Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 85
27 mai, 2013, 6:47
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson de Webster Lewis, « Up On The Roof », sortie en 1971 sur l’album In Norway – The Club 7 Live Tape.

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Né à Baltimore en 1947, il entre à la Morgan State University où il co-fonde une fraternité étudiante afro-américaine (Iota Phi Theta), puis il part étudier la musique au Conservatoire sous la direction de Gunther Shuller. Il en sort diplômé, et débute dans le jazz avec Toni Williams, Bill Evans, The Piano Choir, Stanton Davis et le novateur et théoricien George Russell. Le premier disque de Lewis est cet enregistrement live de juillet 1971 au Club 7, un bastion de la contre-culture dans la capitale norvégienne. C’est par l’intermédiaire de Russell, commissionné par le conseil culturel de Norvège, qu’il se retrouve à Oslo. Son quintet s’intitule « Webster Lewis and the post-pop, space-rock, be-bop, gospel tabernacle chorus and orchestra BABY !! », et se compose, outre Lewis (orgue), de Jimmy Hopps (batterie, percussions), de Bobby Greene (saxo alto), de Stan Strickland (saxo ténor) et de Judd Watkins (chant). « C’est ainsi que cet enregistrement plonge au cœur d’une expérience sans barrières où se marient idées savantes, be-bop et avant-gardisme, racines des cultures africaines-américaines et toutes les formes de mixités populaires telles qu’elles pétillaient dans l’air du temps. Un moment échangeur très chaud. »[1] Ce titre, composé par Gerry Goffin et Carole King, est soufflé à mon oreille par Fuzati et son Extraordinary Music Show n° 9. Il est tout simplement jouissif, même si je n’ai pas pris la peine de chercher les lyrics : cette boucle ultra répétitive jouée à l’orgue Hammond, assez tôt biaisée, donne le tempo à l’instrumentation, au petit poil ; la voix chaude de Watkins paraît perchée. C’est un envoûtant prêche ! Webster Lewis continuera sa carrière jusqu’à sa mort en 2002 : il signe avec Epic en 1976 et produit de la musique disco très vite prisée par les hédonistes, se transforme à l’occasion en arrangeur pour Herbie Hancock et Barry White, ainsi qu’en producteur de musique de films, travaille dans l’ombre pour les concerts de Michaël Jackson et Tom Jones. Un musicien hors pair !

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[1] Pierre HEMPTINNE (2010), « Chronique. Webster Lewis », 16 février, sur le site de la Médiathèque de la Communauté Française en Belgique : http://www.lamediatheque.be/mag/selec/selec_9/webster_lewis.php?reset=1&secured=. 



Lud le Bootlegger présente… Le Old Fashioned
20 mai, 2013, 21:43
Classé dans : Epicurian Arts

C’est affreux, je n’ai pas d’accroche au post qui va suivre… Comment débuter ? Il y a quelques mois, mon frère Jack Seps signait sur ce blog sa 2e playlist, célébrant l’alcool festif, toute en mise en abîme auto-fictionnelle. Elevés à la campagne, notre premier contact avec l’alcool, c’est vers la fin du collège, entre cuite presque mortelle à la bière bon marché au bord de la Seine, et whisky-Coca sans modération dans des boîtes de nuit rurales, avec les potes du foot, à squatter les chiottes et les banquettes… En grandissant, on prend conscience de ses limites, et on les franchit sans vergogne ! Quand j’ai quitté le domicile familial, c’était pour la fac… et les bars de la rue Oberkampf avec ma bien-aimée et les poteaux ! Ce qui signifie découverte des cocktails, en premier lieu Mojito et Caïpirinha. Cessons brutalement ces souvenirs sans intérêt, uniquement là pour introduire ce post : depuis une dizaine d’années, j’ai pris goût à essayer de refaire ces cocktails. J’aime tester et recommencer jusqu’à ravir mes amis ; le but, c’est vraiment le plaisir. Je maîtrise maintenant une vingtaine de cocktails, et je tente même parfois d’en inventer. L’une des raisons d’être de ce blog étant le partage, voilà, je partage maintenant mes recettes et mes astuces. L’objectif n’est pas de devenir un blog professionnel, avec publication d’un livre de recettes et participation au jury de Master-Pillave ou Top Cuite : pas de prise de tête, pas de chevilles qui enflent. D’ailleurs, mes cocktails sont assez banals ! Juste le plaisir amateur de jouir de la vie.

