Ce que j’en dis…

Mes perles du bac SES 2012 !
3 juillet, 2012, 10:33
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Cette année, j’étais de correction du baccalauréat pour la première fois. Une bonne expérience, même si c’est assez fatigant ; c’est aussi très amusant ! Tous les professeurs de Sciences Economiques et Sociales (SES) avaient rendez-vous au très classieux lycée Buffon, dans le 15e arrondissement de Paris, pour une réunion d’entente. Après avoir écouté les recommandations et les connaissances attendues dans les copies, et après avoir échangé sur les modalités de correction, nous nous mîmes au travail, non sans nous être rendus dans les différents centres d’examen de la capitale pour y retirer nos copies. J’ai récolté 37 copies (dont 5 absents) à corriger en 9 jours, de candidats qui traitaient, en plus de l’épreuve obligatoire, l’épreuve de spécialité SES (ils disposent donc de cinq heures pour composer) ; mes collègues qui n’avaient pas la spécialité à corriger devaient donc corriger une cinquantaine de copies. Si cela vous intéresse, les sujets sont disponibles ici.

Mes perles du bac SES 2012 ! dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? et298

Copyright Gérard Mathieu, 2012

Auparavant, j’ai souvent lu ou entendu, avec beaucoup de joie, les perles du bac ; plus désespéré, je les ai ensuite lues sur les copies de mes propres élèves. Aujourd’hui, je veux partager des perles du bac, publiées au préalable sur mon compte Facebook. Les voici réunies pour vous. Elles sont toutes authentiques et sont extraites de copies que j’ai corrigées moi-même la semaine dernière pour la session de juin 2012 de l’académie de Paris. Certaines ne sautent pas aux yeux, parce qu’il faut connaître quelques rudiments de SES, mais j’ajoute le cas échéant un petit commentaire. Comme elles ont été publiées sur un réseau social, elles ont parfois donné lieu à débat, que je m’autorise à retranscrire de manière anonyme. Florilège.

 

La première série de perles proviennent de candidats qui ont traité le sujet de la question de synthèse, qui s’interrogeait sur la justice (et l’injustice) des différents types d’inégalités. 29 candidats ont pris ce sujet, la moyenne est de 11,4, les notes vont de 4/20 à 16/20. Et pour entrer tout de suite dans le vif du sujet :

 

- « Boudon considère que la cause des inégalités scolaires est l’individualisme méthodologique des élèves qui sont mal renseignés et qui résonnent en termes de coût/avantage. » L’individualisme est un fait social (représentations privilégiant l’individu, son autonomie au détriment des appartenances collectives, reconnaissance des droits individuels), alors que l’individualisme méthodologique est une méthode, une démarche en sciences sociales, qui postule qu’un phénomène social doit pouvoir être expliqué par l’agrégation d’actions individuelles (R. Boudon). Ça n’a RIEN A VOIR ! Du coup, sa phrase n’a aucun sens.

 

« En 2003, les 10 % des ménages les plus pauvres concentrent seulement 4 % du revenu disponible, tandis que les 10 % des ménages les plus riches concentrent 95 % du revenu disponible. » Donc : pour les 80 % des ménages moyens, il ne leur reste que 1 % du revenu disponible à se partager ? Finalement, mieux vaut être pauvre !

 

- « L’inégalité du recul des élèves est aidé mais malgré cette aide pour réussir l’inégalité au vu des autres voyant des élèves aidés est-elle perçue ? ou injuste ? » Si quelqu’un comprend quelque chose, qu’il me fasse signe…

 

- « Une société démocratique est une société occidentale. » C’était dans l’introduction ; alors quoi, en Orient, n’y a-t-il pas de société démocratique ? Sur la même copie, à la fin, que vois-je ? La conclusion est… collée, écrite sur du papier rose, autrement dit, du brouillon. Avec cette mention : « Il me manque juste le temps de rédiger ma conclusion, je vous prie de m’en excuser. » Sa conclusion n’a pas été corrigée. Sur une autre copie, un candidat met : « La plupart de nos sociétés occidentales sont des sociétés démocratiques… » Là, la phrase a davantage de sens.

