Ce que j’en dis…

Un cinéma de vieux Schnocks !
25 juin, 2013, 20:56
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le cinéma. Je suis né dans une famille qui avait fait des Blues Brothers leur film de chevet ; c’est devenu le mien. La comédie US, la contre-culture des seventies, le cinéma franchouillard, le fun des eigthies, j’ai tout digéré. A l’adolescence, en bon maniaque qui se respecte, j’enregistre tout ce qui passe et n’en regarde qu’un dixième. Une période de vache maigre dans le ventre mou des années 2000, puis je repars vers le cinoche, aidé en cela par ma femme qui me pousse à prendre une carte illimitée, et mon pote Benoît qui m’emmène dans les méandres magiques du cinéma d’art et d’essai. Depuis quelques mois, je prends même la plume pour oser une critique sur certains films : Death Watch, Wadjda, A La Merveille, Foxfire, The Last Stand. Oh, bien sûr, ce ne sont pas forcément ceux qui m’ont le plus marqués, plutôt ceux que j’ai vus à un moment où j’avais le temps d’écrire dessus ; si je devais faire une critique un tant soit peu poussée sur chaque toile, j’aurais besoin de journées de 48 heures, au moins ! Sur Facebook, j’écris souvent quelques mots sur ces films oubliés de mes longues et fastidieuses critiques. Ce n’est pas pour ça que je vais m’empêcher de partager ces « réflexions », si futiles soient-elles ! Petite rétro spécial cinéma schnock !

 

L’une des premières fois où j’ai parlé de cinéma sur Facebook, c’était pour dire RIP à Gérard Rinaldi, parti le 2 mars 2012, l’un des Charlots chers aux années Giscard, qui nous aura tous bien fait rire… Pour ma part, j’ai surtout ri à leurs pérégrinations libertaires dans les allées d’une grande surface, avec Galabru et Serrault, dans Le Grand Bazar de Claude Zidi ; un film qui, sous le vernis schnock et absurde, fait réfléchir à plus d’un titre sur ces transformations qui ont bouleversé la France des Trente Glorieuses : déclin du petit commerce et des relations sociales qui vont avec, organisation de la résistance, résignation des commerçants devant l’appât du gain, absurdités du fonctionnement de la grande surface, homogénéisation et rationalisation du goût, précurseurs de la décroissance, etc.

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La Chanson de la Semaine 89
23 juin, 2013, 20:14
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau d’Asha Bhosle, « Piya Tu Ab To Aaja », composé par Rahul Dev Burman, qui figure dans la bande originale du film Caravan de Nasir Hussain, un succès cinématographique indien de 1971. Ce morceau est considéré comme l’un des meilleurs jamais chantés par son interprète, Asha Bhosle.

