Ce que j’en dis…

Jour de libération fiscale : des libéraux encore à côté de la plaque !

Quand la nouvelle est sortie, j’étais en vacances, sans télévision, sans Internet, à la montagne, en train de faire des cocktails avant de partir en canyoning. J’ai donc été sauvé de cette logorrhée médiatique à propos du fameux jour de libération fiscale. D’ailleurs, je ne suis pas certain que cette nouvelle frelatée ait fait grand bruit dans les chaumières (ou sur les plages). J’en avais déjà entendu parler, les années précédentes. A l’heure où François Hollande annonce au Monde qu’il est temps de faire une « pause fiscale »[1], une question : mais de quoi parle-t-on ? Le jour de libération fiscale est le premier jour de l’année à partir duquel les salariés ont accumulé suffisamment d’argent pour s’acquitter des prélèvements obligatoires. Autrement dit, c’est le jour à partir duquel ils travaillent pour eux-mêmes, et non plus pour l’Etat. Selon différentes études, le salarié moyen français travaillerait en 2013 sept mois pour l’Etat, les cinq mois restant pour lui. C’est vraiment pas juste…

 

La contre-révolution néolibérale

 

D’où vient ce concept creux ? Il est dû « à Dallas Hosteller, un homme d’affaires américain [qui] l’a inventé en 1948 et a même acquis les droits sur le nom « tax freedom day », avant de le céder à la Tax Foundation, un think tank travaillant sur la fiscalité. [D’inspiration libérale], Le dessein explicite de l’indicateur était de montrer le « poids » des taxes et impôts sur le contribuable. »[2] En 1980, dans La Liberté du Choix, l’économiste Milton Friedman et sa femme Rose ressortent cet indicateur des placards et, provocateurs, proposent de faire de ce jour de libération fiscale une nouvelle fête nationale aux Etats-Unis. D’ailleurs, au même moment – et ce n’est pas un hasard –, un jeune économiste libéral, Arthur Laffer, tente de démontrer scientifiquement que l’adage populaire « trop d’impôt tue l’impôt » est juste. En 1978 déjà, il soutient la Proposition 13 « visant à réduire des deux tiers l’impôt foncier prélevé [en Californie] »[3], dont le gouverneur était alors Ronald Reagan ; la proposition a été votée. En 1979, il publie avec Jan Seymour L’Economie de la révolte fiscale, puis devient, en 1980, l’un des conseillers économiques du Président Reagan et entreprend de fortes baisses d’impôts. Continuant sa fonction d’économiste (notamment en co-publiant avec d’autres Fondements de l’économie de l’offre. Théories et faits en 1983, sorte de manifeste scientifique à ses inspirations idéologiques), il n’hésite pas à se présenter sous la bannière républicaine aux élections sénatoriales de 1986. On lui doit la fameuse courbe de Laffer qui, « si l’on en croit la légende, […] fut ébauchée […] sur un bout de nappe au restaurant […]. »[4] « Dans son livre, Laffer avançait que toute baisse d’impôt ne pouvait être que bénéfique à l’économie dans son ensemble et à l’Etat en particulier. Lorsque la pression fiscale augmente, […] les recettes fiscales augmentent moins vite que cette pression, elles finissent par diminuer lorsque la pression fiscale dépasse un certain seuil. »[5] Du simple bon sens… invalidé par les faits. « Les nombreuses expériences de baisses d’impôts […] ne se sont jamais traduites par une augmentation des recettes fiscales, bien au contraire. Elles ont davantage contribué à dégrader les comptes publics. Plusieurs interprétations sont possibles. Soit les baisses d’impôts ont été sans effet parce que le taux d’impôt en vigueur était très loin de celui pointant le sommet de la courbe de Laffer. […] Soit, c’est un peu le même argument justifié de manière particulière, les effets attendus ont été totalement dissous dans la multitude de niches fiscales qui permettent aux riches d’échapper à l’impôt. »[6] La conclusion pour Denis Clerc : « Dans un numéro de la Revue Economique de 1988, [l’économiste] Bruno Théret, dressant le bilan critique de la courbe de Laffer, concluait qu’il s’agissait d’une approche idéologique, en raison de l’impossibilité d’en établir la forme exacte. […] Dix ans après, le débat rebondit. Thomas Piketty […] analysant les réformes fiscales françaises de 1981-82 […] et de 1986-87 […] conclut que ni la hausse ni la baisse des taux d’imposition n’ont exercé d’effets visibles sur l’incitation à produire et à gagner de l’argent. [En règle générale, la collectivité perd à baisser les prélèvements obligatoires] : moins d’impôts et pas plus de richesses. Pascal Salin [économiste libéral] monte évidemment au créneau : « Ce n’est tout simplement pas crédible » […] : la baisse n’a pas été assez importante, elle a été annulée par la progression des autres impôts ou cotisations. Et il ajoute : « Nier la courbe de Laffer, c’est donc […] se réfugier dans l’obscurantisme. » Si les faits ne cadrent pas avec le raisonnement, ce n’est pas le raisonnement qui pose problème, mais les faits. Ben voyons… En d’autres temps, on appelait cela du dogmatisme. Loin de moi l’idée qu’il soit toujours possible – donc souhaitable – de lever plus d’impôts, mais la limite n’est pas économique, elle est politique. Elle dépend en effet de l’usage qui en est fait. […] »[7]

