Ce que j’en dis…

Les inégalités expliquées par le QI (ou comment les libéraux se tirent une balle dans le pied)

Un site libéral qui remet en cause les inégalités par une analyse de la mobilité sociale ? Intéressant a priori. Las, toujours les mêmes poncifs, les mêmes caricatures, les mêmes erreurs, les mêmes mensonges. Entreprise de démontage d’un article (très) mal écrit : Cincinnatus (on sait qu’il est bouclé !), « Les inégalités sociales ne sont pas des injustices », sur le site libéral Contrepoints, 26 avril 2013 [Je conseille vivement la lecture de l'article en question avant de lire mes injustes critiques ; les citations du dit article sont en bleu].

 

Une introduction qui en révèle beaucoup…

 

L’article commence par se tirer une balle dans le pied en caricaturant les Trentenaires de l’UMP (on y reviendra) : il y aurait une « mouvance intellectuelle [désignée] néo-égalitarisme » qui dénonce les inégalités comme des vilaines injustices avec « ses champions (tel que Stiglitz) et même en France son évangile : un ouvrage intitulé Pour une révolution fiscale, de Piketty, Landais et Saez. Il s’agit d’un petit opuscule rouge de propagande égalitariste tout aussi déprimant à lire que l’autre petit livre rouge […] ». Comment délégitimer son propos derechef ? En comparant un ouvrage de propagande mal écrit de la part d’un des plus grands meurtriers de masse du XXe siècle, avec un ouvrage d’économie aussi rigoureux scientifiquement qu’engagé politiquement[1], signé par trois universitaires français, loin d’être d’affreux gauchistes ou pseudo-marxistes. Cette fâcheuse tendance à disqualifier une théorie ou un courant de pensée en faisant l’économie de sa critique… Je ne suis pas sûr que l’auteur (l’énigmatique Cincinnatus) ait lu le bouquin en question, qui ne fait que 134 pages pourtant.

Il continue en affirmant que « Le concept de lutte des classes révolutionnaire affiche plusieurs dizaines de millions de morts au compteur, ce qui nécessite tout un travail de rafraîchissement lexical à ses thuriféraires pour rendre possible sa funeste résurrection. » Alors, là, il y a tout, c’est très drôle. (suite…)



La Chanson de la Semaine 81
28 avril, 2013, 20:11
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson du groupe Allah-Las qui s’appelle « Sandy », sortie sur leur 1er album 0301h Las en 2012 sur le petit label Innovative Leisure.

La Chanson de la Semaine 81 dans Musique & Music allah-las-2

J’ai un doute quant à leur découverte : était-ce en écoutant Nova, sur le site La Détente Générale, ou chez ces déglingués de Gonzaï ? Peu importe ! Los Angeles, 2008 : trois disquaires de la boutique Amoeba décident de former un groupe et agrippent un 4e membre. Biberonnés à la pop type The Byrds, leur son passe par le garage surf et le psyché-rock première moitié des sixties, mais aussi par les apports de la déferlante pop anglaise de la même décennie. Produits par Nick Waterhouse, ils délivrent une pop mélodieuse et joliment vintage ; l’imagerie est très Instagram, avec des photos surdéterminées par la coolitude[1] supposée d’une décennie qu’ils n’ont jamais connue, aux couleurs un peu jaunies, avec tous les accessoires (planche de surf, moto originale, sombrero mexicain, plage, barbe à la Robert Wyatt ou Brian Wilson, pop art, vinyles, guitare classique transpirante en concert, soucoupe volante sixties, hommage poli aux Stones, etc.). « Les couleurs continuaient de transparaître, mais l’âme n’y était plus. » Alors, toc, nos Californiens ? Ce serait sans compter sur leur sincérité, et sur l’intelligence de l’auditeur. Car derrière ce curriculum impeccable, sans tâche, se cache une réelle écriture, un sens aristocrate de manier les instruments, une vraie vision du monde, poésie désabusée, noire, mélancolique, comme le titre à l’écoute : Sandy est une jeune fille frivole et insouciante, qui s’est perdue, a perdu son temps, ce temps qui file vite, si vite. La morale puritaine est implacable : « Don’t think ‘bout what you’ve done/But what you can do/Time flies when you’re having fun/But where does it go ?/You flew too close to the sun/Now you just don’t know. » C’est ce qu’on dit aux élèves ou aux enfants qui ne comprennent pas pourquoi on les contraint à tel acte ou à telle attitude : tu comprendras plus tard. Et tu me remercieras. Presque une histoire de rédemption austère ? En tout cas, on est sûr d’une chose : ces petits gars de la côte n’ont pas affûté leurs armes uniquement sous le soleil californien, mais surtout à l’ombre des garages cradingues !

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[1] Je sais, ça fait deux chroniques successives que j’utilise le terme ‘coolitude’, dont deux de trop.



