Ce que j’en dis…

L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #014

 

Ceci est bien un Edito-Eco, même si on va parler BD. Ouais. On évoquera plus tard le Prix de la Banque de Suède attribué à Jean Tirole. Ou pas. 

 

A la fin de l’année 2011, je tombe complètement par hasard sur une BD au format comics, un truc qui semble complètement dingue. Ça s’appelle Doggy Bags. C’est édité par Run et son Label 619, une sacrée bande de tarés. Le concept ? « Suspense, frissons & horreur ». Trois histoires avec pour mot d’ordre : genre. Du pulp, de l’horreur, du politiquement incorrect, jamais potache, toujours terriblement bien branlé en termes de scénar, de dialogues, et surtout de dessins. Bref, sept numéros sont sortis jusqu’ici, et c’est à chaque fois grisant, jouissif.

 

Reliés

 

A la fin de l’année 2013, je tombe complètement par hasard sur un BD au format revue (24×32), un truc qui semble complètement dingue. La couverture ressemble beaucoup, à première vue, à Doggy Bags. Ça s’appelle AAARG!. C’est une véritable revue, avec comme baseline : « Bande dessinée & culture à la masse ». C’est barré, sombre, marrant, cynique, avec de la BD, des reportages, des nouvelles (souvent cruelles), des gags, un poster…

 

Reliés

 

Dès le 2e numéro (janvier-février 2014), l’éditorial de Pierrick Starsky m’interpelle : il ironise sur la nouvelle année qui s’annonce, dans une langue de charretier marseillais, et surtout avec une fibre sociale évidente reposant sur un constat sans fioriture de la société actuelle. Je partage donc son éditorial présent dans le 4e numéro (mi-mai-mi-août 2014), en vous recommandant chaudement cette revue qui gagne sacrément à être connue…

 

 

« Je sais pas toi, dans ta ville, dans ton bled, dans tes bars, mais partout où je passe et où mes yeux s’égarent, où mes oreilles traînent, même si j’ai plus trop d’odorat, y’a pas, ça pue sévère. Ça renifle, ça schnouffe, ça fouette, et c’est pas nouveau. Y’a pas bon être pauvre, ça attire la mistoufle. (suite…)



LCS 109. Gérard Calvi, « Obélix Samba », 1976
14 juillet, 2014, 9:58
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un morceau composé par Gérard Calvi en 1976 pour la bande originale du film Les Douze Travaux d’Astérix, qui s’intitule « Obélix Samba ». Compositeur et chef d’orchestre né en 1922, Gérard Calvi a fait une carrière très prolixe et très variée : compositeur pour Piaf, Liza Minnelli, Sinatra, réalisateur d’œuvres symphoniques, de pièces pour solistes, de musiques de chambre, d’opérettes, de partitions pour le théâtre, la télévision, le cinéma (notamment un chef-d’œuvre inconnu avec Guy Bedos : L’œuf en 1972)… Dans Le Petit Baigneur (1968), dont il compose la musique, on l’aperçoit même en chef de la fanfare vers la fin du film.

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De Funès, Robert Dhéry, Colette Brosset et Gérard Calvi dans la pièce La Grosse Valse (1962)

Revenons sur cette samba : un sommet de la pop française, un morceau génial, rythmé, dansant, dans une scène psychédélique qui appelle aux plaisirs, tous les plaisirs. Manger, danser, faire l’amour, sans règle, sans carcan ; ça laisse rêveur… Ces petits pieds qui gambadent, ces fesses rebondies qui remuent, ces robes presque transparentes qui ne cachent pas grand-chose. On est bien sur l’île du plaisir. Presque un titre de porn music vintageLes Douze Travaux est un chef-d’œuvre du 7e art, je ne mâche pas mes mots, c’est très sérieux. Bon, peut-être que le fait d’être né au milieu des eighties et de voir ce film régulièrement depuis ma tendre enfance aide… Pourquoi un chef-d’œuvre ? Parce que : dessin animé sans prétention qui s’adresse aux enfants, le film dispose de plusieurs niveaux de lecture subtils, d’un humour intelligent et corrosif, qui puise d’ailleurs dans la culture populaire comme dans la culture savante, d’un dessin aussi enfantin que complexe (la maison qui rend fou, les couleurs de l’île du plaisir, les ombres planantes des fantômes, les monts enneigés, etc.), d’une construction en tiroirs avec cette réflexion morale mais jamais manichéenne sur les épreuves à franchir ; le tout repose sur une alchimie syncrétique et PAF ! un pur chef-d’œuvre ! C’est le 2e et dernier film de la série Astérix, après Astérix et Cléopâtre, qui sera réalisé par Goscinny et Uderzo, les auteurs originaux, ce qui explique qu’il soit si bon. Notons qu’en 1976, EMI Pathé sort deux disques vinyles : un LP qui reprend les dialogues, bruitages et musiques du film, que tous les diggers ont dans leur collection ; et un EP avec cinq titres seulement, dont « Obélix Samba », qui est au contraire très rare. Sur les panneaux de fin des Douze Travaux, on lit que « la samba a été dansée pour nos animateurs par Lourdes de Oliveira et Luiz Antonio Carraro » ! Dommage que ce titre si obsédant, cet appel hédoniste, dure si peu de temps… 

