Ce que j’en dis…

The Sopranos’ lives #002 Summer of Sam, matrice des Sopranos
18 novembre, 2017, 2:02
Classé dans : Ca, de l'art ?

 

Cette semaine, j’ai fouillé plein de trucs et j’ai retrouvé plein de trucs. Je me focaliserai sur deux choses. Dans le but d’écrire un papier sur feu Frank Vincent, notre Phil Leotardo national, qui nous a quitté, j’ai d’abord fouillé dans ma DVDthèque, à la recherche des films dans lesquels il joue. J’ai ressorti The Goodfellas et Casino, mais je n’ai pas retrouvé mon édition de Raging Bull. Merde. En revanche, j’ai remis la main sur un film que j’oublie parfois, Summer of Sam de Spike Lee, que j’ai mis dans ma pile, près de mon lit, prêt à être glissé dans mon lecteur (note : Frank Vincent ne figure pas au générique). J’ai ensuite fouillé dans ma mémoire, pour essayer de retrouver des images, des idées, des cartes postales mentales de Frank Vincent. Par association d’idées, je me suis demandé quand j’ai commencé à suivre The Sopranos, et là, un épais brouillard s’est dressé devant mes yeux embués.

 

Pourtant, je vais devoir m’atteler à dissiper ce brouillard. L’article sur Frank Vincent peut attendre.

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Frank Vincent dans le rôle de Phil Leotardo, dans The Sopranos

 

A l’adolescence, sans grande originalité, je me suis pris de passion pour l’univers de la mafia. Goodfellas, The Godfather, les deux Scarface, Carlito’s Way, The Untouchables, Casino, Once Upon a Time in America, Gotti, Donnie Brasco, Mobsters (Les Indomptés), Witness to the Mob (Mafia – La Trahison de Gotti), Il était une fois le Bronx, et beaucoup d’autres œuvres, plus ou moins reconnues, sont venues alimenter un imaginaire déjà taillé par la lecture d’un livre offert par ma géniale grand-mère, Le Syndicat du Crime, écrit par Jean-Michel Charlier et Jean Marcilly (1981) et édité par France Loisirs. Je ne ratais jamais un épisode de la série documentaire Portrait de gangsters, sur la chaîne Planète, avec des portraits de Lucky Luciano, Meyer Lansky, Al Capone, Sam Giancana, Lepke Buchalter, etc. Je lisais tout ce que je trouvais, jusqu’à des livres universitaires dont je ne comprenais que la moitié. Je suis le genre d’adolescent qui, en 4e, lorsque son prof de français offre à ses élèves de lire une œuvre libre, propose le bouquin de Charlier et Marcilly. Refus catégorique, regard désemparé. J’aurais essayé.

 

En 1999, Harold Ramis sort Mafia Blues, dans lequel Robert De Niro s’auto-parodie en caïd de la mafia en dépression, un film qui me fait à l’époque beaucoup rire. Comme j’épluche méthodiquement les programmes tv à la recherche du moindre truc, je tombe fatalement sur un article qui fait un rapprochement entre Mafia Blues et la série The Sopranos, sortie également en 1999 sur la chaîne HBO. Ma mémoire est faillible, mais je crois bien me souvenir avoir été interloqué par le nom de la série, plaçant mon esprit dans une grande confusion : mafia et musique classique, mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Selon IMDB (Internet Movie DataBase), lors des auditions, Jamie-Lynn Sigler, l’actrice qui joue Meadow, la fille aînée de Tony, aurait cru que la série portait sur des chanteurs d’opéra. Il y a pire que moi !

J’ai dû me dire intérieurement : de toute façon, c’est une série américaine diffusée aux États-Unis, alors basta. Je suis certain qu’à l’époque, j’ai conscience que la série est diffusée sur Canal Jimmy, mais, je ne saurais l’expliquer, je n’ai pas été curieux, cette fois. Peut-être que j’ai refoulé quelque chose. Je n’en sais rien.

