté la chronique (#01, #02, #03) pendant que je corrigeais mon texte, revoyais mon intrigue, et changeais la musique. J’ai enfin terminé. Ma première nouvelle arrive donc très bientôt sur le blog. J’espère que vous serez nombreux à lire et à réagir à cette publication. J’en ai besoin. 

 

Episode 1. « Tout le monde n’est pas fait pour le bonheur »

Episode 2. « Pas de pardon en Enfer »

 

Dessin réalisé le 21 juillet 2013 par Lud le Scribouillard, d’après l’une des nombreuses affiches du film Django Unchained (Tarantino, 2013)

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Un cinéma de vieux Schnocks !
25 juin, 2013, 20:56
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le cinéma. Je suis né dans une famille qui avait fait des Blues Brothers leur film de chevet ; c’est devenu le mien. La comédie US, la contre-culture des seventies, le cinéma franchouillard, le fun des eigthies, j’ai tout digéré. A l’adolescence, en bon maniaque qui se respecte, j’enregistre tout ce qui passe et n’en regarde qu’un dixième. Une période de vache maigre dans le ventre mou des années 2000, puis je repars vers le cinoche, aidé en cela par ma femme qui me pousse à prendre une carte illimitée, et mon pote Benoît qui m’emmène dans les méandres magiques du cinéma d’art et d’essai. Depuis quelques mois, je prends même la plume pour oser une critique sur certains films : Death Watch, Wadjda, A La Merveille, Foxfire, The Last Stand. Oh, bien sûr, ce ne sont pas forcément ceux qui m’ont le plus marqués, plutôt ceux que j’ai vus à un moment où j’avais le temps d’écrire dessus ; si je devais faire une critique un tant soit peu poussée sur chaque toile, j’aurais besoin de journées de 48 heures, au moins ! Sur Facebook, j’écris souvent quelques mots sur ces films oubliés de mes longues et fastidieuses critiques. Ce n’est pas pour ça que je vais m’empêcher de partager ces « réflexions », si futiles soient-elles ! Petite rétro spécial cinéma schnock !

 

L’une des premières fois où j’ai parlé de cinéma sur Facebook, c’était pour dire RIP à Gérard Rinaldi, parti le 2 mars 2012, l’un des Charlots chers aux années Giscard, qui nous aura tous bien fait rire… Pour ma part, j’ai surtout ri à leurs pérégrinations libertaires dans les allées d’une grande surface, avec Galabru et Serrault, dans Le Grand Bazar de Claude Zidi ; un film qui, sous le vernis schnock et absurde, fait réfléchir à plus d’un titre sur ces transformations qui ont bouleversé la France des Trente Glorieuses : déclin du petit commerce et des relations sociales qui vont avec, organisation de la résistance, résignation des commerçants devant l’appât du gain, absurdités du fonctionnement de la grande surface, homogénéisation et rationalisation du goût, précurseurs de la décroissance, etc.

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