Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 59
31 mars, 2012, 18:02
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson du groupe Heart, « Crazy on You », extraite de leur 1er album Dreamboat Annie sorti en 1976.

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J’ai découvert ce groupe par l’intermédiaire du cinéma et le 1er film de Sofia Coppola Virgin Suicides, sorti en 1999, dans lequel l’atmosphère musicale joue un grand rôle. Deux titres de Heart sont inclus dans la BO : « Magic Man » illustre la figure du beau gosse du lycée, démarche assurée, cheveu long assumé, lunettes fumées, dont toutes les filles tombent irrépressiblement amoureuses ; « Crazy on You » symbolise l’instant où Josh Hartnet (le dit beau gosse) et Kirsten Dunst s’embrassent fougueusement et furtivement dans une voiture, l’un n’en revenant pas de l’audace de l’autre. « Crazy on You », c’est l’emphase de l’amour adolescent : « No way to breathe easy… no time to be young/But I tell myself that I was doing alright/There’s nothing left to do tonight but go crazy on you »[1]. Comme je l’ai déjà dit, j’apprécie beaucoup ce film car il exprime bien ce moment si particulier de la vie d’un individu, l’adolescence. Le corps se transforme, les hormones fourmillent, l’imagination aussi, la rébellion, tout paraît éternel, tout est gravissime, mais tout passe si vite, des moments magnifiques, et après, des souvenirs impérissables où se mêlent plaisir et mélancolie. Heart est né au Canada ou à Seattle selon les sources au début des seventies, composé entre autres des sœurs Ann et Nancy Wilson. Mêlant à la fois le hard rock et la musique folk, le groupe connaît ses premières gloires très tôt, quand sort leur 1er album ; entre deux procès avec des maisons de disques, les succès s’enchaînent, avec par exemple le tube « Barracuda » sorti en 1977, qu’on retrouve sur la BO de GTA San Andreas, et également présent furtivement dans les Sopranos juste avant que Silvio assassine Adriana dans la 5e saison. Plus soft et sage que les Runaways, préfigurant Pat Benatar et Kim Wilde, Heart s’envole. Mais le groupe est victime de son succès ; c’est l’époque de la FMisation de la musique pop, de la création de MTV, du mainstream eighties, la musique de Heart est plus lisse, moins ravageuse, et le paradoxe de cette époque, c’est qu’ils continuent de triompher ! Heart existe toujours, mais la formation a été bousculée par les départs/arrivées/retours. Qu’importe, le groupe continue de recevoir des prix et de sortir des albums !

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[1] « Impossible de respirer… Pas le temps d’être jeune/Mais je me dis que tout va bien/Il n’y a rien d’autre à faire ce soir que d’être folle de toi ».



La Chanson de la Semaine 58
25 mars, 2012, 21:37
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J’ai choisi cette semaine un titre de Creedence Clearwater Revival, « Suzie Q », sorti sur leur 1er album en 1968[1].

