Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 34
26 juin, 2011, 16:03
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson qui s’intitule Northern Whale, issue du projet The Good, The Bad & The Queen, sur l’album éponyme, sorti début 2007.

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A l’initiative de Damon Albarn, fondateur du groupe de brit-pop Blur et créateur de Gorillaz, le projet réunit le bassiste des Clash, Paul Simonon, le batteur de Fela Kuti, Tony Allen, le guitariste de The Verve, collaborateur de Gorillaz, Simon Tong, et le producteur touche-à-tout Danger Mouse (moitié de Gnarls Barkley, entre autre) ; alléchant, n’est-ce pas ? Tellement alléchant qu’on peut légitimement se demander si ce genre de projet n’est pas voué à l’échec : l’immense attente créée autour du truc tend à agrandir l’écart entre ce qu’on a sur le papier et ce qu’on a dans les oreilles. Le concept, ambitieux comme le visuel lié à l’album, a de quoi séduire : décrire un Londres populaire, multiculturel, sombre et romantique à travers une musique populaire, multiculturelle, sombre et romantique. Le personnage principal de l’album, évidemment, c’est Londres, « théâtre des illusions contemporaines »[1]. A l’écoute, Albarn a forcément raté son pari, certains titres sont très bons (History Song, Three Changes), d’autres plus faiblards ; surtout, l’album « n’est pas […] mauvais [mais] insignifiant », il « s’oublie vite », quoi[2]. On est loin de l’ambition du projet. J’ai découvert GBQ en feuilletant Technikart, j’ai accroché sur une partie de l’album. Et je suis tombé amoureux de cette chanson, qui raconte l’histoire d’une baleine échouée dans la Tamise qui, malgré les efforts humains pour la sauver, meurt tragiquement. Mélancolique et électronique, fusionnant le classicisme de l’histoire au modernisme de la production, le chant désabusé d’Albarn fait le reste. Londres perdu entre la grandeur révolue de l’Angleterre et la crise globale actuelle. Entre le centre du monde du XIXe siècle et le no’mans land de 132 000 km² perdu dans le village global du XXIe siècle. Nikola Acin, qui s’est entretenu avec Albarn et Simonon, fait cette description de l’album : « un dub urbain aux mélodies de bastringue évoquant un idéal déchu, celui d’un passé qu’on a cru éternel et qui est désormais révolu. »[3]  Image de prévisualisation YouTube



[1] Anne Yven : http://www.music-story.com/the-good-the-bad-the-queen/biographie.[2] Aurelio : http://www.w-fenec.org/rock/good-the-bad-and-the-queen.html

[3] N. ACIN (2007), « Entretien avec GBQ », Technikart hors-série n° 15, janvier, pp. 50-51.


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