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Censure sur Wikipedia (2nd degré)
31 janvier, 2011, 15:00
Classé dans : La Société en question(s)

Je voudrais discuter d’un détail qui me gêne, un petit caillou insupportable dans la chaussure. Je n’y connais pas grand-chose à l’informatique, mais, pour certaines raisons qui font de moi un grand fan de la série The Soprano (« grand » est un tout petit mot !), j’ai voulu apporter ma minuscule contribution à l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Pour les profanes, la série a été créée en 1999 par David Chase sur la chaîne câblée américaine HBO et traite des déboires psychologiques d’un chef mafieux du New Jersey. Elle a duré six saisons et demi et s’est arrêtée en 2007 sur un final qui met encore les fans en ébullition. Cette série a été unanimement saluée par la critique comme l’un – sinon LE – meilleur show télé de tous les temps, révolutionnant le format, bref, riche en qualificatifs.

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La Chanson de la Semaine 14
31 janvier, 2011, 10:08
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine une chanson de l’électro-funk eigthie comme on les aime : More Bounce To The Once, du groupe Zapp Band, plus connu sous le nom Zapp & Roger.

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Originaires de Dayton dans l’Ohio, Roger Troutman et ses frères percent dans la musique grâce à leur sonorité bien personnelle, en particulier le son émis par le leader à travers la Talkbox, un procédé acoustique se servant de la voix pour modifier le son qui y entre (à ne pas confondre avec le vocoder, procédé électronique qui transforme directement la voix, utilisé de manière systématique ces dernières années, particulièrement dans le hip hop[1]). Produit par Bootsy Collins, proche du Funkadelic de George Clinton avec lequel il a travaillé, le groupe devient superstar du funk durant les 80s, surtout après ce tube de 1980. Seulement, voilà : comme le dit Benoît Sabatier, « Roger chope la grosse tête ». Jusqu’à ce jour de 1999, où une dispute tragique emporte ce dernier et son frère Larry à coup de plomb. La première fois que j’ai entendu cette tuerie (le morceau, pas le drame), j’ai tenté de l’enregistrer sur K7 pour me l’approprier et l’écouter dans mon baladeur : c’était furtivement dans La Haine, en 1995. La chanson retrouve une troisième jeunesse quand sort GTA Vice City, présente sur la radio Wildstyle. Tout est bon : les basses, le chant, les petits riffs de guitare, ton corps est emporté, tes hanches move indépendamment de ton esprit, le diable est entré ; et le pire, c’est qu’après les 9 minutes, t’en redemandes… Dire que le son de California Love de 2Pac et Dre, c’était eux ! RIP 

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[1] Selon un auteur pointilleux de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Zapp



La Chanson de la Semaine 13
24 janvier, 2011, 9:23
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine le brûlot d’un rappeur du Bronx Timothy Blair, plus connu sous le nom de Tim Dog : Fuck Compton. Rien que ça ! Je rappelle que Compton est un ghetto noir au sud de Los Angeles, la banlieue criminelle et brûlante du groupe N.W.A., composé de Dr Dre, Eazy-E et Ice Cube. Inconscient, le Tim Dog ? Provocateur !

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En 1991, la guerre West Coast/East Coast semble lancée et ce titre y est certainement pour quelque chose. Il faut dire qu’ils sont un peu énervants, ces gangsta succesful, avec leur « son ultra punk, ultra funk, ultra groovy » selon Benoît Sabatier[1]. Moquant les usages vestimentaires et musicaux de ses homologues, Tim Dog déclenche plus ou moins une guerre qui se terminera avec les morts de Tupac et Biggy en 1996 et 1997. Le son est lourd, gras et crade comme un bon gros hamburger au saindoux, entraînant aussi, un peu potache, mais l’imposante voix du rappeur empêche l’auditeur de rigoler à grosses larmes en le forçant à se gratter virilement les parties, tout en crachant sur ces baltringues de l’autre côte. C’est paradoxalement très proche, musicalement, des N.W.A. ! La première fois que j’ai entendu ce titre, c’est une reprise française ! Le groupe Mafia K’1 Fry l’a repris sur son magistral La cerise sur le ghetto en 2003, rebaptisée F.U.C.K. Ton Pote. Puis mon frère avait été voir ce que donnait la version originale et, depuis, les deux titres demeurent pour moi des incontournables. 

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[1] Benoît SABATIER (2007), « A quel âge ont-ils été vraiment jeunes ? », entretien avec Léonard Haddad, Technikart n° 110, mars, pp. 30-31.



