Ce que j’en dis…
  • Accueil
  • > Archives pour février 2012

Mais putain, c’est quoi la dette ? (Episode 2)
27 février, 2012, 15:02
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

La dette, un objet polysémique

Une dette est une somme empruntée par un débiteur (l’emprunteur) à un créancier (le prêteur), et peut donner lieu au paiement d’un intérêt. Le taux d’intérêt est alors considéré comme le prix, le loyer de l’argent, et varie selon la solvabilité de l’emprunteur. Tout d’abord, nous devons faire une différence entre les dettes publiques et les dettes privées. Ces dernières sont celles contractées par les ménages pour consommer, pour acheter un bien durable, un logement, et par les entreprises, pour investir, dans des machines, des bâtiments, des innovations. Dans ce cas, « la capacité de remboursement des emprunteurs dépend de l’évolution de leurs revenus, lesquels, dans une économie de marché, peuvent fortement fluctuer. S’ils diminuent ou disparaissent (faillite) et si les garanties exigées lors du prêt se révèlent sans valeur suffisante, le créancier n’a alors plus que ses yeux pour pleurer. »[1] L’envolée des dettes privées témoigne de la hausse des inégalités de revenus : la stagnation du revenu est compensée par cet endettement privé, comme on peut le voir aux Etats-Unis, en Espagne concernant le logement, ou dans d’autres pays concernant la consommation quotidienne. C’est légèrement le cas en France : malgré la stagnation du pouvoir d’achat, la capacité de financement des ménages a augmenté ; cela est dû à l’endettement privé [voir schéma].

Mais putain, c'est quoi la dette ? (Episode 2) dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? A690034D

(suite…)



La Chanson de la Semaine 54
25 février, 2012, 21:20
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de Bob Dylan, « It’s Alright Ma », sorti sur son 5e album Bringing It All Back Home, en 1965.

La Chanson de la Semaine 54 dans Musique & Music Bob-dylan-pat-garret-billy-the-kid

Né en 1941, Robert Zimmerman grandit dans la musique et commence très tôt. Il est fasciné par la marginalité : les drogués, les hobos, les gauchistes, la Beat Generation, Woody Guthrie, les freaks, les artistes de Greenwich Village… Au début des sixties, il sort plusieurs albums folk, montre son talent à la fois littéraire et militant, puis « trahit » ce mouvement en sympathisant avec le rock, avec la guitare électrique. C’est un artiste au sens plein du terme (folk, rock, country, blues ; peintre ; poète). Le succès syncrétique de Bob Dylan, avec ses imperfections géniales, sa voix nasillarde, son débit mitraillette (« entre le talkin’ blues et le hip hop »[1]), faillit l’emporter – on le dit « prophète de l’Apocalypse »[2], porte-voix d’une génération[3], géant aux côtés des Beatles et des Stones –, mais heureusement, en juillet 1966, il heurte un arbre avec sa Triumph sur la route de Woodstock, ce qui le fait redescendre sur terre. Sa biographie s’arrêtera là. Pour moi, ses meilleurs albums se situent entre 1962 et 1966. M’en fous. Stoppez la lecture si vous voulez, je ne changerai pas… J’ai découvert Dylan à la lecture du désormais célèbre HS de Rock & Folk, tombé amoureux presque instinctivement de ses sept premiers albums, pourtant si différents, jusqu’à Blonde on Blonde, sorti en 1966. Je n’ai rien écouté d’autre. Bon, je le ferai peut-être… Ça va ! « It’s Alright Ma » est une longue diatribe contre le système, et la liberté dans le flow dont il fait preuve, outre les paroles, semble se dresser contre ce système, contre l’autorité parentale, contre cette chimère de rêve américain, contre la guerre, contre l’institution scolaire, contre la servitude volontaire dans l’entreprise, contre ces chaînes forgées par la publicité… For them that must obey authority/That they do not respect in any degree/Who despise their jobs, their destinies/Speak jealously of them that are free/Cultivate their flowers to be/Nothing more than something/They invest in.[4] Et BIM ! Pour ma part, je garde cette sentence en tête, souvent : Life sometimes/Must get lonely.

Image de prévisualisation YouTube

[1] Bruno LESPRIT (2011), « Cinquante ans de métamorphoses », Le Monde hors-série n° 9, p. 13.

