Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 87
9 juin, 2013, 21:52
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de Robert Johnson, « Last Fair Deal Gone Down », enregistré le 27 novembre 1936 dans la chambre 414 de l’hôtel Gunter à San Antonio (Texas), et sorti en 78 tours en 1937 sur le label Vocalion.

 Cadeau : un dessin réalisé mercredi 8 mai 2013 par Lud le Scribouillard, votre serviteurLa Chanson de la Semaine 87 dans Musique & Music ex-5-copie

Sa légende a souvent occulté sa vie, mais des biographes pointilleux ont depuis fait un long et fastidieux travail de recherche, afin de bien distinguer les deux. L’un d’eux s’appelle Peter Guralnick, un spécialiste ; il a signé en 1988 un court, sec mais renseigné Searching for Robert Johnson. Officiellement né le 8 mai 1911 (c’est la date inscrite sur ses tombes – car, oui, il en a plusieurs !), dans le delta du Mississippi, le jeune Robert grandit dans un foyer chaotique, entre Hazlehurst, Memphis, Robinsonville et les champs de coton, entre sa mère, l’amant marié de celle-ci, sa tante, son nouveau beau-père et l’ombre de son vrai père. Il commence à toucher à la musique vers 1916-1918, essaie puis abandonne vite la guimbarde, confectionne un support pour jouer de l’harmonica en même temps que de la guitare, quitte l’école, mais reste paysan, malgré le soutien musical de Willie Brown et Charley Patton. Las, sa femme tombe enceinte juste avant le krach financier de 1929, et meurt lors de l’accouchement en 1930. Il rencontre la légende Son House l’année suivante qui l’humilie : « Tu ne sais pas jouer de la guitare, tu fais fuir les gens ! ». Robert part alors à la recherche de son père et trouve un mentor (Ike Zinnerman) et une nouvelle femme ; sa carrière décolle. Il joue dans les bars et se fait un nom, avant de revenir à Robinsonville pour en mettre plein la vue à Son House, de son propre aveu dépassé par ce génie. La rumeur badine d’un pacte avec le diable au coin d’un carrefour (le titre « Crossroads Blues ») se répand sur le terreau fertile du populaire vaudou chez les Noirs du Mississippi. Dès lors, il part sur les routes, parcoure le delta et joue dans tous les bars crasseux possibles, comme beaucoup de bluesmen à l’époque. Une vie pauvre et risquée, mais jouissive[1]. Il rencontre Sonny Boy Williamson II, Elmore James, Howlin’ Wolf ; en 1936 et 1937, il enregistre pour Columbia et Vocalion les 29 titres qui resteront gravés à jamais dans la mémoire du rock. Il meurt le 16 août 1938 dans des circonstances mystérieuses, la plus probable restant le whisky empoisonné par un mari jaloux. Robert Johnson, beau gosse, aimait salement les femmes, surtout celles des autres. D’autres légendes circuleront sur Robert Johnson, comme l’existence d’un 30e titre, qui donnera le thème du film Crossroads de Walter Hill (1986). Le titre présenté figure sur l’album King of the Delta Blues Singers, publié en 1961 par Columbia, qui profite de l’engouement. Finalement, Robert est loin d’être le premier bluesman, ni le meilleur. Mais celui qui aura laissé sa plus belle trace dans la culture populaire.

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[1] Lire la magnifique bande dessinée Bluesman, de Rob Vollmar et Pablo Callejo, publiée en 2004. 


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