La Chanson de la Semaine 89 dans Musique & Music rdburman_and_asha_bhosle_mi81

Née en 1933 dans un petit village à 200 kilomètres au sud de Mumbai, dans la province du Maharashtra, elle baigne très tôt dans la musique, et entame en 1943 une carrière musicale et cinématographique avec sa sœur Lata Mangeshkar pour soutenir sa famille ; elle vient de perdre son père. Lata entrera dans le Guinness pour avoir enregistré le plus au monde, Asha deviendra l’une des plus célèbres chanteuses indiennes, au-delà de la musique traditionnelle, au-delà de Bollywood. J’ai découvert Asha Bhosle fortuitement : pas moins de cinq titres figurent sur la compil B-Movie Archives. Un jour, je décide d’en savoir plus. Direction Youtube : je tombe sur le clip « Piya Tu Ab To Aaja » (Amant, tu viens juste maintenant), avec les images du film. Je suis complètement conquis : c’est kitch et coloré, c’est de la pop bollywoodienne, grandiloquente et grotesque, les décors sont en carton, « Monica, oh my darling » (chanté par Apu des Simpson !) ça danse de partout, les paroles sont très explicites (« éteindre ma flamme », tout ça), c’est rythmé et transgressif (l’alcool, la cage, les mouvements, les « ha, ha, ha, ha »)… Je suis tellement conquis que je décide de poursuivre ma quête. Quel meilleur endroit pour ça que le 10e arrondissement de Paris ? Avec ma chère et tendre, direction le passage Brady, mais je fais presque chou blanc ; je repars juste avec une compil Il était une fois Bollywood à 5 euros, et 45 euros d’épices, de sauces, de naans, de loukoums. Nous remontons le boulevard Sébastopol jusqu’à Gare du Nord, et emboîtons sur la Rue du Faubourg Saint-Denis. Nous sommes en plein quartier indien. Des tissus, de la bouffe, des films et des disques, et même plusieurs Indian Supermarket ! Je tombe sur un best of d’Asha Bhosle en « super mp3 » édité par Sony Music (3 euros), et sur le dvd du film Caravan pour le même prix (avec des sous-titres multilangages !). Le soir, ma chère et tendre concocte un superbe repas indien, mais nous n’avons pas encore visionné les presque trois heures du film. En attendant, le best of tourne en boucle dans mon lecteur mp3. C’est dingue d’être une méga-star dans un pays d’un milliard d’habitants, et quasi-inconnue en Occident. Quand on pense que le Coréen Psy vient faire du playback au Trocadéro… 

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Lud le Bootlegger présente… Le Mojito
22 juin, 2013, 14:06
Classé dans : Epicurian Arts

 

Il y a un mois, j’inaugurais cette chronique alcoolique par le bref récit de mon initiation à l’alcool (ici) ; et je racontais sommairement que, à mon arrivée à Paris, j’ai découvert les joies intellectuelles de l’université tout en plongeant allègrement dans les bars de la rue Oberkampf. Aussi intriguant que cela puisse paraître, c’est donc à l’âge de vingt ans que j’ai trempé mes lèvres pour la première fois dans ce cocktail qu’on ne cesse d’enterrer depuis une dizaine d’années, trop beauf pour les branchés, trop branché pour les beaufs : le Mojito. Petit rappel : le but, c’est le plaisir. Le plaisir altruiste de s’amuser avec des amis en les ravissant ; le plaisir laborieux de travailler à produire quelque chose dont on est fier ; le plaisir artiste d’affiner sa technique et son goût par une certaine maîtrise. Dans mon premier post, j’avais écrit : « Juste le plaisir amateur de jouir de la vie », et puis aussi un truc du genre : pas d’alcool sans plaisir (l’inverse, c’est l’alcoolisme !).

Revenons aux affaires. D’où vient ce cocktail si frais, si populaire et si souvent ringardisé ? D’après plusieurs sources, l’ancêtre du Mojito date de la fin du XVIe siècle, lorsqu’un célèbre corsaire anglais, Sir Francis Drake (ou l’un de ses hommes) concocta une boisson à base de rhum Aguardiente (rhum non raffiné) et de menthe (voire en y ajoutant du sucre et du citron vert), nommée le Drake ou El Draque (le dragon, surnom du corsaire). Il faut dire qu’il écumait les ports d’Amérique latine et des Caraïbes (en premier lieu Cuba) pour le compte de la reine Elisabeth Ire d’Angleterre. (suite…)



La Chanson de la Semaine 88

J’ai choisi cette semaine un morceau de Robin Thicke, accompagné de T.I. et de Pharrell Williams, « Blurred Lines », single sorti en mars 2013 sur le label de Pharrell, Star Trak.

