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L’ombre de Sarkozy plane…
22 septembre, 2012, 8:15
Classé dans : La Société en question(s)

Ça y est, passée à la trappe de l’info vite fait mal fait, la Une de Libé du 10 septembre ? Vous l’avez déjà oublié, cette Une un peu grossière, avec un montage de Bernard Arnault et ces mots : « Casse-toi, riche con ! » ? Elle a fait le « buzz »[1] toute la semaine dernière, enflammant les débats médiatiques, embrasant les conversations à la machine à café. Du pour, du contre, il y avait effectivement matière à gloser : « pas intéressant : c’est juste un coup marketing », « indigne : c’est une insulte à l’intégrité d’une personne », « absurde : Arnault fait vivre beaucoup de Français car il crée de la valeur », « hypocrite : sans les riches comme Arnault, pas de presse française », « ironique : c’est juste la reprise mot pour mot de la vulgate sarkozyste », « poil à gratter : derrière cette Une est mise en avant la possibilité qu’ont les riches de refuser une politique de vol organisé », « poil à gratter : derrière cette Une est mise en avant la possibilité qu’ont les riches de s’exempter de justice sociale », « nécessaire : car est soulevé le problème de la perte du sens commun », etc.

 

L'ombre de Sarkozy plane...  dans La Société en question(s) Libé

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Manifeste pour (toutes) les sciences sociales au lycée !

Il y a peu, je suis tombé sur un papier qui traitait de l’enseignement de l’économie en France, dans une optique affichée de « décryptage », mais qui était aussi manifestement autant un travail d’opinion et d’expert. Comme je suis prof de SES, il était impensable de laisser passer l’occasion. Ecrit par Sergio Alvarez, publié sur le site Atlantico en cette rentrée de septembre 2012, le papier est disponible ici. Je conseille à ceux qui désirent continuer la lecture de ce post de lire au préalable soigneusement le papier que je m’apprête à critiquer.

* Les citations en bleu sont tirées de l’article de Sergio Alvarez.

 

Les Français nuls en économie ?

 

L’article s’ouvre sur un « constat [qui] n’est pas nouveau : les Français souffrent de graves lacunes en matière économique. » Pour étayer son propos, l’auteur cite un questionnaire du CODICE réalisé en 2010. Avant ma salve de critiques, il faut préalablement savoir que le CODICE (2006-2010), Conseil pour la diffusion de la culture économique, s’il était indépendant, n’en restait pas moins marqué idéologiquement : créé par le ministre de l’Economie Thierry Breton et reconduit par Christine Lagarde, le comité des sages qui en fixe les grandes orientations était présidé par Eric Le Boucher. Faut-il rappeler que celui-ci est diplômé d’économie et de statistique à Paris Dauphine (très libérale en économie), journaliste économique mainstream, membre de la Commission Attali (« libérer la croissance », tout ça), directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Echos (no comment)… CQFD. Le CODICE a été créé pour répondre à de bonnes questions – la culture économique des Français –, mais sur la base d’une normalisation idéologique, non d’une réflexion pluraliste. L’idée du truc ? Les Français sont nuls en économie (encore faudrait-il rigoureusement le prouver), c’est pourquoi l’école (entre autres) doit leur expliquer les lois et les mécanismes économiques ; dès lors, les prénotions, ainsi que les réactions de rejet des modèles économiques actuels, tout comme (suite…)



La Chanson de la Semaine 75
8 septembre, 2012, 14:37
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une track de David Axelrod, « Holy Thursday », issue de son premier album sorti en 1968, Songs of Innocence. Premier album « à lui », mais pas premier disque !