[2] Yves BIGOT (1995), « Bob Dylan : Highway 61 Revisited. Chronique », Rock & Folk hors-série n° 11, décembre, p. 12.

[3] Philippe MANŒUVRE (2005), Rock’n’roll, la discothèque rock idéale, Paris, Rock & Folk/Albin Michel, p. 19.

[4] « Pour ceux qui doivent obéir aux autorités/Qu’ils ne respectent en aucune façon/Qui méprisent leurs boulots, leurs destinées/Parlent jalousement d’eux-mêmes qui sont libres/Qui cultivent des fleurs pour qu’elles ne soient/Rien de plus qu’un/Investissement ».



Mais putain, c’est quoi la dette ? (Episode 1)
23 février, 2012, 17:31
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Tout le monde a une idée bien arrêtée sur la dette : les politiques, les journalistes, les stars, les citoyens, vous, toi, moi. Déjà, Antoine Pinay, futur ministre des Finances du Général en 1958, déclarait qu’ « un déficit public trop important est comparable à la situation d’un ménage qui vit au-dessus de ses moyens et par conséquent cette situation est condamnable. »[1] Cette idée n’est pas nouvelle, mais gravement persistante. Plus près de nous, le ministre des Finances d’Alain Juppé, Jean Arthuis, ne disait pas autre chose, dans sa lettre adressée à tous les contribuables : « Une nation, pas plus qu’un ménage, ne peut durablement vivre à crédit »[2]. Les journalistes et les chroniqueurs ne sont pas en reste, il n’y qu’à écouter Jean-Michel Apathie, Eric Zemmour ou Jean-Pierre Elkabbach. « L’Etat s’endettant comme un père de famille alcoolique qui boit au-dessus de ses moyens : telle est la vision ordinairement propagée par la plupart des éditorialistes. »[3] S’ils n’y connaissent rien, les politiques dirigent mal, les journalistes informent mal… ceux qui élisent les dirigeants ! L’adage populaire « Qui paie ses dettes s’enrichit », faussement de bon sens, a traversé les siècles, a infiltré le politique, et s’est attaché une certaine scientificité grâce aux économistes. Mais sait-on vraiment ce que veut dire « dette », d’où vient-elle, ce qu’elle implique ?

Mais putain, c'est quoi la dette ? (Episode 1) dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? RassuresParDettePubliqueFaible-r

Copyright Gérard Mathieu, 2012.

(suite…)



Mais putain, c’est quoi la dette ? (Annonce)
23 février, 2012, 10:17
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

A tous mes lecteurs, je veux dire merci ! Car, bien que mon blog reste amateur, dont les visites n’atteignent pas celles des blogs stars, il est de plus en plus visité. On est passé de quelques dizaines de visites par mois (avec un nombre de hits à peu près équivalent) à presque deux mille ces derniers mois (avec un nombre de hits 1,6 fois supérieur). Merci ! J’en profite pour annoncer un long article sur la dette, objet devenu sujet, sujet redevenu (bizarrement) trop technique pour mettre le débat sur la table à l’heure de la campagne présidentielle. Cet article sera découpé en plusieurs épisodes que je publierai tous les trois jours. N’hésitez pas à commenter, rouspéter, rectifier, débattre de mes propos sur un sujet encore très mal connu. A vos claviers !

Mais putain, c'est quoi la dette ? (Annonce) dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? Hunter-S-Thompson-machine-à-écrire

Hunter Stockton Thompson

L’episode 1 sur la dette ici.

L’épisode 2 sur la dette ici.

L’épisode 3 sur la dette ici.

L’épisode 4 sur la dette ici.

L’épisode 5 sur la dette ici.

L’épisode 6 sur la dette ici.

L’épisode 7 sur la dette ici.

Un post-scriptum sur la société grecque ici.

 

Bibliographie

 

 ADDA Jacques (2012), « Jalons pour une histoire de la dette », Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 BERGER Karine (2012), « La Peau de la Grèce », 12 février, sur son blog : http://alternatives-economiques.fr/blogs/berger/2012/02/12/la-peau-de-la-grece/.

 BLAVIER Pierre, FREMEAUX Philippe (2011), « La dette plombe l’action publique », Alternatives Economiques hors-série n° 90, octobre.

 BOUSSEYROL Marc (2009), Vive la dette !, Thierry Magnier, « Troisième culture ».