La Chanson de la Semaine 88 dans Identité & Image robinthicke_2009c

Ô cher internaute, je te sens interloqué. Pourquoi chroniquer un truc si récent, putassier et sexiste, qui fait le buzz au Grand Journal, le tout sur un site aussi pointu ? Parce que ce truc pose question. Je ne connaissais pas du tout ce pâle sosie de George Michael et d’Emmanuel Moire, qui, si Wikipedia dit vrai, a produit Brandy, Mary J. Blige, Mariah Carey, Christina Aguilera, Michael Jackson tout en publiant six albums solo depuis 2002 ; je suis tombé sur le clip chez Yann Barthès il y a peu. Tout de suite, avant même de remarquer la nudité des jeunes femmes, je crois reconnaître l’excellent titre « Got To Give It Up » de Marvin Gaye. Mais ce n’est qu’un sample creux, transparent. En fait, à l’écoute, malgré son côté addictif, « Blurred Lines » est assez pauvre : le sample, en effet, ne crée rien, ne dit rien d’autre que « Regardez comme je suis cool, je sample Marvin Gaye ! » et, sans le sample, la musique n’a plus grand intérêt ; la qualité vocale de Robin Thicke est complètement occultée par sa comparaison immédiate avec le timbre génial de Marvin Gaye ou le fantasque du nain de Minneapolis, Prince ; par respect, je ne dirais rien du « rap » des deux autres zozos. Mais on est aussi là pour parler du clip, non ? Il y a deux versions, je garde la plus dirty. C’est que, faire danser des jeunes femmes à poil (on dirait plutôt des barely legals ukrainiennes qui tarifent leurs prestations) dans un clip est toujours porteur (jurisprudence Make The Girl Dance) ; d’ailleurs, à voir certains de ses anciens clips, Robin Thicke ne se cache pas d’aimer les jolies femmes à poils. Visuellement, c’est accrocheur : le clip, c’est l’image, c’est-à-dire la captation de l’attention. Qui n’est pas capté ? Selon les rumeurs, les internautes sont tombés raide dingue d’Emily Ratajkowski, la jolie brune… Sûr qu’on la verra bientôt à Hollywood.

Sexiste ? La question qu’il ne faut pas poser. (suite…)



La Chanson de la Semaine 87
9 juin, 2013, 21:52
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de Robert Johnson, « Last Fair Deal Gone Down », enregistré le 27 novembre 1936 dans la chambre 414 de l’hôtel Gunter à San Antonio (Texas), et sorti en 78 tours en 1937 sur le label Vocalion.

 Cadeau : un dessin réalisé mercredi 8 mai 2013 par Lud le Scribouillard, votre serviteurLa Chanson de la Semaine 87 dans Musique & Music ex-5-copie

Sa légende a souvent occulté sa vie, mais des biographes pointilleux ont depuis fait un long et fastidieux travail de recherche, afin de bien distinguer les deux. L’un d’eux s’appelle Peter Guralnick, un spécialiste ; il a signé en 1988 un court, sec mais renseigné Searching for Robert Johnson. Officiellement né le 8 mai 1911 (c’est la date inscrite sur ses tombes – car, oui, il en a plusieurs !), dans le delta du Mississippi, le jeune Robert grandit dans un foyer chaotique, entre Hazlehurst, Memphis, Robinsonville et les champs de coton, entre sa mère, l’amant marié de celle-ci, sa tante, son nouveau beau-père et l’ombre de son vrai père. Il commence à toucher à la musique vers 1916-1918, essaie puis abandonne vite la guimbarde, confectionne un support pour jouer de l’harmonica en même temps que de la guitare, quitte l’école, mais reste paysan, malgré le soutien musical de Willie Brown et Charley Patton. Las, sa femme tombe enceinte juste avant le krach financier de 1929, et meurt lors de l’accouchement en 1930. Il rencontre la légende Son House l’année suivante qui l’humilie : « Tu ne sais pas jouer de la guitare, tu fais fuir les gens ! ». Robert part alors à la recherche de son père et trouve un mentor (Ike Zinnerman) et une nouvelle femme ; sa carrière décolle. Il joue dans les bars et se fait un nom, avant de revenir à Robinsonville pour en mettre plein la vue à Son House, de son propre aveu dépassé par ce génie. La rumeur badine d’un pacte avec le diable au coin d’un carrefour (le titre « Crossroads Blues ») se répand sur le terreau fertile du populaire vaudou chez les Noirs du Mississippi. Dès lors, il part sur les routes, parcoure le delta et joue dans tous les bars crasseux possibles, comme beaucoup de bluesmen à l’époque. Une vie pauvre et risquée, mais jouissive[1]. Il rencontre Sonny Boy Williamson II, Elmore James, Howlin’ Wolf ; en 1936 et 1937, il enregistre pour Columbia et Vocalion les 29 titres qui resteront gravés à jamais dans la mémoire du rock. Il meurt le 16 août 1938 dans des circonstances mystérieuses, la plus probable restant le whisky empoisonné par un mari jaloux. Robert Johnson, beau gosse, aimait salement les femmes, surtout celles des autres. D’autres légendes circuleront sur Robert Johnson, comme l’existence d’un 30e titre, qui donnera le thème du film Crossroads de Walter Hill (1986). Le titre présenté figure sur l’album King of the Delta Blues Singers, publié en 1961 par Columbia, qui profite de l’engouement. Finalement, Robert est loin d’être le premier bluesman, ni le meilleur. Mais celui qui aura laissé sa plus belle trace dans la culture populaire.