Ce n’est que quelques années plus tard (2004, 2005 ?), que, peut-être par erreur, ou lors de l’une de ces sessions d’enregistrement à l’aveugle dont j’avais le secret, je tombe – enfin ! – sur The Sopranos en enregistrant Canal Jimmy. Saison 4 en cours, en VF, sortie en 2002 sur HBO. Je prends le train en marche, et je commence à kiffer, même si je ne comprends pas tout. Rapidement, j’irais me fournir en coffret DVD à la Fnac. Peut-être même que j’ai vu la saison cinq avant les précédentes (enregistrée sur Jimmy ?) ; je crois me souvenir que, lorsque j’ai rattrapé le temps perdu en DVD en reprenant les cinq premières saisons dans l’ordre, j’ai été surpris de mieux comprendre certaines séquences avec certains personnages (notamment Paulie et Johnny Sacrimoni). Je me suis ensuite projeté dans l’interminable attente, au compte-goutte, de la sortie DVD des saisons suivantes, jusqu’à la fin, ce final, mes larmes.

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Je vais faire hurler dans les chaumières, mais, à chaque fois, je visionne en VF. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi…

 

Mes souvenirs ne sont finalement pas si obscurs que cela, même si de nombreuses pièces n’ont pas encore recouvré le courant.

 

Passons à l’autre retrouvaille : Summer of Sam. J’ai dû enregistrer et voir ce film lorsqu’il est sorti sur Canal + (le film est sorti en 1999, donc la chaîne cryptée l’a certainement diffusé en 2000).

Pourquoi ai-je été attiré par ce film alors que je ne connaissais pas Spike Lee et n’avais à l’époque vu aucun de ses films (il était déjà un réal’ connu, notamment pour Do The Right Thing, Jungle Fever, Malcom X) ? Plusieurs raisons, semble-t-il. La plus évidente, c’est John Leguizamo, un acteur que j’apprécie pour sa tronche et ses performances dans Carlito’s Way, surtout, et puis aussi… Super Mario Bros dans le rôle de Luigi !

La raison la plus freak’, c’est Mira Sorvino : avant que je comprenne qu’elle est la fille de Paul Sorvino (Paul « Paulie » Cicero dans Goodfellas), j’ai fantasmé sur Mira Sorvino en voyant (seulement) la bande-annonce de Maudite Aphrodite, dans lequel Woody Allen lui offre en 1995 le rôle-titre d’une ingénue prostituée. Ce fantasme sera l’une des raisons pour lesquelles j’ai enregistré Un Tueur pour cible (1998) – l’autre raison, plus importante, étant… Chow Yun-Fat (l’acteur fétiche de John Woo dans Le Syndicat du crime 1 et 2 et The Killer, entre autres). Mira Sorvino, donc.

Peut-être aussi que j’avais visionné des extraits du film sur Canal +, et que j’ai été emballé par la musique des Who et de Marvin Gaye, l’iroquois d’Adrien Brody, le côté sulfureux (sexuellement parlant), l’époque (le Brooklyn moite de la fin des années 1970)…

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Bref, autour de 1999-2000, je mate Summer of Sam et me prends une putain de claque, tout me plaît. Comme je l’avais enregistré en VHS, j’ai dû le mater plusieurs fois en peu de temps. J’ai même rapidement fait l’acquisition du DVD (une édition sans bonus, mais avec en rab He Got Game, le film précédent de Spike Lee) – je me souviens bien que c’est l’un des premiers DVD que je me suis procuré (je devais en avoir une toute petite dizaine dans ma VHSthèque). Et puis, curieusement, le film s’est peu à peu évanoui dans mon esprit. Une sorte de black-out.

Il y a quelques jours, donc, je retombe dessus, dans ma DVDthèque. Et, contre toute attente, le soir même, j’insère le disque dans mon lecteur. Le film a beau faire 2h20, je me décide quand même à le revoir, et tant pis pour mes obligations professionnelles (un chapitre à préparer) ou domestiques (un ménage complet à faire). Entre-temps, entre le moment où je découvre Summer of Sam en 1999-2000 et ce soir de novembre 2017 où je le redécouvre, il s’est donc passé dix-sept ans, le temps d’avaler l’intégralité des Sopranos une bonne vingtaine de fois, au bas mot. Oui. Environ 80 heures de programmes. Une bonne vingtaine de fois. Oui.

