Ce que j’en dis…

Paye ta playlist ! #005 by Lud : la Solitude
18 mai, 2016, 22:37
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

Texte écrit par Lud le Scribouillard, tard, plusieurs nuits de mai 2016…

 

J’aime bien Gérard Jugnot, il incarne une partie de mon enfance et de mon adolescence, en même temps que tout un pan de la culture populaire française : Bernard Morin des Bronzés, Félix le Père Noël, Adolfo Ramirez, Pinot le flic simple, mais aussi l’employé de banque dans le « Hold Up » fomenté par Louis Chedid, ou Gérard Traunau, l’extraordinaire réalisateur d’effets normaux chez Les Nuls. En 1991, il signe Une Epoque Formidable, une comédie touchante sur la vie d’un cadre qui devient chômeur, se fait larguer par sa femme, et se retrouve à la rue ; un film que j’aime beaucoup, notamment parce qu’il donne à voir l’équilibre fragile entre drame social et comédie populaire, avec en toile de fond la crise économique du libéralisme (Coline Serreau réalise l’année suivante La Crise, un film qui est très complémentaire de celui de Jugnot), une certaine vision de ce « monde » qui vit « au bord du monde » (pour reprendre le titre du documentaire de Claus Drexel en 2014), entre entraide solidaire et instrumentalisation cynique. Le génial Chick Ortega (l’énervé Jacky Sueur dans Dobermann, l’inquiétant barbouze dans L’Affaire Ben Barka) y joue Mimosa, un ancien toxico un peu fêlé tenu en laisse par le Toubib (Richard Bohringer). La scène se déroule un peu après que Michel (Jugnot) ait rencontré Le Toubib et ses acolytes ; les trois SDF ont flairé le pigeon…

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Je me suis toujours demandé quel était cet air que jouait Mimosa, sans jamais aller fouiner, jusqu’à cette rediffusion, il y a quelques mois, sur la TNT. J’ai découvert, inculte que j’étais, que Mimosa reprenait le refrain d’un morceau de Monsieur 100 000 volts, Gilbert Bécaud. On ne l’écoutait pas, à la maison, je ne connais pas sa carrière, sa vie, ses chansons.

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En tombant sur « La Solitude ça n’existe pas », j’ai été bluffé : orchestration cheloue, grandiloquente, avec ce rythme un peu western ; interprétation « virile », Bécaud défie la Solitude ; paroles désabusées et cyniques derrière le vernis de la négation ; en fait, Bécaud a peur… Le morceau est sorti en 1970 en 45 tours, écrit par Bécaud et Pierre Delanoe. (suite…)



Tu veux ma culture dans ta gueule ? #003 The Pink Panther, « Extinct Pink », 1969
29 mars, 2016, 20:26
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Je continue l’exploration des animations qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. La Panthère Rose (The Pink Panther) est présente à mon esprit depuis l’origine (un peu comme The Blues Brothers) : mes parents devaient se dire que c’était bon pour un nouveau-né ! En réalité, je ne sais pas depuis quand je suis exposé à ces dessins animés ; tout ce que je sais, c’est que j’ai la sensation de les avoir toujours vus. Mon père avait même recyclé une petite cassette vidéo d’une trentaine de minutes (que pouvait-il y avoir dessus à l’origine ?) et avait enregistré des épisodes de La Panthère Rose les uns à la suite des autres. La plupart des épisodes sélectionnés ici étaient sur cette VHS (ce n’était évidemment pas la seule : papa enregistrait à tour de bras)…Le personnage est né de la main de Friz Freleng (encore), quand il s’attèle à donner une représentation animée du bijou appelée « La Panthère rose » dans le générique du film éponyme de Blake Edwards, en 1963. Succès du film, projet de court-métrage (« La vie en rose », 1965), Oscar : le dessin animé est lancé par les producteurs Mirisch, DePatie et Freleng, avec ce thème génial d’Henry Mancini. Le premier épisode que je propose est de loin mon préféré (« Extinct Pink », 1969) : une course-poursuite sans fin pour un os, symbole de survie, dans une Préhistoire qui ressemble au libéralisme ; tous les personnages sont tour à tour dominants et dominés ; le dénouement est simplement génial, et la morale, bah… Vous verrez ! Une oeuvre d’art totale, un message – peut-être involontaire – complexe, une image en mouvement perpétuel, un humour qu’on sent maîtrisé, en cascade, un morceau musical de 1er choix (que je n’ai encore jamais vu gravé sur disque – quel dommage)… Quand on voit toutes les conneries pour les enfants entrecoupées de pubs débiles à la télévision, je me demande pourquoi les CAF n’offrent pas un DVD de l’intégrale des épisodes (que j’ai à la maison !), payé par le contribuable, pour chaque famille avec enfant ! Mes jumeaux vont d’ailleurs bientôt s’y mettre. Faites comme eux, et revivez en direct l’enfance d’un vieux con !

