Ce que j’en dis…
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Massimo Carnivale, l’artiste le plus ciné-geek !
30 juillet, 2012, 9:53
Classé dans : Ca, de l'art ?

Avant Internet, on traînait en bas des tours ou dans les parcs publics en banlieue, à se partager un ke-grè ou un oinj ; on traînait entre le terrain de foot et le champ de blé à la campagne, échangeant un Nuts ou un Raider entre deux gorgées de 1664… Nos parents avaient un peu peur de nos mauvaises fréquentations, certes, nous, on était libre. Mais cette époque est révolue. Aujourd’hui, on « traîne » sur Internet, ce qui n’empêche pas les parents d’avoir peur, non sans fondement, des mauvaises fréquentations : sites porno, sites extrêmes, violence gratuite en vidéo, pédophiles ; la menace est réelle. Les ados sont libres !

Ne cassons pas l’ambiance ! Entre deux périodes de travail, il m’arrive, à moi aussi, de traîner sur Internet, à la recherche de rien, me laissant parfois guider par le réseau des réseaux, au gré des courants. La métaphore n’est pas malvenue : on parle aussi de surf, nan ? Bref, en empruntant un chemin que j’ai déjà oublié, je suis tombé par un total pur hasard sur le travail d’un artiste italien, Massimo Carnivale, qui dessine à partir d’images cinématographiques ou de séries TV. Je m’y connais peu en art, en dessin ; je ne suis pas un spécialiste, je connais mal les techniques, encore plus mal l’histoire de l’art. Je suis un amateur dans toute sa splendeur ! Mais, pour un amoureux du cinéma comme moi, je suis littéralement tombé sous le charme de son travail, de ses images si familières et en même temps si étranges, autres, inhabituelles… Trêve de bavardages, admirez et essayez de deviner, les gens !

Massimo Carnivale, l'artiste le plus ciné-geek ! dans Ca, de l'art ? goonies

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La Chanson de la Semaine 74 – part one
28 juillet, 2012, 10:34
Classé dans : Musique & Music

Semaine particulière (qui durera un mois). Pourquoi ? Parce que j’en ai envie. Nique sa mère, la taille du papelard ! J’encule la forme de mon post ! Pas de logique sur ce putain de blog ! Aujourd’hui, on va se pencher sur l’insaisissable blanc-bec Michaël Eveno, aka Grems. Et c’est toujours très difficile de dresser de lui une biographie et une œuvre linéaires, il le dit lui-même : « C’est dur avec moi de se « focuser » sur un sujet, t’as vu. On parle d’un truc, on arrive là, puis on repasse par la porte d’entrée, pour passer derrière en revenant là-haut, et puis à un moment on est sur le toit quand on entre dans le sous-sol… »

La Chanson de la Semaine 74 - part one dans Musique & Music Grems-3

 

« Route longue et sinueuse »

 

On le dit multi-cartes, multi-tâches, c’est un peu ça. On va entrer dans le vif direct en court-circuitant la linéarité du truc ; on va passer par le 1er bouquin qu’il a publié, en 2009, intitulé Grems. Humblement sobre ou dégueu méagalo ? Peu importe, ce beau livre, entièrement réalisé par lui, retrace « tout [s]on travail en dix ans », tout, de ses « brouillons » à ses « travaux plus connus », « plus corporate », du tag au rap, du design au graphisme, de Airmax à Imagin’R.

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C’est les vacances !
12 juillet, 2012, 14:16
Classé dans : Ma gestion du blog

Et oui ! Après une dure année de labeur, je me conforme aux vacances d’été, comme tout bon Français moyen qui se respecte ! Le blog prend du repos, mais avec plus d’une centaine d’articles, je vous ordonne de continuer à me lire tous les jours, toutes les heures, à chaque instant, car il y a certainement des trucs que vous n’avez pas lu, que vous avez oublié, il y a certainement des articles pour lesquels vous n’êtes pas d’accord, en colère, remonté ! Bref, continuez à fréquenter mon blog, Réflexions d’Actualité a besoin de vous. Nous serons tous à poils sur les plages, cet été, bonnes vacances !

C'est les vacances ! dans Ma gestion du blog dyn006_original_571_745_pjpeg_2617073_1619d4d5105e19301c8fc3642d798fa3



La Chanson de la Semaine 73
8 juillet, 2012, 15:49
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson de Massive Attack, « Herculaneum », présente uniquement sur la bande originale du film Gomorra, réalisé en 2008 par Matteo Garrone.