On ne répétera jamais assez que l’alcool est dangereux pour la santé : il accompagne le plaisir d’être ensemble, de se retrouver, de rire, de discuter ; il ne le supplante jamais.

Pour cette première, j’ai décidé de présenter le Old Fashioned, que je viens tout juste d’expérimenter, après plusieurs mois de réflexion. J’ai dû apercevoir la recette de ce cocktail (suite…)



La Chanson de la semaine 84
19 mai, 2013, 21:17
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Thurmon « T. » Valentine (with Daddy Long Legs) qui s’intitule « You So Fine », issu de l’album The Vampire sorti début 2013 sur le label Norton Records.

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Le mec est né en 1932, dans le trou du cul du Sud, à West Helena, Arkansas, à 3 miles du fleuve Mississippi et de l’Etat du même nom. Influencé par Sonny Boy Williamson, il monte à Chicago en 1950, mais finit sur une chaîne de montage chez General Motors, comme beaucoup de ses congénères à l’époque. Le style Valentine va naître, entre le chant et le rap. Il écrit la pièce The Vampire en 1957 avec trois transsexuels, puis enregistre pour Detroit Junior et son label Bea & Baby dans les sixties, et monte enfin son propre label VAL Records. A partir de là, son histoire d’amour avec la musique, c’est je t’aime moi non plus : il retrouve l’inspiration en 1983, divorce et écrit pour sa femme le culte « Hello Lucille… Are You A Lesbian », puis se barre en 1995. Norton vient le chercher récemment des bas-fonds, en le faisant travailler avec le trio Daddy Long Legs. Le résultat, c’est un disque énervé, libre, fun, déjà culte et chuintant ; le type n’a plus beaucoup de dents ! C’est en écoutant l’émission Rock à la Casbah #82 sur Gonzai que je le découvre, grâce à la passion de Bruno, le légendaire disquaire lyonnais Dangerhouse, qui diffuse le titre « Shake Your Funky A-S-S », qui balance du tonnerre ! Au départ, je voulais chroniquer le titre « The Vampire », sur lequel Daddy Long Legs fait du garage rock des fifties (qui ressemble à la B.O. de Pulp Fiction), tout en retenue, tandis que T. Valentine hurle sa hargne édentée et essaie d’appâter les jeunes filles. Mais la vidéo n’est plus disponible. « You So Fine » est un petit rock faussement gentillet ; « Baby, I want to… fuck you, all the time ! » Même si on ne comprend pas tout ce qu’il crache, on a saisi le côté libidineux ; bandant ! Au contraire d’un Gil Scott-Heron, le lettré, qui racontait pourquoi il était déjà mort, Valentine le prolo hurle la vie, le sexe et la jouissance. Sur son myspace, actif entre 2007 et 2008, il annonce ses influences : les lesbiennes, Sonny Boy, les lesbiennes, le boxeur Sonny Liston, le black panther Stokely Carmichael, le Dracula Bela Lugosi, les lesbiennes ! FUCK !

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La Chanson de la Semaine 83
13 mai, 2013, 7:05
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de David Newman, « Shiloh », sorti en 1968 sur l’album The Many Facets of David Newman.

