Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 27
8 mai, 2011, 16:38
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson de Christophe, Magda, sortie sur son dernier album, Aimer ce que nous sommes en 2008, un très grand album à mes yeux.

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Quand on pense à Christophe, les images d’Epinal affluent : un moustachu ringard, une starlette kitch à minettes, des bluettes sentimentales, Aline, les yéyés et le Golf Drouot. On ne pense pas à Daniel Bevilacqua (son vrai nom), né en 1945 dans la banlieue parisienne, qui est fasciné par l’Amérique, James Dean, le blues. On ne pense pas à ce dandy vivant la nuit, à l’élocution toujours évasive, en suspens, comme sa voix, cette voix unique ; on ne pense pas à ce mec fasciné par les marges qui, en pleine gloire, bridé par sa notoriété, décide de rejoindre le cirque d’Alexis Grüss[1] avant son album Les Paradis Perdus en 1973. Christophe est surtout un extra-terrestre, un marlou haut perché, qui amène sa musique dans l’éternel présent, nostalgique par anticipation, qui se fout des étiquettes, un artiste qui construit des albums comme un cinéaste. D’ailleurs, il ne compte que neuf albums en 45 ans de carrière. Un peu comme Kubrick. « Par-delà des classiques comme les Mots bleus, Succès fou ou les Marionnettes, des albums dingues comme les Paradis perdus et le Beau bizarre, des chansons sublimes comme Adesso so Domani no, Cœur défiguré ou J’t’aime à l’envers, il y a un artiste qui vient d’ailleurs. »[2] Pour preuve, les artistes invités sur son petit dernier : Isabelle Adjani, Daniel Filipacchi, Eumir Deodato, Murcof, Florian Zeller, Debi Doss la choriste des Buggles, la voix de Denise Colomb, entre autres. Magda est une chanson instantanée, romantique par excellence, mélancolique, sensiblement portée par la voix du chanteur, les nappes de synthé et la guitare de la deuxième partie. C’est l’histoire autofictionnelle de Christophe fasciné par une grande serveuse de l’Hôtel Costes : « […] Magda […], en un regard, m’a chamboulé. » Le décor idéal pour écouter l’album ? C’est « la route de nuit entre Nice et Saint-Tropez dans une Fiat 500 blanc nacré intérieur trois couleurs (blanc, rouge et noir). Les nuits d’été seront fabuleuses pour écouter ce disque. »[3] 

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[1] Eléonore COLIN, Christophe CONTE (2008), « Entretien avec Christophe », Volume n° 2, été, pp. 86-91.

[2] Benoît SABATIER (2008), « Le mec qui venait d’ailleurs », Technikart n° 124, juillet-août, pp. 43-44.

[3] Propos du réalisateur de l’album, Christophe Van Huffel, recueillis par Louis-Henry de la Rochefoucauld, dans Technikart n° 124.


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