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« Pink Campaign », 1975 :

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(suite…)



Tu veux ma culture dans ta gueule ? #002 « Minnie The Moocher », feat. Betty Boop, 1932
22 mars, 2016, 22:20
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Comme j’ai inauguré cette nouvelle rubrique la semaine dernière avec un cartoon, je me suis dit « pourquoi pas continuer sur cette lancée ? ». Je vais donc vous proposer une petite série de cartoons pendant un temps indéterminé.

Aujourd’hui, je signe un retour aux sources : The Blues Brothers. Mes parents, sans forcément y penser, m’ont littéralement socialisé à toute une culture avec ce film, vu et revu des centaines et des centaines de fois depuis ma naissance : une certaine musique, un certain humour, une certaine vision de la police, une certaine conception du cool, de la religion, etc. On y voit la légende Cab Calloway boire du Jack Daniel’s tôt le matin, comme un mentor des frères Blues, mais surtout on entend la légende Cab Calloway jouer son hymne « Minnie The Moocher », vieux de 50 ans à l’époque (le morceau date de 1931, le film de 1980).

JOHN BELUSHI CAB CALLOWAY  DAN AKROYD

Il y a une dizaine d’années, le cinéma Max Linder sur les Grands Boulevards parisiens propose une séance des Blues Brothers. L’occasion en or : non seulement, je vais enfin pouvoir visionner mon film de chevet sur grand écran, mais en plus je vais pouvoir le faire découvrir à ma chère et tendre. Le cinéma fait les choses en grand : petit concert jazz d’un pianiste avant la séance, et introduction du film par la projection du cartoon « Minnie The Moocher », réalisé par les studios Fleischer en 1932, avec un enregistrement de Cab Calloway et son orchestre en personne. Un cartoon très poétique, dark, un noir et blanc génial, mais un dessin animé un peu moraliste, que j’avais adoré. Co-starring Betty Boop et Bimbo. Enjoy !

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Allez, je ne peux pas m’empêcher (le mec avait 73 ans) : Image de prévisualisation YouTube



Tu veux ma culture dans ta gueule ? #001 « Satan’s Waitin », Looney Tunes, 1954
14 mars, 2016, 9:29
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Bonjour chers internautes, Photo Ludo 003

Cela fait un bail que je n’ai pas dit un petit mot de moi, alors je profite de cette nouvelle rubrique pour vous donner des nouvelles. Mes petits dinosaures grandissent vite et vampirisent une bonne partie de mon temps. Je rappelle qu’ils sont les sauveurs de notre monde merdique. Mon travail (enseignement et, cette année, recherche) me prend également une bonne partie de mon temps. Travail parental, travail institutionnel : entre souffrance et libération, entre aliénation et réalisation de soi, la donne est toujours la même ; toutefois, je commence à apprivoiser les raptors, tandis que je prends de plus en plus de plaisir dans mon emploi. Bref, le peu de temps qu’il me reste, évidemment, est réservé à ma femme, ma muse, ma maîtresse, ma meilleure amie, ma confidente, mon soutien, ainsi qu’à ma famille et un peu mes amis (je vous promets, on va rattraper ça !).

Le manque de temps (ou l’accélération de celui-ci – filez lire Hartmut Rosa) me contraint à délaisser l’écriture dédiée au blog ; aussi, comme je veux toujours publier, pour vous, les cinq internautes qui me suivez régulièrement, je tente de trouver des astuces pour écrire le moins possible tout en partageant le plus possible. C’est pourquoi je vous propose une nouvelle rubrique, avec un titre suffisamment vague et ambivalent pour servir de prétexte et y mettre tout ce qui me fait bander culturellement.

Inauguration placée sous le signe de l’enfance : je vous propose ce dessin animé Looney Tunes qui a bercé plusieurs générations de gosses – dont la mienne -, un bon vieux Tweety & Sylvester (Titi & Grosminet en VF) de 1954 qui m’avait vraiment marqué à l’époque (je vous rassure, je suis né en 1984 – oui, c’est moi sur la photo, en septembre 1986), et que je prends toujours autant de plaisir à regarder. Réalisé par Isadore « Friz » Freleng pour les studios Warner Bros, intitulé « Satan’s Waitin » (« Les neuf vies de Grosminet » en VF)… Enjoy !

