Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 71
25 juin, 2012, 9:32
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de Cascadeur, « The End », présent sur son 1er album sorti en 2011, The Human Octopus. En fait, il a autoproduit trois albums avant, entre 2005 et 2008, The Human Octopus ressemblant davantage à un « remake »[1], une réécriture de ces chansons. Il reçoit le prix CQFD 2008 organisé par Les Inrocks.

La Chanson de la Semaine 71 dans Musique & Music Cascadeur-à-Bruxelles

Né Alexandre Longo il y a quelques dizaines d’années à Metz, « [descendant] d’une famille d’immigrés italiens, arrivés dans l’Est pour travailler dans la sidérurgie »[2], fils unique, il commence le piano à 8 ans dans une famille au capital culturel élevé (père architecte puis directeur des Beaux-Arts, qui lui fait connaître l’opéra italien, les Beatles, Pink Floyd, le jazz). « Son histoire est celle d’un musicien passionné par le piano qui, après avoir travaillé son instrument de manière classique […], s’en sert pour s’approprier les tubes de Depeche Mode. »[3] Très bon résumé. Cascadeur, c’est aussi un joueur et un enfant, un timide et un orfèvre, qui se cache derrière un casque de moto, un masque de lutteur mexicain et un peignoir de boxeur. Par contre, le mec a du dérailler à un moment, car il parle de lui à la 3e personne du singulier, et s’évertue à énumérer des influences plus tape-à-l’œil qu’autre chose : Radiohead, Tim Hardin, Les Buckley, Proust, Deleuze, Fante, Orson Welles, Kubrik, Woody Allen, Gasiorowski, Basquiat[4]. Passons. Mais Cascadeur, c’est bien plus qu’Alexandre : celui-ci a su s’entourer de ses amis Jérôme et Thierry, et des groupes Orwell et Variety Lab[5]. Selon Les Inrocks, le disque fait raisonner Radiohead, Talk Talk et Sparklehorse, Antony Johnson et Klaus Nomi, Benjamin Britten et Erik Satie[6] ; CQFD ? Je l’ai découvert sur BFMTV, qui faisait sa pub. J’ai écouté. J’ai été troublé. C’est très pur, autant le piano que la voix, et tous ces instruments étranges. Un mantra mélancolique plane sur le disque, qui revient sans cesse. L’impression d’écouter la même chanson sur des tons différents, parfois rieurs, parfois plus graves, toujours avec un goût plus ou moins prononcé de tristesse. J’aime, parfois. Troublé aussi parce que je ne sais si c’est de l’art ou du cochon : « Le pop singer essaie de me servir sa soupe dans un casque déjà rayé. Mes basics instincts reprennent le dessus, mes nerfs iodés lâchent, j’attrape le pic à glace et attaque un à un les onze titres d’une pop sucrée à l’aspartame sans aucune imagination mélodique. Je m’énerve tout seul tant cette chose que j’écoute ne sert à rien à part accompagner peut-être quelques coupes de champagne offertes par des vieux vicelards dans un bar à putes d’Amsterdam. »[7] Faut aimer le champagne, quoi.

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[1] Stéphane DESCHAMPS (2011), « Cascadeur, un ange passe », Les Inrocks, 29 mars, http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/cascadeur-un-ange-passe/.

[2] Ibid.

[3] Christophe HANESSE (2010), « Le mystère Cascadeur », Télérama n° 3141, 27 mars, mis à jour le 15 juillet 2010, http://www.telerama.fr/scenes/le-mystere-cascadeur,54393.php.

[4] CASCADEUR (2008), « Entretien, par Sabine », Culturopoing, 2 avril, http://culturopoing.com/Musique/Un+entretien+avec+Cascadeur-737.

[5] C. HANESSE (2010), art. cit.

[6] S. DESCHAMPS (2011), art. cit.

[7] Le POULPE (2011), « Cascadeur, Kurt Vile, Keren Ann… Carré d’as pour poker triste », Gonzaï, 6 mars, http://gonzai.com/cascadeur-kurt-vile-keren-ann-carre-das-pour-poker-triste/.