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Trailer de la saison 1 des Sopranos

 

En redécouvrant ce film, je suis tombé des nues : je me rends compte que Summer of Sam a été une matrice formidable qui m’a permis d’accueillir The Sopranos dans les meilleures conditions. Le film m’a formidablement préparé le terrain. Qu’on ne se méprenne pas : d’autres moments de la pop culture ont fait le même boulot, souvent de manière beaucoup plus globale et explicite. Mais là, il y a quelque chose d’étrange.

On pourrait me rétorquer qu’il existe de grandes différences entre le film et la série : Spike Lee est un Noir né à Atlanta d’une famille favorisée intellectuellement, qui a grandi à Brooklyn, David Chase est un Italo-américain de New York, qui a grandi dans le New Jersey, issu d’une famille de la working-class, avec dix ans d’écart ; le premier, winner, fait des films reconnus depuis le début des eighties, quand le second, looser, dès le début des seventies, a été contraint de travailler dans l’ombre pour la télévision une grande partie de sa carrière, medium que, pourtant, il exècre ; le film se déroule en 1977 à Brooklyn et dans le sud du Bronx, la série débute en 1999 dans le New Jersey. On pourrait multiplier les différences, que ce soit sur le fond ou sur la forme.

 

N’empêche que. En dépit de la différence d’époque et de lieu, les quartiers italiens se ressemblent. D’ailleurs, le film se déroule entre le Bronx et Brooklyn, justement là où se déroule une partie de la série : Brooklyn est le fief de Johnny Sacrimoni, le sous-boss de l’une des Familles de New York, en relation étroite avec la Famille Soprano. Et puis, le nord de Brooklyn est éloigné de Montclair d’à peine quarante kilomètres. Les deux quartiers sont pareillement faits de briques rouges, de commerces ritals, de vieilles industries, de ports. On croirait presque voir la boucherie Satriale’s au début de Summer of Sam lorsque Vinnie se gare près du restaurant que tient le père de Dionna (21 min).

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Summer of Sam

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The Sopranos

Le père de Dionna, parlons-en ! C’est l’acteur Arthur J. Nascarella, qui joue le mafieux Carlo Gervasi dans The Sopranos. Les fringues, aussi, putain : du survèt trois bandes, du combo jean-marcel blanc-chemisette de golf-chaîne en or sur torse velu, on retrouve les panoplies de tous ceux qu’on a déjà vus dans Goodfellas ou Il était une fois le Bronx, par exemple, et qu’on retrouve évidemment dans The Sopranos, vu le degré de réalisme de toutes ces fictions. On y trouve également les mêmes gargotes à pizza et les mêmes diners. Plusieurs scènes, dans Summer of Sam, se déroulent dans une pizzeria tout ce qu’il y a de plus rital. Dans l’épisode 7 de la saison 2 des Sopranos, Christopher espère mettre un pied dans le monde du cinéma et rencontre Jon Favreau (qui joue son propre rôle), lequel recherche une certaine authenticité pour son prochain film. Pour ce faire, Christopher lui propose de lui faire faire le tour du New Jersey. En guise de découverte du New Jersey, il l’emmène dans une pizzeria, avec banquette en skye tout ce qu’il y a de plus rital, et lui raconte des histoires. Des similitudes de ce genre, il y en des tonnes, et ce n’est sûrement pas parce que David Chase aurait « tout piqué » à ses prédécesseurs, mais tout simplement parce que c’est du réalisme, c’est du vécu. Des vécus analogues.