La Chanson de la Semaine 73 dans Musique & Music massive_attack_3_wallpaper

Le film s’appuie sur le best-seller du même nom de Roberto Saviano, qui y dénonce avec style et intégrité les dessous de la Camorra, la mafia napolitaine. Chanson oppressante à souhait, elle symbolise l’étendue du crime à Naples, avec ses bruits des docks, de la mer, ses sons métalliques, des nappes de synthé inquiétantes, cette atmosphère particulière. Chanson offerte par Robert Del Naja, aka 3D, membre éminent de Massive Attack, à Garrone et Saviano, qui s’en servent comme d’un générique de fin illustrant avec gravité les chiffres astronomiques du crime. Chanson asphyxiante, suffocante, anxiogène, qui retourne l’estomac, qui achève, après deux heures de tension, d’élever les hauts-le-cœur. Comme le dit Ricky Gervais : « Un bon film est fait pour te retourner le ventre, pas pour te servir à tuer deux heures… »[1] Toutefois, je n’ai pas découvert Massive Attack en 2008, mais un peu plus tôt, au tout début des années 2000, par l’entremise d’un autre film, une petite bombe, Snatch de Guy Ritchie ; on y entend le magnifique « Angel » au moment où le manouche irlandais Mickey découvre qu’on a brûlé la caravane où se trouvait sa mère. Sa vengeance sera terrible. Dès lors, je me suis intéressé à l’histoire et à la discographie de Massive Attack. Originaires de Bristol, 3D, Daddy G et Mushroom sortent leur 1er album en 1991 grâce au manager de Neneh Cherry, dans une Angleterre décimée par la crise, durcie par les années Thatcher, rongée par les conflits multiculturels. Ils posent dès lors les bases de ce qu’on appellera plus tard le trip hop ; Tricky travaillera souvent avec le groupe. Depuis 1991, Massive Attack n’a cessé d’évoluer dans le conflit, sort deux chefs-d’œuvre (Protection en 1994, Mezzanine en 1998), et ouvre de nouvelles voies musicales. Moins novateurs depuis – et subissant quelques changements de membres –, leur 5e album Heligoland est sorti en 2010.

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[1] Ricky GERVAIS (2012), « Entretien, par Brieux Férot », So Film n° 1, juin, p. 29.



Portrait de Roberto Saviano, résistant moderne
5 juillet, 2012, 17:19
Classé dans : Ils font avancer le monde

* Ce texte a été commencé avant la fin de la campagne présidentielle française.

 

« Voilà ce qu’est la France, aujourd’hui : un carrefour, un lieu de négociations, de réinvestissement et d’alliances entre cartels criminels. D’alliances entre des cartels criminels et des entrepreneurs qui tirent profit du trafic de stupéfiants, qui fraudent et qui recyclent, grâce aux organisations criminelles. » [2012a, p. 16]. La sentence glace le sang, fait froid dans le dos, analyse clinique de la situation du crime organisé dans l’Hexagone. Pendant que la campagne présidentielle française* est dans le « déni »[1], repliée sur elle-même comme un adolescent immature dans sa bulle ; pendant que nos candidats semblent hermétiques à ce qui se passe ailleurs, francocentristes comme jamais ; pendant que, après la bienvenue affaire Merah, le petit monde politico-médiatique, opportuniste, fait monter dans les chaumières la peur de l’Arabe, du Musulman, qu’il soit « d’apparence »[2] ou non, du bronzé, présumé coupable de terrorisme islamiste – ou islamique, on ne sait plus trop, tandis que les plumitifs arrivent avant les keufs au domicile des extrémistes qu’on arrête subitement par wagon, mais qu’on ne renvoie pas encore par bateau… La citation est de Roberto Saviano. 

Portrait de Roberto Saviano, résistant moderne dans Ils font avancer le monde Roberto-Saviano-5

Citation extraite de la préface de son nouveau bouquin traduit en France, qu’il consacre en partie à démythifier la vision du crime organisé qu’on a chez nous, en France, et rappeler, tel un médecin qui fixe un diagnostic à un malade qui s’ignore, que les cartels criminels sont bien implantés, qu’ils y réalisent des profits énormes, que des pans entiers de l’économie en dépendent. Pas autant qu’en Italie, bien sûr, mais suffisamment pour qu’on s’en soucie. « La France n’est pas épargnée. Des camorristes ont déjà investi dans des magasins à Paris, dans l’hôtellerie et le tourisme à Nice et à Cannes. Sans parler de la drogue… Le problème de la France est que tout le monde, chez vous, se moque de ces organisations tant qu’elles ne tuent pas ! Votre gouvernement […] considère ce phénomène comme italien, et ne se sent donc pas concerné. » [2008, p. 30] Au lieu de cela ? On s’intéresse à la viande hallal. Le cartel de la viande hallal plus dangereux que les cartels criminels ? (suite…)