 CHAPUT Hélène, LUU KIM Kim-Hoa, SALEMBIER Laurianne, SOLARD Julie (2011), « Les inégalités de patrimoine s’accroissent entre 2004 et 2010 », Insee Première n° 1380, novembre, sur le site de l’Insee : http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1380.pdf.

 CHAVAGNEUX Christian (2011), « Quand les Etats s’endettent », Alternatives Economiques hors-série n° 90, octobre.

 CHAVAGNEUX C. (2012a), « Le rôle ambigu des agences de notation », Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 CHAVAGNEUX C. (2012b), « Quand un Etat est-il trop endetté ? », Alternatives Economiques hors-série n° 31, 1er trimestre.

 CHEVALLIER Marc (2012), « Industrie : état d’urgence », Alternatives Economiques n° 310, février.

 CLERC Denis (2011), « La France vit de plus en plus à crédit », Alternatives Economiques hors-série n° 90, octobre.

 CLERC D. (2012), « Les théories de la dette publique », Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 CORNELIUIS Serenis (2009), « A. Chabaud et J.-M. Apathie sont mariés », sur le blog Comprendre l’actualité économique, 1er avril : http://economibasic.blogspot.fr/2009/04/arlette-chabaud-et-jean-michel-apathie.html.

 DEMMA Claude (2011), « Des marchés en expansion », Alternatives Economiques hors-série n° 87 ; 1er trimestre.

 DOSTALER Gilles, MARIS Bernard (2009), Capitalisme et pulsion de mort, Paris, Albin Michel.

 Les éconoclastes (2003), Petit bréviaire des idées reçues en économie, Paris, La Découverte, « Poche », 2004.

 Les économistes atterrés (2010), Manifeste d’économistes atterrés, Les Liens qui Libèrent.

 Les économistes atterrés (2011a), 20 ans d’aveuglement, Les Liens qui Libèrent.

 Les économistes atterrés (2011b), Changer d’économie !, Les Liens qui Libèrent.

 FREMEAUX Philippe (2009), Petit dictionnaire des mots de la crise, Paris, Les Petits Matins.

 FREMEAUX P. (2011), « Faut-il réduire les dépenses publiques ? », Alternatives Economiques hors-série n° 88, février.

 GRAEBER David (2012), « Entretien, par Philip Pilkington », reproduit par Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 GUERRIEN Bernard, VERGARA Francisco (1997), « Dette publique, fardeau des générations futures ? », Alternatives Economiques n° 153, novembre, sur le site du mensuel : http://www.alternatives-economiques.fr/la-dette-publique-2c-fardeau-des-ge_fr_art_108_10687.html.

 HARRIBEY Jean-Marie (2002), La Démence sénile du capital, Bègles, Ed. du Passant, « Poches de résistance, 2004.

 HARRIBEY J.-M. (2012), « Crise : que la neige tombe ! », 6 février, sur son blog : http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2012/02/06/crise-que-la-neige-tombe/.

 JOUVEN Léopold (2012), « Un état des lieux de la dette publique française », Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 LACOSTE Olivier (2012), « 1945-2000 : la mutation des dettes et des crises », Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 LACROIX Alexandre (2011), « Comment l’Occident a inventé la dette », Philosophie Magazine n° 54, novembre.

 LECHEVALIER Arnaud (2011), « Un modèle qui ne fait guère envie », Alternatives Economiques n° 300, mars.

 LORDON Frédéric (2012), « Entretien », La Revue des Livres n° 3, janvier-février.

 MARIS Bernard (2003), Antimanuel d’économie, t. 1, Rosny, Bréal.

 MARIS B. (2006), Antimanuel d’économie, t. 2, Rosny, Bréal.

 MOATTI Sandra (2010a), « La dette contre la récession », Alternatives Economiques n° 288, février.

 MOATTI S. (2010b), « Le côté obscur de la dette », Alternatives Economiques n° 288, février.

 MOATTI S. (2011), « Quand les Etats s’endettent », Alternatives Economiques hors-série n° 87, 1er trimestre.

 MOATTI S. (2012a), « 2000-2012 : le mistigri de la dette », Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 MOATTI S. (2012b), « L’inégalité vertigineuse des patrimoines s’aggravent », Alternatives Economiques n° 309, janvier.

 MOATTI S. (2012c), « Zone euro : la course d’obstacles continue », Alternatives Economiques n° 310, février.