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Bonus : « Les Revenants », Les Douze Travaux d’Astérix (1976) [à noter que ce titre ne figure sur aucune bande originale ; je ne sais donc absolument rien de ce morceau génial, avec cet air lancinant...]

http://www.dailymotion.com/video/xbf1ig

 

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LCS 108. Luther Davis Group, « You Can Be A Star », 1979
7 juillet, 2014, 7:19
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un titre du Luther Davis Group, « You Can Be A Star », tiré du 45 tours You Can Be A Star/To Be Free, sorti en 1979 chez Life Time Records.

luther davis group soul cal B

C’est bien l’une des premières fois que je vais décevoir : je n’ai (presque) rien trouvé sur ce groupe ! J’ai entendu le titre à la radio (FIP, je crois), ou sur l’excellent site Le Mellotron, qui m’a d’ailleurs donné l’essentiel des informations : « On en sait trop peu sur ce rarissime 45 tours enregistré en 1979 par Luther Davis Jr. […]. Heureusement pour nous grâce aux diggers de northern soul, ce disque tiré à peu d’exemplaires sera la première réédition de la maison Soul Cal en 2003, une division de Stones Throw tenue par Egon et Peanut Butter Wolf dont l’essence est justement la réédition de perles modern soul et autres pépites funky-disco. Une évidence donc, pour ce 45 tours avec le combo gagnant « You Can Be A Star » pour la face A et « To Be Free » pour la B. Deux titres totalement funky et empreints d’une soul planante. Riffs de guitare entraînants, voix feutrée et touche de cuivres font de [ce titre] un hit parfait et vous donne une subite envie de s’envoler et d’envahir le monde. » J’ai cru comprendre que la carrière du groupe a été plus qu’éphémère, avec seulement deux 45T sortis (l’autre chez Inner : Keep On Dancing/You en 1977 ou 1978)[1]. Le titre « You Can Be A Star » figure sur la compil Soul Cal Disco & Modern Soul 1971-1982 sortie en 2012, dans lequel se trouve un livret très fourni qui, peut-être, nous apportera plus d’amples informations (je n’ai pas encore eu la chance de l’avoir entre les mains). Passons. Ce titre est un véritable bijou, d’une extrême efficacité, rythmé comme il faut pour les dance-floors de cette période caractéristique de l’hédonisme sombre : tu peux devenir une star, même toi, jeune femme, jeune pédé, jeune noir ou latino, tous prolos et peut-être tout cela à la fois, même l’espace d’une nuit seulement… Même Tony Manero. Le sida n’a pas encore fait les ravages qu’on connaît, mais la misère, le labeur, le racisme, le sexisme, la violence, le chômage sont des maux connus, pour une bonne partie des classes populaires et dominées, ce qu’on appelle les minorités, des pays développés, en particulier dans le berceau américain du capitalisme. C’est toujours la même histoire : quelques heures durant, le temps d’avoir l’illusion d’échapper à sa condition, à l’image de Cendrillon qui n’a que jusqu’à minuit pour devenir celle qu’elle n’est pas, tous les Tony Manero du monde deviennent des stars. C’est aussi ce qui leur permet de retourner au turbin le lundi matin : l’espoir de s’en sortir, devenir libre (to be free)…

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Bonus : Luther Davis Group, « To Be Free », 1979

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[1] Sur le forum Funk-O-Logy.