 

Deux études pour le même résultat : 7 mois pour l’Etat

 

Jour de libération fiscale : des libéraux encore à côté de la plaque ! dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? journee-de-liberation-fiscale-2014

 

L’association indépendante libérale Contribuables Associés[8], créée en 1990, qui milite pour la réduction des prélèvements obligatoires, par la publication notamment du magazine Le Cri Du Contribuable, réalise depuis 1999 ce calcul du jour de libération fiscale, à partir des données de l’OCDE. Selon l’association, le jour de libération fiscale tomberait cette année le 29 juillet[9]. Le calcul est simple, voire simpliste pour ne pas dire simplet. « Il mesure le poids de la dépense publique totale par rapport au PIB [qui représente 57,1 % en 2013] [r]apporté au nombre de jours d’une année […]. »[10] C’est donc au 209e jour, que « les Français deviennent, en moyenne, enfin libres du joug de la bureaucratie. »[11] Ouh, ça fait peur : ça rappelle l’Union soviétique ! La comparaison européenne n’est pas flatteuse, l’Hexagone arrivant « à la deuxième place des pays les plus bureaucratiques, juste derrière le Danemark. Les contribuables européens sont, quant à eux, libérés le 1er juillet […]. »[12]

L’Institut Economique Molinari[13] (du nom d’un économiste libéral belge du XIXe siècle), think tank libéral indépendant fondé en 2003 et basé à Bruxelles, a réalisé une autre étude au mois de juillet dans laquelle le cabinet Ernst & Young, à partir de données de l’OCDE et d’Eurostat, a calculé et comparé le jour de libération fiscale et sociale de 27 pays de l’Union Européenne[14]. Selon l’IEM, le jour de libération fiscale et sociale tomberait cette année en France le 26 juillet, la France étant le 2e pays où le salarié moyen est le plus prélevé derrière la Belgique. L’idée de l’IEM, c’est de « surmonter [l]es difficultés [des] études [qui] classent les pays en fonction de leur niveau de prélèvements obligatoires ou du degré de liberté économique […] en comparant la pression fiscale et sociale réellement supportée par le salarié moyen […] ». Comment ont-ils calculé ce jour ? « Cette pression est calculée en agrégeant les principaux impôts ou charges que supportent, directement ou indirectement, les salariés moyens. Elle prend en compte les charges sociales patronales [et] salariales, l’impôt sur le revenu et la TVA. Tous ces prélèvements obligatoires […] sont rapportés au salaire complet du salarié moyen, calculé en additionnant les impôts et charges et ce qui reste […]. » Leurs résultats sont sans équivoque : « Le taux d’imposition réel du salarié moyen [européen] est […] à 45,06 % [en augmentation] de 1,03 % sur 3 ans. » En France, les prélèvements obligatoires représentent 56,61 % du salaire complet.

Voilà voilà…

 

Un indicateur contesté : ces chiffres n’ont aucun sens !

 

liberation_fiscale_unejpg dans La Société en question(s)

 

 

Que doit-on déduire de ces deux chiffres ? Qu’ils sont biaisés de tous les côtés ! La lecture de ces chiffres laisse entendre que les 7 mois passés à travailler « pour l’Etat » est détruit, avalé dans les limbes d’un Etat goinfre et improductif, ou qui se remplirait les poches au détriment du contribuable. Attelons-nous humblement, encore une fois, à une rigoureuse entreprise de démontage, en nous fondant notamment sur les critiques d’Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, qui a répondu quelques jours seulement suivant la publication de ces deux études[15].

