Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine – « Y’en a marre du rap ! »
19 mars, 2014, 6:45
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

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Les Inconnus, 1992

 

Y’en a marre du rap ! Evidemment, il faut prendre mes propos au troisième degré (au moins) : le hip hop reste l’une des cultures les plus fortes dans laquelle j’ai passé mon adolescence, l’une des cultures qui me marquera jusqu’à mes vieux jours, l’une des plus riches aussi, quoi que peuvent en penser ces incultes d’Eric Zemmour ou Alain Soral. Alors, pourquoi ce titre ? Tout simplement, parce que j’ai décidé, après plusieurs mois de Chroniques dédiées quasi-exclusivement au rap, de prendre le large, côté musique. J’ai tant de choses dans mes cartons ! Et je n’exclue pas de chroniquer un titre rap de temps en temps, tandis que mon frère Jack Seps, qui a baigné plus jeune encore dans cette culture, a toujours ses quartiers sur ce blog. Je me sentais – c’est un peu bête, je sais – un peu étriqué dans ce costume du « Special Rap » que j’ai mis en place en juillet 2013 ; je reprends ma liberté. Plus de règles, sauf celles de la bonne musique, de la passion et de la sincérité. A venir, donc, prochainement sur ce blog : du spoken jazz français, du classique, de l’ambient chelou allemand, du folklore western, du blues dansant, de l’électro bourrine suédoise, de l’entêtant funk tropical d’Amérique du sud, de la chanson à texte belge, du rap dépressif, etc.

 

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J’ai vu… La Propriété, c’est plus le vol d’Elio Petri (Réflexions sur la propriété, la monnaie, la dette)

* Ce texte n’est pas tant une critique du film qu’un prétexte pour tenter d’éclaircir les notions de propriété, de monnaie, de dette.

 

Pendant les vacances, je travaille… Mais j’en profite aussi pour aller au cinéma. Cette semaine, j’ai vu le formidable documentaire Au Bord du monde de Claus Drexel (2013), le très touchant et énervé Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée (2013), le violent 12 Years A Slave de Steve McQueen (2013), l’éternel (et moins blockbuster qu’on ne le dit) Jaws de Spielberg (1975) avec ma belle, et La Propietà non è più un furto d’Elio Petri (1973) avec mon pote Benoît. Pourquoi ai-je décidé d’écrire une bafouille sur La Propriété, c’est plus le vol ? Parce qu’il n’est pas que radicalement contestataire, mais tellement riche intellectuellement…

L’histoire est simple, en apparence. Total (Flavio Bucci) est un modeste employé de banque, fils d’un modeste employé de banque. Le problème est qu’il semble assez mal dans sa peau ; d’ailleurs, il est allergique à l’argent, des démangeaisons frénétiques s’emparent de lui à chaque contact avec un billet. Révulsé par l’absurdité du système capitaliste basé sur l’argent, il décide de démissionner et de lui rentrer dans le lard. Il prend alors pour cible un riche boucher (Ugo Tognazzi) qui affiche sa fortune avec ostentation.

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Critique artistique

 

(suite…)



Les Chroniques de l’Ouest #002 « Pas de pardon en Enfer »
15 février, 2014, 21:59
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature,Ca, de l'art ?

 

Il y a cinq mois, je publiais sur ce blog une première nouvelle intitulée « Tout le monde n’a pas droit au bonheur », qui se déroulait dans le Far West. Pourquoi cette époque et ce lieu ? Je n’ai pourtant pas particulièrement baigné dans le western étant petit, c’est le moins qu’on puisse dire : comme j’ai appris à lire avec la BD, l’un des seuls western qui m’a marqué quand j’étais gamin, c’est le Lucky Luke de Terence Hill (1991) ! Les années passent, je n’ai toujours pas vu un Sergio Leone en entier. Je visionne il y a cinq ans, sur les conseils de mon père, l’immense L’homme qui tua Liberty Valence de John Ford (1962). Claque latente. Car ma passion pour le Far West (et pas seulement le genre western) ne se révélera qu’en 2013 : un western de Tarantino, la ressortie du premier Django de Corbucci (1966), et celle de Heaven’s Gate de Cimino (1980), en compagnie de mon pote Benoît, l’éternel cinéphile. Ce dernier film est devenu pour moi un mantra, je ne le cacherai pas. Cela fait un an que je dévore tout ce que je croise sur le Far West (films, bande-dessinée, romans, séries TV, livres d’histoire, peinture) ; une période si riche en si peu de temps, je tombe dans un puits sans fond avec délectation. Voilà comment se dévoile une passion. 

