Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 55
3 mars, 2012, 14:26
Classé dans : Musique & Music

Semaine particulière. Le 29 février dernier, Davy Jones s’en est allé rejoindre les fonds marins. Davy Jones. Je ne parle pas du célèbre démon des mers, « là où reposent les marins perdus », légende de l’imaginaire pirate, mais de cet acteur wanabee qui devient vraie star du faux groupe The Monkees[1].

La Chanson de la Semaine 55 dans Musique & Music davyjones2

Face à la déferlante British – au premier rang desquels les Beatles –, les yankees de RCA répliquent en imaginant une série TV qui raconterait le quotidien d’un groupe pop, qu’ils vont produire. « Ils ont d’abord l’idée de prendre un vrai groupe, les Lovin’ Spoonful », mais créent finalement un groupe de toutes pièces en recrutant des acteurs. La partie musicale est assurée par des pros, les acteurs feront leur métier pour donner le change. Le comble, c’est que Davy Jones est anglais ! Il joue du tambourin et chantonne, la série cartonne, l’album s’arrache. « Et la vérité éclate, [mais] les consommateurs s’en moquent ». Car la série, certes pas révolutionnaire, est plutôt bonne, et la musique déchire. Les vrais-faux Monkees décident alors d’abandonner leur rôle de pantin, et vont bosser dur pour « composer, enregistrer et produire leurs propres chansons ». Hic : leur album Headquarters « fait un four [car sorti] le même mois que Sgt. Pepper, en juin 1967. […] La série télé saute. Ils jouent dans un film psychédélique, l’imbitable Head [sorti en 1968], encore un four. La Monkeemania, c’est fini. » Et pourtant : « ils n’en restent pas moins un groupe aux chansons souvent bien supérieures à celles de song-writers crédibles. Le manque de sérieux, le culot, la désinvolture et l’insolence des Monkees […] ont finalement à cette époque un effet plus décapant que les textes engagés de Joan Baez [pour une raison indiscutable : les compositeurs-producteurs sont brillants !] » Après l’épisode Monkees, David Jones – son vrai prénom –, continue de faire l’acteur, sort son album solo en 1971, et retrouvera épisodiquement le reste du groupe pour des rééditions, des nouveaux albums aléatoires, des live. Il était en préparation d’une tournée musicale quand la Faucheuse le rappelle à elle. Bien sûr, les Monkees ne seront jamais les Beatles. Mais David Jones, bien qu’il ait rejoint la légende, ne sera jamais aussi laid que Davy Jones. RIP, beau gosse.

Image de prévisualisation YouTube

[1] La chronique qui suit est largement influencée par Benoît SABATIER (2007), Nous sommes jeunes, nous sommes fiers, Hachette Littératures, pp. 61-63. Toutes les citations non annotées sont issues de l’ouvrage. Grâce soit rendue à Sabatier pour son érudition.


Pas de commentaire
Laisser un commentaire



Laisser un commentaire

Environnement TCHAD |
adminactu |
carsplus production |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | RADIO JUSTICE
| JCM
| LEMOVICE