[Petit bug : cliquez sur ce lien pour afficher la vidéo sur Dailymotion]

 



Ma journée au Paris Cocktail Festival 2014
29 janvier, 2015, 23:02
Classé dans : Ca, de l'art ?,Epicurian Arts,Un peu d'Histoire

 

* J’ai écrit ce texte quelques jours après la manifestation, à partir de mes notes. Je ne sais toujours pas pourquoi je ne le publie que maintenant… Toutes les photos ont été prises par votre serviteur.

__________________

Sur conseil de Cocktail Molotov, je décide de participer à la troisième édition du Paris Cocktail Festival. La page d’accueil du site m’enchante : des ateliers, des conférences, un tournoi, une expo, le tout dans le quartier du Louvre.

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Capturer g - CopieExtraits de captures d’écran du site dédié au festival

Récit.

 

Il est 11h10, à Porte de Saint-Ouen. J’accours, mais le bus part devant moi. Le pire, c’est que je ne suis pas en retard : c’est le bus qui accélère une minute en avance. Le prochain dans dix-huit minutes. Putain de RATP. Je m’apprête à naviguer dans les allées du Paris Cocktail Festival (PCF), sises au 8 rue de Valois, en ce jour de grâce du dimanche 27 avril 2014. Pendant que deux papes sont canonisés, moi, je vais descendre des canons alambiqués. En attendant, je patiente seul dans un arrêt de bus gris de la Porte de St-Ouen. Durant dix-huit minutes.

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Le bus arrive enfin. En avance de deux minutes. Une fois dedans, lâche, je ne dis rien, tout excité à l’idée d’entendre des conseils et de vider mon morlingue en accessoires et autres litrons. Deux petites vieilles entrent dans le bus et se marrent comme des baleines : elles viennent de voir un sans-abri pisser sans retenue ni gêne. En psychanalyse, on parle d’absence de surmoi. « Non mais, regarde-moi ça, la mairie pourrait faire quelque chose… Celui-là, il a tout un barda prêt du métro, avec ses cadis et sa tente. Ça fait pas propre, faudrait penser à le virer, tout de même… » Putain de parasites. (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #014

 

Ceci est bien un Edito-Eco, même si on va parler BD. Ouais. On évoquera plus tard le Prix de la Banque de Suède attribué à Jean Tirole. Ou pas. 

 

A la fin de l’année 2011, je tombe complètement par hasard sur une BD au format comics, un truc qui semble complètement dingue. Ça s’appelle Doggy Bags. C’est édité par Run et son Label 619, une sacrée bande de tarés. Le concept ? « Suspense, frissons & horreur ». Trois histoires avec pour mot d’ordre : genre. Du pulp, de l’horreur, du politiquement incorrect, jamais potache, toujours terriblement bien branlé en termes de scénar, de dialogues, et surtout de dessins. Bref, sept numéros sont sortis jusqu’ici, et c’est à chaque fois grisant, jouissif.

 

Reliés

 

A la fin de l’année 2013, je tombe complètement par hasard sur un BD au format revue (24×32), un truc qui semble complètement dingue. La couverture ressemble beaucoup, à première vue, à Doggy Bags. Ça s’appelle AAARG!. C’est une véritable revue, avec comme baseline : « Bande dessinée & culture à la masse ». C’est barré, sombre, marrant, cynique, avec de la BD, des reportages, des nouvelles (souvent cruelles), des gags, un poster…

 

Reliés

 

Dès le 2e numéro (janvier-février 2014), l’éditorial de Pierrick Starsky m’interpelle : il ironise sur la nouvelle année qui s’annonce, dans une langue de charretier marseillais, et surtout avec une fibre sociale évidente reposant sur un constat sans fioriture de la société actuelle. Je partage donc son éditorial présent dans le 4e numéro (mi-mai-mi-août 2014), en vous recommandant chaudement cette revue qui gagne sacrément à être connue…

 

 

« Je sais pas toi, dans ta ville, dans ton bled, dans tes bars, mais partout où je passe et où mes yeux s’égarent, où mes oreilles traînent, même si j’ai plus trop d’odorat, y’a pas, ça pue sévère. Ça renifle, ça schnouffe, ça fouette, et c’est pas nouveau. Y’a pas bon être pauvre, ça attire la mistoufle. (suite…)



