Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 63
28 avril, 2012, 20:02
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau d’AC/DC, « Thunderstruck », présent sur leur 13e album sorti en 1990, The Razors Edge.

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Alors, je sais, les puristes vont me crucifier sur le Hall of Fame en guise d’exemple, en me clouant les parties ; mais je les emmerde ! Pour eux, la carrière d’AC/DC s’achève paradoxalement à coups de cloches de l’enfer, avec leur retour en noir, Back in Black, en 1980, l’album de l’après Bon Scott. Celui-ci vient en effet de canner après une biture fatale dans une gova chouravée ; passons les détails. Formé au début des seventies par des Ecossais émigrés dans le pays des kangourous (les deux frères Young + George, l’aîné, qui produit et joue épisodiquement de la basse), le groupe recrute Dave Evans, puis Bon Scott au chant, Phil Rudd à la batterie, et Mark Evans à la basse, rapidement remplacé par Cliff Williams. La musique ? Tout le monde la connaît : un blues (mesure binaire) rock (solo de guitare) électrique à souhait (hard : guitares et voix saturées). Les paroles ? Simples comme un biker : du sexe, de l’alcool, de l’enfer et du noir, du flingue et de la T.N.T. Après le décès de Scott – les tabloïds rosbif s’en donneront à cœur joie : AC/DC, assez d’excès, assez de décès, assez d’essai –, l’obscur vendeur de fripes et apprenti chanteur Brian Johnson est engagé. Renaissance sombre. Les cloches tintent et c’est reparti. Records battus, shows dantesques. Le pire, c’est qu’aujourd’hui, les principaux intéressés, interrogés sur leurs goûts musicaux, affirment écouter du classique chez eux. Trop hard, cette musique de barbares ! Mon paternel est un enfant d’AC/DC, il écoute en boucle. Et pas en sourdine ! Mes frêles oreilles de gamin en prennent un coup, définitivement. Je me souviens de ces dimanches après-midi, dans le salon, j’avais 6-7 ans. Papa mettait le clip de « Thunderstruck », soigneusement enregistré sur VHS, branchait l’ampli sur le magnétoscope et balançait la sauce, tandis que je jouais à être Cliff ; mon frère, haut comme trois pommes (il avait 2-3 ans), prenait sa guitare imaginaire et singeait Angus, pendant que Maman nous regardait, bienveillante, comme si on les rendait fiers d’aimer ça, une sorte de communion… Le titre est une tuerie, un morceau de stade, le clip est juste barré : concert dans une espèce d’arène close, toute en hauteur, où des spectateurs assoiffés de sang hurlent « Thunder » torses nus, captivés par ces néo-gladiateurs électriques, vue subjective de la Gibson de l’écolier Angus, possédé par l’Enfer, la voix rouillée de Johnson, casquette et charme brut, la batterie lourde d’un Chris Slade chauve tout en muscles. Parfois, l’art vous prend aux tripes, c’est physique, on ressent des choses dans l’estomac, on frissonne, on est mû par notre corps… Je veux être enterré avec cet hymne, et je veux voir tous les convives les deux doigts en l’air !

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La Chanson de la Semaine 62
23 avril, 2012, 12:16
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson des Runaways, « Cherry Bomb », sur leur 1er album publié en 1976.

La Chanson de la Semaine 62 dans Musique & Music CREEM-TheRunaways

Petit bijou de rock brutal et régressif, basique et hard comme ce refrain fameux (« I’m your ch-ch-ch-ch-ch Cherry bomb ! »), cet hymne à l’émancipation trash et cruel de l’adolescence féminine en même temps qu’un manifeste sans appel du pouvoir des femmes est l’incantation tubesque du groupe. Gros coup de pied dans les couilles de l’establishment phallocrate vieux ! Managé par le dérangé Kim Foley, figure de l’underground et découvreur des Stooges d’Iggy Pop, la jeune et rebelle Joan Jett rencontre, par l’intermédiaire de son agent, la batteuse Sandy West, la guitariste Lita Ford, la bassiste Robin Robins, et surtout la jeune et introvertie chanteuse Cherie Currie. Dans les bas-fonds de Los Angeles, Kim Foley harcèle ses disciples – voir la scène du biopic sorti en 2010 où Cherie Currie fait son essai dans la caravane de Fowley ! La transformation de Currie est spectaculaire. Elles formeront le 1er groupe de girl-rock à atteindre les sommets des charts avec leur titre « Cherry Bomb », dans un milieu paradoxalement très machiste. Elles préfigurent les Pat Benatar, Debbie Harry, Siouxsie avec davantage de verve que Heart. Malheureusement, la célébrité fait mal : drogues, jalousie, coups bas, tournée badasss au Japon, folie de Fowley, départs/arrivées… Le groupe splitte en avril 1979, Joan Jett et Lita Ford s’embarquent solo, la seconde avec moins de fortune que la première, dont l’hymne hard rock FM « I Love Rock’n’Roll » fait un carton. Bien sûr, j’avais déjà entendu ce tube de Joan Jett, mais sans plus. Puis, en 2010, sortie ciné, je tombe par hasard sur le biopic de Floria Sigismondi : une grosse claque Girl Power en plein dans ma face !