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Ceci est une œuvre de fiction issue de l’esprit dérangé de l’auteur. Bien qu’inspirée d’éléments existants ou ayant existé, les évènements, les lieux, les personnes, les propos de ces personnes, qui y figurent restent purement fictifs.

 

 

Dessin de Lud le Scribouillard réalisé le 15 février 2014, d’après Martha Jane Cannary, album réalisé par Matthieu Blanchin et Christian Perrissin (2008)

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Episode 2. « Pas de pardon en Enfer »

 

Sauf avis contraire, ces propos ont été recueillis et compilés par Jasper Drake, journaliste et directeur du Bloomington Herald, au cours d’une enquête de plusieurs jours. On trouvera à la fin l’éditorial de Jasper Drake à la publication de cette enquête. (suite…)



J’ai vu… L’Eredità Ferramonti de Mauro Bolognini

Paris, c’est bien pour ça, aussi. Pour sortir avec ses amis ou sa chérie en semaine, il faut toujours composer avec des emplois du temps alambiqués, faire avec la flexibilité des horaire, trouver des compromis. Avec ma jeune et jolie femme, nous souhaitons aller voir Les Garçons, et Guillaume, à table !. Le créneau de ma belle est fin : mardi en soirée mais pas trop tard, car grosse journée le lendemain. Le mardi m’arrange moyennement : je finis ma journée à 11h30, le film est à 18h. Que faire ? Heureusement, nous sommes à Paris, et le hasard est flamboyant. En me baladant dans le quartier latin, je tombe sur ce film italien au titre intriguant, L’Héritage (en VF), avec Anthony Quinn. Vous croyez que j’aurais découvert ça dans mon sud Seine-et-Marne, dans une ville de 12 000 habitants comme Provins, 3e ville de France au Moyen-Âge ? 

Sans a priori, je suis donc allé voir L’eredità Ferramonti, un film réalisé en 1976 par Mauro Bolognini, grand cinéaste italien alors au sommet de son art. Le film est adapté du roman de Gaetano Carlo Chelli, publié en 1883. Nous sommes à Rome dans les années 1880, le vieil artisan boulanger Gregorio Ferramonti prend sa retraite, l’héritage va déchirer ses descendants : rien pour Mario le flambeur, quelques milliers de lires jetés à la gueule du médiocre Pippo, rien pour la vénale Teta, déjà mariée à un gratte-papier. Gregorio décide de vivre de ses rentes et de laisser sa descendance à leur sort, tous plus indignes de lui les uns que les autres. Il leur reproche de ne s’être intéressés qu’à son argent. Pippo épouse la fille du quincailler dont il rachète la boutique, Irene. C’est elle qui tient les rênes, et qui va rabibocher les descendants fâchés, Mario qui s’enrichit en magouillant et en spéculant à la bourse, Teta dont le mari, Paolo Furlin, prend du galon au gouvernement et pourra obtenir des débouchés pour Pippo. Finalement, Irene, la douce et candide femme de Pippo, se révèle être une séductrice sournoise, une opportuniste machiavélique, une manipulatrice aux charmes ravageurs…

 Anthony Quinn and Dominique Sanda in L'Eredita Ferramonti

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Katia nous parle passionnément de La Vie d’Adèle
5 novembre, 2013, 21:27
Classé dans : Ca, de l'art ?,Identité & Image,La Société en question(s)

