Ce que j’en dis…

Les Chansons de la Semaine # Spécial Christophe
22 avril, 2020, 11:29
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

Je l’ai déjà écrit ici. Je suis né en 1984. Ce sont d’abord mes parents qui m’ont plongé tête la première dans la musique : The Blues Brothers, AC/DC, Thiéfaine, Trust, Dire Straits, Phil Collins, Jacques Brel, Renaud, Toto, Pat Benatar, Dirty Dancing, François Feldman, Police, James Brown, Francis Cabrel, Pink Floyd, Gainsbourg, et j’en oublie. Je ne dis pas que j’ai tout avalé, mais je ne les remercierai jamais assez ! Grâce à toutes ces entrées, j’ai pu découvrir d’autres univers, plus personnels, puis faire des allers-retours avec eux et avec mon frère. C’est grâce à eux que ma culture musicale est si ouverte aujourd’hui. Mais chez eux, il n’y avait pas un disque de Christophe. Peut-être une question de génération (mes parents sont les derniers nés du baby-boom). J’ai certainement dû entendre « Aline » ou « Les Mots Bleus » lors de fêtes d’adultes, mais je trouvais ça tellement ringard…

J’ai (vraiment) découvert Christophe vers 2006-2007, à la lecture de Technikart : Benoît Sabatier glissait à chaque fois qu’il le pouvait du Christophe, et Sébastien Tellier parlait de ce vieil amoureux des machines comme d’un maître en reprenant « La Dolce Vita ». J’ai téléchargé Aimer ce que nous sommes en 2008, mais j’ai mis du temps à y entrer. Et puis il y a eu « Magda »… C’est par ce morceau extraordinaire que la claque m’a fait tanguer. Je me suis engouffré dans son oeuvre, sa vie, sa personne. Peu à peu, il est devenu une partie de moi. Il a touché des cordes sensibles en moi. Il m’a aidé à faire avec ce chaos qu’est la vie. J’en ai parlé à mes parents, à mon frère, j’ai partagé… Je me souviens que Benoît Sabatier parlait, en 2008, d’ « un artiste qui vient d’ailleurs ». En 2011, un album de reprises de Jacno, mort en 2009, voit figurer un morceau interprété par Christophe : « Je viens d’ailleurs ». Il y a eu aussi le Paradis Retrouvé, Les Vestiges du Chaos, et tant d’autres choses…

Il y a plus d’un an, au tout début de l’année 2019, j’assiste enfin à mon premier concert de Christophe avec mon complice de père, dans une toute petite salle, à Provins. Un moment magique.

Ce 17 avril 2020, Daniel Bevilacqua est reparti ailleurs… et je suis inconsolable.

 

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Vingt morceaux que j’apprécie particulièrement, c’est (suite…)



L’Edito-Eco de Lud – L’après-confinement, au-delà du capitalisme ?

 

 93007507_2549041855337156_4936293114013810688_n Diogène Picante

 

Ce matin, je suis tombé sur une petite vidéo de David Guetta, confiné à Miami, qui se confiait à Konbini. Vers la fin, il a cette envolée lyrique qui ferait passer Benoît Hamon pour un intellectuel critique : « Les frontières, ça ne veut plus rien dire, on ne fait qu’un. Il n’y a plus de riches, plus de pauvres, plus de noirs, plus d’arabes, plus d’asiatiques, plus de blancs, on est tous pareils, on est tous égaux. »

 

