Ce que j’en dis…
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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #012

 

 

En ce moment, je suis assez las, il faut le reconnaître. Sept ans après la plus grave crise du néolibéralisme, l’argumentaire néolibéral ne s’est jamais aussi bien porté qu’aujourd’hui, jusque dans les rangs zélés d’un parti socialiste français qui, décidément, n’a pas fait que trahir son électorat, mais toute son histoire, en en vampirisant le terme-symbole (« socialisme ») désormais synonyme d’économie de marché, de politique de l’offre et de flexibilité au travail. « S’il en était encore besoin, la théorie économique qui domine l’enseignement, la recherche, l’information et le gouvernement des hommes et des choses a fourni, à travers cette crise, les preuves de sa vacuité conceptuelle et heuristique, de son inefficacité à guider les politiques économiques, sociales et écologiques, et, par-dessus tout, de son allégeance aux classes dominantes, essentiellement à la bourgeoisie financière devenue mondiale. La « science économique » [standard] n’est qu’un vaste corpus idéologique, pétri d’incohérences logiques et de préceptes normatifs défendant des intérêts de classe. »[1]

 

C’est pourquoi, lors du dernier Edito-Eco, j’ai fait un pas de côté, fouillant chez Smith comme chez Keynes, pour mieux éclaircir notre présent. Aujourd’hui, mon pas de côté sera d’un autre ordre. A la fin du XIXe siècle, l’économie prend un tour nouveau, en se rêvant science dure, loin, très loin de ces autres sciences sociales qui ne sont que palabres entre universitaires poussiéreux : c’est la naissance de la science économique, avec force lois, théorèmes et démonstrations, science économique qui, depuis 1968, a créé son propre « Prix Nobel » (qui n’en est pas un, voir ici et ici). A défaut de science, on trouvera surtout une religion. Aujourd’hui, donc, je mobiliserai la littérature. En effet, la littérature nous permet souvent de prendre acte des tourments du monde et de penser l’avenir de l’humanité de manière plus juste, plus précise, plus complexe, que les sciences ; tous les profs de français le savent bien. Pour paraphraser Frédéric Beigbeder : le seul moyen de raconter la réalité économique, c’est de l’inventer.

 

Il y a deux ans et demi, une nouvelle revue voyait le jour, au nom aussi emblématique que bien français : Charles. Il y est question de politique, mais avec une sincérité bienvenue, une diversité large, une érudition rare, c’est aussi exigeant que classieux. Bref : nouvelle revue dans ma bibliothèque. Pour son premier numéro, en pleine campagne présidentielle, la revue propose un gouvernement des écrivains, pour rêver un peu et (vraiment) ré-enchanter la politique.

CHARLES01_Coverweb_m (suite…)



LCS 120. Tangerine Dream, « Diamond Diary », 1981
27 septembre, 2014, 19:56
Classé dans : Musique & Music

 

Tangerine Dream, « Diamond Diary », sur la bande originale du génial film de Michael Mann The Thief, sorti en 1981. 

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LCS 119. Krisma, « White Knife », 1980
22 septembre, 2014, 17:15
Classé dans : Musique & Music

 

Krisma, « White Knife », sur l’album Cathode Mamma (1980), sorti chez Polydor. 

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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #011

 

 

Les recommandations du MEDEF pour créer de l’emploi ont fuité dans la presse hier : on vire les 35h, on travaille davantage les soirs, nuits et dimanches, on supprime des jours fériés, on déroge au salaire minimum… De nouvelles recommandations pour relever les défis du XIXe siècle ? Est-ce un aveu de l’inefficacité du Pacte de responsabilité, pourtant largement pensé sous influence MEDEF ? Je n’ai pas envie de démontrer, encore une fois, l’inanité de ce genre de propositions… Non, je vais faire un pas de côté cette fois…
Le philosophe écossais Adam Smith, auteur du célèbre ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), est souvent présenté comme le père du libéralisme, et sa métaphore de la Main Invisible la pierre angulaire de l’idée selon laquelle le marché est le système d’allocation des ressources le plus efficace. C’est que le cliché a la vie dure…

 