Il y a presque un an, je découvrais Katia, une jeune étudiante en littérature, qui « rêve d’être scénariste [et qui] aime le rhum et la téquila », par le biais de son nouveau blog. La recette est connue : un film, une critique, une note. Je me dis : « des blogs comme ça, Internet en chie des téra-octets toutes les nano-secondes ». Magnanime, je jette un œil distrait. Et soudain, cet œil s’illumine… En dépit d’une critique sur Taxi Driver qui me laisse sur ma faim, je prends plaisir à lire celles de Take Shelter, Up !, et surtout Eyes Wide Shut. La formule la plus simple est parfois la meilleure. Je commente, j’entre en contact, nous dialoguons. Et puis… rien. J’attends de nouvelles chroniques, mais c’est le désert. J’abandonne, en me disant : « Malgré son talent, cette petite jeune ne prend pas le temps de s’occuper de son blog. Dommage. » Coup de théâtre (c’est relatif, hein !) en juin : Katia commente l’un de mes articles en m’apprenant qu’elle a déménagé (numériquement parlant). Nouveau blog, nouvelles critiques. Ça rassure. De mon côté, après avoir écrit plusieurs papiers sur plusieurs films, et si ma fréquence de sorties ciné reste assez soutenue, mon poil dans la main m’empêche d’écrire autre chose que quelques mots sur Facebook. « Le plus important dans la vie, c’est de ne pas gâcher son talent ! » Mouais… Je retourne sur le blog de Katia après avoir vu et adoré La Vie d’Adèle ; je lis les deux articles qu’elle a consacrés au film de Kechiche. Deux articles jouissifs. Katia a rédigé quelque chose de fort, de creusé, de subtil, de juste. A la lecture, je revis avec des troubles dans le bide l’amour et la violence du long-métrage, et me promet, dans mon for intérieur : « J’arrête d’écrire sur le ciné ; je préfère lire Katia sur le ciné ! » Je partage donc, avec son accord, ces deux articles, qui disent tout ce que je pense du film, et bien plus encore – et bien mieux encore que nombre de critiques autorisés. Pour les passionnés de cinéma, et de la vie.

* Les photos ne sont pas toutes celles choisies par Katia. 

 

Katia, « La vie d’Adèle (Abdellatif Kechiche, 2013) », publié le 11 juillet 2013 sur son blog

 

Katia nous parle passionnément de La Vie d'Adèle dans Ca, de l'art ? la-vie-d-adele-lea-seydoux-adele-exarchopoulos

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Les Chroniques de l’Ouest #001 « Tout le monde n’est pas fait pour le bonheur »
12 septembre, 2013, 18:30
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature,Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

Ceci est une œuvre de fiction issue de l’esprit dérangé de l’auteur. Bien qu’inspirée d’éléments existants ou ayant existé, toute ressemblance avec des évènements, des personnes, les propos de ces personnes, des lieux, etc., restent purement fictifs.

 

Dessin de Lud le Scribouillard réalisé le 16 septembre 2013, d’après Jean Giraud, Blueberry  « Fort Navajo », 1965

Les Chroniques de l'Ouest #001

 

Episode 1. « Tout le monde n’est pas fait pour le bonheur »

 

« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »

Déclaration d’indépendance américaine, 4 juillet 1776

 

 

Marcello Giambini, « Nel Covo Di Stengel », Ehi Amico… C’é Sabata, Hai Chiùso ! OST (1969)

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1. En cet automne 1889, le Wyoming restait un lieu surprenant, un lieu riche. Coincé entre les Rocheuses et les Grandes Plaines arides, entre le parc de Yellowstone, créé en 1872, et la Réserve indienne de Wind River, qui date de 1868, le Territoire, pas encore membre de l’Union, se développait vite, entre la Loi Homestead et l’arrivée du chemin de fer. Vite rime souvent avec chaotique, et c’était le cas ici. A Casper, une agglomération en pleine croissance, se trouvait une grande bicoque un peu particulière, qui ne payait pas de mine. Un peu en retrait, elle fermait la ville au sud. Elle n’avait pas de nom, mais les habitués l’appelaient le bordel. C’en était un, ça ne faisait aucun doute. Avery Lewis descendit de son cheval, qu’il prit soin de bien attacher dans la grange, et entra pour s’en payer une bonne tranche. (suite…)