 

Il y a plusieurs scènes exemplaires qui constituent autant de ponts. Par exemple, au bout d’une vingtaine de minutes de film, les personnages principaux discutent devant Eastchester Bay, une bande de jeunes ritals comme on en voit dans Goodfellas, Il était une fois le Bronx, The Sopranos. Une voiture décapotable rouge s’arrête. « Tiens, voilà cette pétasse de Ruby ». Ron, un jeune italien bien mis, polo Lacoste jaune pastel sagement rentré dans le chino, banane parfaite (Silvio Dante, dans The Sopranos, devait ressembler à ça à l’époque !) se la raconte au volant, avec la belle Ruby à ses côtés. Ils s’engueulent. À ce moment-là, ce passage me fait penser à la scène où, dans Goodfellas, Karen se fait emmerder par son frimeur de voisin, qui va rapidement le regretter. Dans Summer of Sam, la scène continue : Ruby envoie paître le bellâtre, qui lui rétorque « Vas te faire voir ailleurs, salope de ritale ! » Le truc à ne pas dire devant cinq Italo-américains en train de glander. L’un des types se jette sur le bellâtre, un autre fait mine de l’empêcher, laissant le temps au polo Lacoste de se tirer la queue entre les jambes dans sa caisse ; les deux fous furieux l’insultent et lui envoient une bouteille. « Rentre chez toi, grosse tapette ! » A ce moment-là, c’est à une scène des Sopranos que ce passage me fait penser, lorsque Benny Fazio, croix du Christ sur t-shirt blanc, accompagné de deux gros bras, mettent en chasse un autre mafieux ; celui-ci arrive à s’enfuir dans sa voiture, Benny le poursuit, lui lance un projectile et lui dit à peu près la même chose.

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Steven Van Zandt joue Silvio Dante dans The Sopranos

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Joseph Lyle Taylor joue Ron dans Summer of Sam

Il y a aussi cette scène où, dans le film, des flics, dont un Italo-américain qui a grandi dans le quartier, viennent chercher de l’aide auprès de Luigi, le boss de la mafia locale, interprété par Ben Gazzara, dans un petit restaurant typique tenu par le père de Dionna. On dirait presque l’agent du FBI Dwight Harris venant régulièrement discuter le bout de gras avec Tony à la boucherie Satriale’s.

 

Spike Lee filme de manière très réaliste son New York, coté italien cette fois, et cette époque, et il est aidé en cela, au scénario, par Michaël Imperioli (également producteur délégué). Celui-ci est un acteur habitué de Spike Lee : Jungle Fever (1991), Malcolm X (1992), Clockers (1995), Girl 6 (1996), Summer of Sam donc, et il jouera dans le Old Boy de Spike Lee (2013).

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Michaël Imperioli dans The Sopranos

Michaël Imperioli constitue un lien important entre ma culture et The Sopranos : le type joue Spider dans Goodfellas, subissant la foudre de Tommy dans deux scènes d’anthologie, puis un jeune second dans un ironique Walter Hill que j’adore (Last Man StandingLe Dernier Recours en VF, 1996), et je le retrouve en petite frappe dans le téléfilm Witness to the Mob, avec une bonne partie du futur cast des Sopranos. Dans la série, il joue Christopher Moltisanti, le neveu de Tony (en fait le cousin de Carmela, la femme de Tony), un éternel outsider ambitieux, loyal et poisseux. Il y a un papier entier à faire sur Michaël Imperioli et les rôles qu’il joue dans la série ! Dans Summer of Sam, l’acteur joue Midnite, un gérant de boîte de strip-tease gay, glauque à souhait, avec une moustache de Village People, un chapeau de cow-boy et un accent de folle (en VF). IMDB m’informe qu’à l’origine, il devait jouer l’un des rôles principaux, celui de Richie (que joue finalement Adrien Brody), mais, engagé sur les Sopranos, il se contenta du rôle de Midnite. Voilà encore un pont très important pour moi.

 

D’autres acteurs constituent des ponts, des liens, des tronches entre plusieurs univers qui m’ont permis d’accueillir The Sopranos dans les meilleures conditions.

Joe Lisi joue un mafieux proche de Luigi, le boss du quartier dans Summer of Sam, et il joue Dick Barone, le patron de l’entreprise de retraitement des déchets Barone tenue en sous-main par le clan Soprano.

Dans le film, Brian Tarantina joue le travesti Bobby Del Fiore ; il interprète Mustang Sally dans la série, une petite frappe qui a massacré au club de golf le mauvais type.

