Ce que j’en dis…

La Chanson de la Semaine 26
2 mai, 2011, 10:26
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine un morceau de Serge Gainsbourg, Flash-Forward, sorti sur l’album L’Homme à la tête de chou en 1976.

 gainsbourgterrasson.jpg

Que dire de Gainsbourg ? Je suis tombé dedans quand j’étais petit, mais indirectement, par la petite porte. Mon père, bien sûr, né l’année de sortie de Du Chant à la une ! et musicien, écoutait l’artiste, mais comme on écoute les infos aujourd’hui : d’une oreille distraite, et pas tous les jours. Bref, au début de mon adolescence, parce que les rappeurs évoquaient Gainsbourg comme d’une référence incontournable, je commence à mettre le seul disque de lui qu’on a à la maison : un double best of, sorte d’incohérent pot-pourri. Je flashe sur Requiem pour un con, Dr Jekill & Mr Hyde, Initals B.B., Melody, les chansons reggae et certaines électro des 80s. Je suis avec application une émission spéciale présentée par Michel Druker, avec des invités, qui lui rend hommage, vers 1998. Depuis, j’écoute et réécoute ses albums, avec précision et profondeur. Mes préférés sont Melody Nelson (chef d’œuvre ultime), of course, mais aussi la période jazz (New York USA, Elaeudanla Téïtéïa), les sixties, notamment avec Bardot (Ford Mustang), le reggae (Ecce Homo, Lola Rastaquouere), les eighties (I’m The boy, Lemon Incest). L’histoire de L’homme à la tête de chou ? Un vieux plumitif tombe sous le charme d’une lolita : ils s’aiment, ils baisent, puis, fatalement, Marilou lui en fait voir de toutes les couleurs ; il la tue en devenant fou. La chanson, là, décrit la scène dans laquelle elle le trompe avec deux noirs. L’ambiance est très sombre, on se croirait dans un film. Les textes sont tellement beaux, modernes, harmonieux et rigoureux qu’il semble que les mots utilisés n’ont pas d’autre utilité que la chanson. Gainsbourg raconte littéralement une histoire. Il n’était pas seulement ce vieux ringard lubrique dégueulasse, en jean-Repetto-Ricard, qui grillait les Pascal comme on allume une Gitane, et alpaguait la toute fraiche Whitney Houston d’un « I want to fuck you ». C’était un poète amoureux, un compositeur génial, un provocateur timide, adepte de la déconstruction de la mélodie, en arrêtant de chanter ; d’abord en disant ses textes, puis bientôt, en les bredouillant[1]. Destruction créatrice ?

Image de prévisualisation YouTube


[1] Louis-Jean CALVET (2008), Interview, par Olivier Pascal-Mousselard, Télérama hors-série n° 156, octobre, pp. 50-51.


Pas de commentaire
Laisser un commentaire



Laisser un commentaire

Environnement TCHAD |
adminactu |
carsplus production |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | RADIO JUSTICE
| LEMOVICE
| Les énergies solaires et éo...