Les Chroniques de l’Ouest – Annonce

Une lubie de lycéen. Le problème, c’est que j’y crois encore. Vous avez dû le remarquer, j’aime écrire. Et ce que je préfère, c’est raconter des histoires. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : j’accouche si laborieusement d’un récit que je cultive un immense complexe d’infériorité face à la Noble Littérature. C’est un travail si douloureux. Ma vraie jouissance serait de réaliser un métrage ou une série TV à partir de mon récit, un truc complètement contrôlé par moi, de la photographie aux costumes, jusqu’à la musique. Un vrai control freak ; ça y est, je me livre un peu… Depuis une dizaine d’année, j’écris une série littéraire, un peu à l’image de ce qu’a fait Philippe Djian en 2005 avec son Doggy Bag ; l’enfoiré m’a volé l’idée ! L’histoire d’une petite frappe en quête d’identité dans l’Amérique de la contre-culture. Mais je n’en dirai pas davantage sur ce projet. L’histoire d’une vie, un machin énorme, une révolution dans la fiction, sur tous les plans… Bon, redescendons un peu.

Il y a quelques mois, je prétextais une nouvelle chronique – « Paye ta playlist » – pour tenter d’écrire un ersatz d’histoire autour d’une bande originale. J’ai commencé à rédiger un truc dans l’imaginaire western, avec une B.O. aux petits oignons. Mais 1700 mots, c’est frustrant… Alors, j’ai retardé la publication, et développé l’histoire. C’est Jack Seps qui a squatté la chronique (#01, #02, #03) pendant que je corrigeais mon texte, revoyais mon intrigue, et changeais la musique. J’ai enfin terminé. Ma première nouvelle arrive donc très bientôt sur le blog. J’espère que vous serez nombreux à lire et à réagir à cette publication. J’en ai besoin. 

 

Episode 1. « Tout le monde n’est pas fait pour le bonheur »

Episode 2. « Pas de pardon en Enfer »

 

Dessin réalisé le 21 juillet 2013 par Lud le Scribouillard, d’après l’une des nombreuses affiches du film Django Unchained (Tarantino, 2013)

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Un cinéma de vieux Schnocks !
25 juin, 2013, 20:56
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le cinéma. Je suis né dans une famille qui avait fait des Blues Brothers leur film de chevet ; c’est devenu le mien. La comédie US, la contre-culture des seventies, le cinéma franchouillard, le fun des eigthies, j’ai tout digéré. A l’adolescence, en bon maniaque qui se respecte, j’enregistre tout ce qui passe et n’en regarde qu’un dixième. Une période de vache maigre dans le ventre mou des années 2000, puis je repars vers le cinoche, aidé en cela par ma femme qui me pousse à prendre une carte illimitée, et mon pote Benoît qui m’emmène dans les méandres magiques du cinéma d’art et d’essai. Depuis quelques mois, je prends même la plume pour oser une critique sur certains films : Death Watch, Wadjda, A La Merveille, Foxfire, The Last Stand. Oh, bien sûr, ce ne sont pas forcément ceux qui m’ont le plus marqués, plutôt ceux que j’ai vus à un moment où j’avais le temps d’écrire dessus ; si je devais faire une critique un tant soit peu poussée sur chaque toile, j’aurais besoin de journées de 48 heures, au moins ! Sur Facebook, j’écris souvent quelques mots sur ces films oubliés de mes longues et fastidieuses critiques. Ce n’est pas pour ça que je vais m’empêcher de partager ces « réflexions », si futiles soient-elles ! Petite rétro spécial cinéma schnock !

 

L’une des premières fois où j’ai parlé de cinéma sur Facebook, c’était pour dire RIP à Gérard Rinaldi, parti le 2 mars 2012, l’un des Charlots chers aux années Giscard, qui nous aura tous bien fait rire… Pour ma part, j’ai surtout ri à leurs pérégrinations libertaires dans les allées d’une grande surface, avec Galabru et Serrault, dans Le Grand Bazar de Claude Zidi ; un film qui, sous le vernis schnock et absurde, fait réfléchir à plus d’un titre sur ces transformations qui ont bouleversé la France des Trente Glorieuses : déclin du petit commerce et des relations sociales qui vont avec, organisation de la résistance, résignation des commerçants devant l’appât du gain, absurdités du fonctionnement de la grande surface, homogénéisation et rationalisation du goût, précurseurs de la décroissance, etc.

