Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 49
21 janvier, 2012, 11:00
Classé dans : Musique & Music

Chronique avancée, car cette semaine est particulière : la grande chanteuse noire, « dévergondée de la musique »[1],  Etta James est décédée vendredi 20 janvier d’une leucémie, à l’âge de 73 ans.

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Née en 1938, la petite Jamesetta Hawkins connaît une enfance mouvementée : sa mère, fragile psychologiquement, a 14 ans, son père est inconnu[2]. Etta part vivre chez une tante prostituée, puis sa mère adoptive meurt en 1950 tandis que son père adoptif picole en « rêvant de monnayer [s]es dons vocaux »[3]. Sa carrière décolle en 1954, alors que son groupe, les Peaches, est repéré. C’est là qu’elle prend son nom de scène. Premier succès, et premier scandale : le titre s’appelle « Roll with me Henry », les paroles sont « assez tendancieuses »[4]. La fin des fifties signent une série de tournée et le début de la drogue. Elle enchaînera par la suite, sous l’influence d’Otis Redding et de Johnny Watson, les succès et les échecs : à la fin des seventies, la dope la ravage. Elle sort de cette merde par le retour en grâce de la musique noire au début des eighties, et multiplie les triomphes en concert. La « matriarche du rythm’n’blues »[5], selon Billy Wilson (ancien de Motown), suintait la liberté et la douleur, et leur dépassement. Sa voix chaude, sensuelle, et parfois rugueuse, balancée par sa tignasse blonde féline, déclamait des paroles d’amour, de sexe et de violence. Et ce sourire malicieux ! Figure de l’émancipation par définition – elle était grosse, noire et sexy dans l’Amérique des années 1960 –, elle faisait preuve d’un franc-parler à toute épreuve. Lorsque Beyoncé repris « At Last » lors de l’investiture d’Obama en 2009, un an après avoir incarné Etta à l’écran, celle-ci l’alluma à la télévision : « Je vais […] botter le cul [à] cette femme [qui a osé] chanter MA chanson [devant un président] aux grandes oreilles »[6]. Je connais malheureusement trop mal Etta James pour sortir un morceau qui m’a marqué, mais je vais me rattraper. C’est tristement ainsi que ça se passe, souvent : on reconnaît un artiste lorsqu’il n’est plus. Mais j’ai l’espoir : Etta James restera. RIP.

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[1] Propos de Beyoncé, cité par la dépêche AFP de la mort d’Etta James.

[2] Etta James « se revendiquera de la descendance de Minnesota Fats, une légende du billard.», dépêche AFP.

[3] Devil’s Slide, sur le site Au pays du blues : http://aupaysdublues.free.fr/artiste.php?code_art=etjames&nom_art=Etta%20James. Merci à ce biographe précis.

[4] Ibid.

[5] Propos rapportés par la dépêche AFP.

[6] Ibid.


Un commentaire
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  1. reflexionsdactualite

    Etta James est révélée en 1954 par Johnny Otis, grand pourvoyeur blanc de hits rythm’n'blues noirs, notamment par l’intermédiaire de son « Johnny Otis Show ». Une très chère amie m’apprend à l’instant qu’en fait, Etta James vient de rejoindre celui qui l’a repéré, décédé le 17 janvier dernier. Une bien triste semaine pour la musique noire. RIP



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