 

- En parlant des très hauts salaires : « plus d’un million d’euros annuels, soit environ 830 000 euros par mois. » Heu, tu es sûr que tu sais compter ? Appelons Bertrand Renard : 830 000 x 12 = 9,96 millions.

 

- « La question du salaire des femmes, qui apparaît comme injuste, est à mon avis partager par de nombreuses personne, sinon ce problème aurait été résolu depuis longtent. […] Les inégalités de salaire aussi sont je pense considéré comme juste, sauf peut-être par les derniers vrais militants communistes. » Bon. Déjà, ce candidat insiste sur un point important : il n’existe pas de problème considéré comme injuste, car ceux-là sont tout de suite réglés ! Les inégalités de salaire entre hommes et femmes sont donc considérées comme justes. Par ailleurs, le candidat stigmatise les militants communistes ; c’est une chose. Et il précise par-dessus le marché (inégalitaire) qu’il y en a des vrais et des faux ! C’est quoi, un faux militant communiste ? Et un vrai ? Je précise que les fautes d’orthographe font partie du package.

 

LeMystereDeLaNulliteDesPatronsDeBanquesResolu-r dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Copyright Gérard Mathieu, 2012

- « Certains inégalités sont considérées comme justes. En effet, un individu ayant consacré toute son énergie, ses efforts, l’huile de son coude ou la sueur de son front mérite son statut. » C’est mignon ! Un ami me fait remarquer sur Facebook que c’est maladroit, et que « le mérite ne justifie pas systématiquement une inégalité ». Débat. « Ça dépend : tu prends deux élèves, un qui bosse dur, un qui n’en branle pas une. Le 1er obtient un diplôme et un emploi prestigieux. L’autre devient caissier. Si on ne se concentre que sur leur « mérite » (et pas sur le contexte social, économique, politique, etc.), les deux individus méritent leur sort, et la situation débouche sur des inégalités (de salaire, de responsabilité, de prestige) justes, car basées sur la méritocratie, sur les mérites, sur les efforts différents de chacun. » « Et si ton branleur de caissier se défonce à sa caisse pendant que ton diplômé se prélasse au travail en exploitant ses subordonnés ? » « La situation est différente ! Deux problèmes se posent si on base la justice sociale sur la méritocratie. 1. C’est la définition sociale et démocratique du « mérite » qui fait débat (c’est quoi, le mérite ?, Qui définit les critères ? Lesquels ? Est-ce que le PDG de Publicis « mérite » de gagner l’équivalent de 800 Smic ? L’ouvrier « mérite » -t-il d’être considéré comme il l’est ?). 2. Les individus ne naissent et n’évoluent pas dans des cocons complètement séparés du monde : si untel a réussi/échoué, il le doit sûrement aussi à sa famille, au contexte économique, géographique, historique, politique, culturel, etc., au fait que dans son pays il y a un réseau d’électricité et d’eau potable, etc. » « Je suis profondément attaché à la valeur travail et au mérite qu’il suscite, sans oublier qu’il y a pleins d’autres facteurs (sociologiques, économiques, etc.) qui viennent modifier la donne. Quant à savoir s’il mérite ses 800 Smic, je ne sais pas. La démagogie dirait oui, la bourse dirait non. Mais les risques, les investissements, les idées et la charge de travail et de responsabilités (pour les meilleurs) viennent de lui. » « Je suis aussi attaché à la valeur travail, je suis même un exemple d’élévation sociale par le travail. Mais je ne suis pas sûr qu’un tel écart soit mérité : ça voudrait dire qu’il est 800 fois plus méritant qu’un smicard ? Un smicard qui en a chié toute sa vie, qui a travaillé dur à l’école, qui a été obligé de travailler après le bac pour assurer l’avenir, qui travaille d’arrache-pied depuis des années, qui ne rechigne devant aucun effort, qui doit s’endetter sur 