La Chanson de la Semaine 12
16 janvier, 2011, 21:41
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine la chanson d’un duo hip hop de Harlem, Rob Base & DJ EZ Rock : It Takes Two. Combo new yorkais localement connu sur les radios et dans les clubs de la grosse pomme, le groupe se produit au milieu des eighties pour splitter au crépuscule de la décennie.

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Il est surtout connu pour ce hit de 1988, qui sample notamment le titre funk de Lyn Collins Think (1972), le début du titre Space Dust de Galactic Force Band (1978) et le « Hit it » de La Di Da Di des human beat box Slick Rick & Doug E Fresh Tribute (1985). A noter que le « Ouh Ah » entendu ici ou là est déjà sur le titre de Lyn Collins, et qu’il est prononcé par le mentor de cette dernière, James Brown en personne ! C’est un titre très entraînant qui, si on tend l’oreille, passe un peu partout sans qu’on sache si c’est une blague potache ou une reprise d’un vieux titre hip hop. C’est d’ailleurs la chanson favorite de Randy dans la série My Name is Earl : lorsque le début s’enclenche, l’envie envahit doucement son corps, annoncé par un léger rictus satisfait ; lorsqu’elle part, une danse fraternelle débute dans une chorégraphie digne de la plus noble des pêches à la truite. Un putain de fou rire ! 

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La Chanson de la Semaine 11
9 janvier, 2011, 20:51
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine le tube d’un groupe de hip hop mythique : Me, Myself & I de De La Soul. Ce titre date de 1989, sorti sur leur premier album 3 Feet High And Rising.

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J’ai découvert ce groupe en 2000 à l’écoute de leur single (It Aint) All Good ?, en featuring avec l’immense chanteuse soul Chaka Khan, une chanson que j’ai très moyennement appréciée. A la même époque, en zappant sur la chaîne musicale MCM tard dans la nuit, je fais des trouvailles musicales extraordinaires : c’est notamment là que j’ai découvert, en 1996, le clip Da Funk de Daft Punk réalisé par Spike Jonze, que j’ai mis du temps à trouver en CD ! C’est lors d’une nuit de ce genre que je repère un vieux titre old school des rappeurs new yorkais, qui m’a tout de suite plu : Me Myself & I. Tout y est : le son hip hop 80s, la basse entraînante, le rythme bonhomme, les mecs cools et décalés, les coupes de cheveux éclatées, l’autodérision, et surtout un recul rare sur les extravagances des rappeurs (chaines en or XXL, ghetto blaster, couleurs vives, casquettes et chaussures de sport), à l’opposé par exemple du gangsta rap des N.W.A. à Los Angeles. Cette critique du milieu est très en avance sur son temps, devance même les sketchs des Inconnus ou des Nuls en France ! Triste quand on observe à quel point les faux rappeurs d’aujourd’hui ressemblent encore à la caricature dressée dans le clip il y a vingt ans… 

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La Chanson de la Semaine 10
2 janvier, 2011, 23:50
Classé dans : Musique & Music

J’ai choisi cette semaine le morceau d’un artiste très important et pourtant méconnu en France : Gil Scott-Heron. Inclassable, ce vieux noir ravagé et pourtant encore élégant, lettré, est d’abord un écrivain, auteur de polar et de poésie, très tôt révolté et engagé.

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Il scande bientôt ses textes à travers des rythmes funky afro-cubains, dans un mélange d’éloquence, de militantisme et d’assurance digne d’un dissident politique, comme ici. Chanteur et musicien adroit, sa carrière s’envole durant les seventies, une décennie fructueuse pour l’art populaire noir américain ; sa musique est créative et accompagne les avancées technologiques de son époque. Abandonné par ses fans, puis par sa maison de disques, les années 1980 signent une lente déchéance, même si on le redécouvre la décennie suivante à travers son influence sur le hip hop ; il critiquera d’ailleurs les rappeurs en 1994 dans Message to the messenger. Des problèmes de drogue et de violences domestiques le contraignent à des séjours en prison et centres de rehab. J’en avais déjà entendu parler à plusieurs reprises dans mon adolescence, sans prendre conscience de son importance et de son talent. Puis, décidé à rattraper le temps perdu en écoutant son dernier album, I’m New Here en 2010, que la presse accueille très favorablement, je tombe sur l’une des meilleures galettes que j’ai entendu dans ma vie ! Assurément, cette voix revient d’entre les morts. 

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