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Né dix ans auparavant, le groupe de San Francisco se compose de Tom Fogerty, le leader, Douglas Clifford, Stu Cook, et le petit frère aîné de Tom, John Fogerty. Les Blues Velvets jouent dans les bars, puis sont repérés et rebaptisés les Golliwogs. Ça ne marche pas ! Quand John revient de l’armée, en 1967, il se retrousse les manches, prend les devants en composant et « [se démarque] des hippies flamboyants de la Baie »[2]. Une fois rebaptisés, ils vont amener cet espoir d’un retour aux racines du rock : Creedence décolle directement aux sommets, avec une écriture simple, une voix forte et une coloration « aquatique, tout droit sorti des rives du Mississippi […], le Bayou beat […]. [John Fogerty :] « J’ai rêvé toute ma vie de vivre dans le sud, tous les grands artistes de cette musique sont venus de Memphis ou de Louisiane […]. Des chanteurs comme Muddy Waters ou Howlin’ Wolf m’ont fait sentir combien il était bon de vivre là-bas, au bord du fleuve. » » Mon père a souvent été trompé par ce son particulier, ce « rock des marécages », en me présentant le groupe comme s’il était originaire de là-bas. C’est par mon paternel que je les ai connus, à partir de Cosmo’s Factory, sorti en 1970. Touchant à toutes les facettes de la musique populaire américaine – country-western, rock’n’roll, hard, blues, ballade –, leur musique conserve une cohérence forte, je veux dire qu’on reconnaît le son Creedence. Le groupe est à son zénith en 1970, aux côtés des Stones ; ils splittent en 1972. Ils nous laissent une flopée de tubes : la reprise « I put a Spell on You » de Screamin’ Jay Hawkins, « Walk on the Water », « Born on the Bayou », « Proud Mary », « Green River », « Cross-tie Walker », « Fortunate Son », la reprise « Before You Accuse Me » de Bo Diddley, « Run Through the Jungle », et cette reprise « Suzie Q » de Dale Hawkins, tout simplement parfaite. « Jimi Hendrix lui-même n’a jamais fait mieux. »[3] Ça, c’est dit !

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[1] Cette biographie s’inspire assez largement de celle, excellemment écrite, de Claire Bailly, sur le site Music-story : http://www.music-story.com/creedence-clearwater-revival/biographie. Les citations suivantes non référencées en sont issues.

[2] François DUCRAY (1995), « Creedence Clearwater Revival : Cosmo’s Factory. Chronique », Rock & Folk hors-série n° 11, décembre, p. 28.

[3] Benoît FELLER (1995), « Creedence Clearwater Revival : Willie And The Poor Boys. Chronique », Rock & Folk hors-série n° 11, décembre, p. 24.



La Chanson de la Semaine 57
18 mars, 2012, 16:41
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J’ai choisi cette semaine un morceau de Leonard Cohen, « Stranger Song », extrait de son 1er album, sobrement nommé Songs of Leonard Cohen, sorti en 1967.

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Né en 1934 à Montréal, dans une famille de la middle class juive, il écrit des poèmes en pensant à ses idoles (Camus, Sartre, Garcia Lorca, Butler Yeats, et… la Bible !)[1], et trouve vite la reconnaissance. Mais, c’est bien connu, la littérature ne nourrit pas son homme ! Très tôt intéressé par la musique (« J’aimais bien toutes les œuvres de Segovia et les guitaristes flamenco, les folkloriques portugais, les fados, toutes les chansons du Moyen-Est et naturellement les musiques pop dans les juke-boxes de tous les cafés de Montréal »[2]), il « décide de se rendre à Nashville pour tenter d’enregistrer un album de country-western [mais] il fait halte à New York où il découvre Joan Baez, Bob Dylan, Phil Ochs, Joni Mitchell et Tim Buckley. »[3] Il met donc ses poèmes en musique, commence à fredonner, place « Suzanne » chez Judy Collins, et publie son album ; succès critique. A cette époque, il ressemble à un Al Pacino juif, à un Bruce Springsteen coincé. Il publiera plusieurs autres chefs-d’œuvre, mais sera toujours mieux perçu en Europe qu’en Amérique. J’ai découvert l’artiste par hasard en lisant Technikart, et je suis resté scotché sur ce sombre 1er album. Mon pote Ben, lettré et cultivé, m’annonce que c’est l’un des plus puissants poètes du XXe siècle ; j’approuve ! Dans ce morceau, où le titre est une référence explicite à L’Etranger de Camus, Cohen raconte l’histoire d’un hobo joueur de poker qui doit prendre un train, prétexte à délaisser une femme. Mais un blogueur montre par ailleurs que le morceau a différents niveaux de lecture. Ayant écrit un recueil de poèmes intitulé Flowers for Hitler en 1964, Cohen est hanté par la Shoah et le sort de Juifs. Dans « Stranger Song », le train peut être vu comme celui des camps de concentration ; aussi, la fuite et l’errance du personnage évoque « l’errance et la persécution du peuple juif qui LE persécute »[4]. Leonard Cohen a publié son dernier album, Old Ideas, en janvier 2012.