« [Ces points de vue] oublient d’abord que l’Etat est aussi un producteur. En 2012, 18 % du PIB est produit par les administrations [sous formes de services aux ménages : enseignants, infirmiers, gardes maternelles, éboueurs, etc.]. Si ceux-ci n’étaient pas fournis par l’Etat, les collectivités locales ou les hôpitaux, les ménages devraient les payer. […] Ils oublient […] qu’une partie importante des dépenses publiques sont des transferts aux ménages, que les bénéficiaires dépensent à leur guise, qu’ils s’agissent des retraites, des prestations familiales, des indemnités maladie-maternité-chômage, du RSA, etc. Quand bien même un salarié travaille deux mois par an pour payer ses cotisations retraites, celles-ci ne vont pas nourrir une quelconque bureaucratie ou remplir de prétendues poches publiques […]. Ainsi, en 2011 […], les dépenses publiques représentaient en moyenne 211 jours de travail, mais 90 étaient immédiatement reversés aux ménages sous forme de prestations sociales, 77 leur profitaient directement (éducation, santé, culture, logement, environnement, police et justice). Restent 44 jours de travail pour le fonctionnement des administrations, la dette publique, la défense et le soutien à l’économie […]. Certes, les dépenses publiques doivent être gérées avec rigueur, mais elles sont indispensables. Si la France a plus de dépenses publiques que la plupart des pays de l’OCDE, ce n’est pas que le fonctionnement de son administration soit plus coûteuse mais qu’elle a choisi d’avoir un système de protection sociale relativement généreuse […]. Enfin, cet indicateur oublie la disparité entre les Français. Cet indicateur n’a […] aucun sens pour les retraités. Heureusement pour eux qu’ils ne sont pas libérés des dépenses publiques : ils n’auraient plus de retraite. Cet indicateur n’a pas de sens non plus pour les fonctionnaires. [Enfin, selon les situations familiales] La fête nationale, proposée par Friedman, n’aura pas lieu le même jour pour tout le monde [du fait de leur différente contribution aux prélèvements obligatoires]. De nombreux pays européens ont des taux de dépenses publiques supérieurs à 50 %, tout en connaissant une croissance satisfaisante : Autriche, Danemark, Finlande, Suède. Leur point commun est que le taux de pauvreté et d’inégalités sociales y sont particulièrement bas. »[16]

Des questions ?

 

 Cet indicateur n’est pas isolé dans un océan de rigueur scientifique…

 

On peut faire d’autres critiques, qui portent moins sur les indicateurs en eux-mêmes que sur les conclusions auxquelles arrivent les libéraux. En vrac :

Dans l’étude de l’IEM, on nous offre un florilège des idées reçues, certaines typiques du néolibéralisme. Par exemple, « aucun autre pays [que la France] ne pratique une fiscalité plus importante et n’a des finances publiques aussi déséquilibrées [en 2012] [alors que] les pays ayant constaté des déséquilibres publics supérieurs […] ont une fiscalité moindre [tandis que] les pays ayant une fiscalité proche ont constaté des dérapages moindres […] »[17]. Leur conclusion ? « La France a un profil atypique et peu enviable », elle « présente [un] double inconvénient » ; en gros, c’est le déclin ! Alors que, ce qu’il faut voir dans ce croisement de données (simplistes), c’est plutôt un arbitrage entre l’austérité et la fiscalité (réduite aux cotisations sociales, à l’IRPP et à la TVA) : la France se situe au milieu d’un continuum de situations qui, si différentes soient-elles, n’en sont pas plus enviables (Espagne, Grèce, Irlande, Portugal, Allemagne, Italie). Il n’y a rien d’atypique ni de dangereux ! J’en veux pour preuve des taux d’intérêt très bas, qui montre le fait que l’Hexagone est l’un des plus sûrs pays pour les investisseurs.

