Ce que j’en dis…
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La Chanson de la Semaine 50
29 janvier, 2012, 10:38
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau du groupe Them, Mystic Eyes, issu de leur premier album The Angry Young Them sorti en 1965. Ce groupe est l’un des plus éminents du rythm’n’blues anglosaxons des sixties, mais le grand public méconnaît ses chansons, pensant souvent qu’il s’agit des Stones ou d’un autre combo connu.

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Formé en 1962 à Belfast, le groupe vit l’arrivée du saxophoniste Van Morrison comme une ouverture à la gloire. Tout s’enchaîne très vite : reprises blues (Chuck Berry, Muddy Waters, Sonny Boy Williamson, T. Bone Walker), occupation du club Le Maritime, improvisations, consécration, gloire, alcool et violence verbale, Amérique, départ de Van Morrison, clap de fin. Nous sommes en 1966, et Van Morrison part solo, le groupe se désagrège. Pourtant, leurs chansons sont vraiment puissantes, et certaines sont désormais passées à la postérité, comme Gloria, Baby Please Don’t Go, Don’t You Know (qui sonne comme du Ray Charles), Here Comes The Night, leur reprise de I Put A Spell On You… J’ai découvert Them dans les Sopranos, dans l’épisode 7 de la saison 1 (Pris à la gorge) : chanson barrée, explosée par l’harmonica et la voix de Van Morrison, très rapide et très brève. La scène se passe dans les années 1960, Tony se souvient de son enfance et, haut comme trois pommes, prépare un mauvais coup en se cachant dans le coffre de la Cadillac de son père. J’ai tout de suite adoré ce morceau, à la fois typique des sixties, un peu psyché, et puis en même temps un peu anormal, bizarre, irrégulier… Depuis, je me suis procuré l’excellente compil The Story of Them with Van Morrison sortie en 1997. Une jouissance sonore, rien de moins. Dorénavant, on sait placer l’Irlande du Nord sur la carte musicale.

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 Plaisir coupable : You Just Can’t Win

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Premiers pas de Jack Seps dans le hip-hop
29 janvier, 2012, 10:37
Classé dans : Musique & Music

Vous vous êtes rendus compte, en me lisant, que votre serviteur fait mention, à plusieurs reprises, d’un petit frère : tantôt il me fait découvrir un artiste underground, tantôt il me latte à Street Fighter ! Et bien, ce petit frère a bien grandi. Lorsqu’il ne travaille pas à peaufiner son style vestimentaire, ou lorsqu’il ne s’évertue pas à apprendre par coeur les tirades de Futurama, il écrit des textes, en dilettante ; et lorsqu’il trouve le courage, dans un verre d’Absolut/Manzana tard dans la nuit ou tôt le matin, il prend le mic et nous offre son premier freestyle ! je profite donc de mon blog pour lui offrir un espace de visibilité. Si vous aimez, partagez-le ! Si vous souhaitez encourager un jeune artiste, partagez-le ! Si vous voulez me faire plaisir, partagez-le ! Et, comme le dit si bien Supermicro Grems (dans la chanson « Broka rmx », sur l’album Broka Billy, sorti en 2010) : « Ca te plaît pas, bah écoute pas ! »

Jack Seps’ Freestyle #001 :

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Première chronique de Jack Seps ici.



La Chanson de la Semaine 49
21 janvier, 2012, 11:00
Classé dans : Musique & Music

Chronique avancée, car cette semaine est particulière : la grande chanteuse noire, « dévergondée de la musique »[1],  Etta James est décédée vendredi 20 janvier d’une leucémie, à l’âge de 73 ans.

La Chanson de la Semaine 49 dans Musique & Music Etta-James-in-2008-0061

Née en 1938, la petite Jamesetta Hawkins connaît une enfance mouvementée : sa mère, fragile psychologiquement, a 14 ans, son père est inconnu[2]. Etta part vivre chez une tante prostituée, puis sa mère adoptive meurt en 1950 tandis que son père adoptif picole en « rêvant de monnayer [s]es dons vocaux »[3]. Sa carrière décolle en 1954, alors que son groupe, les Peaches, est repéré. C’est là qu’elle prend son nom de scène. Premier succès, et premier scandale : le titre s’appelle « Roll with me Henry », les paroles sont « assez tendancieuses »[4]. La fin des fifties signent une série de tournée et le début de la drogue. Elle enchaînera par la suite, sous l’influence d’Otis Redding et de Johnny Watson, les succès et les échecs : à la fin des seventies, la dope la ravage. Elle sort de cette merde par le retour en grâce de la musique noire au début des eighties, et multiplie les triomphes en concert. La « matriarche du rythm’n’blues »[5], selon Billy Wilson (ancien de Motown), suintait la liberté et la douleur, et leur dépassement. Sa voix chaude, sensuelle, et parfois rugueuse, balancée par sa tignasse blonde féline, déclamait des paroles d’amour, de sexe et de violence. Et ce sourire malicieux ! Figure de l’émancipation par définition – elle était grosse, noire et sexy dans l’Amérique des années 1960 –, elle faisait preuve d’un franc-parler à toute épreuve. Lorsque Beyoncé repris « At Last » lors de l’investiture d’Obama en 2009, un an après avoir incarné Etta à l’écran, celle-ci l’alluma à la télévision : « Je vais […] botter le cul [à] cette femme [qui a osé] chanter MA chanson [devant un président] aux grandes oreilles »[6]. Je connais malheureusement trop mal Etta James pour sortir un morceau qui m’a marqué, mais je vais me rattraper. C’est tristement ainsi que ça se passe, souvent : on reconnaît un artiste lorsqu’il n’est plus. Mais j’ai l’espoir : Etta James restera. RIP.

