Ce que j’en dis…

L’Edito Eco de Lud le Scribouillard #004

 

On parle souvent de l’inflation sans connaissance rigoureuse, à l’image de ces statuts qui pullulent sur les réseaux sociaux (bourrés de fautes d’orthographe), avec, au-dessus d’un vulgaire montage de deux photos, l’une avec beaucoup de bonbons, l’autre avec trois pauvres bonbons, ces quelques mots qui ont valeur de sentence définitive, genre « à gauche, ce qu’on avait à la boulangerie avec 5 francs ; à droite, ce qu’on a aujourd’hui avec 1 euro »… Statuts qui feraient sourire s’ils n’alimentaient pas de dangereuses idées politiques, qui sur l’arnaque de l’euro, qui sur l’inanité des gouvernements sur le mode du « tous pourris », qui sur la statistique publique qui ne dit pas la vérité… Revenons un peu sur terre.

 

Définitions

 

L’inflation désigne simplement la hausse durable et continue des prix. De quels prix parle-t-on ? Des prix à la consommation de biens et de services ; c’est pourquoi on en calcule un indice (IPC), pour pouvoir suivre l’évolution mensuelle de l’inflation.

L’IPC est donc un résumé dans un chiffre unique d’une quantité importante de prix à la consommation (ce qui exclue les prix industriels, les prix à la production, etc.). C’est l’INSEE qui calcule cet indice en France chaque mois. Comme il est impossible de mesurer tous les prix, pour tous les produits de consommation, et sur tous les points de vente, l’INSEE choisit, par conventions, un certain nombre de produits jugés représentatifs de la consommation des ménages, qu’on appelle le panier fixe (actualisé chaque année). (suite…)



L’Edito Eco de Lud le Scribouillard #003

 

Aujourd’hui, l’Edito Eco ne sera pas signé par votre serviteur, mais par l’un des plus grands et des plus stimulants économistes français, André Orléan, membre fondateur des Economistes Atterrés, président de l’Association Française d’Economie Politique, qui réclame davantage de pluralisme en économie. 

De nombreuses initiatives ont éclos depuis une dizaine d’années pour aller vers davantage de pluralisme en économie, et ce mouvement est loin d’être franco-français. Au début des années 2000, des étudiants fondent le mouvement autisme-économie ; plus récemment, une nouvelle génération crée le collectif PEPS-Economie. Il y a un an, j’assistai avec grand intérêt à une conférence organisée par PEPS, à laquelle étaient invités, entre autres, les économistes Gilles Raveaud (autisme), Dominique Plihon (Atterrés), et Bernard Chavance (mon directeur de mémoire à Paris-Diderot). A l’époque, PEPS exigeait, dans la lignée de l’AFEP :

- un triple pluralisme, inexistant encore aujourd’hui : pratique réflexive en réintroduisant de l’épistémologie, de l’histoire des faits et de la pensée économiques (qui ne représentent que 5,5 % des cours de Licence en France) ; pluralisme des approches théoriques en économie ; pluralisme dans l’interdisciplinarité (sociologie, histoire, droit, gestion, géographie, anthropologie, etc.), indispensable à la compréhension du monde et des objets économiques  ;

- de remettre à leur place les enseignements techniques (micro, macro, méthodes quantitatives), qui représentent 43 % des cours de Licence ; ceux-ci doivent rester des outils d’analyses, et non être révérés, étudiés sans réflexivité ;  (suite…)



L’Edito Eco de Lud le Scribouillard #002

 

Manuel Valls vient de terminer son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale sans bafouiller (ou presque), mais avec la main sur le coeur. Si j’ai bien compris son équation :

 

1. les entreprises et les ménages (belle rhétorique : on ne dit plus ‘capital’ et ‘travail’, ça fait gauchiste) souffrent d’un ras-le-bol fiscal ; il faut donc baisser les impôts et taxes (au passage, il renie l’action de son gouvernement – oh, ce n’est pas le seul !), en particulier l’impôt sur les sociétés ;