Le Monde fait cette critique pertinente du calcul de l’IEM : « [Les] cotisations salariales et patronales sont agrégées [car l’IEM] estime que cela revient au même, dans la mesure où les cotisations représentent une part de la somme dépensée par l’employeur. […] Rien ne permet de dire que si, demain, l’Etat privatisait sécurité sociale, assurance chômage et retraites, le salarié toucherait l’équivalent de ce que son employeur verse actuellement à ces organismes. »[18]

 

On pourrait aussi objecter aux libéraux la chose suivante : à partir du mois d’août, les salariés sont-ils vraiment libres dans l’utilisation de leur argent ? Ce serait oublier la totalité des dépenses contraintes qui sont en augmentation et qui grèvent le pouvoir d’achat, en premier lieu le logement et les factures d’énergie. Et là, c’est plutôt la concurrence et le marché qu’il convient d’incriminer… 

A la fin de l’étude de l’IEM, il y a cette phrase, l’air de rien : « Reste donc une solution, se pencher sur l’action des entités publiques ou para publiques, qui absorbent d’année en année une partie croissante de la richesse créée et réduisent d’autant le potentiel de croissance. »[19] Alors, comment dire ? Je suppose que les auteurs de l’étude n’ont pas étudié l’économie, pas même au lycée où on apprend à ne pas faire ces deux erreurs… Je doute qu’ils sont incompétents. D’une part, comme l’a montré Henri Sterdyniak précédemment, les administrations publiques n’ « absorbent » pas « la richesse créée » par un secteur privé qui serait le seul secteur productif. L’Etat est productif, et ce ne sont pas d’affreux marxistes qui l’ont démontré. A la suite de Robert Solow, des économistes comme Robert Lucas, Paul Romer, Robert Barro ont tenté d’enrichir les modèles de croissance traditionnels. A la fin des eighties, ils découvrent et modélisent d’autres facteurs de croissance en endogénéisant (en expliquant) le progrès technique, autrefois simple « mesure de notre ignorance » à côté des facteurs travail et capital : l’investissement privé en capital physique (bâtiments, matériel, machines, matières premières), les innovations technologiques (stocks de connaissances et de savoir-faire valorisables économiquement), le capital humain (investissements dans l’éducation et la formation), le capital public (infrastructures d’électricité, de voiries, de gaz, d’eau, etc.). Ces différentes formes de capital génèrent des externalités positives non appropriables par la firme qui investit car elles s’accumulent dans le temps. Le progrès technique résulte donc ici des investissements réalisés par des agents économiques attirés par le gain et par l’Etat visant au bien-être collectif. Conclusion : l’Etat est facteur de croissance ! D’autre part, cette ponction sur les richesses « réduisent d’autant le potentiel de croissance » ; or, ce concept (un peu foireux) de croissance potentielle est simplement la croissance théorique maximum réalisée par les facteurs de production disponibles et la technologie sans tensions inflationnistes. Et le rôle de l’Etat, ici, est de tenter, par des politiques économiques structurelles et conjoncturelles, d’augmenter la croissance effective au niveau de la croissance potentielle, sans que cette première dépasse cette dernière (au risque de l’inflation). C’est tout !

J’aime bien cette phrase, aussi : « Ajoutons que la situation n’est pas liée à la conjoncture et à la crise actuelle. La France a une longue tradition de dérapages publics […] depuis 1975 […]. » Je vous donne un scoop, à l’IEM : c’est pile la fin des Trente Glorieuses, c’est pile le moment où le chômage de masse réapparaît après la crise de 1929. Depuis 1975, le taux de croissance annuel moyen est 2 à 3 fois moindre que celui qui prévalait durant les Trente Glorieuses. Ajoutons que les principales causes des déséquilibres publics sont plutôt à trouver dans les périodes de crise (moins de recettes car moins d’activité et plus de chômage) et dans les nombreux épisodes de baisses des prélèvements obligatoires (qui amputent fortement les recettes). D’ailleurs, plus loin, l’étude explique les yeux dans les yeux que les niches fiscales et sociales répondent à cette pression fiscale énorme ; ou comment inverser cause et conséquence… C’est justement parce qu’il existe des niches, qu’il existe une baisse des PO depuis une quinzaine d’années, qu’il existe de la fraude et de l’optimisation fiscale, conjugués à la faible croissance et à l’austérité salariale, que les comptes publics sont dans le rouge. Pas l’inverse ! Passons sur la confusion entre qualité des services publics et compétitivité…

