Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 68
3 juin, 2012, 11:41
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau des Hillbilly Moon Explosion, « Maniac Lover », sorti en 2002 sur leur 1er album Introducing, et aussi disponible sur leur 5e disque Raw Deal, publié en 2010.

La Chanson de la Semaine 68 dans Musique & Music The-Hillbilly-Moon-Explosion

Depuis longtemps sur ce blog plane l’ombre de cet auditeur particulier qui réalise aussi des films anecdotiques, Quentin Tarantino, et ses choix musicaux toujours surprenants. Le site Music-Story souligne la similitude classe entre l’hommage rendu par Tarantino au ciné bis, et celui du groupe au son fifties ; mais la similitude va bien plus loin ! Dès Reservoir Dogs, le réal’ utilise pertinemment le réservoir rock des années 1950, puis réhabilite une flopée de groupe de ce genre dans Pulp Fiction. Même s’il se tourne vers la soul dans Jackie Brown, il saupoudre Kill Bill de références rockabilly, et fait de « The Last Race » de Nitzsche l’ouverture de Death Proof. On peut voir le groupe helvético-britannique comme la continuité musicale du réal’, en tout cas sur ce segment bien particulier du rockabilly. Mais, au fait, c’est quoi, ce genre musical ? « Grosso modo, ce sont des ados blancs qui jouent du Blues de noir, au milieu des années 1950. Si on écoute Carl Perkins ou des mecs comme ça, ce qu’ils font c’est jouer du Blues avec une influence Country. C’est ça le Rockabilly. »[1] C’est Oliver Baroni, chanteur et contrebassiste du combo, qui parle. Avant d’ajouter, presqu’en s’excusant : « […] mais ce n’est pas vraiment ce que nous sommes. »[2] Emanuella Hutter, chanteuse et guitariste, précise : « Nous, on est plutôt des Noirs qui essaient de jouer du Blues de blancs… »[3] Leurs influences sont multiples : vieux jazz, Beatles, punk… Leurs disques sont tous très sincères, très dansants, très jouissifs, très authentiques ; ils ont gardé la fraîcheur, la candeur, et la coolitude des fifties, en abandonnant tous les à-côtés peu glorieux de ces années-là (racisme et bastonnade, puritanisme austère, machisme normal, haine anti-coco, …). Et la critique qui découle de cette constatation – l’édulcoration d’une époque, un peu comme l’avait un peu fait la série Happy Days – en appelle une autre : encore une fois, on n’invente pas grand-chose en allant ressusciter un passé qui n’a jamais existé, un peu à l’image de la soul 2.0, du retour du rock, de la Ed Banger’s French Touch, etc[4]. Personnellement, en dehors des quelques clones bidons et sans intérêts, j’estime que Hillbilly Moon Explosion, Wino, Justice ou Michael Kinawuka, tous à leurs manières, contribuent à l’évolution de la musique. Quoi qu’on en dise.

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[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] On remarque la même chose ailleurs : Super 8 d’Abrams, la série Mad Men et ses clones. Le paradoxe sombre de cette évolution, c’est que les kids d’aujourd’hui, malgré leur référence à l’histoire musicale, par exemple, ne savent plus vraiment qui est qui, qui a fait quoi ; ma femme m’a raconté une anecdote : l’une de ses jeunes élèves de 5e arborant un t-shirt Guns’N’Roses, ma femme la félicite pour son ouverture musicale. Sauf que l’élève en question n’a jamais entendu parler d’Axel Rose, ni du départ de Slash, ni de leur reprise de « Knockin’ On Heaven’s Door », ni de leur consommation de drogue…  


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