LCS 106. Jack Seps, « Fin Du Springtime » & « Comme Super Mario », 2014
1 avril, 2014, 5:06
Classé dans : Ca, de l'art ?,Ils font avancer le monde,Musique & Music

 

Cette semaine est particulière. Mon frère Jack Seps sort officiellement deux morceaux sur la toile. Pas de maison de disque ni de label, do it yourself, avec l’énergie du désespoir, la fougue de l’artisan, la joie du désintérêt. Depuis plusieurs années, le frérot bosse ses textes, cherche de la matière musicale dans les brocantes et chez les disquaires (et partout ailleurs), fait des rencontres. Par nos liens familiaux, j’ai évidemment eu la chance d’entendre avant tout le monde des bouts de textes, la pose d’un flow, l’intérêt d’une boucle, et toutes les interrogations à leur propos, et toutes les interminables discussions sur mon lit au cours de nuits blanches mémorables et passionnées.

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Bref, aujourd’hui est à marquer d’un Francis Blanche. Deux faces B, et basta ! Démerdez-vous avec ça. Je chronique en toute subjectivité. « Fin Du Springtime » est une sorte d’entrée en matière, histoire de décliner son identité, ses goûts, ses centres d’intérêts. Rappé sur le pétillant désuet « Springtime » du Klub des Loosers (sur Spring Tales, 2010), le morceau est court, un 16 mesures dans tout ce qu’il a de plus traditionnel, mais foutrement efficace, alternant les phases techniques et complexes, et les phases plus cools, posées. Un titre qui rappelle, dans l’imaginaire, le morceau « La Ville En Juin », de L’Atelier (2003), un titre tout en rondeur mais contenant, de manière plus ou moins feutrée, des phases plus sombres. « Comme Super Mario » est une mise en musique 8 bits d’un vieux texte, un 16 mesures également. La production est signée Hirokazu Tanaka, composition réalisée pour ce jeu qui a bercé toute notre enfance (et qui continue), Dr Mario (1990). Jack, tant sur le plan des textes que sur celui du flow, convoque tour à tour la scène TTC, Delleck, Fuzati, La Caution, Octobre Rouge, etc. Evidemment, son art, comme souvent, est un syncrétisme, et son originalité se perçoit dans l’affranchissement de ces figures tutélaires, dans l’affirmation d’une liberté et d’une singularité dans les références. Jack nous dit clairement : je suis un gamin des eighties, souvent affreuses à première vue (les fringues, la musique, le cinoche), mais qui renferment finalement, en tout cas pour ceux qui y ont vu le jour, une indéniable et inépuisable source de pop culture façonnant, qu’on le veuille ou non, notre imaginaire. Aussi, Jack nous lance cet appel discret : à première vue un mec cool, généreux et propre, je peux exploser à tout moment, même sur le thème de l’arrivée de l’été ! Je suis vivant, je suis un être humain, dans tout ce qu’il a de plus pur, mais aussi dans tout ce qu’il de plus sale. « Mon cerveau se putain de détraque/Je frôle la crise de nerf/Une crise colérique digne d’un nerd ». Folie latente, folie normale. Honnête et humble. « Non, j’fonce et plonge dans l’étrangeté de mes songes » Complexe. Un bâtard sensible : « Non, c’est juste une carapace pour pas que l’amour me rattrape ». Je lui tire mon chapeau concernant la diction, il y en a en effet peu qui sont capables de balancer autant de mots en si peu de temps, de façon plus ou moins harmonieuse sans perdre en clarté (Grems et Julien Lepers, en gros). Cette diction claire rend simple son propos, mais cache une certaine complexité (encore), sur le fond comme sur la forme. Les allitérations, les rimes multisyllabiques, les figures de style, tout est maîtrisé. Cessons-là tout superflu verbiage, tout vain babillage, tout inutile agiotage, place à la musique. De toute façon, l’avenir appartient à Jack Seps. Nous aurons l’occasion d’en reparler. En toute subjectivité.

Jack Seps, « Fin Du Springtime », 2014

Jack Seps, « Comme Super Mario », 2014

 

N’oubliez pas le soundcloud de Jack Seps !

 

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LCS 105. Klaus Doldinger, « Moonchild », 1984
24 mars, 2014, 8:33
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Klaus Doldinger intitulé « Moonchild », présent sur la bande originale du film The Neverending Story (1984), sur laquelle Doldinger partage l’affiche avec le moustachu Giorgio Moroder.