Bon, force est de constater que ceux qui sont obligés d’aller bosser dans des conditions indignes (je veux dire : encore plus indignes que d’habitude), qui exposent leur vie en vrai ; ceux qui n’ont pas droit au dépistage ; ceux qui ont droit à la libéralité de la brutalité policière ; ceux qui sont contraints de se confiner dans des logements trop petits, insalubres, avec peu de revenus ; bref, tous ceux-là, tous ces « ceux » ne se distribuent pas au hasard dans la population. Il y a les cadres (comme moi) qui ont la possibilité de télé-travailler et il y a les ouvriers, les employés des commerces, les livreurs, et évidemment les personnels de santé qui ne peuvent pas ; il y a les riches et certains cadres qui n’ont pas besoin de travailler pour vivre ou pour recevoir le même niveau de revenu et il y a cette armée de salariés précaires déguisés en auto-entrepreneurs, serviteurs modernes, et ces salariés qui n’ont pas intérêt à tenter le droit de retrait, qui sont obligés de travailler, tout simplement pour avoir un revenu, pour bouffer. Oui, le salariat demeure ce rapport de dépendance, c’est-à-dire la « menace jetée sur la vie à nouveau nue », en deux mots : « l’hétéronomie matérielle »1. Il y a aussi toute cette armée d’artisans, commerçants, agriculteurs et petits chefs d’entreprise qui vont bien galérer, et ces chômeurs partiels qui vont prendre encore davantage de recul du droit du travail dans la gueule… Il y a les bourgeois des beaux quartiers qui peuvent sans problème faire leur jogging ou s’amuser dans les parcs et jardins sans être réellement embêtés par la police, et puis il y a les habitants des quartiers populaires racisés qui, pour être sortis chercher à bouffer en oubliant une date sur l’attestation, sont poursuivis par des brutes casquées et matraquées, insignes indignes sur l’épaule. Il y a ces bourgeois qui n’ont pas hésité à risquer de répandre le virus pour passer le confinement dans leur résidence secondaire, et puis tous ces pauvres obligés de rester chez « eux », dans leurs cages à lapin délabrées. N’en jetez plus…

 

Il y a trois jours, je suis tombé sur une petite interview de l’économiste Marc Ivaldi, professeur à la prestigieuse Toulouse School of Economics et directeur de recherche à l’EHESS. Une si petite interview avec autant de conneries, soulignons-le. Morceaux choisis, et commentaires de votre serviteur :

 

  • « De leur côté, beaucoup d’entreprises ont renoncé cette année à la distribution de dividendes. La solidarité devra s’exprimer, y compris chez les salariés. » → Comme si (suite…)



L’Homme-orchestre
5 avril, 2020, 11:15
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

Aujourd’hui, une playlist signée Jack Seps. Point.

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En ces temps d’épidémie, le stress nous gagne, la paranoïa nous guette et la colère grandit. Mais gardons cette dernière bien au chaud. Nous ressortirons tout, toutes et tous, au moment venu. 

Alors que faire ? Pour le moment, être solidaire, se laver les pognes régulièrement, balayer Florent Pagny définitivement et écouter de la musique du pays du Soleil Levant. 

 

Haruomi Hosono, « Sports Men », sorti sur l’album Philarmony en 1982 chez Yen Records. 

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Bassiste, auteur, chanteur, compositeur, producteur. Rock, pop, musiques électroniques, folk, jazz. Haruomi Hosono sait tout faire et le fait bien. N’ayons pas peur des mots : c’est un génie. 

Vous avez pu entendre une (minuscule) partie de son (immense) travail dans la bande-originale du film Une Affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda. 

Pour ce morceau, on se demande bien pourquoi les organisateurs des prochains Jeux Olympiques de Tokyo n’ont pas choisi ce morceau comme hymne. 

(Pour en savoir un peu plus, il y a un article sur Haruomi Hosono dans le quatrième numéro de Otomo.)

 

Mariah, « Sokokara », sorti sur l’album Utakata no hibi en 1983 chez Shan-Shan. 

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Sixième et dernier album du groupe. Un bijou. L’écoute de ce morceau nous plonge immédiatement à Shinjuku, la nuit, des néons de toutes les couleurs plein les yeux. 

 

Flower Travellin’ Band, « Satori Part 1″, sorti sur l’album Satori en 1971 chez Atlantic. 

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Deuxième album du groupe, on sent l’influence qu’a pu avoir Black Sabbath sur eux (dont ils ont repris un morceau sur leur premier album Anywhere à la pochette génialissime. Joe Yamanaka, le chanteur, nous accueille par un cri venu d’on ne sait où, mais on y plonge directement. On les suit. 

(Pour plus d’informations sur le groupe et sur la musique rock japonaise, lire Japrocksampler de Julian Cope, sorti en 2012 chez Le mot et le reste.)

 

Ryuichi Sakamoto, « Participation Mystique », sorti sur l’album B-2 Unit en 1980 chez Alfa. 

