Ce que j’en dis…

Variations sur le match de l’EdF
29 mars, 2011, 22:00
Classé dans : Sport

Un billet d’humeur… Mauvaise[1]

Je suis furieux contre l’arbitre irlandais M. Kelly, qui a dirigé le match amical France/Croatie. Comment fait-il pour continuer à arbitrer et se regarder dans la glace le matin ? Le nombre de fautes qu’il n’a pas sifflé, à commencer par le début de match : alors qu’un ballon « feuille morte » tombe sur le gardien Runje, Malouda se jette, pieds en avant, ne regardant que le ballon. Résultat : pas faute, et Runje sortira à la mi-temps en n’étant que l’ombre de lui-même pendant 45 minutes, sur une jambe. Un arbitre qui a laissé Malouda s’essuyer les pieds plusieurs fois sans moufter, et qui s’est laissé abuser à de nombreuses reprises par ces voleurs de Français. Un très mauvais arbitrage qui a tenté de masquer sa vacuité en distribuant des cartons jaunes en seconde mi-temps, mais qui n’a dupé personne. Ah si, les commentateurs ! 

Je suis furieux contre Florent Malouda : en première mi-temps, ce si bon joueur, dont le palmarès se résume à quelques trophées glanés avec le Lyon de la « glorieuse » époque (celle durant laquelle le club d’Aulas asséchait tellement le championnat de France qu’il n’en avait aucun adversaire) et quelques titres avec Chelsea (pas la plus belle équipe d’Albion, quand même !), ce si bon joueur, dis-je, s’essuie les pieds trois fois sur l’adversaire sans que l’arbitre ne daigne user de son sifflet. Des fautes qui auraient pu lui coûter plusieurs cartons colorés, plutôt rubicond que poussin, au passage. Il aurait pu s’excuser, Malouda. Jouer l’exemplarité. Après cette piètre Coupe du Monde… Nan, il en profite pour plonger dès qu’on le touche. Chapeau bas. Tout au long du match, les Français se sont conduits comme mes chers Bataves lors de la dernière Coupe du Monde : en bouchers. Mais en plus sournois : ils étaient déguisés en victimes ! C’est comme ça qu’ils veulent progresser ? 

Je suis furieux contre ces hommes (jamais de femme, d’ailleurs – je dis ça, je dis rien) qui n’ont de commentateurs que le nom. Je signale que je suis contraint de suivre le match sur la première chaîne. Peux pas faire mieux. L’autre, là, le surfeur, le mieux placé pour l’ouvrir, autant d’un point teckenique que taketique, mais aussi sur le vécu du terrain, des adversaires, des coups qu’on ne voit pas… Bah, il l’ouvre. Exemple, sur une faute manifeste d’un Français aux alentours de la surface (dedans ? dehors ? la vidéo, technologie objective, dira que la faute a été commise en dehors de la surface), vers la fin de la 1ère mi-temps : « C’est involontaire ! », s’empresse-t-il de crier, comme si le fait que la faute soit involontaire pouvait empêcher qu’elle soit sifflée ! Il a été joueur ? Il connaissait les règles ? Ou il est totalement abruti ? C’est nouveau : quand la faute est involontaire, il n’y a pas faute ! Le coup de tête de Zizou, en 2006 : involontaire ! Donc pas faute ! Donc pas carton rouge ! Et à la mi-temps, vous savez de quoi parlent-ils, ces #*¤§|°£ de commentateurs ? Des lasers que les joueurs prennent dans la tronche ; pas des fautes non sifflées par l’arbitre. Des fumigènes sur le terrain : « C’est stupide ! » Un pied en avant qui s’écrase durablement sur une cheville croate, ça va, c’est pas grave. Et comme on ne le montre pas, ça n’a pas existé. Les commentaires de foot font de plus en plus de la désinformation et, pour qui ne suit le football que d’un œil, donne une image tellement faussée du match que c’en est gerbant. Exemple : un joueur de l’équipe X s’élance dans l’axe, crochète, se met sur son pied droit, et frappe ; la balle échoue à quelques mètres de la toile d’araignée. Commentaire : « Quelle frappe magnifique ! On sent un joueur en confiance ! » Quelques minutes plus tard, EXACTEMENT la même action, pour l’équipe Y. Commentaire : « Une frappe qui échoue loin du but… Ah, il n’est pas en confiance en ce moment ! ». Véridique. Le mec qui n’y connait rien au foot, il fait confiance aux commentateurs, qui sont des professionnels ; le lendemain, au bureau, l’assertion se diffusera telle quelle : tel joueur est en confiance, il est bon, il progresse… Pas l’autre. Et l’assertion devient information, elle devient réelle. Prophétie autoréalisatrice ? 

Tout ce qu’on retiendra de ce match, c’est que Bilic et Blanc se sont réconciliés dans une franche accolade. C’est pas le plus important, ça ? 

Comment peut-on, tout au long de la chaîne alimentaire du football, être aussi nul ? Car c’est le mot : nul ! Nuls, ces arbitres et leur corporatisme à la con, doublé d’un cataracte aigüe ! Nuls, ces commentateurs, pris dans un conformisme mou, un chauvinisme certain, et un non-professionnalisme manifeste ! Nuls, ces joueurs qui continuent de tirer des maillots, de plonger telle Laure Manaudou, de commettre des actes d’antijeu (voire dangereux) toutes les cinq minutes, de parler simultanément comme des mauvais élèves de CM1 et des lascars du 02 (Aisne) ! Des joueurs qui se prennent tellement au sérieux que, lorsqu’ils communiquent désormais sur un terrain, ils cachent leur bouche, pour éviter que la KGB ne décode leur dialogue. Des joueurs qui ne cessent de hurler à la face des arbitres qui, eux, se contrôlent heureusement. Des joueurs complètement infantilisés, et qui se comportent ainsi sur et en dehors du terrain (conduite au volant dangereuse, de multiples addictions, recevoir une pute mineure pour son anniversaire, s’offrir un 8ème Hummer, etc.). Je me souviens d’un joueur qui, à 19 ans à peine, encore dans son club formateur, mais mécontent d’être sur le banc (ou de ne pas avoir été retenu en équipe de France, je ne me souviens plus), avait affirmé à la caméra : « Quoi, moi j’suis serein, j’ai rien à prouver, moi ! » Quand, à 19 ans, on n’a plus rien à prouver, il vaut mieux s’arrêter là… Ce joueur est aujourd’hui au Réal Madrid et, pour espérer être titulaire, doit prouver à son entraineur tous les jours qu’il est meilleur que les autres, ce qu’il n’est manifestement pas lorsqu’on regarde ses matchs sous le maillot bleu… Un bon joueur, sans plus… Le pire, c’est qu’en 2022, la Coupe du Monde se déroulera dans le pays le plus démocratique du monde : le Qatar. Mais au fait, qui a dit qu’il fallait être démocratique pour jouer au foot ? 


[1] Je rappelle que je suis un inconditionnel du football, que je l’ai pratiqué pendant plusieurs années, que je le supporte depuis de très longues années, que je le pense depuis quelques années, que je le vis depuis toujours… Mais c’est plus fort que moi : je suis énervé.


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