Ce que j’en dis…

Jour de libération fiscale : des libéraux encore à côté de la plaque !

Quand la nouvelle est sortie, j’étais en vacances, sans télévision, sans Internet, à la montagne, en train de faire des cocktails avant de partir en canyoning. J’ai donc été sauvé de cette logorrhée médiatique à propos du fameux jour de libération fiscale. D’ailleurs, je ne suis pas certain que cette nouvelle frelatée ait fait grand bruit dans les chaumières (ou sur les plages). J’en avais déjà entendu parler, les années précédentes. A l’heure où François Hollande annonce au Monde qu’il est temps de faire une « pause fiscale »[1], une question : mais de quoi parle-t-on ? Le jour de libération fiscale est le premier jour de l’année à partir duquel les salariés ont accumulé suffisamment d’argent pour s’acquitter des prélèvements obligatoires. Autrement dit, c’est le jour à partir duquel ils travaillent pour eux-mêmes, et non plus pour l’Etat. Selon différentes études, le salarié moyen français travaillerait en 2013 sept mois pour l’Etat, les cinq mois restant pour lui. C’est vraiment pas juste…

 

La contre-révolution néolibérale

 

D’où vient ce concept creux ? Il est dû « à Dallas Hosteller, un homme d’affaires américain [qui] l’a inventé en 1948 et a même acquis les droits sur le nom « tax freedom day », avant de le céder à la Tax Foundation, un think tank travaillant sur la fiscalité. [D’inspiration libérale], Le dessein explicite de l’indicateur était de montrer le « poids » des taxes et impôts sur le contribuable. »[2] En 1980, dans La Liberté du Choix, l’économiste Milton Friedman et sa femme Rose ressortent cet indicateur des placards et, provocateurs, proposent de faire de ce jour de libération fiscale une nouvelle fête nationale aux Etats-Unis. (suite…)



LCS 93. Bo Profet, « Voilà Les Kisdés », 1996
25 août, 2013, 21:54
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson du groupe Bo Prophet, « Voilà Les Kisdés », sortie en 1996 sur la compilation de Jimmy Jay Les Cools Sessions 2. Après la médiatisation surprise au tout début des eighties, puis le retour de bâton underground (l’épisode du terrain vague de La Chapelle en 1985-86), le hip-hop français connaît depuis la fin de la décennie une belle pente ascendante : question rap, les Lionel D, Lucien, EJM, Destroy Man, Jhonygo, NTM, Solo, Assassin, Soon E MC, Timides Et Sans Complexes, MC Solaar, Sages Poètes De La Rue, Princess Erika, Ministère ÄMER, Iam ont défriché, non sans difficultés, aidés en cela par Sidney, Olivier Cachin, Bernard Zekri, par les adeptes du smurf et du break, par les graffeurs, par les DJs (notamment Dee Nasty). Certains maîtrisent leur art, sont signées chez des majors, et vendent des pelletées d’albums de haute qualité, dont certains sont désormais des classiques. Les collectifs se multiplient, le Complot des Bas Fonds se constitue, même s’il sera peu prolifique en tant que tel, et réunit Fabe, Koma, Lady Laistee, Sleo, L.S.O., DJ Stofkry, DJ Kead, et Bo Prophet (Bobo Stara et Loss Lechar). En 1996, j’ai 12 ans, c’est le collège, et c’est entre la fin de ma 6e et le début de ma 5e que je mets un pied dans le hip-hop. On se fournit en K7, on les refile à notre pote Vinz, qui copie ses disques et nous fait même parfois des compils pour les pauvres en K7. Il faut savoir qu’on était très peu instruit niveau rap, et qu’on ne suivait pas un artiste en particulier : on prenait tout ce qui venait ! Vinz m’a comblé, cette fois-ci : du NTM, du Raggasonic et quelques morceaux choisis de la compil de Jimmy Jay. Ce DJ a commencé en 1985, est devenu champion de France DMC en 1989, et a produit l’album de Claude M’Barali en 1991, notamment. On n’a pratiquement aucune info concernant les Bo Prophet, sinon qu’ils ont fait de rares titres, sur divers albums (Fabe) et compils, jusqu’en 1999. « Voilà Les Kisdés » est une attaque en règle et sans subtilité contre les flics, dans la droite ligne du conflit entre le rap et la maréchaussée depuis le début des nineties (« Brigitte » et « Sacrifice de poulet » du Ministère, « Police » de NTM à la Seyne-sur-Mer, « Nique la Police » de Cut Killer). Le beat est lourd, l’atmosphère sombrement jazzy, les lyrics hors-la-loi, un clin d’œil au Suprême et un duo de flows chaloupés/saccadés comme il faut : tout ce qui fait jouir un ado ! Le mot « kisdé » a plusieurs origines : soit le verlan déformé de flic « déguisé » (guise-dé, kisdé), ou une origine tangi déformée (« clisté » veut dire « flic »). Malgré les années, ce titre reste emblématique du diptyque nécessité/tentation de l’économie illégale de la jeunesse hip-hop, du ressentiment envers la police que ce mode de vie engendre, et de l’importance de l’imagerie gangsta du rap français mid-90s. Culte. 