 PADIS Marc-Olivier (2012), « Sous la dette, une crise historique », Esprit n° 1202, février.

 PARIENTY Arnaud (2010), « Zone euro : de la convergence à l’éclatement ? », Alternatives Economiques n° 295, octobre.

 PECH Thierry (2012), « Le péril de l’austérité », Alternatives Economiques n° 310, février.

 RAVEAUD Gilles (2009), « Une dette supérieure à 100 % du PIB, c’est la faillite ? De qui se moquent les agences de notation ? », 11 décembre, sur son blog : http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2009/12/11/une-dette-superieure-a-100-du-pib-cest-la-faillite/.

 REINHART Carmen M., ROGOFF Kenneth S. (2009), Cette fois, c’est différent, Paris, Pearson, trad. Michel Le Séac’h, 2010.

 République française, « Compte général de l’Etat, Annexe au projet de loi de règlement des comptes et rapport de gestion », 2009 : http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/fileadmin/medias/documents/ressources/Comptes/2009/Compte_General.pdf.

 SEMPRUN Jorge (2010), « L’Europe a besoin d’un nouveau moteur idéologique et moral », Philosophie Magazine n° 40, juin.

 VAUPLANE (de) Hubert (2012), « Qui peut faire faillite ? », Alternatives Economiques hors-série n° 91, 1er trimestre.

 

Vidéographie

  

Dr Cac, « Un Etat peut-il faire faillite », diffusé le 2 mars 2012 sur France 5.

 Groland.con, diffusé le 25 février 2012 sur Canal +.

 Il était une fois le Bronx, Robert De Niro, 1993.

 Le Grand Bazar, Claude Zidi, 1973.

 Parole de Français, diffusé le 25 janvier 2012 sur TF1.



La Chanson de la Semaine 53
18 février, 2012, 16:59
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Led Zeppelin, « Dazed & Confused », sorti sur leur 1er album en 1969.

La Chanson de la Semaine 53 dans Musique & Music led-Zeppelin-led-zeppelin-23876802-1645-1100

Comme je l’avais déjà écrit ici, le groupe est né de la cuisse mal en point des Yardbirds. Robert Plant doit honorer des dates, mais sans orchestre, c’est difficile ; il part en quête de musiciens et d’un chanteur, change le nom du groupe pour signifier la rupture de son. Rupture incomplète : le blues des Yardbirds est toujours là. Mais toutes les prémices du hard rock sont présentes aussi ! Après une flopée d’albums, le groupe enchaîne les succès pendant les années 1970. Mais une série de coups durs (opération des cordes vocales, accident de voiture, perte d’un fils pour Robert Plant, consommation effrénée de drogues, en particulier pour Jimmy Page, enfin mort du batteur John Bonham, étouffé dans son vomi après avoir bu plus que d’habitude), le groupe se sépare en 1980. Fan hardcore de Led Zeppelin, mon père n’arrive pas à me communiquer sa passion ; c’est que, alors âgé de 14-15 ans, je visionne avec mon pote Godzilla au cinéma. Nanar avec Jean Reno. Et puis, surtout, le générique de fin est une reprise de Led Zeppelin, « Kashmir », qui devient « Come With Me » par Puff Daddy. J’ai tout de suite détesté ce morceau, et pensait, à tort, que Led Zeppelin se résumait à ça. Lourdaud, grossier, rebattu, sans émotion, sans imagination ; ce n’était pas du hard, je préférais retourner écouter AC/DC. D’autant plus que, peu de temps après, la reprise devient le générique de Téléfoot, émission énervante, redondante et sans fond. Pire : la reprise devient pour un temps le titre d’ouverture des matchs de l’Olympique de Marseille au Vélodrome. Beurk ! Je suis parisien ! Mais tout ça, c’est de la foutaise. Plus tard, prenant les conseils de mon père au premier degré, j’écoute certains albums. Du tonnerre ! Rien que dans le 1er album, tout y passe : hard-rock énervé, blues lancinant, slow implorant, rock balade, instrumental irlandais… « Dazed & Confused » condense un blues électrique, une voix qui revient des mondes de Tolkien, une orchestration qui, semble-t-il, inspirera le Pink Floyd progressif des seventies, et puis, ces petits riffs de guitare contrôlés, on se croirait dans un film de science-fiction, ambiance chaos, enfin l’ultime énergie – du désespoir ?