25 ans pour payer son logement ? Je ne minimise pas du tout les risques que prend un entrepreneur. Mais ça ne justifie pas à mes yeux de tels écarts… La conséquence de cela, c’est que l’homme devient un loup pour l’homme, pas dans le sens d’un prédateur, mais dans celui d’une autre espèce : les patrons du CAC 40, ceux qui échouent dans leur mission et qui touchent des parachutes dorés qu’un ouvrier ne peut même pas évaluer tellement c’est énorme, les banquiers qui n’hésitent pas à mordre la main qui les nourrit, ne sont plus de la même espèce que le commun des mortels, ne font plus partie de la société ; d’ailleurs, les plus cyniques n’hésitent pas à menacer de partir vers des cieux plus cléments. Alors, la société est menacée dans son intégrité. Le lien social fait défaut. C’est très souvent parce que les inégalités sont trop importantes que des guerres civiles éclatent… » « C’est pour cela que je sépare l’entrepreneur du patron voyou du CAC 40 (en tout cas, ceux qui ne réussissent pas). Je suis d’accord avec toi, certains chiffres sont démentiels. La famille de mon patron est partie de zéro, a tout construit toute seule, fait vivre des gens au Smic en usine, des jeunes dont cela représente la dernière, peut-être la seule chance… Qui le blâmerait de gagner des centaines de fois le Smic ? Pas moi… » « Tu le dis toi-même : « la famille » de ton patron… Si mes parents avaient réussi, est-ce que JE mériterais quelque chose ? Non, pas moi, mes parents méritent. Et des centaines de fois le Smic, c’est déjà trop : est-ce que ton patron est 100 fois plus méritant que ses salariés ? J’entends bien qu’il fait vivre un territoire, et c’est bien. C’est ce qu’on appelle des externalités, des effets externes non pris en compte par le système des prix ; on devrait le récompenser pour faire vivre ce territoire. Par ailleurs, une question : que fait-on de ceux que la société estime être des « non-méritants » ? Qu’est-ce qu’on fait de ceux qui n’ont pas de mérite, qui ne font pas d’effort, qui ne veulent pas tout simplement ? » « Là, je te trouve très éloigné de la réalité : la vie, ce n’est pas tout blanc ou tout noir. Ça fait 30 ans que mon patron pérennise et développe magistralement sa boîte, fait de bons choix stratégiques en étant humain avec ses employés. Il n’y a qu’eux qui ont le droit de juger son salaire… Je me fous de son salaire tant qu’il assure le mien et ma boîte. C’est là où tu devrais sortir de l’idéologie et te concentrer sur la dénonciation de ceux qui sont salariés, touchent des parachutes dorés et méprisent leurs salariés, les licencient sans raison… La France a besoin de vrais entrepreneurs. » « Je ne suis pas dans l’idéologie, mais dans la réflexion : je sais très bien que la réalité est toujours une nuance de gris. Je continue à penser que, dans une société, des écarts trop importants sont néfastes à celle-ci. Je continue à penser que les entrepreneurs sont indispensables à la société… autant que les salariés ! Et je continue à penser que personne ne « mérite » l’intégralité de ce qui lui arrive dans la vie, que ce soit bien ou pas ! Mes parents font partie de ce qu’on appelle la classe populaire ; moi, je suis classé dans les Cadres et Professions intellectuelles supérieures, j’ai donc grimpé dans l’échelle sociale. Pourtant, je ne dois pas ma situation UNIQUEMENT à mon mérite, mais aussi au sacrifice de mes parents, au hasard, au fait que je n’habite pas loin d’une université, à mon ancien député Christian Jacob (oui !) qui m’a trouvé une fac, etc. Et enfin, sache que je ne mets évidemment pas les entrepreneurs qui bossent et les « patrons-voyous » dans le même panier. Finalement, je pense que baser la justice sociale sur le mérite est très dangereux parce que cette notion est tellement