Prenons un exemple. Dans la conclusion du Livre premier de la Richesse des Nations, il écrit : « Ceux qui emploient l’ouvrier constituent la troisième classe, celle des gens qui vivent de profits. C’est le capital qu’on emploie en vue d’en retirer un profit, qui met en mouvement la plus grande partie du travail utile d’une société. Les opérations les plus importantes du travail sont réglées et dirigées d’après les plans et les spéculations de ceux qui emploient les capitaux ; et le but qu’ils se proposent dans tous ces plans et ces spéculations, c’est le profit. Or, le taux des profits ne hausse point, comme la rente et les salaires, avec la prospérité de la société, et ne tombe pas, comme eux, avec sa décadence. Au contraire, ce taux est naturellement bas dans les pays riches, et élevé dans les pays pauvres ; jamais il n’est aussi élevé que dans ceux qui se précipitent le plus rapidement vers leur ruine. L’intérêt de cette troisième classe n’a donc pas la même liaison que celui des deux autres avec l’intérêt général de la société. Les marchands et les maîtres manufacturiers sont, dans cette classe, les deux sortes de gens qui emploient communément les plus gros capitaux et qui, par leurs richesses, s’y attirent le plus de considération. Comme dans tout le cours de leur vie ils sont occupés de projets et de spéculations, ils ont, en général, plus de subtilité dans l’entendement que la majeure partie des propriétaires de la campagne. Cependant, comme leur intelligence s’exerce ordinairement plutôt sur ce qui concerne l’intérêt de la branche particulière d’affaires dont ils se mêlent, que sur ce qui touche le bien général de la société, leur avis, en le supposant donné de la meilleure foi du monde (ce qui n’est pas toujours arrivé), sera beaucoup plus sujet à l’influence du premier de ces deux intérêts, qu’à celle de l’autre. […]

(suite…)



LCS 118. Kraftwerk, « Autobahn », 1974
13 septembre, 2014, 19:08
Classé dans : Musique & Music

 

Kraftwerk, « Autobahn », sur l’immense album éponyme (1974), sorti chez Philips.

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LCS 117. New Order, « The Him », 1981
6 septembre, 2014, 21:12
Classé dans : Musique & Music

 

New Order, « The Him », sur leur premier album Movement sorti en 1981 sur le label de la Factory. 

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L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #010

 

Avant-hier, c’était la rentrée des classes. François Rebsamen, le ministre du Travail et de l’emploi, n’a rien trouvé de mieux à faire que de déclarer la guerre, non pas au chômage, mais aux chômeurs, en dépit du fait qu’il ait nuancé (à peine) ses propos le soir même. Le chômage augmente inexorablement depuis 2008 ? C’est la faute aux chômeurs, puisqu’il existe, selon le ministre, 350 000 emplois vacants : « Je demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles pour être sûr que les gens cherchent bien un emploi. [Si ce n’est pas le cas] il faut qu’il y ait […] une sanction. C’est négatif, pour ceux qui recherchent des emplois, d’être à côté de personnes qui n’en cherchent pas. [Cette mission de contrôle nécessite un] état d’esprit différent, des convocations et des vérifications […]. Sinon on est radié. »

Avant de continuer, rappelons ces propos du Président Nicolas Sarkozy, prononcés à la télé le 24 avril 2008 : « Il y a 500 000 offres d’emplois qui ne sont pas satisfaites avec 1,9 million de chômeurs, l’immense majorité des chômeurs essayent de trouver un emploi, mais certains ne veulent pas se mettre au travail, c’est une minorité qui choque. »[1] On notera l’aspect farfelu des chiffres : l’un est gonflé, l’autre minimisé, l’écart étant réduit, la conclusion s’impose d’elle-même (le chômage est dû à ceux qui ne veulent pas travailler). D’ailleurs, en février 2012, le candidat François Hollande avait fustigé ce genre de discours en rappelant que les chômeurs n’étaient pas responsables de leur situation et qu’il était inadmissible d’accabler les faibles. Bref… Essayons maintenant d’y voir un peu plus clair.

 

Que laisse entendre Rebsamen ? Du bon sens : s’il coexiste des chômeurs et des emplois vacants, c’est bien que certains chômeurs ne font rien pour en trouver un. C’est mathématique ! Mettons d’abord en exergue les chiffres : entre 2,7 et 5,7 millions de chômeurs[2] d’un côté, entre 180 000 et 300 000 emplois vacants de l’autre[3]. La première chose qu’on peut dire, c’est que, même si tous ces emplois étaient pourvus, le chômage resterait important ; ce n’est donc pas en les pourvoyant qu’on réglerait le problème… Soyons clair : Rebsamen et tous ceux, car ils sont nombreux, qui pensent la même chose se plantent. (suite…)


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