Image de prévisualisation YouTube

Dédicace à Juju :

Image de prévisualisation YouTube

 



Je ne suis pas un blog littéraire… parce que d’autres le font mieux que moi !
11 février, 2012, 14:53
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature

Il y a quelques semaines, j’offrais un espace de visibilité à mon frère, aka Jack Seps, sur ce blog, pour son unique freestyle. Pour l’instant… J’en profite donc pour faire de même avec le très bon blog d’une chère amie passionnée de littérature, qui, en l’espace de quelques articles seulement (le blog est récent), m’a donné envie de lire trois œuvres, toutes aussi différentes les unes que les autres. Comme vous l’avez deviné, sur ce blog, elle y chronique ses lectures, qu’elle souhaite faire partager, sincèrement, simplement, profondément. Une véritable déclaration d’amour à la lecture, et une certaine idée du don : « [Partager nos choix de lecture] devient un don de soi, le partage d’une partie de son être », écrit-elle pour décrire son activité. Longue route à son « espace personnel électronique » !

http://partages-litteraires.over-blog.com



La Chanson de la Semaine 52
11 février, 2012, 13:46
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson des Doors, « Spanish Caravan »,  présente sur leur 3e album Waiting for the Sun, sorti en 1968.

La Chanson de la Semaine 52 dans Musique & Music Doors_Venice

Fondé en plein été 1965, le groupe « [semble être le seul] à avoir compris le côté malsain de l’acide »[1], et débute « dans un repaire de dealers, putes et alcoolos, le London Fog. »[2] Inspiré par Nietzsche, Rimbaud, Artaud, par Aldous Huxley, l’auteur du Meilleur des Mondes et des Portes de la Perception, qui donne son nom au groupe, ils deviennent populaires et tournent vite au célèbre club le Whisky A Go Go. Jim Morrison est ambigu : un prophète barbu au sex-appeal sauvage, un jeune poète de pacotille torturé et névrosé – voire psychotique, un gourou drogué et fiévreux vénéré par ses fans… Les paroles sont subversives, la musique est inventive, les musiciens excellent (les doigts de Ray Manzarek, la gratte de Robbie Krieger, les baguettes de John Densmore). Il faut penser au contexte : Johnson vient d’être élu, bombarde le Vietnam, la drogue se répand, les jeunes explosent, les Noirs s’embrasent, tout ce qui vient de l’autorité est contesté ! J’ai découvert les Doors par l’entremise de mon père, jeune adolescent. Pas de cohérence, on s’en fout, papa m’initie au groupe grâce à leur dernier album, L.A. Woman, le plus brut, le plus blues, le plus émancipé, le plus proche de la mort. J’ai tout de suite été fasciné et je confisque le disque qui finit dans ma chambre, à l’étage, avec « L’America » à fond, dans le noir. Je comprends. Enfin. Les portes s’ouvrent. « Spanish Caravan » parle d’évasion, les guitares, la voix, sont sublimes. Mais pas d’entourloupe : si Morrison évoque le Portugal, l’Espagne, l’Andalousie, les montagnes espagnoles, c’est à l’intérieur de soi que le voyage s’effectue. Par le biais des drogues : l’acide, le L.S.D., la mescaline… La deuxième partie du morceau, psychédélique à souhait, ne laisse pas de place au doute. « Mais l’homme qui revient après avoir franchi la Porte dans le Mur ne sera jamais tout à fait le même que l’homme qui y était entré. Il sera plus sage, mais moins prétentieusement sûr ; plus heureux, mais moins satisfait de lui ; plus humble en reconnaissant son ignorance, et pourtant mieux équipé pour comprendre les rapports entre les mots et les choses, entre le raisonnement systématique et le Mystère insondable dont il essaye, à jamais et en vain, d’avoir la compréhension. »[3]

Image de prévisualisation YouTube


[1] Philippe MANŒUVRE (2005), Rock’n’roll, la discothèque rock idéale, Paris, Rock & Folk/Albin Michel, p. 20.

[2] Ibid.

[3] Aldous HUXLEY (1954), Les Portes de la perception, Paris, 10/18, « domaine étranger », 1977, p. 69.



L’économie selon Marine Le Pen
5 février, 2012, 21:58
Classé dans : Economie Politique ou Politique de l'Economie ?

