Ce que j’en dis…

Lud le Bootlegger présente… Le Old Fashioned
20 mai, 2013, 21:43
Classé dans : Epicurian Arts

C’est affreux, je n’ai pas d’accroche au post qui va suivre… Comment débuter ? Il y a quelques mois, mon frère Jack Seps signait sur ce blog sa 2e playlist, célébrant l’alcool festif, toute en mise en abîme auto-fictionnelle. Elevés à la campagne, notre premier contact avec l’alcool, c’est vers la fin du collège, entre cuite presque mortelle à la bière bon marché au bord de la Seine, et whisky-Coca sans modération dans des boîtes de nuit rurales, avec les potes du foot, à squatter les chiottes et les banquettes… En grandissant, on prend conscience de ses limites, et on les franchit sans vergogne ! Quand j’ai quitté le domicile familial, c’était pour la fac… et les bars de la rue Oberkampf avec ma bien-aimée et les poteaux ! Ce qui signifie découverte des cocktails, en premier lieu Mojito et Caïpirinha. Cessons brutalement ces souvenirs sans intérêt, uniquement là pour introduire ce post : depuis une dizaine d’années, j’ai pris goût à essayer de refaire ces cocktails. J’aime tester et recommencer jusqu’à ravir mes amis ; le but, c’est vraiment le plaisir. Je maîtrise maintenant une vingtaine de cocktails, et je tente même parfois d’en inventer. L’une des raisons d’être de ce blog étant le partage, voilà, je partage maintenant mes recettes et mes astuces. L’objectif n’est pas de devenir un blog professionnel, avec publication d’un livre de recettes et participation au jury de Master-Pillave ou Top Cuite : pas de prise de tête, pas de chevilles qui enflent. D’ailleurs, mes cocktails sont assez banals ! Juste le plaisir amateur de jouir de la vie.

On ne répétera jamais assez que l’alcool est dangereux pour la santé : il accompagne le plaisir d’être ensemble, de se retrouver, de rire, de discuter ; il ne le supplante jamais.

Pour cette première, j’ai décidé de présenter le Old Fashioned, que je viens tout juste d’expérimenter, après plusieurs mois de réflexion. J’ai dû apercevoir la recette de ce cocktail dans mon cher bouquin de recettes, le classieux Vintage Cocktails édité par Assouline en 2010, avec les photos de Laziz Hamani et la plume de Brian Van Flandern. Mais sans plus. C’est en regardant la série Mad Men que j’ai eu l’envie de recréer l’un des plus anciens cocktails recensés : dans la 3e saison (je crois), le personnage principal, Donald Draper, en prépare un en quelques secondes.

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Depuis cette vision so glamour, je me dis, à chaque fois que je termine dans un bar ou que j’invite des amis, qu’il faut que j’essaie cet authentique cocktail américain. Il aurait été créé en 1884 à Louisville (Kentucky), au Pendennis Club, un club de gentlemen fondé en 1881 : le colonel James E. Pepper, distillateur de bourbon et membre du club, aurait demandé au barman Martin Cuneo un petit mélange, avec du bourbon, du bitter et un morceau de sucre. Tout au long de ses voyages, dit-on, le colonel Pepper aurait demandé aux barmen qu’il rencontrait de lui refaire la recette, jusqu’au Waldorf Astoria de New York. Pendant la Prohibition, on raconte que, pour échapper aux contrôles de police, certains barmen écrasaient le sucre et le bitter avec un zeste de citron, ajoutaient un peu d’eau gazeuse et deux cerises au marasquin pour couvrir le goût de l’alcool et du bitter. Le Old Fashioned moderne est né.

Revenons à nos moutons. Alors que je m’apprête à faire l’une des choses les plus banales du monde – mes courses –, je me décide à franchir le pas. Alors, qu’est-ce que j’ai dans mon bar ? Un reste de Jack Daniel’s, du Cardhu, un reste de Chivas, du Clontarf, et du Jameson. Bien que la recette exige du bourbon, qui est différent du whisky[1], j’ai un faible pour le Jameson, un whisky irlandais, dont la distillerie a été fondée en 1780 à Dublin et fermée en 1974, après que la plupart des distilleries irlandaises aient été transférées à Midleton sous la bannière Irish Distillers Ltd. Ah, si j’avais eu du Maker’s Mark ! Par contre, évitez le Jack : pas un alcool de Gentleman !

Dans un verre old fashioned (un verre à whisky), je mets un morceau de sucre de canne, je l’arrose de trois traits d’Angostura Bitter et d’un trait de ginger ale (Canada Dry), j’ajoute un quartier d’orange, et je pile le tout pendant une minute, en faisant bien attention à l’émulsion provoquée par les bulles. Je verse 6 cl de Jameson (même si, la prochaine fois, j’essaierai avec du bourbon), et mets quelques glaçons dans le verre. Je découpe un morceau d’écorce d’orange, le tord, et le passe sur le bord du verre pour l’en humecter. J’ajoute une cerise marasquin, puis remue avec une cuillère à mélange. La rudesse du whisky se mêle très bien à l’amertume de l’orange, et le bitter fait le reste ! 

Lud le Bootlegger présente... Le Old Fashioned dans Epicurian Arts img_1910-2

A la prochaine, avec modération !

 

 

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[1] Le bourbon est un whisky américain qui est fabriqué à partir d’au moins 51 % de maïs (et très peu de malt), vieilli en fûts neufs, et distillé en flux continu exploité à 100 %. 


2 commentaires
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  1. Romain

    Bon article, où on apprend que tu as un bar plutôt rempli !
    A bientôt pour goûter ce cocktail !

  2. reflexionsdactualite

    Pour l’instant, je n’ai que 3 bouteilles et 2 fonds de bouteilles, pas de quoi pavoiser… Pour toi, je le ferais avec du Jameson !



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