Ce que j’en dis…

Chronique Facebook #001

N.B. : Je tiens à préciser que ce qui suit comporte une grande part d’ego-trip, mais, pour reprendre Raphaël Meltz, fondateur de la revue LeTigre, parler de soi n’est intéressant que si « ce « soi » parle de quelque chose »[1], ce qui est parfois le cas ici, je l’espère.

 

Il y a un peu plus d’un an, malgré mes réticences, je me suis laissé séduire par le pouvoir communicationnel de Facebook, le plus grand réseau social numérique mondial. Soucieux de la phrase lâchée par son fondateur, Mark Zuckerberg, en 2010, à l’occasion d’une conférence, et conscient des limites et des risques d’un tel réseau, j’ai préféré affronter le problème franchement : puisque « la vie privée est un concept dépassé », je choisis délibérément de rendre tout ce que je publie public, en prêtant bien évidemment attention à ce contenu. Peu de vie effectivement privée, pour le reste, j’assume. Sauf que je conserve un relatif anonymat : à peine une date de naissance, mon nom n’apparaît pas, presque pas de photos de moi, pas de ville de naissance ou d’habitation, etc. D’ailleurs, à l’ouverture de mon compte, une amie m’écrira fort justement : « Tu as craqué ? Personne n’échappe à Facebook ! » Effrayant : on croirait cette phrase extraite d’un 1984 2.0. Au programme de mon compte, du sujet d’actualité, de la musique, des causes à défendre, mes articles du blog, du délire, des trouvailles que j’ai envie de partager. Surtout, Facebook permet une réactivité bien plus grande qu’un blog : conséquence, des posts intéressants ne sont jamais publiés sur mon blog. C’est pourquoi, avec un maximum de recul, je décide aujourd’hui de restituer un certain nombre de posts sur ce blog, après une sélection digne du festival de Cannes !

 

Après avoir ouvert mon compte officiellement le 2 novembre 2011 sous le nom de Lud Le Scribouillard, un ami m’offre généreusement cette introduction, deux jours plus tard :

 

Scribouillard : de « scribouiller », dérivé de « scribe », avec suffixe péjoratif « -ard ». 1. (Fam. et péj.) Préposé aux écritures, notamment dans l’armée. Ex : Le scribouillard de service a enregistré ma déposition. 2. (Par ext.) Employé de bureau.

 

Un délire (6/11/11)

 

« Je viens de faire une découverte scientifique de la plus haute importance pour la survie de l’humanité : Amy Winehouse, avant de sortir le moindre album, jouait dans Friends. Janice, la copine récurrente de Chandler Bing avant Monica. « Oh-Mon-Dieu ! »

Chronique Facebook #001 dans (l'allitération de la) Littérature friends-janice-watn-show-marq

Quand tu connais l’allure, les manières de parler et d’être de Janice, tu te poses des questions sur Amy ! Imaginons-la avec ces manières, mais droguée, pétée, bourrée de McDo (Amy adorait la junk-food), et puis la fusion des deux voix ! »

 

Un soutien amical (16/11/11)

 

Une amie, amoureuse de la littérature et professeur de Français, décide d’ouvrir un blog sur lequel elle souhaite, en toute humilité passionnée, partager ces lectures. Elle écrit dans l’accueil : « Aimer lire, c’est d’abord aimer les mots, aimer sa langue, et par conséquent, c’est aimer écrire et parler. Lire, c’est aussi partager, discuter, argumenter… Donner à l’autre l’envie de lire (ou pas), ce qu’on a lu. » Son blog, passionnant, figure en bonne place dans les liens.

 

Un soutien politique (17/11/11)

 

aliaa-magda-elmahdy dans Ca, de l'art ?

Aliaa Magda Elmahdy, jeune Egyptienne étudiante en médias et communication, publie sur son blog plusieurs photos d’elle nue ; « Dans le court texte posté entre les deux photos, Aliaa […] regrette que les modèles nus aient été interdits à la faculté des beaux-arts, que les livres d’arts soient désormais expurgés de toute nudité, que les statues antiques soient brisées. Elle revendique haut et fort sa « liberté d’expression ». Aliaa […] se dit clairement « athée et individualiste ». Elle milite « contre une société de violence, de racisme, de sexisme, de harcèlement sexuel et d’hypocrisie ». Le 1er novembre, elle avait déjà créé la sensation en demandant aux hommes de se voiler. Plusieurs hommes, essentiellement occidentaux, avaient posté leur photo, avec un voile, sur sa page personnelle, en signe de solidarité. »[2] L’article du Monde s’interroge en introduction : « Courageuse ou suicidaire ? Militante ou provocatrice ? Féministe ou aguicheuse ? »[3] Un peu tout cela à la fois : reflet de la modernisation de l’Egypte, de la vitalité politique et culturelle de sa jeunesse, mais aussi signe d’un retour de l’obscurantisme après la Révolution. Depuis, cette photo a été reprise comme étendard de la lutte pour l’émancipation féminine.

aliaa-magda-elmahdy-2 dans Ils font avancer le monde

Aujourd’hui, évolution logique diront certains, Aliaa prend en main Femen Egypt, branche égyptienne du fameux groupe Femen, qui s’est distinguée le 20 décembre 2012 devant l’ambassade égyptienne à Stockholm, manifestant contre le régime des Frères musulmans et l’application d’une constitution islamique[4].

femen-egypt-affiche dans La Société en question(s)

femen-3-600x334

 

Un très intéressant documentaire a été diffusé sur Arte le 2 mars, puis sur LCP ce vendredi 8 mars, Journée de la Femme, sur le combat d’Aliaa (à partir de 14 minutes) :

Image de prévisualisation YouTube

 

La suite au prochain épisode !

 


[1] Laurence REMILA (2008), « Où sont les nouveaux gonzo ? », Technikart n° 124, juillet-août, pp. 65-66.

[2] Christophe AYAD (2011), « Une jeune Egyptienne pose nue pour dénoncer l’obscurantisme », LeMonde.fr, 15 novembre : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/11/15/une-jeune-egyptienne-pose-nue-pour-denoncer-l-obscurantisme_1604141_3212.html.

[3] Ibid.

[4] Lire « Aliaa Magda Elmahdy à nouveau nue contre le régime de Morsi », CourrierInternational.fr, 21 décembre 2012 : http://www.courrierinternational.com/article/2012/12/21/aliaa-magda-elmahdy-a-nouveau-nue-contre-le-regime-de-morsi.


2 commentaires
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  1. Romain

    Si l’on fait attention, Facebook peut-être un bon moyen pour faire connaitre son blog, mais aussi découvrir des musiques que postent les « amis »… Mais bon, y’a 95 % de futilités !

  2. reflexionsdactualite

    Vrai ! C’est pour ça que sur mon profil, j’inverse la tendance : il n’y a que 5 % de futilités ! Je prône une utilisation éthique, pluraliste et ouverte des réseaux sociaux numériques, alors que, le plus souvent, sur Facebook par exemple, on n’échange qu’avec les individus qui ont les mêmes centres d’intérêt et opinions ; on n’apprend généralement rien qu’on ne sache déjà, on ne découvre que très rarement des nouvelles cultures, on affûte ses arguments… Vraiment dommage.
    Quant à toi, continue de me faire découvrir toutes sortes de choses, je suis curieux !



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