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[1] Selon les propres mots de Leonard Cohen, dans une biographie en ligne réalisée par Georges Lang en 1997 : http://www.leonardcohensite.com/bio.htm.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Sylvain THURET, « Présence de la Shoah et du poids Juif chez Leonard Cohen » : http://www.leonardcohensite.com/analysis.htm.



Mais putain, c’est quoi la dette ? (Episode 7)
14 mars, 2012, 20:52
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Il existe des propositions pérennes…

Déjà en 1936, Keynes avait vu que « quand les marchés et les acteurs financiers prennent une place trop importante, il y a une dérive inexorable vers la recherche prioritaire de gains financiers à court terme – c’est la spéculation – au détriment de la création de richesses et du développement à long terme – c’est-à-dire l’activité productive des entreprises. »[1] Il faut donc remettre la finance de marché à sa place. (suite…)



Mais putain, c’est quoi la dette ? (Episode 6)
11 mars, 2012, 18:31
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Demain, la faillite… de la France ou de l’Europe ?

On en est là. La France peut-elle faire faillite ? « Juridiquement, ce n’est tout simplement pas possible. Un Etat peut se trouver en cessation de paiements, en incapacité de rembourser sa dette et décider unilatéralement de ne pas honorer ses engagements et de ne plus payer ses fonctionnaires et ses créanciers, mais il ne peut pas être mis en liquidation et disparaître comme une entreprise. »[1] Il existe plusieurs moyens de régler le problème. Envahir militairement le pays endetté et « se servir sur la bête », mettre les créanciers autour d’une table pour renégocier ou restructurer toute ou partie des termes de la dette. Comme l’explique Anne-Charlotte Leyolle, analyste financière en salle de gym : « On va pas tourner autour du pot : 1. on dévalue la monnaie, quand on a de la monnaie, mais ça on peut pas le faire dans la zone euro, 2. on renégocie à la baisse sa dette avec ses créanciers en colère, 3. on ne demande plus d’aide extérieure, genre FMI, Europe, tout ça [...]. Sinon, on mélange les trois, on fait une cure d’austérité d’amaigrissement [...]. » Cette phrase est extraite d’un programme court très bien fait. Profitez-en :

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Dans l’histoire, les Etats pris en défaut sont nombreux, si l’on en croit la formidable mise en perspective historique de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff : « En fait, au vu des constats historiques, nous considérons que les défauts patents de jure sur la dette publique intérieure, tout en étant moins courants que les défauts externes, n’ont rien de rare. Nos données en comprennent plus de soixante-dix cas (contre 250 sur la dette externe) depuis 1800. »[2] Les Etats pris en défaut peuvent faire appel au FMI. « Mais il se transforme vite en gendarme implacable qui administre la rigueur au profit des créanciers »[3], comme en Amérique du Sud ou en Asie du sud-est, ou actuellement en Grèce. (suite…)



La Chanson de la Semaine 56
10 mars, 2012, 16:15
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J’ai choisi cette semaine une chanson de Simon & Garfunkel, « Anji », sur leur 2nd album Sounds of Silence, paru en 1966.