Mes perles du bac SES 2012 !
3 juillet, 2012, 10:33
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Cette année, j’étais de correction du baccalauréat pour la première fois. Une bonne expérience, même si c’est assez fatigant ; c’est aussi très amusant ! Tous les professeurs de Sciences Economiques et Sociales (SES) avaient rendez-vous au très classieux lycée Buffon, dans le 15e arrondissement de Paris, pour une réunion d’entente. Après avoir écouté les recommandations et les connaissances attendues dans les copies, et après avoir échangé sur les modalités de correction, nous nous mîmes au travail, non sans nous être rendus dans les différents centres d’examen de la capitale pour y retirer nos copies. J’ai récolté 37 copies (dont 5 absents) à corriger en 9 jours, de candidats qui traitaient, en plus de l’épreuve obligatoire, l’épreuve de spécialité SES (ils disposent donc de cinq heures pour composer) ; mes collègues qui n’avaient pas la spécialité à corriger devaient donc corriger une cinquantaine de copies. Si cela vous intéresse, les sujets sont disponibles ici.

Mes perles du bac SES 2012 ! dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? et298

Copyright Gérard Mathieu, 2012

Auparavant, j’ai souvent lu ou entendu, avec beaucoup de joie, les perles du bac ; plus désespéré, je les ai ensuite lues sur les copies de mes propres élèves. Aujourd’hui, je veux partager des perles du bac, publiées au préalable sur mon compte Facebook. Les voici réunies pour vous. Elles sont toutes authentiques et sont extraites de copies que j’ai corrigées moi-même la semaine dernière pour la session de juin 2012 de l’académie de Paris. Certaines ne sautent pas aux yeux, parce qu’il faut connaître quelques rudiments de SES, mais j’ajoute le cas échéant un petit commentaire. Comme elles ont été publiées sur un réseau social, elles ont parfois donné lieu à débat, que je m’autorise à retranscrire de manière anonyme. Florilège. (suite…)



La Chanson de la Semaine 72
1 juillet, 2012, 16:27
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Girma Bèyènè, « Enkène Yèlélèbesh », vraisemblablement sorti en 1969 ; il est disponible sur les volumes 8 et 22 de la série de CD Ethiopiques, qui publie le meilleur de la musique de la corne de l’Afrique depuis les sixties.

La Chanson de la Semaine 72 dans Musique & Music girma-beyene-circa-1980

Comme beaucoup de cinéphiles, j’ai rencontré cette musique par hasard, en matant le blues d’un Bill Murray largué dans tous les sens du terme, dans Broken Flowers de Jarmusch, en 2005 : l’atmosphère du film baigne dans cet afro-jazz chelou, moite et rythmé, autour du thème répétitif de Mulatu Astatke. Le personnage incarné par Murray, droopy triste et empli d’expressions à force d’être inexpressif, reprend le fil de sa vie en fouillant dans son passé, à la recherche d’un fils hypothétique de 19 ans. J’ai instantanément été séduit par la musique, sous le charme de ce blues africain. On raconte que ces artistes écoutaient le rock, la pop, le jazz occidentaux sur de vieilles radios toutes pourries, et essayaient d’en reproduire les sons avec ce qu’ils avaient. D’où cette sonorité bien particulière, familière et étrange. Mais ces artistes sont bien plus que des copieurs autochtones de la musique occidentale, comme en témoigne ce titre, pris entre le jazz qu’on connaît et la culture de là-bas. Les cuivres raisonnent doucement, quand les hanches se meuvent toutes seules ; j’ai très vite été fouiné dans ces trésors que représente la série Ethiopiques, et j’y ai trouvé de véritables pépites brutes. Girma Bèyènè[1] commence sa carrière de chanteur au début des années 1960, puis exerce ses talents de pianiste, organiste, arrangeur avec son acolyte de toujours, Alèmayèhu Eshèté, dans le Alèm-Girma Band. Là, durant une quinzaine d’années, il innovera en créant une musique syncrétique. Et fatalement jubilatoire ! D’ailleurs, il est considéré comme un génie de la musique éthiopienne. Il émigre aux Etats-Unis en 1981, mais n’arrive plus à se produire sur scène, et sombre dans l’anonymat dans le quartier de Little Ethiopia, à Washigton D.C. Quel dommage…

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[1] Cette micro biographie s’inspire de celle de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Girma_B%C3%A8n%C3%A8 ; et de celle d’un blogueur fan de cette musique : http://ethio-pain-music.blogspot.fr/2011/12/va-festival-af-des-musiques.html.


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