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Ecrire sur la musique japonaise contemporaine sans mentionner Ryuichi Sakamoto, c’est comme parler de cuisine japonaise sans évoquer les ramen. Et à l’instar de ces derniers, les influences de Sakamoto sont multiples : musique classique, traditionnelle, populaire et expérimentale. Un morceau qu’on verrait aisément dans un Terminator réalisé par Shin’ya Tsukamoto. 

 

Yukichiro Takahashi, « Bijin-Kyoshi At The Swimming School », sorti sur l’album Murdered By The Music en 1980 chez Seven Seas. 

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Impossible de parler de Hosono et de Sakamoto sans évoquer Yukichiro Takahashi, autre membre de Yellow Magic Orchestra, ce groupe incontournable. Batteur, auteur, compositeur, chanteur, producteur, cet homme peut tout faire, ainsi que vous mettre en joie avec ce morceau. 

 

Hako Yamakasi, « 望郷 », sorti sur l’album Tobimasu en 1975 chez Elec Records. 

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Autrice, compositrice et merveilleuse chanteuse, impossible de ne pas être touché par sa voix et son interprétation. C’est mélancolique, c’est beau, c’est juste. Ses albums des années 1970 sont tous des petits bijoux, vous pouvez y aller les yeux fermés. Surtout que les yeux sont complètement inutiles pour la musique.

 

Tatsuro Yamashita, « Fragile », sorti sur l’album Cozy en 1998 chez Moon Records. 

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Marié avec Mariya Takeuchi (vous avez sûrement vu passer son très beau morceau « Plastic Love » en recommandation de YouTube), Tatsuro Yamashita est un touche-à-tout : il produit, écrit, compose, chante et joue de nombreux instruments (piano, batterie, guitare, etc.). 

Ce dernier morceau de la liste est tout en volupté, en beauté, en érotisme. Merci pour cet amour Tatsuro. 

 



‘Chato’ Galante, communiste et démocrate, radicalement être humain

 

Le 29 mars 2020, l’homme politique Patrick Devedjian est décédé du Covid-19, et tout le monde en a parlé, en occultant son anticommunisme farouche et permanent, son engagement pour le groupe d’extrême-droite Occident et pour l’Algérie française, et les coups de barres de fer qu’il a donnés dans sa jeunesse. Non, on a plutôt loué sa grande culture, son esprit libre, son sens du bien commun, et son humanisme – non, vous ne rêvez pas. On a même entendu ce larbin de Jean-Christophe Barbier affirmer que « la mort de P. Devedjian sign[ait] un tournant dans cette épidémie », comme si les autres morts, les anonymes surtout, ne comptaient pas. 

En attendant, la veille, le 29 mars 2020, décédait une autre personnalité, du Covid-19 aussi, évidemment moins connu en France – et pour cause, il était espagnol. Il s’appelait José Maria Galante, dit ‘Chato’, dessiné ici par le journaliste italien Gianluca Costanini (lien) en 2018 : 

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Mais qui était ce Chato ? Il est né en 1948 d’un père militaire franquiste. Il suit des études d’économie et de sciences politiques et devient, à l’orée de 1967-1968, un militant du Fronte de Liberacion Popular (FLP), un groupe clandestin anti-franquiste, et membre du Sindicato Democratico de Estudiantes (un syndicat étudiant de gauche). Arrêté en 1969, torturé pendant plusieurs jours. A partir de 1971, il devient membre de la LCR espagnole, la Troskista Liga Revolucionaria, il est encore arrêté et torturé pendant plusieurs semaines par le policier Billy el Nino, aka Antonio Gonzalez Pacheco. Direction la prison. Il fait ensuite son service militaire obligatoire mais on le surveille de près, on l’enferme, et on le torture encore. Entre 1971 et 1976, il passe environ cinq ans en prison, jusqu’à l’amnistie de 1976. Candidat LCR aux élections municipales du conseil municipal de Madrid de 1979 à 1983, il poursuit son militantisme pacifique et écologique, foncièrement de gauche.

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Copyright Mark Henley

 

En 2008, il forme avec d’autres (suite…)


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