La conclusion à cette étude est claire : « La situation est très inquiétante en France. Alors que nombre de nos voisins commencent à s’interroger […] sur l’effet contreproductif des politiques d’austérité fiscale, les autorités françaises évoquent la possibilité d’accroître encore les impôts en 2014. Tout se passe comme si les pouvoirs publics pensaient réellement pouvoir résorber les déficits en augmentant la fiscalité. La situation relève du déni. Une multitude d’exemples […] montrent que les hausses d’impôts dépriment l’activité et retardent encore plus les perspectives de retour à l’équilibre des comptes publics. La solution durable à la crise actuelle réside dans une baisse des dépenses […]. » Il convient de réduire fortement les prélèvements obligatoires. Mais quelle est l’autre face de la même pièce néolibérale, même pas dissimulée par les auteurs de l’étude ? Baisser fortement les dépenses publiques, cette gabegie, ce ballon de baudruche, qui manifeste la soumission des gouvernants aux gouvernés (ce n’est pas ce qu’on appelle aussi « démocratie » ?), signe de mauvaise gestion, et qui n’est même pas efficace ! Cette étude montre encore une chose : il y a une bonne austérité (baisse des dépenses) et une mauvaise austérité (hausse des recettes). Tout se passe comme si les libéraux pensaient réellement pouvoir résorber les déficits (« retour à l’équilibre des comptes publics ») en baissant la dépense ! C’est une lutte de classes : une baisse des PO se dirige en général vers les plus riches (pas comme en Grèce), avec cette double injonction pseudo-scientifique du ruissellement et de la courbe de Laffer, tandis que la baisse des dépenses se dirige vers les plus pauvres, car c’est eux qui bénéficient en premier lieu des services publics et de la redistribution. Ne cherchez pas la réponse des libéraux sur les inégalités, elle est historiquement connue : non seulement les inégalités ne sont pas injustes (car reflétant, par exemple, le QI), mais elles stimulent la croissance et l’innovation, alors que la pauvreté est le signe limpide d’une volonté, d’une paresse et d’un manque de compétence et d’employabilité. Vous savez ce qu’on a fait aux Etats-Unis (mais la tendance est la même dans les pays développés) ? On a baissé les budgets publics ciblés vers les plus démunis, qui n’ont pu survivre qu’à l’aide de l’économie informelle : associations, soupes populaires, et… petite délinquance. Le résultat ne s’est pas fait attendre : les budgets pénaux ont explosé, les prisons se sont multipliées et privatisées (les profits sont élevés !). La prison comme traitement intégral de la pauvreté.[20]

 

liberation-fiscale

 

J’en ai assez dit, même si j’aurais encore tellement de choses à dire. Ce qui est insupportable, ce n’est pas la bêtise des libéraux, elle est bien connue ; le problème, c’est qu’ils présentent leurs propos comme neutres et rigoureux, sous l’impartial patronage de la Science et de la Raison, alors que ce n’est qu’une vulgaire analyse idéologique sans aucun fondement scientifique. C’est aussi une insulte faite à tous les citoyens qui se croient incultes (à force qu’on leur rabâche) et qui croient à ce qu’affirment ces idéologues que nous devons combattre pour l’amélioration de la démocratie.  

Je vous laisse lire les différents commentaires qu’on a fait sur cet indicateur et les conclusions qu’on en tire ; moi, je vais me faire un petit cocktail…

 

 

D’autres commentaires :

- INSTITUT ECONOMIQUE MOLINARI (2013), « 26 juillet : Jour de libération fiscale », le 26 juillet, sur le site libéral Contrepoints : http://www.contrepoints.org/2013/07/26/132086-26-juillet-jour-de-liberation-fiscale ;

- Cécile PHILIPPE, Jean-Yves ARCHER (2013), « Entretien, par Alexandre Devecchio », le 26 juillet, sur le site Atlantico : http://www.atlantico.fr/decryptage/jour-liberation-fiscale-2013-partir-aujourd-hui-travaillez-pour-mais-206-jours-precedents-travailles-pour-etat-valaient-services-797603.html?page=0,0 ;

- Marie VISOT (2013), « Les salariés français travaillent jusqu’au 26 juillet pour financer les dépenses publiques », le 24 juillet, sur le site du Figaro : http://www.lefigaro.fr/impots/2013/07/24/05003-20130724ARTFIG00498-les-salaries-francais-travaillent-jusqu-au-26juillet-pour-financer-les-depenses-publiques.php ;