ambivalente, obscure, non fondée, qu’elle perd tout sens ! La question tourne autour de ce putain de mérite : c’est quoi ? Est-ce que je mérite l’héritage que me laisseront mes parents ? Non. Au nom de quoi je mériterais ce qu’EUX ont bâti ? » « L’héritage n’est pas un mérite, mais une responsabilité, et il te revient si tu sais bien t’en occuper. Et puis, comme tu le dis, la vie est un mélange de tout, de chance, de mérite, de travail, et on ne peut pas tout baser dessus (sur le mérite), c’est vrai. D’autant plus que chacun a sa définition propre du mérite. Je pense que les vrais problèmes vont plus loin que l’écart des salaires, même s’ils peuvent en résulter. » « Nous sommes donc d’accord sur l’ambiguïté et la polysémie du terme « mérite ». Mon propos était celui-là : c’est très pervers de dire que nous sommes dans une société méritocratique, parce que cela signifie, légitime les inégalités les plus insupportables, en faisant intérioriser à ceux qui n’ont pas réussi (selon les critères de la société) qu’ils sont responsables de leur situation. Tu crois que les émeutes des banlieues en 2005 ne sont pas aussi dues à ce sentiment d’infériorité (sous-citoyens), de subir la xénophobie (raciale ou sociale), d’injustice (chômage, précarité) ? C’est en cela que les inégalités sont néfastes à la société. Il y a un autre problème : une société basée sur l’héritage est aussi perverse, dans le sens où, ici, les inégalités ne feront que s’accentuer. Alors, où se trouverait l’égalité ? La liberté ? La fraternité ? Finalement, c’est difficile de définir ce qu’est une société juste, c’est difficile de tendre vers idéal démocratique symbolisé par ces trois injonctions. » « C’est aussi ça la vie, accepter les différences des uns et des autres, le mérite des uns, l’héritage des autres ; la société égalitaire n’existe pas car c’est la nature du monde qui le veut aussi. Ce n’est pas du fatalisme, mais un peu la réalité. La méritocratie a ses effets pervers, comme un peu tout. Si la société parfaite existait, elle est où ? » « Je te suis sur ce coup-là… Mais nous ne devons pas laisser tomber et la subir, mais bien la façonner pour qu’elle soit moins imparfaite (je suis réaliste : je n’ai pas dit « plus parfaite ») ! » « Je crois qu’on ne peut pas définir la société ou les hommes selon le mérite, parce que beaucoup de gens sont méritants sans pour autant s’éclater dans leur boulot et que d’autres ont des métiers à responsabilités, avec des employés aux commandes, sans avoir fait grand-chose ! La vie est le croisement de nombreux facteurs, chances, heureuses ou malheureuses rencontres, parents éduqués ou non, compréhensifs ou non, à une époque donnée (crise ou croissance) et ainsi de suite. Le mérite seul ne veut rien dire. […] On parle de mérite ? Comme toujours, j’aime retourner aux sources : du latin meritum : gain, salaire, ce dont on est digne. Notre époque tend à considérer le mérite davantage vers le 3e sens et son aspect moral. » « Exactement ! Sauf qu’aujourd’hui, on croit faire partie d’une société méritocratique, parce que l’impact de cette notion est très fort : nous ne sommes plus dans une société de caste (comme avant 1789), on va donc reconnaître les mérites individuels, au moins, ça c’est démocratique et égalitaire. Mais c’est faux ! » « Bien sûr que c’est faux ! Ça ne fait qu’accentuer le jugement que l’on porte sur certains métiers et creuser les différences, de salaire, de considération, d’épanouissement personnel… Si tous les travailleurs sont méritants, alors tous les salaires devraient être les mêmes ! Mais le salaire dépend aussi du niveau d’étude, de l’expérience passée, des responsabilités du poste occupé. Et encore, à notre époque, les employeurs veulent tout en payant à peine plus que le Smic ! »