2. ce sont les entreprises qui créent des richesses (l’offre crée sa propre demande, avait dit Jean-Baptiste Say, heu pardon F. Hollande) ; on doit donc baisser le coût du travail (comme si c’était lui qui minait la compétitivité), flexibiliser le marché du travail (comme s’il n’était pas assez flexible – et précaire pour les salariés), et réaliser des allègements de ‘charges’ sociales (on oublie trop souvent de parler de ‘cotisations’, dont la baisse risque d’accentuer la fiscalisation de la protection sociale – virage extrême qui fragilise encore un peu plus la solidarité nationale) ;

3. comment réaliser cette équation ? En faisant allégeance aux marchés financiers et à la règles d’or de Maastricht (en passant, pour Manuel, le seul problème lié à l’Europe, c’est le niveau atteint par le cours de l’euro) : le déficit et la dette publics représentant un mal absolu (la confusion entre ‘dette’ et ‘culpabilité’, inscrite dans l’étymologie, fait encore des ravages), il devient indispensable d’alléger ce fardeau qui pèse sur les générations futures (en fait, sur les agents les plus modestes, au détriment des créanciers) ; cela permettra surtout de financer les points (1) et (2) sans énerver la finance et l’Europe ; (suite…)



L’Edito Eco de Lud le Scribouillard #001

 

A l’heure où l’Allemagne tente une petite révolution (instauration d’un salaire minimum, extension des conventions collectives à tous les salariés, et remise en cause des mini-jobs), voilà que des voix à gauche (sic) lorgnent à nouveau du (mauvais) côté allemand.

C’est Pascal Lamy, proche d’Hollande, qui balance la bombe sur LCP : « A ce niveau de chômage, il faut aller vers davantage de flexibilité et de petits boulots, payés en-dessous du Smic, comme en Allemagne. » Ce n’est pas la seule solution préconisée par l’ancien DG de la très libérale OMC : le Smic jeune (inférieur au Smic, donc) ou l’appel à des travailleurs détachés sont des pistes envisageables, selon lui. Quelques jours plus tard, Hubert Védrine présente son livre sur LCP, et met ses pas dans ceux de Lamy d’une manière extraordinairement coordonnée : « Ça choque peut-être les gens, mais c’est grâce aux mini jobs que les Allemands ont cassé le chômage de masse. C’est moins destructeur de gagner mal que d’être purement assisté. La France a ainsi une préférence pour le chômage : on préfère que des gens aient la même somme en étant assisté sans rien faire qu’en travaillant. Lamy n’a pas entièrement tort si c’est une étape pour la réinsertion dans le marché du travail. » D’ailleurs, Hollande lui-même, fin janvier, avait reçu Peter Hartz en personne. Qui ? Celui-là même qui est à l’origine des dures réformes du marché du travail allemand en 2003-2004 : introduction de l’intérim, développement des mini-jobs (moins de 400 euros par mois, et non soumis à cotisations sociales), réduction de la durée d’indemnisation du chômage, traitement administratif impitoyable pour obliger les chômeurs à prendre un boulot (n’importe lequel, en particulier les mini-jobs).

 

Facile, donc, de réduire le chômage ?

 

Ces lois, contrairement à ce qu’on lit partout, n’ont en fait pas permis le redressement économique ; le journaliste Guillaume Duval dit même que l’économie allemande s’est redressée en dépit des lois Hartz. Petite piqûre de rappel : ces lois ont aggravé les inégalités et la pauvreté, affaibli la négociation sociale (la moitié seulement des salariés allemands sont couverts par des conventions collectives) ; plus de 5 millions d’actifs gagnent ainsi moins que 400 euros mensuels sans avoir cotisé pour la retraite pendant dix ans. Le chômage baisse en Allemagne, nous dit-on ; certes. Mais ce n’est pas tant le numérateur (le nombre de chômeurs) qui baisse, (suite…)



LCS 106. Jack Seps, « Fin Du Springtime » & « Comme Super Mario », 2014
1 avril, 2014, 5:06
Classé dans : Ca, de l'art ?,Ils font avancer le monde,Musique & Music