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Né en 1936 à Berlin, ce qui fait beaucoup pour un seul homme, le pauvre Klaus Doldinger a pour lui d’être l’un des plus grands musicien et musicologue de sa génération. Avant l’âge d’avoir du poil aux pattes, il fréquente le conservatoire de Düsseldorf tout en jouant avec plusieurs groupes dans les années 1950, puis suit une formation d’ingénieur du son. Après le Klaus Doldinger Quartett, il compose à tout va (pub, ciné, théâtre), puis fonde l’immense groupe Passport, avec lequel il va exploser le genre jazz-rock-fusion dans une putain de concurrence avec Weather Report, lui aussi formé en 1971. Je me souviendrai toujours l’insistance du fan avec laquelle mon père tenta, longtemps en vain, de nous faire écouter, à mon frère et moi, l’album Iguacu (1977) et sa formidable pochette : « Et puis, tu sais que les plus grandes chutes du monde, c’est pas Niagara, c’est Iguacu ! » Le pire, c’est qu’il avait raison : pas sur les plus hautes chutes d’eau, mais sur la qualité de ce groupe. Depuis, j’ai pu prendre plaisir en écoutant, outre Iguacu, les albums Ataraxia (1978) et Oceanliner (1980). Il faut savoir que Jack Seps (mon frère, donc) est un digger sans complexe ; il y a peu, il m’a fait écouter quelques morceaux de cette extraordinaire BO du film L’Histoire sans fin, que tous les enfants des années 1980 ont vu des dizaines de fois. Sauf nous. Et Jack de me faire deviner sa découverte : le titre « Moonchild » a été samplé par Para One et Tacteel (Fuckaloop) pour le titre « Sans Fin », de L’Atelier sur Le Buffet des Anciens Elèves (2003), l’un des meilleurs albums qui repoussa les limites du hip hop en son temps. Revenons à Doldinger, que mon père n’hésite pas à qualifier d’ « intellectuel de la musique » : « Moonchild » est un sommet de rêverie dark, un son inquiétant avant l’explosion de la 2e partie, qui fait référence aussi bien aux grandes épopées hollywoodiennes (Ben Hur ou The Ten Commandments) qu’à la sous-culture pop des eighties (Ghostbusters, Back To The Future), tandis que la 1e partie pourrait se plaquer sans problème sur une scène sale, dérangeante, choquante. Du pur génie musical… qui fait marcher à fond l’imagination, sans fin. 

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Bonus : L’Atelier, « Sans Fin », Buffet Des Anciens Elèves (2003)

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La Chanson de la Semaine – « Y’en a marre du rap ! »
19 mars, 2014, 6:45
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

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Les Inconnus, 1992

 

Y’en a marre du rap ! Evidemment, il faut prendre mes propos au troisième degré (au moins) : le hip hop reste l’une des cultures les plus fortes dans laquelle j’ai passé mon adolescence, l’une des cultures qui me marquera jusqu’à mes vieux jours, l’une des plus riches aussi, quoi que peuvent en penser ces incultes d’Eric Zemmour ou Alain Soral. Alors, pourquoi ce titre ? Tout simplement, parce que j’ai décidé, après plusieurs mois de Chroniques dédiées quasi-exclusivement au rap, de prendre le large, côté musique. J’ai tant de choses dans mes cartons ! Et je n’exclue pas de chroniquer un titre rap de temps en temps, tandis que mon frère Jack Seps, qui a baigné plus jeune encore dans cette culture, a toujours ses quartiers sur ce blog. Je me sentais – c’est un peu bête, je sais – un peu étriqué dans ce costume du « Special Rap » que j’ai mis en place en juillet 2013 ; je reprends ma liberté. Plus de règles, sauf celles de la bonne musique, de la passion et de la sincérité. A venir, donc, prochainement sur ce blog : du spoken jazz français, du classique, de l’ambient chelou allemand, du folklore western, du blues dansant, de l’électro bourrine suédoise, de l’entêtant funk tropical d’Amérique du sud, de la chanson à texte belge, du rap dépressif, etc.

 

Enjoy & Share ! 

 

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J’ai vu… La Propriété, c’est plus le vol d’Elio Petri (Réflexions sur la propriété, la monnaie, la dette)

* Ce texte n’est pas tant une critique du film qu’un prétexte pour tenter d’éclaircir les notions de propriété, de monnaie, de dette.