 

- « La courbe de Lorenzo » au lieu de la courbe de Lorenz ! C’est les vacances, Lorenzo, c’est muy caliente, le soleil, la mer, un beau mâle méditerranéen ! Le candidat est sûrement une candidate qui pense trop tôt à ses vacances sur la côte espagnole ou italienne ! Un ami sur Facebook a une autre explication : le candidat aurait pensé à Jorge Lorenzo, pilote de moto champion du monde de moto GP, qui fait de belles… courbes dans les virages !!!

 

- « Le premier article de la déclaration des droits de l’homme dit que les hommes naissent et demeurent égaux en droits. C’est-à-dire que l’individu est égaux dès sa naissance. » Il y en a même qui sont plus égaux que les autres, disait Coluche !

 

- « Les inégalités basées sur des critères physiques ou ethniques sont jugées inacceptables par la loi, mais les inégalités des chances sont jugées nécessaires pour le marché du travail puisqu’elles permettent de donner une importance primordiale aux études malgré une baisse actuelle de la valeur des diplômes. » Une phrase qui montre bien que, malgré tous ses efforts, le candidat n’a ABSOLUMENT RIEN COMPRIS à ce qu’il écrivait !

 

- « Les sociétés démocratiques actuelles subissent une forte demande de travail mais une faible offre d’emploi subsistent. » La grosse boulette ! La demande de travail correspond à l’offre d’emploi (les entreprises) ; l’offre de travail correspond à la demande d’emploi (les travailleurs). Sa phrase ne veut donc rien dire.

 

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Copyright Gérard Mathieu, 2012.

- Je me suis permis, pour cette dernière perle attachée au sujet des inégalités, de recopier l’intégralité d’une question de synthèse. C’est à pleurer :

« En France, depuis plusieurs décennies règnent des inégalités aussi bien dans la société traditionnelle que dans la société moderne. Même si des moyens sont mis en œuvre pour réduire les inégalités, avec par exemple ; Avec l’apparition de la moyennisation, certaines inégalités (différences entre les individus qui en mettent certains à l’écart dans la société) persistent dans les sociétés démocratiques (modernes). Quels sont les causes de ces inégalités ? Quels sont les moyens utilisés pour réduire ces inégalités ? Est-il possible de supprimer ces inégalités ou reflètent-elles des faits qu’on ne peut pas changer.

Dans un premier temps, nous étudierons les inégalités dans les sociétés démocratiques, et dans un second temps, on se demandera si ces inégalités reflètent-elles une véritable injustice.

 

I           Inégalités dans les sociétés démocratiques

Ces inégalités vont être soulignés par deux acteurs principaux qui sont les disparités entre les Homes et Femmes, et les Inégalités des chances.

 

A)     Les disparités Hommes-Femmes

Ces différends concernent plusieurs facteurs (document 1) : dans la politique, la majorité absolue à l’Assemblée nationale sont les hommes avec 80 %.

Les salaires, parfois les femmes ont des qualifications supérieurs au hommes mais le salaire d’un homme est d’environ 1,5 fois plus élevé que celui d’une femme. De plus, le temps partiel est occupé par 80 % des femmes par rapport aux hommes du fait des congés de maternité et du statue de mère au foyer qu’elle occupe en plus de son travail. Ainsi, on peut parler de deux formes de travail, tant à la maison (tâches domestiques, enfants à gérer…) et tant dans sont entreprise (travail de bureau). De plus de ces inégalités Hommes-Femmes, il existe d’autres sorte d’inégalité, telle que l’inégalité des chances.

 

B)     Inégalités des chances

Ces inégalités se manifestent par la marginalisation de certaines personnes à cause de leur origines sociales (ethniques) du sexe, et des classes sociales auxquels ils appartiennent (bourgeoisie, prolétariat selon l’analyse de Marx).

On pourra alors parler d’une exclusion sociale. Cette notion est utilisée par le sociologue Emile Durkheim, considère un individu dû à sa précarisation. Il n’a plus de relations sociales et doit lutter contre la pauvreté qui s’abat sur lui. De plus, ces inégalités qui se renforcent, nuit à la croissance du PIB. La société est donc souffrante à cause de telles oppositions entre les individus. Mais on ne peut pas exclure l’idée que certaines inégalités sont parfois justifiés.

 

II         Certaines inégalités ne demeurent pas injustes

Il existe en effet des catégories où on ne peut pas lutter, contre les inégalités, tel que le salaire et l’école.

 

A)     Salaire

En effet, le salaire peut-être un facteur justifié de certaines inégalités. Celui-ci est distribué à partir de critères, tels que les compétences de l’individu, ses qualification, son âge et son temps disponible au travail. En plus, son revenu incitera ses actifs financiers, donc un homme sera plus en mesure d’investir qu’une femme.