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Rions un peu en attendant… le nouveau Président
21 avril, 2012, 22:18
Classé dans : Un peu d'Histoire

Voter ? Putain de devoir civique… Non pas que je me montre procrastinateur les jours de vote (même si chacun fait ce qu’il veut de son droit de vote !), mais je crois bien que ma carte électorale n’est pas à jour. Je sens que je vais me présenter demain comme une fleur devant mon bureau de vote et que je vais être isolé parmi l’électorat, privé d’isoloir. Ma pièce d’identité ne suffit-elle pas ? « Non, monsieur, je ne peux rien faire. » Bon. J’essaierai quand même. Dans le dernier numéro de la revue Schnock, un petit dossier bien fendard sur des candidats étranges, des affiches bizarres, et Pierre Dac (presque) Président. On avait déjà ri ici avec le candidat antigrattecielliste ! Allez, rions un peu en attendant… le nouveau Président.

Rions un peu en attendant... le nouveau Président dans Un peu d'Histoire Schnock-n-2_lightbox (suite…)



Crack de T. Jordis passé à la moulinette de la sociologie clinique
17 avril, 2012, 6:57
Classé dans : La Société en question(s)

Ah, mes années d’étudiant… Après avoir retapé ma 3e année de licence, je me lance à la rentrée 2008, mi-conquérant, mi-sceptique, dans une année de challenge. Triple activité : je prépare un concours d’enseignant (style CAPES) pour la 1ère fois ; j’attaque un master de sciences économiques et sociales (alors que j’ai toujours pensé être un élève laborieux qui devait s’arrêter tôt, avant de rencontrer encore des échecs) ; je suis contraint, après déjà deux ans, de continuer à bosser quotidiennement au McDonald’s pour payer mes études et mon loyer. Heureusement, mon amie entreprend à peu près la même chose et m’encourage beaucoup. Et puis, on se soutient ! Une année riche, donc. J’ai forcément raté quelque chose, cette année : le concours. Mais j’ai rencontré des professeurs formidables à Paris-Diderot qui ont contribué à me donner confiance en moi, en plus de dispenser des cours haut de gamme. Au 2e semestre, je suis un cours du sociologue Vincent de Gaulejac un peu étrange pour un étudiant en économie : « Changement social et psychique ». On a un devoir à rendre pour mai, une liberté importante mais une contrainte : une vingtaine de pages. Je choisis par hasard de confronter les thèses du sociologue avec un objet littéraire qui vient de sortir : Crack de Tristan Jordis[1].

Crack de T. Jordis passé à la moulinette de la sociologie clinique dans La Société en question(s) Tristan-Jordis-Copie

J’ai eu 15/20. Après avoir remanié un peu, je partage : (suite…)



La Chanson de la Semaine 61
15 avril, 2012, 17:21
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de ZZ Top, « Blue Jean Blues », présent sur le 4e album du groupe intitulé Fandango, publié en 1975.

La Chanson de la Semaine 61 dans Musique & Music 169284-zztop-une-jpg_68750

Comme le groupe est l’un des favoris de mon paternel, j’écoute bien malgré moi cette logorrhée tex-mex heavy-blues, depuis ma plus tendre enfance. En particulier les 3e et 4e albums, enregistrés sur K7 audio, passant à la fois à la maison et dans l’autoradio de la R5, volume sonore à fond. Cette musique barbue fait tellement partie de mon histoire que j’ai longtemps confondu plusieurs chansons en une seule ! En 1970, Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard, tous trois chiés par le Texas (ils sont respectivement nés à Houston, Dallas et Frankston), fondent leur band, écrivent plusieurs albums dont l’un des meilleurs de l’histoire du blues Tres Hombres en 1973 : « L’album de la maturité, au blues féroce comme un chien de prairie enragé, au son gras comme un bol de guacamole […]. »[1] Ils laissent ensuite pousser leur barbe et deviennent une grosse machine à partir du milieu des eighties. « Blue Jean Blues » est un blues ironique, un putain de pastiche dans lequel on sent toute la chaleur, la lourdeur du Texas, l’érotisme-gazoil d’une station BP échouée dans le désert ; une sexy nymphette et le bleu pétrole d’une paire de Levis… On connaît leurs tubes, bien évidemment : « Just Got Back From Baby’s », le magnifique mid-tempo « Jesus just left Chicago » (qui ressemble étrangement à l’une des chansons du jeu barré Road Rash III sur Megadrive ! voir ici), « Tush », et bien sûr « La Grange ». Le duo Tarantino/Rodriguez (ce dernier étant farouchement texan) utilise le très électrique « She Just Killing Me » dans Une Nuit en Enfer en 1996 ! « De Austin à El Paso, on prétend qu’ils sont encore plus populaires que Davy Crockett, Sam Houston […] et Jim Bowie réunis. Qu’avec eux dans ses murs, Fort Alamo ne serait jamais tombé. Que le Texas n’aurait jamais accepté de se ranger sous la bannière des glabres yankees. »[2] Génial ! Au milieu des années 2000, mon père me fait honneur : il emmène toute la petite famille à Montereau les voir en concert. Ça déménage toujours autant !