LCS 109. Gérard Calvi, « Obélix Samba », 1976
14 juillet, 2014, 9:58
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un morceau composé par Gérard Calvi en 1976 pour la bande originale du film Les Douze Travaux d’Astérix, qui s’intitule « Obélix Samba ». Compositeur et chef d’orchestre né en 1922, Gérard Calvi a fait une carrière très prolixe et très variée : compositeur pour Piaf, Liza Minnelli, Sinatra, réalisateur d’œuvres symphoniques, de pièces pour solistes, de musiques de chambre, d’opérettes, de partitions pour le théâtre, la télévision, le cinéma (notamment un chef-d’œuvre inconnu avec Guy Bedos : L’œuf en 1972)… Dans Le Petit Baigneur (1968), dont il compose la musique, on l’aperçoit même en chef de la fanfare vers la fin du film.

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De Funès, Robert Dhéry, Colette Brosset et Gérard Calvi dans la pièce La Grosse Valse (1962)

Revenons sur cette samba : un sommet de la pop française, un morceau génial, rythmé, dansant, dans une scène psychédélique qui appelle aux plaisirs, tous les plaisirs. Manger, danser, faire l’amour, sans règle, sans carcan ; ça laisse rêveur… Ces petits pieds qui gambadent, ces fesses rebondies qui remuent, ces robes presque transparentes qui ne cachent pas grand-chose. On est bien sur l’île du plaisir. Presque un titre de porn music vintageLes Douze Travaux est un chef-d’œuvre du 7e art, je ne mâche pas mes mots, c’est très sérieux. Bon, peut-être que le fait d’être né au milieu des eighties et de voir ce film régulièrement depuis ma tendre enfance aide… Pourquoi un chef-d’œuvre ? Parce que : dessin animé sans prétention qui s’adresse aux enfants, le film dispose de plusieurs niveaux de lecture subtils, d’un humour intelligent et corrosif, qui puise d’ailleurs dans la culture populaire comme dans la culture savante, d’un dessin aussi enfantin que complexe (la maison qui rend fou, les couleurs de l’île du plaisir, les ombres planantes des fantômes, les monts enneigés, etc.), d’une construction en tiroirs avec cette réflexion morale mais jamais manichéenne sur les épreuves à franchir ; le tout repose sur une alchimie syncrétique et PAF ! un pur chef-d’œuvre ! C’est le 2e et dernier film de la série Astérix, après Astérix et Cléopâtre, qui sera réalisé par Goscinny et Uderzo, les auteurs originaux, ce qui explique qu’il soit si bon. Notons qu’en 1976, EMI Pathé sort deux disques vinyles : un LP qui reprend les dialogues, bruitages et musiques du film, que tous les diggers ont dans leur collection ; et un EP avec cinq titres seulement, dont « Obélix Samba », qui est au contraire très rare. Sur les panneaux de fin des Douze Travaux, on lit que « la samba a été dansée pour nos animateurs par Lourdes de Oliveira et Luiz Antonio Carraro » ! Dommage que ce titre si obsédant, cet appel hédoniste, dure si peu de temps… 

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Bonus : « Les Revenants », Les Douze Travaux d’Astérix (1976) [à noter que ce titre ne figure sur aucune bande originale ; je ne sais donc absolument rien de ce morceau génial, avec cet air lancinant...]

http://www.dailymotion.com/video/xbf1ig

 

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LCS 108. Luther Davis Group, « You Can Be A Star », 1979
7 juillet, 2014, 7:19
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un titre du Luther Davis Group, « You Can Be A Star », tiré du 45 tours You Can Be A Star/To Be Free, sorti en 1979 chez Life Time Records.