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Paul Simon et Arthur Garfunkel sont tous deux nés en 1941, se rencontrent en 1956 et entament une histoire d’amour autour de la musique folk. Une histoire d’amour tourmentée. Ils écrient et enregistrent ensemble, se séparent, se rabibochent, publient un 1er album, se séparent, vivent de leur côté, se revoient à Londres. C’est là que Simon apprend « Anji », écrite par Davy Graham. Entretemps, « Sounds of Silence », la chanson, est un succès ; ils se reforment donc. Et caetera ! Je ne me souviens absolument pas quand j’ai entendu pour la première fois le duo ! Mon père, sans être ultra fan comme il peut l’être d’AC/DC par exemple, aime bien, et écoute épisodiquement quelques chansons. J’ai d’ailleurs souvent attribué « No Milk Today » à Simon & Garfunkel à tort ; j’entends encore mon paternel me rappeler le sempiternel : « Mais non, c’est Herman’s Hermits ! » Assurément l’un des plus influents groupes de folk des sixties, le duo enregistre des compositions entraînantes et souvent mélancoliques, toujours magnifiées par la musique de Simon et la voix sensible de Garfunkel. En 1967, ils composent même la bande originale du Lauréat, qui révéla Dustin Hoffman. Retour au titre du jour. Angie est la petite amie de Graham, le compositeur de la chanson, qui sort d’abord en 1962 sous la plume de son auteur. L’orthographe reste ensuite à l’appréciation des repreneurs ! Morceau de guitare sans voix (désolé, Art !), c’est une courte balade folk, bande-son amoureuse, qu’on pourrait aisément plaquer sur un paysage de western à l’asphalte brûlante mais déserte, ligne jaune sur l’horizon. Un groupe reposant et exigeant, que j’écoute toujours avec un plaisir triste, comme avec leur titre magnifique : « A Most Peculiar Man ».

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Valérie Pécresse et la dévalorisation de la parole politique
8 mars, 2012, 22:35
Classé dans : La Société en question(s)

En ces temps de campagne présidentielle, les hommes politiques usent de ficelles grosses comme leur ambition, abusent de petites phrases assassines fomentées par des cabinets noirs, et rusent en énonçant des vérités inexactes, quand ils ne détournent pas purement et simplement des données statistiques en salissant l’organisme émetteur. Vous vous souvenez très bien des grossières erreurs de Claude Guéant évoquant les taux d’échec scolaire des enfants immigrés ou issus de l’immigration (même ça, c’était confus), ou la récupération malhonnête des idées de l’économiste Thomas Piketty, spécialiste des inégalités et de la fiscalité, par Marine Le Pen. Cette semaine, on a encore eu un bel exemple de mensonge politique. Parce qu’il faut bien dire ce qui est : un mensonge éhonté. « En réponse à une question du député Alain Bocquet, Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, a prétendu le 6 mars dernier à l’Assemblée nationale qu’Alternatives Economiques aurait indiqué que la France était le seul pays européen où le pouvoir d’achat avait été maintenu malgré la crise. »[1]

Valérie Pécresse et la dévalorisation de la parole politique dans La Société en question(s) valerie-pecresse

Voici les propos de Valérie Pécresse : « Le pouvoir d’achat des Français a augmenté de 6 % en moyenne sur le quinquennat ; le magazine Alternatives Economiques, qui n’est pas proche de la majorité, soulignait que seule la France avait réussi à ne pas avoir un pouvoir d’achat […] en baisse pendant la crise. »[2] Reprenons le fil de l’article : « Nous remercions vivement Madame la Ministre de l’intérêt qu’elle porte à notre publication, mais l’information est totalement inexacte : nous avons au contraire souligné, dans notre numéro de mars 2012, la stagnation du pouvoir d’achat des Français entre 2007 et 2011 et le caractère exceptionnel de cette stagnation (voir graphique ci-dessous). A titre de comparaison, selon le même indicateur, ce pouvoir d’achat avait progressé de 12 % entre 1997 et 2002… Par ailleurs, nous avions indiqué en décembre dernier que plusieurs autres pays européens avaient, au contraire, vu le pouvoir d’achat de leurs citoyens augmenter malgré la crise. »[3] (suite…)



Mais putain, c’est quoi la dette ? (Episode 5)
7 mars, 2012, 23:30
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Dette et créance, investissement, dépenses et recettes publiques…

Comment le ratio dette/PIB peut-il augmenter ? Par « une augmentation des dépenses, une baisse des recettes [voir schémas 1 et 1bis], ou via le mécanisme de l’effet « boule de neige » – lorsque le taux d’intérêt de la dette est supérieur au taux de croissance de l’économie [voir schéma 2] »[1].