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Cadeau :

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[1] Propos de Beyoncé, cité par la dépêche AFP de la mort d’Etta James.

[2] Etta James « se revendiquera de la descendance de Minnesota Fats, une légende du billard.», dépêche AFP.

[3] Devil’s Slide, sur le site Au pays du blues : http://aupaysdublues.free.fr/artiste.php?code_art=etjames&nom_art=Etta%20James. Merci à ce biographe précis.

[4] Ibid.

[5] Propos rapportés par la dépêche AFP.

[6] Ibid.



Dr. Mario en consultation chez J. Rawls et A. Sen
15 janvier, 2012, 16:14
Classé dans : Philosophie & Pop Philosophie

Il y a quelques mois, le philosophe Mathieu Triclot[1] lance un pavé numérique dans la mare du gaming, dans lequel il cherche à « comprendre les jeux vidéos comme une forme d’expérience. »[2] Une expérience de vie. Le jeu vidéo n’est désormais plus considéré comme une vulgaire distraction pour enfant délaissé : l’âge moyen des gamers est aujourd’hui de 37 ans[3]. Non seulement, les gamers ont vieilli (l’industrie du jeu vidéo a quarante ans), mais les jeux deviennent de véritables expériences complexes au graphisme singeant la réalité (Heavy Rain, Uncharted, GTA IV, Red Dead Redemption), tandis qu’un virage fun a été insufflé par Nintendo dans sa quête de distraction transgénérationnelle, invitant le sexe féminin ainsi que les seniors. (suite…)



La Chanson de la Semaine 48
15 janvier, 2012, 9:43
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson de Cream, Sunshine of your Love, sortie sur leur 2ème album Disraeli Gears en 1967, véritable chef-d’œuvre.

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 Comment puis-je me souvenir de ma première fois ? Cream est un groupe qu’on entend partout mais dont on ne connait pas le nom. Où ai-je entendu I Feel Free ? Dans Les Soprano, mais ce n’était pas mon dépucelage. Sunshine of your Love est une chanson que j’adore, mais qui est définitivement trop courte ! On peut l’entendre dans Les Affranchis, après le casse de la Lufthansa ; le morceau débute sur le visage vieilli, fier et un peu hautain de Jimmy Conway, le cerveau, joué par De Niro, au bar, tirant sur sa cigarette d’un air monarchique. Très vite, paranoïaque, il fera assassiner une grande partie de son équipe, de peur des balances autant que des maladresses. A partir du moment où j’ai cherché à en savoir davantage sur le groupe, je suis tombé des nues. Non seulement beaucoup de leurs titres sont véritablement des hits, mais en plus ils tapent tous musicalement très haut. En plus, ils fusionnent à merveille plusieurs styles – revival blues, rock, saupoudrés d’une bonne dose de psychédélisme –, et ce en très peu d’albums, seulement quatre. Cream a durablement marqué la deuxième partie des sixties, notamment parce que c’est l’un des premiers super-groupe de l’histoire de la pop (ça existait déjà dans le jazz) : « ils ne furent jamais véritablement amis, et leurs affinités s’en tinrent à la musique : Ginger Baker avait fait ses classes chez Graham Bond, Eric Clapton chez John Mayall, Jack Bruce chez l’un et l’autre. »[1]Leur premier album s’appelait, en yaourt, Crème Fraîche. Ouais, un bon bol d’air frais, même après quarante ans.

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[1] François DUCRAY (1995), « Cream : Fresh Cream. Chronique », Rock & Folk hors-série n° 11, décembre, p. 17. Pour la petite histoire, il y a une dizaine d’années, je me suis passionné pour les anciens magazines de mon père, rangés dans la cave. J’ai pu lire avec délectation et transgression d’anciens numéros de L’Echo des Savanes, j’ai retrouvé une bédé géniale des années Métal Hurlant (Tranches de brie), j’ai pleuré (presque) lorsque ma grand-mère m’a appris qu’elle avait jeté la plupart des Hara-Kiri de mon père à la poubelle, j’ai pu découvrir des numéros hallucinants du Crapouillot, j’ai fait miens une vingtaine d’aventures des Pieds Nickelés version souple. Et je me suis approprié, avec la bienveillance de mon père, ce hors-série retraçant trente ans de disques rock. D’ailleurs, Philippe Manœuvre, fleurant le bon coup, publiera deux ouvrages, parmi cent autres, qui reprennent l’idée. Genre, les 101 disques qui ont changé le monde.