Les femmes au foyer n’accéderont jamais à un salaire d’homme actif, dû à ses congés de maternité et de son choix personnel de s’occuper de ses enfants. Mais aussi, un ouvrier et un cadre ont des salaires qui se diffère, car un cadre a une forte qualification et des années d’étude après le bac (exemple : bac + 5). Alors que l’ouvrier s’est lui spécialisé très jeune. Or, on ne peut pas contrôler ses origines sociales. Un fils d’ouvrier suivra la plupart du temps le parcours de son père et deviendra à son tour ouvrier, il y a une reproduction sociale.

Même si l’apparition de la mobilité sociale a réussi a augmenté la mixité sociale par l’école il y règne cependant des inégalités qui sont néfastes à l’individu.

 

B)    Les zones d’éducation prioritaires

L’école a pour premier objectif de garantir une égalité pour tous les élèves. Certains élèves sont tout de même exclus du système scolaire de manière bénéfique pour eux.

Ces écoles classés ZEP, ont pour but de rassembler des jeunes d’un même milieu populaire pour qu’ils suivent un enseignement scolaire spécialisé dû à leurs conditions. Souvent, ils sont en difficultés, mais l’équipe pédagogique les aide à se reconstruire tant sur le plan scolaire que sur le plan social.

 

Enfin, dans nos sociétés actuelles dits « démocratiques » règnent des inégalités que l’on devrait supprimer (Hommes/Femmes et inégalité des chances) cependant d’autres inégalités sont justifiés, et l’on ne pourra jamais les supprimer dans leur totalité. »

 

Le maximum que je pouvais donner, c’est 3/10. Et c’est cher payé.

 

La deuxième série de perles proviennent de candidats qui ont traité le sujet de la dissertation : « Comment l’accumulation du capital peut-elle être source de croissance économique ? » Seuls 3 candidats ont pris ce sujet, la moyenne est de 7,3 et les notes vont de 5/20 à 11/20. C’est parti :

 

- « La croissance économique est une notion floue mais elle semble représenté l’enrichissement attendu sur une étude d’indice comme le PIB. » 1. Cette phrase n’a aucun sens ! 2. Le PIB n’est pas un « indice ». 3. La croissance économique, sans entrer dans les détails, est l’augmentation de la production d’un pays, mesurée par le PIB, sur un territoire et pendant une année donnés.

 

- « La croissance économique est-elle uniquement lié à l’accumulation du capital ? Par hypothèse le oui sera envisagé, pour ce faire l’étude de l’aspect négatif du libéralisme et du capitalisme sur la croissance, puis l’aspect non négligeable de l’investissement sur la croissance seront observé. » Raté ! Le candidat a traité son sujet, non celui proposé (grave erreur), qui appelait une analyse du type : l’investissement est favorable à la croissance car il agit à la fois sur l’offre et sur la demande.

 

- « L’investissement externe indirect (émettre des actions et des obligations en bourse) est risqué, certe il y a de l’argent ce qui permet l’investissement, mais les détenteurs d’actions ne s’intéresses que au profit et au dividende […]. » Un gloubi-boulga de conneries ! 1. Ce n’est pas l’investissement qui est externe indirect, mais le FINANCEMENT DE L’INVESTISSEMENT. 2. Ce financement ne consiste justement pas en l’émission de titres financiers, mais en se financer auprès d’intermédiaires financiers (banques). 3. Le candidat confond l’entreprise qui émet des titres financiers et celle qui les détient, autrement dit, il confond le financement par l’émission de titres, et le placement financier (qui n’est PAS un investissement). 4. Le revenu des détenteurs d’actions n’est pas un profit, mais un dividende ; il faut choisir, camarade ! Je comprends bien sûr ce qu’il a voulu dire : financer l’investissement par l’émission d’actions est un levier extraordinaire de capitaux, mais aussi risqué, d’une part en raison de la dilution du capital, d’autre part en raison de l’exigence et du pouvoir des actionnaires. Mais c’est tellement mal écrit et peu rigoureux !!!

