Ce que j’en dis…

LCS 201. Jack Seps, « Nihon Dropping », 2016
22 avril, 2017, 19:47
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature,Musique & Music

 

Ces derniers jours, l’artiste Larry Nocksy (aka Hare-T) a mis en boîte le morceau « Nihon Dropping », que mon frère Jack Seps a publié à la fin du printemps 2016 sur son compte Soundcloud. Le titre est une face B d’une piste disponible sur un disque de musique de Pokemon, et comme nous ne savons pas encore lire le japonais, ben on ne sait pas qui en est l’auteur !

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Jack a écrit ce morceau à la suite de son voyage au Japon, à l’été 2015, voyage qui semble l’avoir bien marqué. Il résidait alors dans le quartier Jujo. Il a enregistré le morceau assez vite, aux studios Axiome à Montreuil (93). Aux dires même de Jack, ce morceau a des chances d’intéresser tout au plus trois ou quatre personnes tant il est crypté, codé ! C’est en effet un name-dropping de tout ce qu’il aime au Japon, une sorte de pot-pourri de son amour pour la culture nippone (« Nihon » signifiant Japon), et, comme on pouvait s’y attendre, il y a beaucoup de ce qui a fait la culture d’un enfant occidental né dans les eighties ! Pour dire les choses honnêtement, c’est le morceau qui me plaît le moins parmi tout ce qu’a fait mon frère. Mais, non seulement, je reconnais à ce morceau un certain nombre de qualités, mais je l’apprécie de plus en plus.

On sent que Jack prend un réel plaisir à affirmer son amour pour le Japon. A l’écoute, de par la manière dont il a écrit ce texte, son interprétation ressemble par moments à certains morceaux du Party de Plaisir de Tekilatex (2007), en particulier le titre « Bonne Soirée » (même si Jack livre un rap plus classique et, selon moi, plus intéressant sur ce type de morceau). D’ailleurs, la référence à Tekilatex et TTC n’est pas si étrange que cela : non content d’avoir bercé notre adolescence et post-adolescence (pour ma part), l’un de nos titres préférés de TTC s’intitule « Ebisu Rendez-vous », sorti sur leur maître-album Bâtards sensibles (2004), dans lequel les trois rappeurs racontent leur voyage au Japon, et déclarent leur flamme au pays du Soleil levant.

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Pour terminer, je voudrais dire un mot du clip de « Nihon Dropping », car le travail de Larry Nocksy vaut le détour. Mais avant, j’aimerais faire part d’un tourment récurrent chez Jack Seps qui, en effet, ne cesse de rappeler ce paradoxe dès qu’on parle musique : c’est par le biais du clip, donc de l’image, qu’aujourd’hui le public entre dans la musique. Selon lui, sans clip, il est impossible d’intéresser un public, aussi étroit possible. Et je ne lui donne pas tort, non seulement parce qu’il semblerait bien que les artistes subissent cette évolution, mais surtout parce que… je laisse penser, par le fait même d’écrire une chronique sur ce titre-là en particulier, premier clip de Jack Seps, que sa musique n’est intéressante qu’à cette condition-là ! Les Buggles l’ont doublement prophétisé dans leur « Video Killed the Radio Star », sorti en 1979, d’abord dans le morceau, mais ensuite parce que le clip du morceau fut le premier à être diffusé sur MTV, au lancement de la chaîne en 1981. Jack me dit souvent, désabusé, que les gens ne s’intéressent à la musique que s’ils peuvent la « voir » en clip ; et on peut légitimement se poser la question : le clip a-t-il tué la musique ? Le clip fait-il forcément écran pour la musique qu’il est censé mettre en valeur ? Ou le clip peut-il être aussi harmonieusement complémentaire de la musique ?

On peut maintenant parler du formidable travail de Larry Nocksy, qui a décidé de répondre à chaque « drop » de name par une image, autant que faire se peut. Même si une erreur imperceptible s’est glissée dans le clip – on voit une image cool de Totoro alors que Jack dit « Toto », apparemment une marque de lavabo ou de toilette (mais Totoro, c’est cool quand même !) -, le travail de Larry Nocksy est tout bonnement génial : non seulement l’image est tremblante (ce qui donne de la vitesse, ce qui est loin d’être évident avec une suite de photos), mais aussi l’alternance d’images est rythmée, par construction, par le flow de Jack. D’un point de vue formel, le tout s’accorde donc très bien, d’autant plus qu’il y a un petit côté « professionnellement artisanal » de la part de Larry, qui convient parfaitement. L’essentiel, néanmoins, se trouve ailleurs. Ce qui est si plaisant dans le clip, c’est que l’image est au diapason de la musique : l’image n’écrase pas la musique, ne lui fait pas d’ombre, elle apporte au contraire quelque chose au morceau, « notamment de la compréhension » selon les propres dires d’un Jack Seps ravi du résultat. Le clip facilite la lecture du morceau, il rend fluide un texte et une interprétation qui, sans l’image, restent tout de même sacrément ésotériques ! Voilà un exemple parfait d’un mariage réussi entre l’image et la musique. Jack semble néanmoins avoir raison : c’est grâce au beau travail de Larry Nocksy qu’on va peut-être s’intéresser au beau travail de Jack Seps… Finalement, je n’ai qu’un conseil à leur donner : continuez à faire ce que vous faites, les mecs. Sincèrement, c’est du beau boulot. D’un côté comme de l’autre. Allez, je vous le remets, je fais ce que je veux, c’est mon putain de blog :

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