Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 80
22 avril, 2013, 7:19
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Son House, « John The Revelator », sur son album Father Of Folk Blues, sorti en 1965 chez Columbia Records.

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Dans les années 1960, la maison de disques, poussé par l’engouement des jeunes pour le country blues, dont témoignent les premiers succès de Bob Dylan et de la sortie du King Of The Delta Blues Singers de Robert Johnson en 1961, part à la recherche des gloires d’avant-guerre en parcourant le Vieux Sud. Elle ressuscite Eddie James House Jr. aka Son House, le maître à penser du légendaire Robert Johnson[1]. Né en 1886 ou en 1902 (putain, l’écart !) dans le Mississippi, père joueur de tuba fervent croyant, alcoolique ; ses parents se séparent, sa mère descend le fleuve vers la Louisiane. Très tôt bercé par la musique, attiré par le blues (musique du péché, justement !), il essaie néanmoins de devenir prêcheur baptiste, avant de passer un moment en prison pour meurtre. Sous l’influence de James McCoy, Willie Wilson, Reuben Lacy, il enregistre des disques de blues avec sa guitare bottleneck dans les années 1930 et 1940. Oublié après la guerre, il redevient à la mode dans les années 1960, à l’instar de Mississippi John Hurt : c’est le folk blues revival. Il joue au festival folk de Newport en 1964, puis à celui de New York en juillet 1965, puis en Europe en 1967, et à Montreux en 1970. Amoindri, il prend sa retraite au milieu des seventies, et meurt en 1988 d’un cancer du larynx. Il aura influencé Robert Johnson et Muddy Waters, qui reprendront son répertoire ; apparemment, c’est Son House qui, très loquace auprès des jeunes fans lors des festivals, propagera la légende de Johnson ! Une influence immense sur une grande frange du rock dans toute sa diversité, de Depeche Mode (qui reprend « John The Revelator » en 2009) aux White Stripes (en 2004). L’an dernier, pour mon birthday, mes parents m’offrent un coffret réunissant 25 albums originaux de blues. Une merveille ! J’y fais de nombreuses découvertes, dont ce disque. Je suis en effet passé à côté de cet artiste magique, rocailleux, simple, son flow qui rappelle l’esclavage et les chain gangs, et sa musique faite pour les barrelhouse, moite, toute droite venue du Delta, cette campagne pauvre peuplée d’anciens esclaves. Pourtant, on entend cette chanson, qui raconte un épisode de l’Evangile selon Saint-Jean avec la coolitude caractéristique de Son, dans les Blues Brothers 2000 (que j’ai toujours refusé de voir), ainsi que dans la première saison de la série Sons of Anarchy, interprétée par Curtis Stigers & the Forest Rangers. Cet album de Son House est incontestablement un chef-d’œuvre.

 

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[1] Sébastien DANCHIN (2011), sur le livret d’accompagnement du coffret Blues – The Perfect Blues Collection 25 Original Albums.


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