Ce que j’en dis…

LCS 199. VedeTT, Tuer Les Gens, 2015
5 mars, 2017, 17:11
Classé dans : Musique & Music

 

Cette semaine, je n’ai pas choisi un morceau, mais un album intégral, celui du groupe VedeTT intitulé Tuer Les Gens, sorti en 2015 chez Echo Orange. Voici le titre qui donne son nom à l’album, histoire de vous faire patienter jusqu’au terme de ce papier.

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Là encore, la découverte de ce truc mérite d’être racontée. Un jour de début février 2017, je perds mon temps sur Facebook, comme souvent. Sur le profil de Bester Langs, le grand manitou de Gonzai, une photo avec un t-shirt « J’aime pas les gens » sur un sac en cuir. Dans les commentaires, un internaute (apparemment le boss du label Echo Orange qui fait de la promo) partage le clip du morceau « Tuer Les Gens ». Voilà… Passionnant, hein ? Ce morceau dépressif et misanthropique, cold pop à l’anglaise, chanté en français, me parle instantanément. Le site du label précise : « Son album [...] sort dans un contexte difficile : les attentats du Bataclan. Certains médias hésitent à diffuser le premier single, à cause de son apparente violence. Pourtant, ce titre, gentiment provocateur, qui donne le nom à l’album, exprime avec un vrai fonds de tendresse et de bienveillance la difficulté d’aimer l’autre (Tuer les Gens / Tu es les Gens). » J’aurais pu ajouter « Tu hais les Gens »…

Comme je tombe dingue du morceau, je fouine, je tombe sur l’album… et me laisse embarquer. Il y a de la mélancolie et de la loose dans cet album, plein, et de la grandeur, et pis de la larme et du sourire triste, et évidemment un peu de misanthropie et de solitude. Un album d’une trentaine de minutes, bien serrées, trop court évidemment, alors repeat. Parfois, le rythme est plus rapide, comme dans « Fried », un beat qui ressemble à des coups de couteau glacé dans un déjà mort. La voix est perchée, file comme un synthé, gelée comme un lac canadien en hiver sous un soleil lumineux. A l’écoute, je repense à la prose de Daniel Dominici, le personnage joué par Alain Delon dans le film La Prima Notte di Quiete, de V. Zurlini (1972), le titre signifiant la première nuit de quiétude (ou de calme), en d’autres termes, la mort : « Mais il n’existe pas de chemin vers l’amour espéré qui me soit plus doux à parcourir en cette vie. Renonce, je t’en conjure, à cette décision féroce qui t’entraînerait loin de moi, derrière d’inviolables frontières de glace. » Putain… D’inviolables frontières de glace…

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Les Inrocks précisent que c’était un trio venu d’Angers, repéré au Printemps de Bourges avant que Nerlov, le fondateur et chanteur, continue en solo. Il raconte aux Inrocks l’histoire de l’album : « J’ai composé cet album tout seul lorsque les autres membres du groupe ont décidé d’arrêter. J’ai tout fait chez moi dans mon home studio, à part certaines voix que j’ai enregistrées dans les studios Tostaky [...] La musique de VedeTT fait partie de la grande famille de la pop noire, un peu sombre et un peu fataliste… c’est un peu triste, mais malheureusement, je n’arrive pas à faire autre chose pour l’instant. »Les influences ? Q Lazzarus, Etienne Daho, War on Drugs notamment.

 

VedeTT Nerlov

 

Post Scriptum : C’est marrant, les thèmes, la musique et les conditions de production me rappellent cet album étrange d’une jeune femme originaire de mon pays, le sud de la Seine-et-Marne, Mohini Geisweiller (l’album s’appelle Event Horizon (2011), je l’avais néanmoins trouvé moins bon que ce Tuer Les Gens). Allez, je vous en donne un aperçu (le titre s’appelle « Milk Teeth ») :

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