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Main d’Henry : Virus Saisonnier Ou Sérieux Cancer ? (Acte 3)
31 décembre, 2009, 1:05
Classé dans : Sport

A mort l’arbitre ! 

Face à cette avalanche de polémiques jusqu’à son zénith – la main de Thierry Henry –, faisant s’interroger la société toute entière jusque la classe politique, nous aimerions apporter notre pierre, non pas à l’édifice du football, mais pour ne pas que ce sport ne finisse en caricature de lui-même, ce qu’il est en train de devenir dangereusement. Le problème principal réside dans le fait que le corps arbitral, dans sa quasi-totalité, est livré à lui-même, est confronté non pas à son incompétence (malgré quelques cas litigieux) mais à la limite humaine de son action, aidé en cela par leur rudimentaire outil technique et légal. Prenons un match fictif mais réaliste, un bon FC Untel contre l’Olympique de Lambda, 14ème journée de Ligue 1 : 

-          12’ : un tacle appuyé sur un joueur de l’OL méritait un carton jaune, décision non prise par l’arbitre en raison d’un « climat de fairplay régnant sur le terrain » ; 

-          15’ : but du FCU malgré un léger hors-jeu du buteur, quasiment invisible pour l’arbitre de touche ; 

-          25’ : coup de coude volontaire du joueur du FCU, celui-là même qui méritait un carton jaune tout à l’heure : il le prend cette fois ; 

-          32’ : égalisation de l’OL sur une action partie d’un coup franc imaginaire ; le joueur de l’OL a simulé une faute ; 

-          44’ : dernier défenseur, un joueur du FCU fait une faute sur un attaquant partant au but ; l’arbitre estime qu’il y a simulation de l’attaquant de l’OL et lui inflige un carton jaune ; 

-          50’ : but du FCU sur corner, l’attaquant est le joueur averti à la 25ème minute ; il retire son maillot pour fêter son but et prend logiquement un deuxième carton jaune, synonyme d’expulsion ; 

-          72’ : le FCU, réduit à dix, craque et fait une faute dans la surface de réparation ; outre un carton jaune, le penalty est sifflé mais le gardien, héroïque, le stoppe, malgré le fait qu’il n’était pas sur sa ligne ; 

-          75’ : en raison de nombreux tirages de maillots et de provocation des joueurs de FCU sur l’attaquant de l’OL ayant déjà pris un carton, celui-ci se rebiffe et bouscule violemment un défenseur du FCU et insulte l’arbitre lorsque celui-ci lui inflige un carton rouge ; il prendra par la suite trois matchs de suspension ; 

-          88’ : réduit à neuf, le FCU encaisse un but sur une action d’école, malgré une légère main du passeur décisif, non sifflée ; 

-          95’ : malgré un temps additionnel de trois minutes, l’arbitre, en son âme et conscience, laisse filer le match ; l’OL égalise par une tête rageuse ; le ballon, après avoir visionné les images vidéo, n’a pas complètement franchi la ligne de but. 

L’Olympique de Lambda remporte la victoire sur le fil, sur le score de 3/2 et gagne trois points et trois places ; le FCU perd une place et se retrouve relégable. Malgré l’exagération affichée de mon match fictif, nous nous rendons compte que de tels faits de jeu sont devenus une habitude dans le football. Que peut faire le corps arbitral à ce niveau de précision (le ballon a-t-il franchi la ligne ? l’attaquant est-il hors-jeu ? y a-t-il tirage de maillot ou simulation ?) sinon tenter d’appliquer le règlement le moins aveuglément possible, aidé par ses assistants tout aussi démunis ? Il y a donc urgence à changer les choses, autant pour les supporters, qui paient pour voir de l’injustice, que pour les joueurs, que pour les dirigeants (des clubs, de la Ligue, etc.), que pour l’intégrité du sport en général. En outre, gardons à l’esprit que ces injustices généralisées ne font que provoquer et exacerber une violence malheureusement déjà présente dans le football, et ses corolaires le racisme, le nationalisme, la bêtise. 