- Boris METON (2013), « Jour de libération fiscale : l’OFCE contre-attaque », le 05 août, sur le site des Echos : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202935221589-jour-de-liberation-fiscale-l-ofce-contre-attaque-592917.php ;

- Laurent JANNEAU (2013), « Les Français travaillent-ils sept mois pour l’Etat ? », Alternatives Economiques n° 327, septembre : http://www.alternatives-economiques.fr/les-francais-travaillent-ils-sept-mois-pour-l-etat_fr_art_1227_64640.html ;

- Xavier BONNEHORGNE (2013), « Vous ne travaillez plus pour le fisc à compter de ce week-end ! », le 26 juillet, sur le site de Challenges : http://www.challenges.fr/economie/20130726.CHA2680/vous-ne-travaillez-plus-pour-le-fisc-a-compter-de-ce-week-end.html ;

- Melinda DAVAN-SOULAS (2013), « Jour de libération fiscale : votre salaire est enfin à vous ! », le 26 juillet, sur le site de LCI/TF1 : http://lci.tf1.fr/economie/consommation/votre-salaire-est-enfin-a-vous-8198816.html ;

- « Le jour de libération fiscale n’est pas arrivé », Lutte Ouvrière n° 2348 du 2 août 2012 : http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2348&id=4.

 

Un point de vue libéral chèrement défendu mais peu rigoureux, idéologique, et insultant dans ses commentaires, sur un blog qu’il est préférable d’éviter, par H16, proche de l’association Contribuables Associés (un petit tour sur youtube) :

- H16 (2013), « Ce jour de libération fiscale qui enquiquine les étatistes », le 31 juillet, sur son blog : http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2348&id=4.

 

 

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[1] Vincent GIRET, Arnaud LEPARMENTIER, Natalie NOUGAYREDE, Thomas WIEDER (2013), « Réforme fiscale, Syrie, pression fiscale… Hollande s’explique dans Le Monde », le 30 août sur le site du Monde : http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/30/hollande-au-monde-le-massacre-de-damas-ne-peut-ni-ne-doit-rester-impuni_3468851_823448.html.

[2] Samuel LAURENT, Jonathan PARIENTE (2013), «  »Jour de libération fiscale » : sept questions autour d’un indicateur biaisé », 26 juillet, sur le site du Monde : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/07/26/jour-de-liberation-fiscale-sept-questions-autour-d-un-indicateur-biaise_3454313_3234.html.

[3] Denis CLERC (1998), « L’Impasse de Laffer », Alternatives Economiques n° 165, décembre.

[4] Jézabel COUPPEY-SOUBEYRAN (2012), « La courbe de Laffer », Alternatives Economiques n° 309, janvier.

[5] D. CLERC (1998), art. cit.

[6] J. COUPPEY-SOUBEYRAN (2012), art. cit.

[7] D. CLERC (1998), art. cit.

[9] CONTRIBUABLES ASSOCIES (2013), « 29 juillet : jour de libération des contribuables », le 26 juillet, sur le site de l’association : http://www.contribuables.org/2013/07/26/29-juillet-2013-jour-de-liberation-des-contribuables/.

[10] Claude GARREC (2013), « Jour de libération fiscale : les contribuables français sont libérés le 29 juillet », 29 juillet, sur le site du Cercle-Les Echos : http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221177641/jour-liberation-fiscale-co.

[11] CONTRIBUABLES ASSOCIES (2013), art. cit.

[12] Ibid.

[14] Cécile PHILIPPE, Nicolas MARQUES, James ROGERS (2013), « Fardeau social et fiscal de l’employé moyen au sein de l’UE », Institut Economique Molinari, juillet : http://www.institutmolinari.org/IMG/pdf/fardeau-fiscal-eu-2013-final.pdf.

[15] Henri STERDYNIAK (2013), « Pour qui travaillons-nous ? Variations sur un thème de Milton Friedman », le 2 août sur le site de l’OFCE : http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/?p=4393.

[16] Ibid.

[17] C. PHILIPPE, N. MARQUES, J. ROGERS (2013), art. cit. Les citations suivantes sont extraites de ce texte.

[18] S. LAURENT, J. PARIENTE (2013), art. cit.

[19] C. PHILIPPE, N. MARQUES, J. ROGERS (2013), art. cit.

[20] Loïc WACQUANT (2004), Punir les pauvres, Agone, « Contrefeux ». 


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