Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 29
23 mai, 2011, 10:18
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un titre du duo français Air : Don’t Be Light, présent sur leur album 10 000 Hz Legend, sorti en 2001.

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Air a beaucoup pris dans la gueule : pièce pop rapportée de la French Touch, petits bourges gâtés, musique de centre commercial… « Préférant les cocktails avec Sofia Coppola », ils formeraient « une internationale de jeunes branchés »[1]. Il y a du vrai là-dedans. Mais avec du génie, ce petit quelque chose qui change la face de la musique. Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunkel, tous deux nés en 1969, ont grandi dans la classe moyenne aisée de Versailles et font de la musique en parallèle à leurs études. Leurs influences ? Kraftwerk, Morricone, Beatles, Gainsbourg, Bowie, Abba, Buggles, et d’autres plus confidentiels. Un premier EP, en 1997, Premiers Symptômes, pareil à un nuage sécurisé, doux, bercé par un whisky sour sans whisky, mais avec des bulles. Aérien comme un cumulus. Un premier album, Moon Safari, en 1998, comme une claque classieuse et stylisée, harmonieuse et cinématographique, bobo et intellectuelle : un « constat nostalgique d’une enfance révolue »[2]. Frais comme la brise du matin. L’album suivant, 10 000 Hz Legend, est celui de la jouissance : ils enregistrent à L.A. avec Beck, s’éclatent au Château Marmont avec les potes, dont un membre de Phoenix et Sébastien Tellier[3] ; insouciance, hédonisme et batterie. Entre-temps, ils signent la B.O. de Virgin Suicide, rendant l’atmosphère du film veloutée, mélancolique, comme si les cinq sœurs un peu déjantées vivaient sur un petit nuage cotonneux, loin de la réalité, à l’abri jusqu’à l’issue fatale. J’ai découvert le groupe après avoir vu le film de Sofia Coppola, j’avais trouvé l’ambiance très prenante, très nouvelle ; j’ai tout de suite accroché à leur son particulier, leur pop esthétique, sécurisante, parfois aristocratique et inaccessible, mais toujours classe. Don’t Be Light évoque à la fois des chants virginaux alors que les portes du Paradis s’ouvrent lentement – ou des voix dans l’attente d’un prophète, et en même temps une fuite électrique minimale filmée en Cinémascope. Christophe, évoquant son dernier album, ambitionnait de « dépasser l’électro »[4]. Air, quoiqu’on en dise, a réalisé le rêve de notre moustachu lunaire.

 

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[1] Benoît SABATIER (2007), Nous sommes jeunes, nous sommes fiers, Hachette Littératures, pp. 447 et 450.

[2] Wikipédia.

[3] B. SABATIER (2007), Ibid.

[4] B. SABATIER (2008), « Le mec qui venait d’ailleurs », Technikart n° 124, juillet-août, pp. 43-44


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