Coup de gueule contre l’Equipe de France (vaincue par la Suède)
20 juin, 2012, 11:08
Classé dans : Sport

* Mon papier a été écrit spontanément à la suite de la vision du match. Il n’est donc pas exempt de subjectivité et d’oublis.

Coup de gueule contre l'Equipe de France (vaincue par la Suède) dans Sport EdF-Suède-1

Depuis que Laurent Blanc a repris l’équipe de France, on a cru que ça allait mieux, que, du passé (Knysna), on avait fait table rase, qu’on avait remis l’humilité, la combativité et le jeu au centre de la philosophie de l’EdF. Parce que c’était Laurent Blanc, un footballeur irréprochable, un patron indéniable, adepte du beau jeu, champion du monde. Parce qu’on avait puni les boucs émissaires, ceux qu’on avait désignés comme responsables, ces « voyous », ces « racailles » qui ne respectaient rien, en premier lieu l’autorité. Parce que Domenech n’est désormais plus qu’un freak, apparaissant épisodiquement à la télé, dans des jeux à la règle pas très claire. Las. Le match de mardi contre la Suède au 1er tour de l’Euro 2012 a montré le vide abyssal de cette EdF, la vacuité de son jeu collectif, la suffisance de ses stars (auto) proclamées, l’incomplétude de ses individualités. (suite…)



La Chanson de la Semaine 70
17 juin, 2012, 11:50
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson du groupe Flash & The Pan, « Walking In The Rain », sortie en 1979 sur le 1er album du groupe, Flash & The Pan.

La Chanson de la Semaine 70 dans Musique & Music Flash-The-Queen

Membre des Easybeats dans les sixties, le duo Harry Vanda et George Young créent plusieurs formations et collaborent à droite et à gauche avant de concevoir le Flash & The Pan en 1976, qui signifie « succès suivi d’un échec total »[1] Réaliste. Tous les deux sont compositeurs, producteurs et choristes, Vanda joue aussi de la guitare tandis que Young – accessoirement frère de Malcom & Angus d’AC/DC, pour qui ils produiront et composeront – joue aussi de la basse et de la rythmique. Flash & The Pan est un groupe résolument new wave & synth pop, qui obtient quelques beaux succès dans les années 1980, dont les plus connus sont « Hey, St Peter », « Waiting For A Train » et « Midnight Man » ; ils splitteront en 1993. Je les ai découverts récemment et par hasard, dans une pub pour Peugeot ; oui, je sais, la pub vampirise toute la rébellion contenue dans la musique. Pour que cette entreprise d’aseptisation, voire d’annihilation de la radicalité de la musique reste lettre morte, il faut que les auditeurs en prennent conscience et dépassent la pub pour se plonger dans la musique, pour pouvoir annihiler la pub qui leur a fait connaître la musique. Le retournement est compliqué, douloureux. Mais quand on y arrive, quel bonheur ! Cette chanson est d’une beauté et d’une efficacité redoutable. Dark beauty. Toute en suspens, avec ses synthés mariés à la basse, qui rendent l’atmosphère mystérieuse, qui rendent l’auditeur curieux ; et cette voix mécanique, presque robotique, comme pour signifier le caractère post humain de nos vies urbaines. Malgré tout, il pleut. Le signe final de notre humanité viendrait-elle des éléments ? Ou cette pluie montre-t-elle plutôt le fossé désormais infranchissable entre la post-humanité et la nature ? Je ne vois qu’une chose, moche, sombre : marchant dans la rue, nous, ogres, vampires, allons finir par rouiller.

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En 1981, la très justement post humaine Grace Jones reprend la chanson, majestueusement à contretemps, entre Gainsbarre et le Flash. Ou le Pan. Dark gift.

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Le Festival de la Semaine 69
11 juin, 2012, 9:11
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine… un festival, celui de Montereau Confluences, en Seine-et-Marne, dont c’était la 16e édition en cette fin de semaine. Pourquoi un festival ? Parce que j’y étais, tiens donc ! Dans le passé, mes parents nous y avais emmené voir ZZ Top, Juan Rozoff, James Brown, les Temptation, Johnny Winter, Earth Wind & Fire, Popa Chubby… A chaque fois, c’était du tonnerre, et pour pas cher, en plus.