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[1] Serge LOUPIEN (1995), « ZZ Top : Tres Hombres. Chronique », Rock & Folk hors-série n° 11, décembre, p. 45.

[2] Ibid.



Mais putain, c’est quoi la dette ? (post-scriptum grec)
14 avril, 2012, 19:09
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

En 2007, la journaliste canadienne Naomi Klein, déjà étudiée sur ce blog ici, commet un opuscule dénonçant l’ultra-libéralisme qui, depuis presque 40 ans et l’épisode fameux du Chili de Pinochet conseillé par les Chicago boys de Milton Friedman, défait et refait le monde pour s’en accaparer les richesses. Dit comme cela, on pense à un pamphlet obscur et partial. Ça s’appelle La Stratégie du Choc. En 2010, l’ouvrage est adapté en documentaire, et fait un carton. Cette stratégie était appliquée jusque-là dans les pays en développement par le FMI, mais depuis la crise de 2007-2008, ce qu’on a appelé la troïka UE-BCE-FMI l’applique dans les pays développés plus exposés que les autres, comme en Irlande, en Espagne, en Grèce.

Mais putain, c'est quoi la dette ? (post-scriptum grec) dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? GRCE_21

Copyright Margulies 2011 (suite…)



La Chanson de la Semaine 60
7 avril, 2012, 10:49
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Jeff Beck, « I Ain’t Superstitious », extraite du 1er album du Jeff Beck Group, Truth, paru en 1968.

La Chanson de la Semaine 60 dans Musique & Music jeff-beck-black-and-white

Par où commencer ? Considéré comme l’un des meilleurs guitaristes au monde avec Clapton et Page, Jeff Beck commence avec les Yardbirds en 1965 sur recommandation du second pour remplacer le premier, et accouche du grand « Heart Full of Soul », déjà plébiscité par votre serviteur ici. Beck est déjà un génie, inspire Jimi Hendrix, mais quitte le groupe fin 1966 pour former son band en 1967. 1er album blues splendide, avec cette chanson que j’ai découvert au cinéma, dans une scène mémorable du Casino de Scorsese où Rothstein surprend deux tricheurs foutrement bien organisés. Mais 1er album déjà « obsolète au milieu de la déferlante hard initiée par les efforts primitifs du Zeppelin. »[1] « Début 1969, Jeff Beck est colère. Fou de rage. Non seulement Jimmy Page lui a repiqué son arrangement de « You Shook Me » mais, en plus, Led Zeppelin commence à se faire une réputation d’ultime machine hard rock à travers les USA »[2]. Alors Beck enregistre le heavy, lourd, crade et totémique Beck-Ola ! Impossible d’oublier cette pochette mythique reproduisant La Chambre d’écoute de Magritte ! « I Ain’t Superstitious » est une reprise d’un vieux titre de 1961 d’Howlin’ Wolf écrite par Willie Dixon (bluesmen historiques de Chess Record dans les années 1940 et 1950, promoteurs du Chicago blues), blues mid-tempo qui parait s’écouler pendant de longues minutes (le titre en fait à peine cinq). Titre faussement lent, artificiellement cool, en réalité très vicieux grâce à ce tempo particulier, mais aussi aux distorsions électriques de Beck et à la « voix éraillée de papier de verre et de chamallow vanille »[3] de Rod Stewart. En 1969, Jeff Beck aurait dû faire Woodstock, « les affiches en témoignent [mais le groupe explose sous une bataille d’ego, d’alcools, de drogue et de moquerie interne intestine]. La face du rock, comme on dit, aurait été changée… »[4]

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[1] Philippe MANŒUVRE (2005), Rock’n’roll, la discothèque rock idéale, Paris, Rock & Folk/Albin Michel, p. 40.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Ibid.

 


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