 

- « Le cumul des capitaux ou accumulation du capital est donc un instrument essentiel pour la croissance. » 1. On ne parle JAMAIS de « cumul des capitaux » mais d’ « accumulation du capital ». 2. C’est parler pour ne rien dire : c’est le sujet : l’investissement est favorable à la croissance…

 

- « Le capital physique correspond au salaires des actifs dans l’entreprise, investir dedans permet un salaires plus élevée et donc une meilleur consommation. » Quoi quoi quoi ? Le capital physique correspond aux biens produits dans le passé qui sont des moyens de la production présente et future (bâtiments, matériel, machines, ouvrage de génie civil, produits semi-finis, matières premières, …). Et puis, investir dans des salaires, ça ne veut rien dire ! Je suis las…

 

- Une belle faute d’orthographe : « Les profits d’égagés » !!!

 

- « Les NPIA »… C’est quoi ? Je connais les NPI (Nouveaux Pays Industrialisés) et les PMA (Pays les Moins Avancés)… Ah, les Nouveaux Pays Industrialisés Avancés ?

 

- « L’accumulation du capital est source de croissance, par les profits que l’entreprise peut dégager. Elle devait pouvoir être compétitive dans un monde de plus en plus globalisé. Les délocalisations et l’ouverture d’un marché financier international ouvre de nouvelles perspectives. L’Europe et son marché unique apporte aussi un grand espoir de croissance. » Cette conclusion banale aurait pu être écrite au début des années 1990 par un économiste mainstream. Mais, manque de bol, nous sommes en 2012. Les délocalisations accroissent les inégalités, l’ouverture d’un marché financier mondial a surtout réussi à accroître la fréquence et la gravité de ses crises, et l’Europe est en train d’éclater… C’est ce qu’on appelle : se planter en beauté !

 

La troisième série de perles sont extraites des copies de spécialité. Sur les 32 copies effectivement à corriger, 17 candidats ont pris Emile Durkheim, les 15 autres ont pris David Ricardo. La moyenne pour Durkheim est de 10,2, les notes allant de 3/20 à 16/20. La moyenne pour Ricardo est de 10,5, les notes allant de 3/20 à 16/20. Néanmoins, je n’ai que des perles ricardiennes à vous proposer, les élèves ayant pris Durkheim ont apparemment su se contenir d’écrire des atrocités !

 

- « Ricardo a sûrement lu l’œuvre d’Adam Smith. » Tout est dans le « sûrement » ! Ce n’est pas sûr ! Ricardo a lu Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations en 1799 selon ses biographes, et il l’évoque explicitement dans ses Principes d’économie politique et de l’impôt en 1817 ; d’ailleurs, toute sa théorie s’appuie, complète et dépasse celle de Smith…

 

- « David Ricardo est un économiste classique connu pour sa théorie de la répartition, la loi des rendements décroissants et du libre-échangisme. » Je sais, on la fait tous les ans. Mais elle est tellement savoureuse ! Ricardo était libertin !

 

Je souhaite de très bonnes vacances à tous nos lycéens, collégiens, écoliers, étudiants !

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Copyright Gérard Mathieu, 2012.


2 commentaires
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  1. juju

    Oula oula et les droits d’auteurs !!!!! Bon c’est bien parce que c’est toi sinon je les fais payer cher mes analyses et remarques ttes pertinentes et ultra objectives………..lol

  2. reflexionsdactualite

    Mais rappelle-toi, tu as signé un papier qui stipulait que tout ce que tu disais devenait public sur Facebook !!! Je rigole, bien sûr ; quoique… Tu as souligné que j’ai respecté la lettre et l’esprit de tes analyses pertinentes (effectivement, sinon je n’aurais pas publié) et objectives (en tout cas, sincères et argumentées), tout en garantissant ton anonymat ! Sache que ce genre de discussions est toujours bienvenu en démocratie, et qu’elles manquent aujourd’hui dans le débat public. Sache que j’adore discuter de cette manière sur tout type de sujet, notamment avec toi. Et rassure-toi : je te paierai l’intégralité des droits d’auteurs en cocktails ! Continue à me lire et n’hésite pas à partager !



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