Le Festival de la Semaine 69 dans Musique & Music Petite-fille-a

Ce samedi soir, en tête d’affiche, la ville nous a gâté : Thiéfaine, Lou Reed, Blue Öyster Cult. Pour les biographies, on verra plus tard. Récit. (suite…)



La Chanson de la Semaine 68
3 juin, 2012, 11:41
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau des Hillbilly Moon Explosion, « Maniac Lover », sorti en 2002 sur leur 1er album Introducing, et aussi disponible sur leur 5e disque Raw Deal, publié en 2010.

La Chanson de la Semaine 68 dans Musique & Music The-Hillbilly-Moon-Explosion

Depuis longtemps sur ce blog plane l’ombre de cet auditeur particulier qui réalise aussi des films anecdotiques, Quentin Tarantino, et ses choix musicaux toujours surprenants. Le site Music-Story souligne la similitude classe entre l’hommage rendu par Tarantino au ciné bis, et celui du groupe au son fifties ; mais la similitude va bien plus loin ! Dès Reservoir Dogs, le réal’ utilise pertinemment le réservoir rock des années 1950, puis réhabilite une flopée de groupe de ce genre dans Pulp Fiction. Même s’il se tourne vers la soul dans Jackie Brown, il saupoudre Kill Bill de références rockabilly, et fait de « The Last Race » de Nitzsche l’ouverture de Death Proof. On peut voir le groupe helvético-britannique comme la continuité musicale du réal’, en tout cas sur ce segment bien particulier du rockabilly. Mais, au fait, c’est quoi, ce genre musical ? « Grosso modo, ce sont des ados blancs qui jouent du Blues de noir, au milieu des années 1950. Si on écoute Carl Perkins ou des mecs comme ça, ce qu’ils font c’est jouer du Blues avec une influence Country. C’est ça le Rockabilly. »[1] C’est Oliver Baroni, chanteur et contrebassiste du combo, qui parle. Avant d’ajouter, presqu’en s’excusant : « […] mais ce n’est pas vraiment ce que nous sommes. »[2] Emanuella Hutter, chanteuse et guitariste, précise : « Nous, on est plutôt des Noirs qui essaient de jouer du Blues de blancs… »[3] Leurs influences sont multiples : vieux jazz, Beatles, punk… Leurs disques sont tous très sincères, très dansants, très jouissifs, très authentiques ; ils ont gardé la fraîcheur, la candeur, et la coolitude des fifties, en abandonnant tous les à-côtés peu glorieux de ces années-là (racisme et bastonnade, puritanisme austère, machisme normal, haine anti-coco, …). Et la critique qui découle de cette constatation – l’édulcoration d’une époque, un peu comme l’avait un peu fait la série Happy Days – en appelle une autre : encore une fois, on n’invente pas grand-chose en allant ressusciter un passé qui n’a jamais existé, un peu à l’image de la soul 2.0, du retour du rock, de la Ed Banger’s French Touch, etc[4]. Personnellement, en dehors des quelques clones bidons et sans intérêts, j’estime que Hillbilly Moon Explosion, Wino, Justice ou Michael Kinawuka, tous à leurs manières, contribuent à l’évolution de la musique. Quoi qu’on en dise.

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[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] On remarque la même chose ailleurs : Super 8 d’Abrams, la série Mad Men et ses clones. Le paradoxe sombre de cette évolution, c’est que les kids d’aujourd’hui, malgré leur référence à l’histoire musicale, par exemple, ne savent plus vraiment qui est qui, qui a fait quoi ; ma femme m’a raconté une anecdote : l’une de ses jeunes élèves de 5e arborant un t-shirt Guns’N’Roses, ma femme la félicite pour son ouverture musicale. Sauf que l’élève en question n’a jamais entendu parler d’Axel Rose, ni du départ de Slash, ni de leur reprise de « Knockin’ On Heaven’s Door », ni de leur consommation de drogue…  


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