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LCS 101. Booba, « Strass Et Paillettes », 2002
27 octobre, 2013, 23:44
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de Booba feat. Ali, « Strass Et Paillettes », présent sur son premier album solo Temps Mort (2002), sorti chez 45 Scientific et distribué par BMG. Elle contient un sample de « Children Of The Sun », du groupe funk Mandrill sur l’album Mandrill Is (1972).

LCS 101. Booba,

On s’attaque ici à un cas particulier dans le rap. Le petit ourson clive. Les uns l’acclament comme le nouveau poète des temps modernes, au-dessus du lot, quand les autres le descendent comme un voyou capitaliste, cynique et sans talent. Ce que j’en pense ? J’ai découvert Elie Yaffa au tout début du millénaire, sur la compil 45 Scientific, sortie en 2001 : Lunatic, LIM, Hifi, Ill, Malekal Morte, X-Men. J’achète Temps Mort, tombé sous le charme morbide du 92… C’est une claque hardcore, mais pas comme on entend souvent ce terme : des instrus lourdes, dark, tantôt froides comme le cuir, tantôt chaudes comme le sang, au tempo souvent ralenti, un flow hautain qui déchiquette des textes désabusés, à la prose directe, fine et tranchante. Une attitude de crapule, un comportement do it yourself (Booba, Geraldo et Ali fondent le label indépendant 45 Scientific : « Delabel, Sony ou Virgin, vous comprenez, mon style n’a pas b’soin d’vigile »). « Strass Et Paillettes » me fait souvent penser à « Si Tu Kiffes Pas… »[1] Booba le dit souvent dans ses lyrics : « Ma vie, un putain d’cul de sac ». Sombre. Dans les médias, Booba revendique souvent un certain bling bling, bien avant Sarko. Mais la différence est grande : le bling bling de B2O est déprimé, désabusé, une espèce de nihilisme dans la réussite, de loose dans la win, quand Sarko en fait quelque chose de triomphant, décomplexé, finalement plus repoussant… « Né dans une cible, on a coupé mon cordon avec une scie, neuf mois dans un bunker, le majeur debout, l’daron a craché dans un chargeur ». Chez lui, le bling bling est une nécessité. « J’suis pas le bienvenu, mais j’suis là » : alors il avance, fait son trou, « obligé d’acheter [sa] liberté », et emmerde le reste du monde. Sexiste, vulgaire, homophobe, antischmidts, on a tout dit. Peut-être que sa plume a besoin de cet état d’esprit pour briller. Le mec chute (collaborations avec Tony Parker, fight avec les députés, fiasco Urban Peace en 2008, prods singeant le plus mauvais du hip hop US), mais se relève et tape fort (qui entend encore parler de MC Jean Gab1, de Sinik, de Diam’s, de La Fouine ?)… Fuzati évoquera ce sale fils du hip hop (« Mauvaise graine, cracheur de haine, dealer de rimes urbaines/Tass, Merco, porteur de chaîne en roro/Souvent entre deux joints il rêve de passer en radio »)… Son point fort ? Longévité, prolificité, succès. C’est grâce à ça que sa plume fulgurante et crue peut s’épanouir. « J’ai fait la guerre pour habiter rue de la Paix/Je ne manque jamais à l’appel quand c’est le jour de la paie ».

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Bonus : Oxmo Puccino feat. Booba, « Pucc Fiction », sur la compil L. 432 (1997) : 

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[1] Lunatic, sur l’album Mauvais Œil, en 2000. 



Débat sur le « Prix Nobel » d’économie 2013 sur Facebook…

On dit souvent que les réseaux sociaux et les blogs ne sont qu’un formidable pouvoir aux mains d’anonymes malades égocentriques et égoïstes, se contemplant le nombril en parlant d’eux-mêmes ou en s’arrogeant le pouvoir de critiquer, ici une œuvre, là une réforme. Pour paraphraser Michel Druker, on aurait ainsi affaire à un « ego-système »… Je fais une autre lecture de ces outils : diffuser la connaissance, partager ses goûts, répandre l’engagement politique. A mon humble niveau, j’essaie d’aller dans ce sens en m’appropriant ce qu’avaient bâti Tom Wolfe, Norman Mailer, Joan Didion, Talese Gay, Truman Capote, Grover Lewis, et surtout Hunter S. Thompson : un journalisme plus subjectif. Entendons-nous : je ne suis pas journaliste. Mais, dans mes études de sciences sociales, j’ai appris notamment à mener une recherche rigoureuse sur un sujet donné ; j’en profite pour parler de moi. Ou plutôt : je parle de moi et j’en profite pour parler d’autre chose. Le fondateur du magazine Le Tigre, Raphaël Meltz, avait dit ça quelque part : « [I]l ne s’agit pas de parler de soi, mais que ce « soi » parle de quelque chose, ce qui est très différent »[1]. Aujourd’hui encore, donc, je parle de moi pour donner à voir les débats existant en économie, sur la théorie, sur l’histoire de la pensée, sur le « Prix Nobel d’économie », sur les liens entre théorie et engagement… et sur l’idée de débat public sur les réseaux sociaux.