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La Chanson de la Semaine 86
2 juin, 2013, 20:27
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

J’ai choisi cette semaine la bande originale complète de Summer School, film réalisé par Godfrey Daniels en 1979.

La Chanson de la Semaine 86 dans Ca, de l'art ? p

Long-métrage porno de la mythique époque seventies, Summer School n’est apparemment pas resté dans les annales, si j’en crois mon enquête sur Google, et ma lecture assidue du lourd pavé The Other Hollywood[1], malgré la présence d’actrices comme Laurien Dominique, Lisa K. Loring et Lysa Thatcher. Une histoire d’initiation sexuelle de jeunes étudiantes. Classique. Mais pas question ici de palabrer sur le film : je ne l’ai pas vu. En fait, c’est en écoutant les mix de Drixxxé, producteur de Triptik, que j’ai découvert ce truc. Sur Soundcloud, le 8 mars dernier (journée de la femme !), il publie une mixtape, sélection aux petits oignons de soundtracks de films érotiques et pornos vintage, intitulée Sextape. A l’écoute, une heure de pur plaisir, dont un (voire deux) morceau(x) issu(s) de Summer School, mais j’aurai l’occasion de reparler du mix. J’ai déniché assez peu d’infos sur cette bande originale de 1979, réunion instrumentale de plusieurs artistes dont j’ignore encore les noms. Le disque a été réédité par l’excitant label Fraykers Revenge. Peu importe : ces trois quarts d’heure de soul-funk-jazz sont jouissifs, un peu rétros, parfois dansants. On ressent toute cette luxure joyeuse du sexe libre caractéristique du porno 70s, ce vent cru de liberté qui régnait alors dans ce milieu. Si on fait abstraction du genre (ne pas regarder ces improbables étudiantes sur la splendide affiche), on pourrait croire à un film blaxploitation, avec sa ligne de basse, l’utilisation frénétique de la wah-wah, ses cuivres chauds, son énergie caractéristique (« Heavy Lift », « Black Bison », « The Fix », « What’s Cooking », « Hit The Road »). Quelques titres soul, pourtant, ne laissent guère de place au doute (même si on reste proche des B. Withers, O. Redding, A. Green) : sur « Angel Of The Morning », par exemple, on imagine bien un lit, des individus submergés par le désir au petit matin, le soleil éclatant, l’herbe humidifiée par la rosée, les pratiques déviantes… Certains morceaux sont presque bucoliques (« Sunrise Idyll ») ! « Nova » est magique, le pendant sexuel de « Summer Madness » de Kool & The Gang. Et puis cette balade (« Pretty Soul Rock ») qu’on devine sensuelle est magnifique dans ce qu’elle contient de stupre sous-jacent… Bref, il faudrait être fou pour laisser dormir l’orchestration cohérente de ce bijou musical dans des placards poussiéreux.

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[1] Legs MCNEIL, Jennifer OSBORNE (2011), The Other Hollywood. L’histoire du porno américain par ceux qui l’ont fait, Ed. Allia. 



Je n’ai pas vu… Le Dernier Rempart de Kim Jee-Woon
13 avril, 2013, 20:06
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Oui. Je n’ai pas vu le dernier Schwarzenegger, moi qui suis né l’année de sortie de Terminator, moi qui ai suivi avec délectation les rediffusions des Conan, Commando, Predator, Double Détente, Total Recall, Last Action Hero, True Lies, moi qui suis capable de visionner un épisode des Rues de San Francisco et la grosse patate de Karl Malden juste pour l’apercevoir en guest énervé, moi qui ai fantasmé quand j’ai su que Sly souhaitait réunir la fine fleur de l’action movie des eighties et nineties (même si The Expendables n’a pas encore imprimé ma rétine)…

 

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