 

Pendant les vacances, je travaille… Mais j’en profite aussi pour aller au cinéma. Cette semaine, j’ai vu le formidable documentaire Au Bord du monde de Claus Drexel (2013), le très touchant et énervé Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée (2013), le violent 12 Years A Slave de Steve McQueen (2013), l’éternel (et moins blockbuster qu’on ne le dit) Jaws de Spielberg (1975) avec ma belle, et La Propietà non è più un furto d’Elio Petri (1973) avec mon pote Benoît. Pourquoi ai-je décidé d’écrire une bafouille sur La Propriété, c’est plus le vol ? Parce qu’il n’est pas que radicalement contestataire, mais tellement riche intellectuellement…

L’histoire est simple, en apparence. Total (Flavio Bucci) est un modeste employé de banque, fils d’un modeste employé de banque. Le problème est qu’il semble assez mal dans sa peau ; d’ailleurs, il est allergique à l’argent, des démangeaisons frénétiques s’emparent de lui à chaque contact avec un billet. Révulsé par l’absurdité du système capitaliste basé sur l’argent, il décide de démissionner et de lui rentrer dans le lard. Il prend alors pour cible un riche boucher (Ugo Tognazzi) qui affiche sa fortune avec ostentation.

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Critique artistique

 

(suite…)



Les Chroniques de l’Ouest #002 « Pas de pardon en Enfer »
15 février, 2014, 21:59
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature,Ca, de l'art ?

 

Il y a cinq mois, je publiais sur ce blog une première nouvelle intitulée « Tout le monde n’a pas droit au bonheur », qui se déroulait dans le Far West. Pourquoi cette époque et ce lieu ? Je n’ai pourtant pas particulièrement baigné dans le western étant petit, c’est le moins qu’on puisse dire : comme j’ai appris à lire avec la BD, l’un des seuls western qui m’a marqué quand j’étais gamin, c’est le Lucky Luke de Terence Hill (1991) ! Les années passent, je n’ai toujours pas vu un Sergio Leone en entier. Je visionne il y a cinq ans, sur les conseils de mon père, l’immense L’homme qui tua Liberty Valence de John Ford (1962). Claque latente. Car ma passion pour le Far West (et pas seulement le genre western) ne se révélera qu’en 2013 : un western de Tarantino, la ressortie du premier Django de Corbucci (1966), et celle de Heaven’s Gate de Cimino (1980), en compagnie de mon pote Benoît, l’éternel cinéphile. Ce dernier film est devenu pour moi un mantra, je ne le cacherai pas. Cela fait un an que je dévore tout ce que je croise sur le Far West (films, bande-dessinée, romans, séries TV, livres d’histoire, peinture) ; une période si riche en si peu de temps, je tombe dans un puits sans fond avec délectation. Voilà comment se dévoile une passion. 

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Ceci est une œuvre de fiction issue de l’esprit dérangé de l’auteur. Bien qu’inspirée d’éléments existants ou ayant existé, les évènements, les lieux, les personnes, les propos de ces personnes, qui y figurent restent purement fictifs.

 

 

Dessin de Lud le Scribouillard réalisé le 15 février 2014, d’après Martha Jane Cannary, album réalisé par Matthieu Blanchin et Christian Perrissin (2008)

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Episode 2. « Pas de pardon en Enfer »

 

Sauf avis contraire, ces propos ont été recueillis et compilés par Jasper Drake, journaliste et directeur du Bloomington Herald, au cours d’une enquête de plusieurs jours. On trouvera à la fin l’éditorial de Jasper Drake à la publication de cette enquête. (suite…)



J’ai vu… L’Eredità Ferramonti de Mauro Bolognini

Paris, c’est bien pour ça, aussi. Pour sortir avec ses amis ou sa chérie en semaine, il faut toujours composer avec des emplois du temps alambiqués, faire avec la flexibilité des horaire, trouver des compromis. Avec ma jeune et jolie femme, nous souhaitons aller voir Les Garçons, et Guillaume, à table !. Le créneau de ma belle est fin : mardi en soirée mais pas trop tard, car grosse journée le lendemain. Le mardi m’arrange moyennement : je finis ma journée à 11h30, le film est à 18h. Que faire ? Heureusement, nous sommes à Paris, et le hasard est flamboyant. En me baladant dans le quartier latin, je tombe sur ce film italien au titre intriguant, L’Héritage (en VF), avec Anthony Quinn. Vous croyez que j’aurais découvert ça dans mon sud Seine-et-Marne, dans une ville de 12 000 habitants comme Provins, 3e ville de France au Moyen-Âge ? 