Je tiens à rappeler à ceux qui ne sont pas habitués aux réseaux sociaux que le fonctionnement des pages Facebook permet de répondre à certains commentaires ou à écrire de nouveaux commentaires (qui peuvent en fait être des réponses à d’autres commentaires), ce qui fait que ce qui suit n’est pas forcément chronologique. Vous me suivez ?

 

Tout part d’un post publié sur Facebook le 14 octobre par les Economistes Atterrés. Le post en question est un lien vers un article de Gilles Dostaler[2] sur le « Prix Nobel » d’économie, avec le commentaire suivant : « La vérité sur ce  »Prix Nobel d’économie » ».

 

Le premier commentaire ne se fait pas attendre : juste avant la fin de la journée, à 23h59, Fabrice répond de manière cinglante : « C’est une belle démonstration de jalousie et de bêtise que vous cautionnez. Je souscrivais à certaines de vos thèses au début de vos publications, mais je crois que le fruit est définitivement moisi, hélas. Je me désinscris immédiatement de votre lettre de diffusion. C’est devenu beaucoup trop médiocre à mon goût, désolé. » D’autres individus commentent, mais passeront vite à autre chose. Le 15 octobre, je me lève tôt pour le travail, j’allume mon ordi et je tombe sur ce post. Je réponds alors à Fabrice vers 6h : « Jalousie ? Bêtise ? Le papier est juste une remise des compteurs à zéro pour montrer que le Nobel d’économie n’existe pas, et qu’un nombre exagéré d’entre les lauréats sont des économistes partis en croisade contre l’Etat (de manière souvent peu scientifique) et/ou des économistes qui permettent de perfectionner les instruments de la spéculation… » (suite…)



LCS 100. EJM, « Elément Dangereux », 1990
13 octobre, 2013, 20:50
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson de l’artiste EJM, « Elément Dangereux », présent sur la compil culte Rapattitude sortie en 1990 chez Virgin, morceau basé sur un sample discret de « Give It Up Or Turn It A Loose » de James Brown sur l’album Sex Machine (1970).

LCS 100. EJM,

Jean-Michel Emilien est l’un des premiers en France à s’intéresser à ce nouveau mouvement qu’on appelle hip-hop, au milieu des eighties. Venu de la danse hip-hop à Vitry-sur-Seine, EJM squatte l’émission Deenastyle sur Nova avant de sortir ses premiers morceaux (« Nous Vivons Tous » en 1989, et sa participation à Rappatitude). Il signe plusieurs disques chez BMG, mais se fait renvoyer de la major ; il enregistre plusieurs disques en indépendant, fait des expérimentations musicales dans le reggae ou avec No One Is Innocent, épaule Timide Et Sans Complexe ou Alibi Montana. Rincé, le mec ? Niet ! Il sort en 2011 un documentaire sur Load-E (carte USB) et travaille sur un album qui prend un peu de retard. Trente ans de carrière, quoi. Contrairement à ce que vous imaginez, je n’ai pas acheté Rapattitude en 1990 : j’avais 6 ans ! Je suis passé complètement à côté, avec des circonstances atténuantes. C’est à l’adolescence, quand je sacrifie des VHS entières à l’enregistrement des nuits MCM dans l’optique de trouver des pépites, que je découvre « Elément Dangereux ». C’était la fin des années 1990, et je trouve ce morceau complètement dingue, qu’on pourrait croire daté, avec ce phrasé presque scandé caractéristique des premiers raps, et cette prod’ eighties ultra classique, presque faite pour le break, mais morceau qui contient en lui-même un aspect à la fois historique et intemporel, inscrit dans la féconde histoire du hip hop français mais transcendant cet univers local par un son universellement reconnu. Booba glissera un hommage dans « Mon Son », son qu’il qualifie de « dangereusement célèbre », « dangereux comme EJM ». « Elément Dangereux » est un morceau dans lequel EJM se définit autant qu’il définit le comportement hip-hop et l’image qu’on se fait de lui : « Inventif, créatif », « ingénieux, cependant nerveux », « Rien n’est sérieux », « Hargneux, excessivement soucieux », « Son cerveau prend feu », « Délirer un peu », « Tant pis pour ceux qui se prennent pour des dieux, il en fera son affaire ». A celui qui n’aurait pas les épaules pour le hip hop, ce conseil : « Joue pas les dangereux ! » Une façon de dire que le hip hop n’est pas accessible à tout le monde. A Eric Zemmour, par exemple (« sous-culture d’analphabètes »)… Le hip hop comme un art à part entière ? « Il a raison ! »