La Chanson de la Semaine 75 dans Musique & Music DavidAxelrodstudio2

Né en 1936[1] à L.A., résidant dans le South Central (quartier noir où éclateront plusieurs émeutes raciales, en 1965 et en 1992 notamment), le jeune David est très tôt influencé par le R’n’B et le jazz. Il devient vite producteur, arrangeur en même temps qu’instrumentiste et rejoint Capitol Records en 1963, où il promeut la musique noire. Il travaille avec Harold Land, Lou Rawls, Julian « Cannonball » Adderley, puis compose, produit et sort plusieurs albums tout à lui : Songs of Innocence en 1968, Songs of Experience l’année suivante (un hommage au poète et peintre William Blake), Earth Rot en 1970 (une dénonciation de la pollution et la dégradation de l’environnement). Après Capitol, il fonde son propre label et continue son bonhomme de chemin durant les seventies, où il explore de nouveaux pans musicaux (musique africaine, rock et psychédélisme, roots, Faust de Goethe, etc.). Les premiers artistes hip hop commencent à le sampler, et ce mouvement va se répandre. Il continue de sortir des disques aujourd’hui, et a signé chez Blue Note en 2005. La première fois que sa musique est venue jusqu’à mes oreilles, c’était un accident, une effraction, et je ne l’ai su que bien plus tard : en 1999, Dr Dre avait samplé un titre de l’acteur David McCallum sorti en 1967 et produit par Axelrod, « The Edge » : c’est le hit « The Next Episode » avec Snoop Dogg, Nate Dogg & Kurupt. Plus récemment, je commence à m’intéresser à lui grâce aux nombreuses heures que je consacre à GTA IV. En effet, la radio Fusion FM y diffuse une ribambelle de titres jazz-funk tous plus chelous et cools les uns que les autres. Je tombe sous le charme de « Holy Thursday » : instrumental cool, avec des cuivres grandiloquents, des percussions aux petits oignons, une base jazz exquise, une montée en puissance sourde ralentie mais qui se conclue dans une explosion de guitare électrique, partouze d’instruments, avant de redescendre, cool. Rafraichissant !

Image de prévisualisation YouTube


[1] Bien que la biographie ressemble à celles proposées sur les différentes versions de Wikipedia, je tiens à rappeler que je vérifie le mieux possible mes différentes sources, comme tout étudiant en sciences sociales sait le faire.



Des narcos et des enfants en Amérique latine, par R. Saviano
1 septembre, 2012, 23:23
Classé dans : Ils font avancer le monde,La Société en question(s)

Il y a deux mois, je publiais un long portrait du résistant moderne Roberto Saviano, salué par la critique (enfin, par Benoît). Ce papier avait été pensé douloureusement, chez moi dont la vue il y a cinq ans de son premier bouquin à la FNAC avait insinué en moi un sentiment de méfiance : j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un énième livre sur la mafia, laborieusement écrit et bourré d’erreurs. Très vite, j’ai réévalué mon jugement et me suis payé Gomorra. Feignant comme pas deux, je repousse sans cesse la lecture, prétextant un job exténuant (équipier McDonald’s et assistant d’éducation en même temps) ou des études trop prenantes (je retape alors mon 5e semestre de licence). Le temps file si vite qu’arrive, sans crier gare, l’adaptation cinématographique du livre. Sorti le 13 août 2008, je me lance le défi de lire le livre avant de voir la toile ; las, c’est presque septembre et je n’ai à peine débuté que quelques pages. Tant pis. Confortablement installé dans les sièges rouges du MK2 Bibliothèque, en cette fin d’août ensoleillée, j’observe, subis, encaisse deux heures d’une sourde et mortifère réalité, celle du crime, en VOST. Le taux de remplissage de la salle doit approcher les 3 %, en dépit de la climatisation. Après avoir douloureusement digéré l’œuvre projetée, je me jette sur l’œuvre scripturale. Un long direct dans l’estomac. Des mots qui frappent fort, travaillent le bide, atteignent leur but. Dès lors, je me passionne pour cet homme d’à peine trente piges, au crâne rasé, à la barbe mal tondue, aux allures de voyou. J’étais déjà un fin connaisseur du crime organisé depuis ce livre offert par grand-mère sur Lucky Luciano, Frank Costello, Meyer Lansky, Bugsy Siegle, j’étais au collège. Sur Roberto Saviano et la Camorra, je cherche, fouine, farfouille, et trouve. Je guette avec impatience ses interventions télé, ses nouveaux bouquins, ses articles publiés (Courrier International, ce genre).

Des narcos et des enfants en Amérique latine, par R. Saviano dans Ils font avancer le monde Roberto-Saviano-9

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