Ce que j’en dis…

Polémiques sur les sujets de bac SES : le pluralisme, vite !

 

Avant même que les presque 700 000 candidats au bac aient terminé leurs épreuves, des polémiques ont encore émaillé le symbole du baccalauréat cette année. Nous n’évoquerons pas les rumeurs de fuites, notamment sur le sujet de philosophie ; nous n’évoquerons pas la pétition lancée par les élèves de la filière Scientifique pour dénoncer des épreuves de mathématiques trop dures ; nous n’évoquerons pas  les insultes, ironiques ou 1er degré, assénées par des élèves de Première à… Victor Hugo ; non, il s’agit ici de revenir tout particulièrement sur l’épreuve de Sciences Economiques et Sociales (SES), même si elle ne concerne que 16 % des bacheliers toutes filières confondues.

 

Les SES, c’est quoi ?

 

J’ai conscience que c’est rébarbatif, mais, préalablement, nous devons revenir brièvement sur le contenu du programme et de l’épreuve de SES.

Le programme est très large, très vaste, pour un enseignement dont le coefficient est le plus élevé dans la section (coef. 7) : en première, on étudie la production, le marché, la monnaie, la macroéconomie (croissance, chômage, inflation), la politique économique, la socialisation, les groupes sociaux, la déviance, l’ordre politique, les rapports sociaux dans l’entreprise, l’intervention publique ; en terminale, on approfondit et on développe, notamment sur des questions telles que les sources et l’instabilité de la croissance, la mondialisation et l’Union européenne, le développement durable, le marché du travail et les politiques de lutte contre le chômage, la structure sociale, les inégalités, la mobilité sociale, l’idée de justice sociale, le lien social et son rapport à l’individualisme, les conflits sociaux. Le nombre de notions à savoir est tout bonnement hallucinant : 95 en Première, dont des joyeusetés comme équilibre emplois-ressources, loi des rendements décroissants, price taker, asymétries d’informations, déficit et dette publics, socialisation différentielle, déviance, anomie, désaffiliation sociale ; 79 en Terminale (qui s’ajoutent donc à celles de Première), dont croissance endogène, déflation et désinflation, dotation factorielle, soutenabilité, déclassement, taux de salaire réel, salaire d’efficience, demande anticipée. (suite…)



L’Edito-Eco de Lud le Scribouillard #008

 

Le 26 mai dernier, le Cercle des Economistes et Le Monde ont décerné le Prix 2014 du Meilleur jeune économiste, 15e du nom, à Augustin Landier, qui lui a été remis au Sénat par Mario Monti. Ce Prix vise à distinguer l’excellence académique, la capacité d’innovation et la participation au débat public.

 

http://www.dailymotion.com/video/x1x3f9o

 

Les auteurs présumés

 

Augustin qui ?

 

Augustin Landier (CV en ligne ici), 39 ans, est professeur à l’Ecole d’Economie de Toulouse, plus connue sous le prétentieux nom de Toulouse School of Economics, depuis 2009. Il est Normalien Ulm, agrégé de mathématiques, il a obtenu son doctorat d’économie au Massachusets Institute of Technology (MIT) ; il a enseigné aux universités de Chicago et de New York, il a été membre du FMI et du Conseil d’analyse économique ; il a aussi créé un hedge fund (Ada Investment Management) en 2008. On peut le lire dans Les Echos et sur Telos, on peut le voir sur BFM-Business. Même si ces travaux académiques portent principalement sur les contrats financiers des entreprises, en particulier sur leurs propriétés incitatives, les ouvrages qu’il a publiés (souvent avec David Thesmar) portent des titres évocateurs d’un libéralisme bas-de-plafond : Le Grand méchant marché en 2007 (on en reparlera, mais le titre est évidemment ironique), La Société translucide : pour en finir avec le mythe d’un Etat bienveillant en 2010 et Dix idées qui coulent la France (en gros : l’Etat est parasite quand le marché est le mode d’allocation des ressources le plus efficace) en 2013. (suite…)



Lud le bootlegger présente… le Cable Car
8 juin, 2014, 13:14
Classé dans : Epicurian Arts

 

* Toutes les photos du cocktail ont été réalisées chez moi, par moi…  

* Malgré ses fortes ressemblances avec le paragraphe sur le Cable Car dans l’ouvrage La Bible des Cocktails, de Simon Difford (2013, Marabout), je certifie avoir écrit mon texte en faisant mes propres recherches, et je n’ai eu connaissance de ce paragraphe qu’après publication du présent article. 