Schéma 1

Mais putain, c'est quoi la dette ? (Episode 5) dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? A690013C

(suite…)



Mais putain, c’est quoi la dette ? (Episode 4)
4 mars, 2012, 23:00
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Le capitalisme financier, dernière mue ?

Petit détour historique. Au carrefour des années 1970 et 1980, on assiste à l’internationalisation croissante de la finance, qui devient prépondérante dans le financement de l’économie. La globalisation financière désigne le processus de libéralisation quasi complète des échanges de capitaux, débouchant sur un marché mondial des capitaux très peu contrôlé, par le biais des « 3D » : déréglementation des mouvements de capitaux (pas ou peu de contrôle), décloisonnement des marchés (les marchés sont interconnectés, tous les acteurs peuvent intervenir sur chaque marché), désintermédiation (les acteurs ont un accès direct aux marchés de capitaux sans passer par les intermédiaires traditionnels que sont les banques), « marqués […] par la fin du système de changes fixes et contrôlés de Bretton Woods. A partir du moment où la mobilité des capitaux a été autorisée, ceux-ci ont permis de relâcher […] la nécessaire égalité entre épargne et investissement domestiques. »[1] (suite…)



La Chanson de la Semaine 55
3 mars, 2012, 14:26
Classé dans : Musique & Music

Semaine particulière. Le 29 février dernier, Davy Jones s’en est allé rejoindre les fonds marins. Davy Jones. Je ne parle pas du célèbre démon des mers, « là où reposent les marins perdus », légende de l’imaginaire pirate, mais de cet acteur wanabee qui devient vraie star du faux groupe The Monkees[1].

La Chanson de la Semaine 55 dans Musique & Music davyjones2

Face à la déferlante British – au premier rang desquels les Beatles –, les yankees de RCA répliquent en imaginant une série TV qui raconterait le quotidien d’un groupe pop, qu’ils vont produire. « Ils ont d’abord l’idée de prendre un vrai groupe, les Lovin’ Spoonful », mais créent finalement un groupe de toutes pièces en recrutant des acteurs. La partie musicale est assurée par des pros, les acteurs feront leur métier pour donner le change. Le comble, c’est que Davy Jones est anglais ! Il joue du tambourin et chantonne, la série cartonne, l’album s’arrache. « Et la vérité éclate, [mais] les consommateurs s’en moquent ». Car la série, certes pas révolutionnaire, est plutôt bonne, et la musique déchire. Les vrais-faux Monkees décident alors d’abandonner leur rôle de pantin, et vont bosser dur pour « composer, enregistrer et produire leurs propres chansons ». Hic : leur album Headquarters « fait un four [car sorti] le même mois que Sgt. Pepper, en juin 1967. […] La série télé saute. Ils jouent dans un film psychédélique, l’imbitable Head [sorti en 1968], encore un four. La Monkeemania, c’est fini. » Et pourtant : « ils n’en restent pas moins un groupe aux chansons souvent bien supérieures à celles de song-writers crédibles. Le manque de sérieux, le culot, la désinvolture et l’insolence des Monkees […] ont finalement à cette époque un effet plus décapant que les textes engagés de Joan Baez [pour une raison indiscutable : les compositeurs-producteurs sont brillants !] » Après l’épisode Monkees, David Jones – son vrai prénom –, continue de faire l’acteur, sort son album solo en 1971, et retrouvera épisodiquement le reste du groupe pour des rééditions, des nouveaux albums aléatoires, des live. Il était en préparation d’une tournée musicale quand la Faucheuse le rappelle à elle. Bien sûr, les Monkees ne seront jamais les Beatles. Mais David Jones, bien qu’il ait rejoint la légende, ne sera jamais aussi laid que Davy Jones. RIP, beau gosse.

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[1] La chronique qui suit est largement influencée par Benoît SABATIER (2007), Nous sommes jeunes, nous sommes fiers, Hachette Littératures, pp. 61-63. Toutes les citations non annotées sont issues de l’ouvrage. Grâce soit rendue à Sabatier pour son érudition.


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