Vive la révolution ! 

Comment changer les choses ? Plusieurs pistes sont à étudier, la première étant incontestablement la plus controversée, la vidéo. L’apport de l’outil technologique est évident en termes de souci de plus d’équité, de justice, de rigueur dans la décision arbitrale. Mais son utilisation soulève plusieurs interrogations : quand utiliser la vidéo sans hacher le jeu et pour quelles situations (problème de restriction de l’utilisation), comment utiliser la vidéo (un cinquième arbitre exclusivement préposé à cette tâche ?), comment intégrer la vidéo dans le cadre légal des lois du football ? Une autre piste réside dans la décision, appliquée à titre expérimental durant l’Europa League au début de saison, de multiplier les arbitres (dans les surfaces, dans les camps, derrière les buts) afin de mieux percevoir les faits de jeu pour les arbitrer de manière juste. Une autre piste est à chercher dans le contrôle et l’application du règlement à posteriori ; là encore, des restrictions doivent exister au risque d’une tâche impossible à réaliser pour le législateur footballistique. La commission de discipline de la Ligue de Football Professionnelle exécute en partie ce genre de tâches, mais il faudrait généraliser son travail et augmenter les compétences de cette commission pour influer sur le comportement des joueurs – qui, nous l’avons souligné, continuent de tirer des maillots, de faire des fautes de main volontaires, de simuler, un comportement que nous assimilions à celui d’un gamin de douze ans. Il serait également intéressant, dans une règle de discipline, d’articuler la vidéo dans des usages restrictifs et le contrôle à posteriori par la vidéo dans les usages non pris en compte par le corps arbitral dans le jeu. Par ailleurs, la commission de discipline devrait, après avoir donné de nouveaux moyens, de nouveaux outils et de nouvelles règles, sanctionner plus fermement le corps arbitral pour leurs erreurs grossières. Enfin, le corps arbitral devrait, au lieu de rester solidaires malgré ces erreurs et de les nier parfois, réprimer plus sévèrement les joueurs, appliquer plus doctement le règlement, se remettre plus souvent en question ; ils gagneraient en considération et en respect au même titre que le règlement lui-même. La formation des arbitres fait également partie des enjeux. J’ajouterai que ces solutions, qui sont de nature à se compléter avec d’autres, doivent faire l’objet d’une application générale (par la FIFA dans les différents championnats et compétitions. L’arbitre aujourd’hui est humain, parfois hautain ; l’arbitrage est quant à lui hautement perfectible. 

Au cœur de la croissance 

Rappelons qu’une même cause – une main semblable à celle de Thierry Henry – n’engendre pas les mêmes effets selon qu’on soit dans un match amical de benjamins au sud de la Seine-et-Marne ou dans un match de barrages pour la Coupe du Monde. C’est une formidable opportunité pour l’avenir socio-économique d’une nation que de participer à une Coupe du Monde, sans parler du point de vue financier pour la Fédération et pour l’équipe nationale : le moral des peuples, donc sur la consommation, sur la croissance potentielle, les revenus directement en relation avec l’évènement, l’enthousiasme national, toutes ces composantes ont des effets extrêmement positifs sur l’état d’une nation. Les réussites de l’équipe de France ne sont peut-être pas totalement étrangères à la bonne croissance de l’économie française de 1997 à 2001 ; nous ne souhaitons pas faire de rapport de causalité grossier mais tentons de faire de la bonne forme de l’équipe de France durant cette période un élément de compréhension favorisant la croissance. Les immenses enjeux qui sont conditionnés par la qualification à la Coupe du Monde sont tels qu’un fait de jeu si important – et si injuste – que la main de Thierry Henry doit nous alerter sur la gravité de telles erreurs d’arbitrage. Il est temps de changer les choses. Pour l’éthique, pour la jeunesse, pour le football et tous ceux qui y croient. 


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