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LCS 92. Busta Flex, « What Can I Do ? », 1998
18 août, 2013, 21:47
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un track de Busta Flex, « What Can I Do ? », présent sur son 1er album Busta Flex, sorti en 1998 sur le label IV My People, label ad hoc créé par Warner Music France, et qui contient les samples de « 90 % Of Me Is You » de Gwen McCrae (1974) et de « Singing A Song For My Mother » de Hamilton Bohannon (1973).

LCS 92. Busta Flex,

Avec le même prénom bizarre qu’un Président de la Ve République, Valéry François a préféré le pseudonyme Busta Flex pour faire du rap. On le comprend. Pourquoi un tel blaze ? A cause de Funkmaster Flex Presents The Mix Tape Vol. 1, mixtape de 1995, où figure un freestyle de Busta Rhymes. Originaire d’une cité du 93, l’adolescent rappe avec son frère Jimi, se fait inviter sur la mixtape de Cut Killer, fait des rencontres (Sully Sefil, DJ Goldfingers, Lone), jusqu’à sa rencontre fortuite, devenue célèbre, avec Kool Shen dans les couloirs de Sony. Un album, donc, et une collaboration durable avec ce noyau dur composé de NTM, de Zoxea, de Sully B Wax, de Lord Kossity. Ce 1er album est un succès critique et public, avec des collaborations de première classe (NTM, Zoxea, Kossity, Oxmo Puccino, etc.). Sa carrière décolle et, après un 5e album en 2008, Busta Flex continue de collaborer, de produire des mixtapes, et de faire du bon son, notamment un « C’est Nous Les Reustas » en featuring avec un Zoxea en pleine forme. Jeune adolescent, j’écoute du rap sans connaissance, sans véritable background, sans guide. Un soir, comme d’habitude, je mate la rubrique de Philippe Vandel chez Nulle Part Ailleurs avec mes parents et mon petit frère, Vandel y note les paradoxes, les erreurs, les trucs surprenants ou insolites de l’actu ; il termine en sortant l’album de Busta Flex et relève une insulte dans une dédicace du rappeur : « Fabrice et Xavier (bande de connards) ». Les voies de la musique sont impénétrables. Direction la Fnac avec papa, album en prix vert, pochette culte avec les Jordan qu’on s’arrachait en gros plan. A l’écoute, un putain de disque ! Un flow chaud tout en rondeur, une énergie brute, des lyrics surprenants, une aisance en freestyle bluffante, des thèmes qui me parlent… Ce titre raconte le train-train de la vie quotidienne, la routine métro-boulot-dodo, avec un humour réaliste génial, beaucoup de recul pour un type de vingt piges ; c’est très drôle, c’est très vrai, c’est aussi très désabusé. Un constat sans avenir de la jeunesse qui a « la chance » d’avoir un job, qui trime pour s’offrir un ersatz de ce que propose la société de consommation, sous la menace de la précarité et du chômage. Peut-être plus parlant qu’une analyse sociologique. Et plus drôle !

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