Sans a priori, je suis donc allé voir L’eredità Ferramonti, un film réalisé en 1976 par Mauro Bolognini, grand cinéaste italien alors au sommet de son art. Le film est adapté du roman de Gaetano Carlo Chelli, publié en 1883. Nous sommes à Rome dans les années 1880, le vieil artisan boulanger Gregorio Ferramonti prend sa retraite, l’héritage va déchirer ses descendants : rien pour Mario le flambeur, quelques milliers de lires jetés à la gueule du médiocre Pippo, rien pour la vénale Teta, déjà mariée à un gratte-papier. Gregorio décide de vivre de ses rentes et de laisser sa descendance à leur sort, tous plus indignes de lui les uns que les autres. Il leur reproche de ne s’être intéressés qu’à son argent. Pippo épouse la fille du quincailler dont il rachète la boutique, Irene. C’est elle qui tient les rênes, et qui va rabibocher les descendants fâchés, Mario qui s’enrichit en magouillant et en spéculant à la bourse, Teta dont le mari, Paolo Furlin, prend du galon au gouvernement et pourra obtenir des débouchés pour Pippo. Finalement, Irene, la douce et candide femme de Pippo, se révèle être une séductrice sournoise, une opportuniste machiavélique, une manipulatrice aux charmes ravageurs…

 Anthony Quinn and Dominique Sanda in L'Eredita Ferramonti

(suite…)



Katia nous parle passionnément de La Vie d’Adèle
5 novembre, 2013, 21:27
Classé dans : Ca, de l'art ?,Identité & Image,La Société en question(s)

Il y a presque un an, je découvrais Katia, une jeune étudiante en littérature, qui « rêve d’être scénariste [et qui] aime le rhum et la téquila », par le biais de son nouveau blog. La recette est connue : un film, une critique, une note. Je me dis : « des blogs comme ça, Internet en chie des téra-octets toutes les nano-secondes ». Magnanime, je jette un œil distrait. Et soudain, cet œil s’illumine… En dépit d’une critique sur Taxi Driver qui me laisse sur ma faim, je prends plaisir à lire celles de Take Shelter, Up !, et surtout Eyes Wide Shut. La formule la plus simple est parfois la meilleure. Je commente, j’entre en contact, nous dialoguons. Et puis… rien. J’attends de nouvelles chroniques, mais c’est le désert. J’abandonne, en me disant : « Malgré son talent, cette petite jeune ne prend pas le temps de s’occuper de son blog. Dommage. » Coup de théâtre (c’est relatif, hein !) en juin : Katia commente l’un de mes articles en m’apprenant qu’elle a déménagé (numériquement parlant). Nouveau blog, nouvelles critiques. Ça rassure. De mon côté, après avoir écrit plusieurs papiers sur plusieurs films, et si ma fréquence de sorties ciné reste assez soutenue, mon poil dans la main m’empêche d’écrire autre chose que quelques mots sur Facebook. « Le plus important dans la vie, c’est de ne pas gâcher son talent ! » Mouais… Je retourne sur le blog de Katia après avoir vu et adoré La Vie d’Adèle ; je lis les deux articles qu’elle a consacrés au film de Kechiche. Deux articles jouissifs. Katia a rédigé quelque chose de fort, de creusé, de subtil, de juste. A la lecture, je revis avec des troubles dans le bide l’amour et la violence du long-métrage, et me promet, dans mon for intérieur : « J’arrête d’écrire sur le ciné ; je préfère lire Katia sur le ciné ! » Je partage donc, avec son accord, ces deux articles, qui disent tout ce que je pense du film, et bien plus encore – et bien mieux encore que nombre de critiques autorisés. Pour les passionnés de cinéma, et de la vie.

* Les photos ne sont pas toutes celles choisies par Katia. 

 

Katia, « La vie d’Adèle (Abdellatif Kechiche, 2013) », publié le 11 juillet 2013 sur son blog

 

Katia nous parle passionnément de La Vie d'Adèle dans Ca, de l'art ? la-vie-d-adele-lea-seydoux-adele-exarchopoulos

(suite…)


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