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[1] Lire la magnifique bande dessinée Bluesman, de Rob Vollmar et Pablo Callejo, publiée en 2004. 



La Chanson de la Semaine 86
2 juin, 2013, 20:27
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

J’ai choisi cette semaine la bande originale complète de Summer School, film réalisé par Godfrey Daniels en 1979.

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Long-métrage porno de la mythique époque seventies, Summer School n’est apparemment pas resté dans les annales, si j’en crois mon enquête sur Google, et ma lecture assidue du lourd pavé The Other Hollywood[1], malgré la présence d’actrices comme Laurien Dominique, Lisa K. Loring et Lysa Thatcher. Une histoire d’initiation sexuelle de jeunes étudiantes. Classique. Mais pas question ici de palabrer sur le film : je ne l’ai pas vu. En fait, c’est en écoutant les mix de Drixxxé, producteur de Triptik, que j’ai découvert ce truc. Sur Soundcloud, le 8 mars dernier (journée de la femme !), il publie une mixtape, sélection aux petits oignons de soundtracks de films érotiques et pornos vintage, intitulée Sextape. A l’écoute, une heure de pur plaisir, dont un (voire deux) morceau(x) issu(s) de Summer School, mais j’aurai l’occasion de reparler du mix. J’ai déniché assez peu d’infos sur cette bande originale de 1979, réunion instrumentale de plusieurs artistes dont j’ignore encore les noms. Le disque a été réédité par l’excitant label Fraykers Revenge. Peu importe : ces trois quarts d’heure de soul-funk-jazz sont jouissifs, un peu rétros, parfois dansants. On ressent toute cette luxure joyeuse du sexe libre caractéristique du porno 70s, ce vent cru de liberté qui régnait alors dans ce milieu. Si on fait abstraction du genre (ne pas regarder ces improbables étudiantes sur la splendide affiche), on pourrait croire à un film blaxploitation, avec sa ligne de basse, l’utilisation frénétique de la wah-wah, ses cuivres chauds, son énergie caractéristique (« Heavy Lift », « Black Bison », « The Fix », « What’s Cooking », « Hit The Road »). Quelques titres soul, pourtant, ne laissent guère de place au doute (même si on reste proche des B. Withers, O. Redding, A. Green) : sur « Angel Of The Morning », par exemple, on imagine bien un lit, des individus submergés par le désir au petit matin, le soleil éclatant, l’herbe humidifiée par la rosée, les pratiques déviantes… Certains morceaux sont presque bucoliques (« Sunrise Idyll ») ! « Nova » est magique, le pendant sexuel de « Summer Madness » de Kool & The Gang. Et puis cette balade (« Pretty Soul Rock ») qu’on devine sensuelle est magnifique dans ce qu’elle contient de stupre sous-jacent… Bref, il faudrait être fou pour laisser dormir l’orchestration cohérente de ce bijou musical dans des placards poussiéreux.

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[1] Legs MCNEIL, Jennifer OSBORNE (2011), The Other Hollywood. L’histoire du porno américain par ceux qui l’ont fait, Ed. Allia. 


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