La Chanson de la Semaine 80
22 avril, 2013, 7:19
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Son House, « John The Revelator », sur son album Father Of Folk Blues, sorti en 1965 chez Columbia Records.

La Chanson de la Semaine 80 dans Musique & Music son_house_t607

Dans les années 1960, la maison de disques, poussé par l’engouement des jeunes pour le country blues, dont témoignent les premiers succès de Bob Dylan et de la sortie du King Of The Delta Blues Singers de Robert Johnson en 1961, part à la recherche des gloires d’avant-guerre en parcourant le Vieux Sud. Elle ressuscite Eddie James House Jr. aka Son House, le maître à penser du légendaire Robert Johnson[1]. Né en 1886 ou en 1902 (putain, l’écart !) dans le Mississippi, père joueur de tuba fervent croyant, alcoolique ; ses parents se séparent, sa mère descend le fleuve vers la Louisiane. Très tôt bercé par la musique, attiré par le blues (musique du péché, justement !), il essaie néanmoins de devenir prêcheur baptiste, avant de passer un moment en prison pour meurtre. Sous l’influence de James McCoy, Willie Wilson, Reuben Lacy, il enregistre des disques de blues avec sa guitare bottleneck dans les années 1930 et 1940. Oublié après la guerre, il redevient à la mode dans les années 1960, à l’instar de Mississippi John Hurt : c’est le folk blues revival. Il joue au festival folk de Newport en 1964, puis à celui de New York en juillet 1965, puis en Europe en 1967, et à Montreux en 1970. Amoindri, il prend sa retraite au milieu des seventies, et meurt en 1988 d’un cancer du larynx. Il aura influencé Robert Johnson et Muddy Waters, qui reprendront son répertoire ; apparemment, c’est Son House qui, très loquace auprès des jeunes fans lors des festivals, propagera la légende de Johnson ! Une influence immense sur une grande frange du rock dans toute sa diversité, de Depeche Mode (qui reprend « John The Revelator » en 2009) aux White Stripes (en 2004). L’an dernier, pour mon birthday, mes parents m’offrent un coffret réunissant 25 albums originaux de blues. Une merveille ! J’y fais de nombreuses découvertes, dont ce disque. Je suis en effet passé à côté de cet artiste magique, rocailleux, simple, son flow qui rappelle l’esclavage et les chain gangs, et sa musique faite pour les barrelhouse, moite, toute droite venue du Delta, cette campagne pauvre peuplée d’anciens esclaves. Pourtant, on entend cette chanson, qui raconte un épisode de l’Evangile selon Saint-Jean avec la coolitude caractéristique de Son, dans les Blues Brothers 2000 (que j’ai toujours refusé de voir), ainsi que dans la première saison de la série Sons of Anarchy, interprétée par Curtis Stigers & the Forest Rangers. Cet album de Son House est incontestablement un chef-d’œuvre.

 

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[1] Sébastien DANCHIN (2011), sur le livret d’accompagnement du coffret Blues – The Perfect Blues Collection 25 Original Albums.



Je n’ai pas vu… Le Dernier Rempart de Kim Jee-Woon
13 avril, 2013, 20:06
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Oui. Je n’ai pas vu le dernier Schwarzenegger, moi qui suis né l’année de sortie de Terminator, moi qui ai suivi avec délectation les rediffusions des Conan, Commando, Predator, Double Détente, Total Recall, Last Action Hero, True Lies, moi qui suis capable de visionner un épisode des Rues de San Francisco et la grosse patate de Karl Malden juste pour l’apercevoir en guest énervé, moi qui ai fantasmé quand j’ai su que Sly souhaitait réunir la fine fleur de l’action movie des eighties et nineties (même si The Expendables n’a pas encore imprimé ma rétine)…

 

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Votre blog a une page Facebook !
2 avril, 2013, 18:06
Classé dans : Ma gestion du blog

Hello ! Il y a quelques années, j’avais créé mon profil Facebook, sur lequel tout le monde peut encore voir ce que je publie : des photos persos (moyennement intéressant), mes coups de coeur musicaux, mes coups de gueule politiques ou économiques, mes engagements… Ce profil reste accessible à tous (il figure en bonne place dans les liens ci-contre), même si vous êtes peu nombreux à vous y rendre effectivement. Désormais, votre blog possède une page Facebook, d’un maniement plus simple et plus facile pour me suivre (notamment mes coups de coeur musicaux), commenter, et même publier pour me faire découvrir tout un tas de trucs, et ainsi enrichir le blog.

Chers auditeurs, vous pouvez désormais « aimer » et « partager » cette page sur votre profil pour le plus grand bien de vos amis, des amis de vos amis, et ainsi de suite ; d’ailleurs, c’est gratuit pour vous et non lucratif pour moi. Enjoy, like & share, girls & boys !

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