 

Depuis longtemps, j’ai envie de mixer du rhum épicé. Mais les recettes qui en contiennent ne sont pas si nombreuses…

Il faut savoir que j’ai développé, depuis ma tendre enfance, une espèce de déviance, dite du « collectionneur » : dès qu’une passion m’envahit, je collectionne ! Par exemple, même si je sais que c’est un argument marketing, j’adore me procurer des coffrets d’alcool avec des verres en cadeau (en d’autres termes : je me laisse séduire par le marketing !). En 2011, le groupe Bacardi-Martini lançait son propre rhum épicé (un assemblage de rhum ambrés de mélasse, vieilli jusqu’à trois ans en fûts de chênes, auquel on a ensuite ajouté des arômes de vanille, de miel et d’épices telles que la cannelle et la noix de muscade), le Oakheart, pour concurrencer Captain’s Morgan et Sailor Jerry. Le produit arrive en France en 2012 avec force emballage marketing : une chope et une recette avec du citron vert et du cola. J’adore l’objet ! Et, à l’occasion, je découvre le goût du spiced rum, intéressant. Une bonne amie, connaissant mon obsession, m’offre un cadeau : plusieurs bouteilles d’Oakheart avec les chopes correspondantes ! Entre-temps, je m’étais procuré une bouteille de Sailor Jerry, que j’eus la surprise de découvrir dans mon supermarché.

Bref, j’avais du spiced rum en stock… N’ayant plus de bourbon, rationnant mon gin, délaissant le rhum blanc, je suis dans l’expectative. Dans le Mr Boston Official Bartender’s Guide, je tombe sur un cocktail intitulé le Cable Car, inconnu au bataillon. D’où vient ce cocktail ? Remontons un peu le temps.

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L’Edito Eco de Lud le Scribouillard #007

 

Alors que l’humoriste Christophe Alévêque organisait hier soir la première Fête de la dette au 104 à Paris, avec un spectacle dans lequel intervenaient des économistes, le Collectif pour un Audit Citoyen de la dette publique (CAC) rendait public un rapport quelques jours auparavant. C’est quoi ce collectif ? Ce sont des citoyens, des organisations syndicales associatives, soutenus par plusieurs formations politiques, qui, il y a quelques années, ont décidé de rendre effectif l’article 21 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, à savoir que « Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays […] ». Pourquoi un audit de la dette publique ? Parce que, depuis trop longtemps, on entend dire que l’Etat vit au-dessus de ses moyens sans réellement avoir connaissance des tenants et des aboutissants de la dette publique. Déjà, en 1951, le futur ministre des Finances de De Gaulle, Antoine Pinay, déclarait qu’ « un déficit public trop important est comparable à la situation d’un ménage qui vit au-dessus de ses moyens et par conséquent cette situation est condamnable. »[1] En 1996, le ministre de l’Economie et des Finances d’Alain Juppé adresse une lettre à tous les contribuables : « Une nation, pas plus qu’un ménage, ne peut durablement vivre à crédit. »[2] Contre cette idée reçue, un audit citoyen permet d’évaluer d’où vient la dette, si elle a été contractée dans l’intérêt général, qui sont ses détenteurs, si on peut alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les peuples, etc. Il permet ainsi aux citoyens de se réapproprier cet objet qui a été, trop longtemps, la chasse gardée d’un discours technique d’experts qui entretenaient toutes les idées reçues à son endroit. Car la dette publique nécessite (enfin) un débat démocratique digne de ce nom.

 

C’est quoi ce rapport ? Avant d’en parler, nous aimerions rappeler quelques évidences sur la dette publique ; en effet, plusieurs idées reçues circulent largement aujourd’hui à son sujet. La dette publique serait une dette comme les autres ; par conséquent, il est mal de ne pas la rembourser ; ce n’est pas seulement mal, mais aussi irresponsable, car ce sont nos enfants qui la supporteront. Sauf que : 1. la dette publique est une dette permanente, puisqu’elle est celle de collectivités publiques qui, contrairement à une entreprise, ne peuvent pas déposer le bilan ; 2. la dette publique sert à financer des services publics et des dépenses qui permettent la cohésion sociale d’une communauté ; 3. la dette publique est celle d’un agent économique pas comme les autres, qui a le pouvoir de lever l’impôt ; 4. la dette publique, si elle résulte d’une réelle décision démocratique, est complètement légitime ; 5. la dette publique étant une dette permanente, elle est remboursée de manière permanente : ce sont donc tous les contribuables qui passent à la caisse aujourd’hui. Pour résumer, la dette publique est une dette sociale qui n’a rien à voir avec une dette privée. Le rapport du CAC interroge ainsi son origine et sa légitimité.

(suite…)


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