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Né en 1933, il garde du lycée un surnom (« Fathead ») attribué par l’un de ses profs de musique, il étudie la théologie et la musique à l’université, puis décide de voyager avec le saxophoniste Buster Smith, le mentor de Charlie Parker, joue beaucoup avec la scène noire américaine, puis rencontre Ray Charles en 1954, qui l’embarque avec lui pour une dizaine d’année, et le soutiendra dans sa carrière solo. Flutiste et saxophoniste, il sort ses premiers disques au tout début des sixties, et, en solo ou accompagné (Clifford Jordan, Herbie Mann, B.B. King, Aretha Franklin, Eddie Harris, etc.), il alimentera les bacs jazz jusqu’en 2009, année durant laquelle il décède d’un cancer à New York. Je ne connaissais pas David Newman avant 2009, année où j’ai fait l’acquisition d’une compil de 8 CDs intitulée B-Movie Archives, avec en couverture un hélico, des dollars, du kung-fu, une afro, une Pontiac, le tout recouvert d’une belle blonde en maillot de bain sexy avec gun et talons, compil qui surfait allègrement sur la mode de la bande originale extraite des séries B : le 1er titre du 1er CD était « Last Race » de Jack Nitzsche, titre d’ouverture du dernier Tarantino d’alors. Si ça, ce n’était pas un produit d’appel ! Je tombe sur ce titre de Newman, qu’on jurerait avoir été composé pour une série Z mêlant blaxploitation et kung-fu, justement ! La flute et le rythme ressemble beaucoup à ce qu’on pouvait écouter à l’époque dans la corne de l’Afrique (voir ici). Avec ce genre de musique, place à l’imagination, la création, la folie douce. Je vois bien Tarantino vampiriser ce titre du « Fathead » dans son prochain film – remarque, il aurait très bien pu l’utiliser pour Django Unchained. De ce que je connais de Newman, ce titre est assez atypique ; toutefois, j’en sais trop peu sur sa carrière et sa musique pour avancer la moindre hypothèse… Avait-il trop fumé ? En avait-il marre du jazz gentillet à la Ray Charles ? Souhaitait-il inconsciemment se lancer dans une carrière à la Isaac Hayes dans le cinéma d’exploitation ? Et puis, que signifie ce titre énigmatique ? Anecdote : Newman fait une apparition dans le film de Robert Altman Kansas City, sorti en 1996. Je ne suis certainement pas loin de la vérité…

 

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La Chanson de la Semaine 82
5 mai, 2013, 21:50
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de Dominic Chianese, « Core’ NGrato », sorti sur l’album Ungrateful Heart en 2003.

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Né en 1931 dans le Bronx, d’une famille originaire de la région de Naples, Dominic est diplômé de l’école d’art dramatique de Brooklyn et entame une carrière au théâtre et au cinéma au début des années 1970. Mes premières rencontres avec le bonhomme, c’est dans Le Parrain 2e partie (dans le rôle de Johnny Ola) et dans Un Après-midi de chien (dans le rôle du père de Sonny-Al Pacino), mais je ne le sais pas encore. En 1978, il joue dans Fingers, avec Harvey Keitel et Tony Sirico, film que j’ai découvert au cinéma l’an dernier seulement. Il enchaîne les rôles de mafieux, comme ce rôle dans le téléfilm Gotti produit par HBO. J’ai commencé à m’intéresser à lui à la vue d’une série TV qui m’a littéralement scotchée, que je considère aujourd’hui comme le plus grand show TV de tous les temps : Les Soprano. Il y joue Corrado ‘Junior’ Soprano, l’oncle de Tony. Dans la 3e saison, le fils de l’ancien boss Jackie meurt assassiné, l’enterrement est tendu. Corrado ne se fait pas prier longtemps pour entonner les vielles chansons napolitaines, sorte de folklore familial. Il interprète « Core NGrato », et… c’est un moment de grâce. Touchés, mon cœur tremble, mes yeux s’humidifient. Cette voix chaude, qui chante en napolitain ; ce vieil oncle, qu’on ne respecte plus vraiment, râleur, soudain prend une épaisseur surprenante. Le titre, qui signifie « Cœur Ingrat », est une célèbre chanson populaire napolitaine écrite par Riccardo Cordiferro et mise en musique par Salvatore Cardillo en 1911. Beaucoup l’interpréteront (Enrico Caruso, Tino Rossi, Mario Lanza, Luciano Pavarotti, Placido Domingo, Andrea Bocelli, etc.), mais jamais avec ce timbre et cette sensibilité particuliers. Les paroles sont beaucoup plus cruelles que la musique ou l’interprétation ne laissent entendre : « Catari, pourquoi me dis-tu des mots amers ? Pourquoi me parles-tu et me tortures-tu ? N’oublie pas qu’un jour je t’ai donné mon cœur. […] Tu ne penses jamais à mon chagrin […]. Cœur, cœur ingrat. Tu m’as volé la vie, tout est fini, et tu n’y penses plus. » Dominic Chianese chante depuis un bail, mais ne se produit que depuis une dizaine d’année, notamment chez Sofia’s à NYC. A 82 ans, il est encore fringuant ; il joue dans le show Boardwalk Empire, l’un des plus sérieux successeurs des Soprano. Respect, man !

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