Le merveilleux Michaël Rispoli joue Joey dans Summer of Sam, un caïd de Brooklyn, un dealer qui tient plusieurs rues et qui s’improvise justicier ; il interprète Jackie Aprile, le boss par intérim de la Famille du New Jersey au début des Sopranos, un vieil ami de Tony. J’ai même l’impression qu’il est doublé par le même acteur en VF ! Selon IMDB, Michaël Rispoli a été auditionné pour jouer Tony Soprano ; lorsque David Chase a finalement pris James Gandolfini, il a créé un rôle sur mesure pour M. Rispoli, tant il avait apprécié ses performances (le rôle du boss de la Famille, au début de la série, devait être tenu par un acteur beaucoup plus vieux ; pour introduire M. Rispoli, D. Chase a créé le rôle de Jackie Aprile, un quadra de la génération de Tony, qui assure l’intérim à la tête de la Famille, son vieux croupissant derrière les barreaux).

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James Gandolfini, Dominic Chianese et Michaël Rispoli dans l’épisode 2  de la première saison des Sopranos

J’ai d’ailleurs une théorie farfelue sur les rôles que tient M. Rispoli dans le film de Spike Lee et la série de David Chase. Dans le film, il joue le rôle d’un petit caïd de quartier, dealer, capable de mobiliser et d’armer des jeunes pour protéger le quartier. On est donc en 1977. Dans la série, qui se déroule vingt ans plus tard, il joue le boss par intérim de la Famille des ploucs du New Jersey. Comme si Joey (dans le film) avait, durant vingt longues années, gravi un à un les échelons, prenant la place de Luigi (dans le film), et était devenu Jackie Aprile (dans la série). Drôle, quand on sait que, le film et la première saison de la série ayant été tournés à peu près à la même période (1998-1999), Michaël Rispoli a le même âge, la même trombine, les mêmes fringues, les mêmes mimiques, (peut-être) la même VF !

 

En plus de Michaël Imperioli, il y a également l’acteur Mike Starr qui joue Frenchy dans Goodfellas et Eddie dans Summer of Sam, un ancien chanteur de variété italien devenu le beau-père de Richie, une sorte de Frankie Valli qui n’aurait pas eu la carrière musicale de Frankie Valli (un Frankie Valli qui, rappelons-le, joue le vieux mafieux Rusty Millio dans les saisons cinq et six de la série). Dans le film de Spike Lee, Mike Starr est doublé en VF par Jacques Frantz, la voix qui a rendu célèbre Robert De Niro (la VF qu’on entend dans… Goodfellas, entre autres) ! Et ce n’est pas tout : Patti LuPone, qui joue la mère de Richie et la femme d’Eddie dans Summer of Sam, est doublée en VF par l’actrice qui double Sharon Angela, l’actrice qui interprète Rosalie, la femme de Jackie Aprile dans The Sopranos. Enfin, Mira Sorvino vient rappeler le lien de parenté entre Summer of Sam et Goodfellas, lorsque son papa, Paul Sorvino, jouait un boss impassible et glaçant aux côtés de Ray Liotta, Robert De Niro, Joe Pesci et Frank Vincent. La boucle est bouclée ; j’arrête là.

 

Autant dire que ce film de Spike Lee vient confirmer de nombreux lieux communs déjà vus dans d’autres fictions, et ainsi baliser le terrain pour The Sopranos. Une véritable matrice. Et pourtant : bien qu’il m’ait admirablement préparé à accueillir la série, le film et la dette que j’ai envers lui se sont évanouis de mon esprit à mesure que je m’engouffrais plus profond dans la série. Je fais l’hypothèse que le film avait tout pour baliser le terrain, tout, sauf peut-être les relations aussi explicites que d’autres œuvres, au premier rang desquelles Goodfellas, The Godfather, Gotti, Witness to the Mob (je prends ces exemples pour bien montrer que la qualité d’un film ne fait pas tout dans la constitution d’un imaginaire cohérent), et c’est ce manque de citations explicites qui a causé ce black-out. Une espèce de black-out digne de celui qui a plongé une partie de New York dans le chaos les 13 et 14 juillet 1977…

 


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