Ah, le projet économique de la Marine ! La fiction du numéro de ce soir de Capital sur M6 a montré (très partiellement) que le projet de revenir au franc est problématique, même si la Marine a tenté de montrer le contraire. L’an dernier, le père d’un de mes élèves de terminale ES m’avait envoyé un mail curieux, une question épineuse sur un ton ambigu : « Que pensez-vous de l’idée du FN de sortir de l’euro et de revenir au franc ? » Euh, je n’ai rien fait, moi ! Pourquoi cette question ? Surtout de la part d’un père censé être un chercheur universitaire spécialiste de géopolitique arabe. Il devrait connaître la réponse, non ? Il veut me piéger, ou quoi ? Je lui ai répondu, à peu près en ces termes, ce qui suit. En gros, les tenants et aboutissants du retour au franc selon la Marine.

 

L'économie selon Marine Le Pen dans Economie Politique ou Politique de l'Economie ? affiche-lepen

(suite…)



Claude Guéant, thuriféraire des idées frontistes
5 février, 2012, 14:03
Classé dans : La Société en question(s)

Et une polémique de plus, une ! A croire que les provocations et les propos polémiques sont entrés dans le fonctionnement normal de la démocratie, au même titre que la communication[1], davantage que le débat public ou les réflexions de fond. Ce 4 février, lors d’un colloque avec le syndicat étudiant de droite UNI, le Ministre de l’Intérieur et de l’Immigration a encore fait parler de lui en ressortant une vieille antienne de la droite, celle de la guerre de civilisation : « Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité, la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique… En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. »[2] Cette saillie appelle plusieurs remarques.

Claude Guéant, thuriféraire des idées frontistes dans La Société en question(s) 1745966792

(suite…)



La Chanson de la Semaine 51
5 février, 2012, 11:32
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre de Tim Buckley, « Song Of The Magician », sorti sur son 1er album en 1966, Tim Buckley

La Chanson de la Semaine 51 dans Musique & Music Tim-Buckley

Tim Buckley, c’est avant tout une voix. Une voix de dingue : cinq octaves[1]. Tombé très tôt dans la chanson, il reçoit l’influence de Bob Dylan (le folk), Ravi Shankar (la musique indienne, le sitar), Karlheinz Stockhausen (prémices de l’électro), puis rencontre Frank Zappa (le côté barré), Miles Davis et Thelonious Monk (jazz new-yorkais). Sa musique est à l’image de ses influences : très éclectique. Comme le dit Stan Cuesta, Tim est un « ange, oui. Une apparition, un extraterrestre […] Une voix, qui plane dans le suraigu sans jamais être insupportable »[2]. Mais pas un père. Il délaissera longtemps son fils Jeff, oui, celui de Hallelujah. Tim Buckley était un artiste libre, au sens plein du terme, tant dans les styles musicaux (indéfinissable : jazz, pop, psyché, rock, blues, poèmes, classique, folk) que dans sa vision du statut de musicien : il ne se souciait pas vraiment de son public, « qu’il laissera souvent très loin derrière lui, égaré, hébété. »[3] A une époque où je cherche dans le passé quelque chose de stimulant musicalement – peut-être à la poursuite de mon propre passé, de ma propre histoire ? –, je fouine dans le Hall of Fame paternel, symbolisé par ce hors-série de Rock & Folk. Mon père ne connaissait pas Tim Buckley. Et je dois dire que, lorsque j’ai pris mon courage à deux mains pour écouter ce « baladin céleste »[4], je n’ai pas tout compris dans l’instant. J’ai dû me concentrer de longs mois, être patient pour entrer pleinement dans l’art de Buckley, dans les subtilités de sa voix, dans la complexité de son orchestration. En 1975, l’extraterrestre repart dans les étoiles, définitivement, après une overdose d’héroïne. Encore elle.

Image de prévisualisation YouTube


[1] David BROWNE (2003), Dream Brother : Vies et Morts de Jeff et Tim Buckley, Paris, Denoël, p. 83, cité par Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tim_Buckley.

[2] Stan CUESTA (1995), « Tim Buckley : Goodbye And Hello. Chronique », Rock & Folk hors-série n° 11, décembre, p. 16.

[3] Ibid.

[4] Ibid.


12

Environnement TCHAD |
adminactu |
carsplus production |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | RADIO JUSTICE
| JCM
| LEMOVICE