La Chanson de la Semaine 47
8 janvier, 2012, 11:56
Classé dans : Musique & Music

 J’ai choisi cette semaine un titre de Janis Joplin, Litlle Girl Blue, présent sur son 1er album studio, I Got Dem Ol’Kozmic Blues Again Mama !, publié en 1969.

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Chanson écrite par Richard Rodgers et Lorenz Hart pour Nina Simone, qui l’enregistra en 1957, cette balade est l’une des plus belles interprétations de Janis Joplin, sensible et belle, éternellement triste mais pleine de vie, notamment grâce à cette voix incomparable, digne de ses modèles Bessie Smith, Odetta, Big Mama Thornton[1]. Egalement attirée par les auteurs de la Beat Generation, Janis Joplin est une rebelle, une vraie, qui n’hésite pas à faire du stop pour vivre son truc à San Francisco. Elle vit tellement sa musique à fond qu’elle l’accompagne de paradis artificiels et de baise glorieuse (Hendrix, Leonard Cohen, Kris Kristofferson, Eric Clapton, plus quelques nanas)[2]. S’ensuivent Monterey, Woodstock, et une OD. Putain d’héroïne. La légende-malédiction du Club des 27 peut commencer ! Ça va devenir une habitude, mais j’ai découvert Janis Joplin par hasard, au gré de mes amours cinématographiques. Durant mon adolescence, je tombe accro au 1er film de notre Bernie Bonvoisin national (leader de Trust – papa, si tu me lis !), Les démons de Jésus, sorti en 1997 : la fin des 60s, la langue chantante, le côté décalé… A un moment, dans sa chambre, Marie, la fille bosseuse, allume une cigarette et enfile des bas, se brosse les cheveux, passe une robe… La pauvre fille de forain alcoolique devient une femme désirable. Mais son regard triste perdure, Little Girl Blue en fond sonore. J’aimais la chanson, mais je n’avais pas poussé jusqu’à connaître l’artiste. Puis, récemment, ma femme me tanne pour regarder Les Petits mouchoirs. Mouais, une chose à garder : la bande-son, qui enchaîne Creedence Clearwater Revival, David Bowie, Nina Simone, Iggy Pop &… Kozmic Blue de Janis Joplin. Quelle voix extraordinaire !


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Dédicace : pour Elodie

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[1] Ellis AMBURN (1992), Pearl : The Obsessions And Passions of Janis Joplin, New York, Warner Books, cité par l’article Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Janis_Joplin.

 

 

 

[2] Le Monde 2, juillet 2007, selon Wikipédia, op. cit.

 

 

 



La Chanson de la Semaine 46
1 janvier, 2012, 23:38
Classé dans : Musique & Music

 J’ai choisi cette semaine un morceau des Yardbirds, Heart Full Of Soul, présent sur l’album Having A Rave Up With The Yardbirds sorti en 1965.

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Formé en 1963 en Angleterre, ce groupe est l’un des plus influents sur la scène revival blues britannique, avec les Rolling Stones, les Animals, John Mayall, Van Morrison, Eric Clapton, Jeff Beck, Jimmy Page. D’ailleurs, ces trois derniers guitaristes ont successivement fait partie des Yardbirds, avant de former respectivement Cream et le Jeff Beck Group (notamment avec Rod Stewart) ; Jimmy Page, après s’être retrouvé à la tête du groupe, engage d’autres musiciens et le grand Robert Plant. Les Yardbirds deviennent alors Led Zeppelin. Ah, l’histoire complexe de la musique, parfois ! Là encore, j’ai découvert les Yardbirds un peu par hasard, dans Las Vegas Parano de T. Gilliam. C’était For Your Love, un morceau psychédélique typique de la fin des sixties, un peu comme celui-là, Heart Full Of Soul. Une idée revient souvent : ceux qui ont vécu les sixties ne s’en souviendraient pas. Ceux qui les racontent sont donc dans le faux, consciemment ou pas. Si vous feuilletez attentivement ce blog, vous aurez compris que je suis né au début des eighties. Les images qui me viennent sont donc forcément subjectives, partiales et fictives. Et cette fois, ma vision, j’en conviens, frôle la caricature : chanson d’amour tortueux, avec qui ? Sommes-nous sûrs que c’est une fille ? Ce ne serait pas plutôt une substance ? Des acides ? De l’herbe ? Qu’on se partage autour d’un feu, dans une communauté en Californie, en 1969 ? Ce morceau me rappelle étrangement la scène d’Easy Rider de Dennis Hopper, dans laquelle les deux motards débarquent à l’improviste dans une communauté hippie et découvrent leur mode de vie. Sick at heart and lonely, Deep in dark despair. Thinking one thought only Where is she tell me where ? En fin de compte, je me suis fourvoyé. Ce qu’il demande, c’est : mais où est la liberté ?

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N.B. : Il manque Eric Clapton sur la photographie… 

 


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