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LCS 99. Les Svinkels, « Droit Dans Le Mur », 2008
6 octobre, 2013, 21:37
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau des Svinkels, « Droit Dans Le Mur », issu du 3e album Dirty Centre sorti en 2008 sur le label At(h)ome.

LCS 99. Les Svinkels,

Un titre nihiliste et immature fait pour les stades, bibines à la main, sueur et gros bide, moustache dégueulasse destroy, casquettes et sneakers classes, le majeur en l’air, mauvais goût assumé ! Là, on touche à quelque chose de sacré. En tout cas, pour mon frère Jack Seps (playlist 1) ! Combo à part dans le rap français, les Svinkels ont pris le nom d’une bière néerlandaise réputée être la moins chère du marché. Tout un programme ! Composé des MCs Nikus Pokus, Xanax, et Gérard Baste, accompagnés de DJ Pone puis de DJ Crukenstein, arrangé par l’énigmatique Frédéric Lansac, le Svink commence en 1997, fusionne avec Les Professionnels (Xanax et Lansac), et devient vite l’enfant terrible d’une scène indé en manque de rebelles. Le groupe brouille les pistes, hip-hop dans l’âme (« Tu sais, les Beastie français », crunk et dirty south), mais shlag dans l’attitude (entre no future et alcoolisme keupon). Un groupe que j’ai découvert par inadvertance, en écoutant TTC, Triptik, le Klub des Loosers, car, au début du nouveau millénaire, je suis déçu par le rap, me tourne vers ses marges. J’entends « Bois Mes Paroles », « Le Svink C’Est Chic » et « Réveille Le Punk » qui hurle dans la chambre de mon frère, mais je ne m’intéresse au Svink qu’en filigrane : le projet Qhuit, les albums du Klub des 7, et Game One ! Gérard Baste est un personnage à part entière, capable de s’autoproclamer « La Nina Hagen français », de rapper sur le thème du PQ (une priorité), de clasher Booba, d’affirmer haut et fort s’essuyer dans les rideaux et exceller dans l’hélicoptère, de délirer hip-hop sur Mario Bros en donnant ce prénom à son fils ! Deux ambitions : être le meilleur rappeur (« C’est que j’mets un point d’honneur à c’que la concurrence flippe sec/J’veux laisser ma trace comme celle que j’laisse au fond d’mon slip mec ! ») et ressembler à ce qu’il est (« Quand j’serais grand je veux trouer le cul et avoir la classe/Purée quand j’serais grand j’veux être Gérard Baste Yeah ! »). Baste a aussi travaillé avec Dr Vince et Busy P (Pedro Winter), certainement par l’intermédiaire de DJ Mehdi. Quand à Nikus, il est capable de faire une chanson variété so eighties au premier degré (voir ici). Xanax a lui sorti un EP avec A2H (Tel Père Tel Fils) l’an dernier. Le Svink, c’est du « slip-hop cradcore », mais surtout un groupe qui donne tout en live, ce qui lui permettra d’acquérir un public fidèle. En 2004, le projet Qhuit réunit des potes sur le thème de l’alcool, du pain béni pour la clique du Svink. Jack Seps en profite pour leur rendre hommage dans une playlist placée sous le signe de la Saint-Patrick. Le Svink ? Un monolithe imbibé dans le rap…

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Bonus : « Le Capitaine » sur Game One !

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