luther davis group soul cal B

C’est bien l’une des premières fois que je vais décevoir : je n’ai (presque) rien trouvé sur ce groupe ! J’ai entendu le titre à la radio (FIP, je crois), ou sur l’excellent site Le Mellotron, qui m’a d’ailleurs donné l’essentiel des informations : « On en sait trop peu sur ce rarissime 45 tours enregistré en 1979 par Luther Davis Jr. […]. Heureusement pour nous grâce aux diggers de northern soul, ce disque tiré à peu d’exemplaires sera la première réédition de la maison Soul Cal en 2003, une division de Stones Throw tenue par Egon et Peanut Butter Wolf dont l’essence est justement la réédition de perles modern soul et autres pépites funky-disco. Une évidence donc, pour ce 45 tours avec le combo gagnant « You Can Be A Star » pour la face A et « To Be Free » pour la B. Deux titres totalement funky et empreints d’une soul planante. Riffs de guitare entraînants, voix feutrée et touche de cuivres font de [ce titre] un hit parfait et vous donne une subite envie de s’envoler et d’envahir le monde. » J’ai cru comprendre que la carrière du groupe a été plus qu’éphémère, avec seulement deux 45T sortis (l’autre chez Inner : Keep On Dancing/You en 1977 ou 1978)[1]. Le titre « You Can Be A Star » figure sur la compil Soul Cal Disco & Modern Soul 1971-1982 sortie en 2012, dans lequel se trouve un livret très fourni qui, peut-être, nous apportera plus d’amples informations (je n’ai pas encore eu la chance de l’avoir entre les mains). Passons. Ce titre est un véritable bijou, d’une extrême efficacité, rythmé comme il faut pour les dance-floors de cette période caractéristique de l’hédonisme sombre : tu peux devenir une star, même toi, jeune femme, jeune pédé, jeune noir ou latino, tous prolos et peut-être tout cela à la fois, même l’espace d’une nuit seulement… Même Tony Manero. Le sida n’a pas encore fait les ravages qu’on connaît, mais la misère, le labeur, le racisme, le sexisme, la violence, le chômage sont des maux connus, pour une bonne partie des classes populaires et dominées, ce qu’on appelle les minorités, des pays développés, en particulier dans le berceau américain du capitalisme. C’est toujours la même histoire : quelques heures durant, le temps d’avoir l’illusion d’échapper à sa condition, à l’image de Cendrillon qui n’a que jusqu’à minuit pour devenir celle qu’elle n’est pas, tous les Tony Manero du monde deviennent des stars. C’est aussi ce qui leur permet de retourner au turbin le lundi matin : l’espoir de s’en sortir, devenir libre (to be free)…

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Bonus : Luther Davis Group, « To Be Free », 1979

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[1] Sur le forum Funk-O-Logy.



LCS 106. Jack Seps, « Fin Du Springtime » & « Comme Super Mario », 2014
1 avril, 2014, 5:06
Classé dans : Ca, de l'art ?,Ils font avancer le monde,Musique & Music

 

Cette semaine est particulière. Mon frère Jack Seps sort officiellement deux morceaux sur la toile. Pas de maison de disque ni de label, do it yourself, avec l’énergie du désespoir, la fougue de l’artisan, la joie du désintérêt. Depuis plusieurs années, le frérot bosse ses textes, cherche de la matière musicale dans les brocantes et chez les disquaires (et partout ailleurs), fait des rencontres. Par nos liens familiaux, j’ai évidemment eu la chance d’entendre avant tout le monde des bouts de textes, la pose d’un flow, l’intérêt d’une boucle, et toutes les interrogations à leur propos, et toutes les interminables discussions sur mon lit au cours de nuits blanches mémorables et passionnées.

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Bref, aujourd’hui est à marquer d’un Francis Blanche. Deux faces B, et basta ! Démerdez-vous avec ça. Je chronique en toute subjectivité. « Fin Du Springtime » est une sorte d’entrée en matière, histoire de décliner son identité, ses goûts, ses centres d’intérêts. Rappé sur le pétillant désuet « Springtime » du Klub des Loosers (sur Spring Tales, 2010), le morceau est court, un 16 mesures dans tout ce qu’il a de plus traditionnel, mais foutrement efficace, alternant les phases techniques et complexes, et les phases plus cools, posées. Un titre qui rappelle, dans l’imaginaire, le morceau « La Ville En Juin », de L’Atelier (2003), un titre tout en rondeur mais contenant, de manière plus ou moins feutrée, des phases plus sombres. « Comme Super Mario » est une mise en musique 8 bits d’un vieux texte, un 16 mesures également. La production est signée Hirokazu Tanaka, composition réalisée pour ce jeu qui a bercé toute notre enfance (et qui continue), Dr Mario (1990). Jack, tant sur le plan des textes que sur celui du flow, convoque tour à tour la scène TTC, Delleck, Fuzati, La Caution, Octobre Rouge, etc. Evidemment, son art, comme souvent, est un syncrétisme, et son originalité se perçoit dans l’affranchissement de ces figures tutélaires, dans l’affirmation d’une liberté et d’une singularité dans les références. Jack nous dit clairement : je suis un gamin des eighties, souvent affreuses à première vue (les fringues, la musique, le cinoche), mais qui renferment finalement, en tout cas pour ceux qui y ont vu le jour, une indéniable et inépuisable source de pop culture façonnant, qu’on le veuille ou non, notre imaginaire. Aussi, Jack nous lance cet appel discret : à première vue un mec cool, généreux et propre, je peux exploser à tout moment, même sur le thème de l’arrivée de l’été ! Je suis vivant, je suis un être humain, dans tout ce qu’il a de plus pur, mais aussi dans tout ce qu’il de plus sale. « Mon cerveau se putain de détraque/Je frôle la crise de nerf/Une crise colérique digne d’un nerd ». Folie latente, folie normale. Honnête et humble. « Non, j’fonce et plonge dans l’étrangeté de mes songes » Complexe. Un bâtard sensible : « Non, c’est juste une carapace pour pas que l’amour me rattrape ». Je lui tire mon chapeau concernant la diction, il y en a en effet peu qui sont capables de balancer autant de mots en si peu de temps, de façon plus ou moins harmonieuse sans perdre en clarté (Grems et Julien Lepers, en gros). Cette diction claire rend simple son propos, mais cache une certaine complexité (encore), sur le fond comme sur la forme. Les allitérations, les rimes multisyllabiques, les figures de style, tout est maîtrisé. Cessons-là tout superflu verbiage, tout vain babillage, tout inutile agiotage, place à la musique. De toute façon, l’avenir appartient à Jack Seps. Nous aurons l’occasion d’en reparler. En toute subjectivité.