 

Cette semaine est particulière. Mon frère Jack Seps sort officiellement deux morceaux sur la toile. Pas de maison de disque ni de label, do it yourself, avec l’énergie du désespoir, la fougue de l’artisan, la joie du désintérêt. Depuis plusieurs années, le frérot bosse ses textes, cherche de la matière musicale dans les brocantes et chez les disquaires (et partout ailleurs), fait des rencontres. Par nos liens familiaux, j’ai évidemment eu la chance d’entendre avant tout le monde des bouts de textes, la pose d’un flow, l’intérêt d’une boucle, et toutes les interrogations à leur propos, et toutes les interminables discussions sur mon lit au cours de nuits blanches mémorables et passionnées.

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Bref, aujourd’hui est à marquer d’un Francis Blanche. Deux faces B, et basta ! Démerdez-vous avec ça. Je chronique en toute subjectivité. « Fin Du Springtime » est une sorte d’entrée en matière, histoire de décliner son identité, ses goûts, ses centres d’intérêts. Rappé sur le pétillant désuet « Springtime » du Klub des Loosers (sur Spring Tales, 2010), le morceau est court, un 16 mesures dans tout ce qu’il a de plus traditionnel, mais foutrement efficace, alternant les phases techniques et complexes, et les phases plus cools, posées. Un titre qui rappelle, dans l’imaginaire, le morceau « La Ville En Juin », de L’Atelier (2003), un titre tout en rondeur mais contenant, de manière plus ou moins feutrée, des phases plus sombres. « Comme Super Mario » est une mise en musique 8 bits d’un vieux texte, un 16 mesures également. La production est signée Hirokazu Tanaka, composition réalisée pour ce jeu qui a bercé toute notre enfance (et qui continue), Dr Mario (1990). Jack, tant sur le plan des textes que sur celui du flow, convoque tour à tour la scène TTC, Delleck, Fuzati, La Caution, Octobre Rouge, etc. Evidemment, son art, comme souvent, est un syncrétisme, et son originalité se perçoit dans l’affranchissement de ces figures tutélaires, dans l’affirmation d’une liberté et d’une singularité dans les références. Jack nous dit clairement : je suis un gamin des eighties, souvent affreuses à première vue (les fringues, la musique, le cinoche), mais qui renferment finalement, en tout cas pour ceux qui y ont vu le jour, une indéniable et inépuisable source de pop culture façonnant, qu’on le veuille ou non, notre imaginaire. Aussi, Jack nous lance cet appel discret : à première vue un mec cool, généreux et propre, je peux exploser à tout moment, même sur le thème de l’arrivée de l’été ! Je suis vivant, je suis un être humain, dans tout ce qu’il a de plus pur, mais aussi dans tout ce qu’il de plus sale. « Mon cerveau se putain de détraque/Je frôle la crise de nerf/Une crise colérique digne d’un nerd ». Folie latente, folie normale. Honnête et humble. « Non, j’fonce et plonge dans l’étrangeté de mes songes » Complexe. Un bâtard sensible : « Non, c’est juste une carapace pour pas que l’amour me rattrape ». Je lui tire mon chapeau concernant la diction, il y en a en effet peu qui sont capables de balancer autant de mots en si peu de temps, de façon plus ou moins harmonieuse sans perdre en clarté (Grems et Julien Lepers, en gros). Cette diction claire rend simple son propos, mais cache une certaine complexité (encore), sur le fond comme sur la forme. Les allitérations, les rimes multisyllabiques, les figures de style, tout est maîtrisé. Cessons-là tout superflu verbiage, tout vain babillage, tout inutile agiotage, place à la musique. De toute façon, l’avenir appartient à Jack Seps. Nous aurons l’occasion d’en reparler. En toute subjectivité.

Jack Seps, « Fin Du Springtime », 2014

Jack Seps, « Comme Super Mario », 2014

 

N’oubliez pas le soundcloud de Jack Seps !

 

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