Jack Seps, « Fin Du Springtime », 2014

Jack Seps, « Comme Super Mario », 2014

 

N’oubliez pas le soundcloud de Jack Seps !

 

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LCS 105. Klaus Doldinger, « Moonchild », 1984
24 mars, 2014, 8:33
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Klaus Doldinger intitulé « Moonchild », présent sur la bande originale du film The Neverending Story (1984), sur laquelle Doldinger partage l’affiche avec le moustachu Giorgio Moroder.

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Né en 1936 à Berlin, ce qui fait beaucoup pour un seul homme, le pauvre Klaus Doldinger a pour lui d’être l’un des plus grands musicien et musicologue de sa génération. Avant l’âge d’avoir du poil aux pattes, il fréquente le conservatoire de Düsseldorf tout en jouant avec plusieurs groupes dans les années 1950, puis suit une formation d’ingénieur du son. Après le Klaus Doldinger Quartett, il compose à tout va (pub, ciné, théâtre), puis fonde l’immense groupe Passport, avec lequel il va exploser le genre jazz-rock-fusion dans une putain de concurrence avec Weather Report, lui aussi formé en 1971. Je me souviendrai toujours l’insistance du fan avec laquelle mon père tenta, longtemps en vain, de nous faire écouter, à mon frère et moi, l’album Iguacu (1977) et sa formidable pochette : « Et puis, tu sais que les plus grandes chutes du monde, c’est pas Niagara, c’est Iguacu ! » Le pire, c’est qu’il avait raison : pas sur les plus hautes chutes d’eau, mais sur la qualité de ce groupe. Depuis, j’ai pu prendre plaisir en écoutant, outre Iguacu, les albums Ataraxia (1978) et Oceanliner (1980). Il faut savoir que Jack Seps (mon frère, donc) est un digger sans complexe ; il y a peu, il m’a fait écouter quelques morceaux de cette extraordinaire BO du film L’Histoire sans fin, que tous les enfants des années 1980 ont vu des dizaines de fois. Sauf nous. Et Jack de me faire deviner sa découverte : le titre « Moonchild » a été samplé par Para One et Tacteel (Fuckaloop) pour le titre « Sans Fin », de L’Atelier sur Le Buffet des Anciens Elèves (2003), l’un des meilleurs albums qui repoussa les limites du hip hop en son temps. Revenons à Doldinger, que mon père n’hésite pas à qualifier d’ « intellectuel de la musique » : « Moonchild » est un sommet de rêverie dark, un son inquiétant avant l’explosion de la 2e partie, qui fait référence aussi bien aux grandes épopées hollywoodiennes (Ben Hur ou The Ten Commandments) qu’à la sous-culture pop des eighties (Ghostbusters, Back To The Future), tandis que la 1e partie pourrait se plaquer sans problème sur une scène sale, dérangeante, choquante. Du pur génie musical… qui fait marcher à fond l’imagination, sans fin. 

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Bonus : L’Atelier, « Sans Fin », Buffet Des Anciens Elèves (2003)

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