Ce que j’en dis…

Le capitalisme, les inégalités, la mondialisation, tout ça raconté en 12 minutes. L’Île aux fleurs, J. Furtado, 1989

 

Il y a quelques mois, l’une de mes anciennes élèves de terminale ES m’a envoyé une vidéo, via les réseaux sociaux, en indiquant que cela pouvait me plaire. Une vidéo réalisée par le documentariste Jean-Gabriel Periot en 2012, dans le cadre du projet 100jours : cent documentaires diffusés au rythme d’un film par jour, pendant les 100 jours précédant le deuxième tour de l’élection présidentielle (2012), « pour essayer de construire un autre rapport au politique ». Voilà l’ovni (à noter qu’il y a des images pornos représentées là-dedans) :

Alors, engagé ou cynique ? Peut-être un peu des deux : on sent tout l’engagement ambivalent de quelqu’un qui n’a connu qu’un pays « en crise » (né après la fin des Trente glorieuses), une sorte de nihilisme politique a-partisan, qui souhaite changer le monde merdique dans lequel on vit (c’est le soldat Guignol qui, en voix-off, à la fin de Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick, dit : « Je vis dans un monde merdique, ça oui ! Mais je suis vivant. Et je n’ai pas peur. »), mais un engagement sublimé par la culture Hara Kiri, L’Echo des Savanes, Groland, Les Nuls, l’entarteur belge !

En m’interrogeant sur ce que je venais de voir, je me suis vite rendu compte que cette création était une sorte d’hommage impertinent à un grand court-métrage documentaire de 1989 intitulé Ilha das flores (L’Île aux fleurs), réalisé par le brésilien Jorge Furtado, qui a remporté plusieurs prix pour ce film.

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Je ne connaissais pas ce truc. Et j’ai découvert un documentaire génial, acéré, sans concession, engagé jusqu’au bout des ongles, mais pas pontifiant, pas lénifiant, pas emmerdant. Un engagement qui ne te dit pas quoi faire, mais qui t’interroge, en profondeur, sur ce que toi, tu veux et peux faire pour changer le monde. Un truc qui te met face à tes responsabilités d’être humain (qui a la particularité d’avoir un pouce préhenseur et le télé-encéphalogramme hautement développé), un peu comme le formidable Tell Me Lies de Peter Brook (dont j’aurais certainement l’occasion de reparler). Voilà ce petit bijou que je recommande vivement à tout le monde. Enjoy !

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Merci Chloé !



LCS 204. Company Flow, Little Johnny from the Hospitul, 1999
4 mars, 2018, 13:47
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

Ça fait un bail que je n’ai pas partagé de « bon son pour les mauvais garçons », alors que, depuis octobre 2017 et la publication de Santiago Navas, j’en ai découvert, du bon son, j’ai du stock à partager !

Retour aux sources, le hip hop. Hier, je tombe sur l’entretien que Tékilatex et Cuizinier ont donné à Radio Nova en ce début mars 2018, dans lequel les rappeurs reviennent sur l’histoire du groupe TTC et de cette fameuse scène alternative du début du millénaire. Au début de l’entretien, Téki rappelle les premiers trucs indés qu’ils ont avalé grâce à Internet et aux forums : Eminem (avant Dr Dre), Fondle’EM Records (Arsonists, Cage), Company Flow, etc. Nova en profite pour passer des extraits, et là, je ne sais pas pourquoi, j’ai été attiré par le très court extrait de Company Flow. Je n’avais jamais entendu parler de ce groupe auparavant, et je me dis : « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? » Alors j’y vais, et j’écoute l’album d’où est issu l’extrait écouté, Funcrusher Plus, premier album sorti en 1997 sur le label Rawkus Records, une sorte d’extension du EP Funcrusher sorti un an plus tôt (sur un autre label).

 

Bigg Jus, Mr. Len, El-P, photo issue d'un projet de mix par Built to Last

Bigg Jus, Mr. Len, El-P, photo issue d’un projet de mix par Built to Last

 

Je tombe sur le cul. Non seulement je trouve ce truc génial, original, très particulier, j’aime beaucoup (à noter, entre mille bizarreries, ce scratch sur les pleurs d’un bébé, putain de dérangeant), mais écouter ce truc aujourd’hui me permet de mieux comprendre d’où viennent TTC & co ! Selon Wikipedia, Company Flow est créé dans le Queens, NYC, en 1993 par El-P, un grand nom du hip hop alternatif, et le DJ Mr. Len, vite rejoints par Bigg Jus. Hier soir, j’ai écouté deux fois l’album, et j’ai souhaité creuser un peu le sillon, alors je creuse, et tombe sur leur second album, Little Johnny from the Hospitul: Breaks & Instrumentals Vol. 1, sorti en 1999 chez Rawkus Records, sans Bigg Jus. Une putain de bombe ! Déjà, la pochette, anxiogène à souhait, qui semble représenter Little Johnny sous les traits d’un jeune enfant dont le visage est camouflé par un sac en papier, il paraît quitter sans se retourner une scène horrible, deux hommes à terre sur une route de campagne ; le ton est sombre, inquiétant, dangereux, rougeâtre, le sang et la folie.

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Cet album risque de trôner haut, très haut, dans mon panthéon personnel. Au passage, on a bien l’impression que les sons, les bruits, les beats, les ambiances qu’on entend dans cet album ont profondément infusé l’esprit dérangé des Para One, Tacteel, James Delleck, Cyanure, Téki, Fuzati lorsque cette inquiétante clique a produit en 2003 un magnifique Buffet des anciens élèves sous le nom L’Atelier, premier album signé chez Institubes, label créé notamment pour sortir L’Atelier que personne ne voulait. J’écris « on a l’impression », parce que je n’ai pas eu le temps d’enquêter, je n’ai pas le recul nécessaire pour analyser tout ce que L’Atelier, chacun de ses membres, chacune de ses ramifications, doit à Company Flow. Allez, je vous laisse mourir avec Funcrusher Plus :

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La Dictature du prolétariat, c’est quoi ? Par Daniel Bensaïd

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Encore une fois, je souhaite partager ici un extrait d’un beau texte de synthèse de Daniel Bensaïd, philosophe et dirigeant historique de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) devenue Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) en 2009. Dans une nouvelle édition enrichie de La Guerre civile en France, pamphlet publié par Karl Marx en 1871, que publie les éditions La Fabrique en 2008 sous le titre Inventer l’inconnu, Daniel Bensaïd a rédigé un texte intitulé « Politiques de Marx », précédant les textes et correspondances autour de la Commune entre Karl Marx et Friedrich Engels, entre autres. Lecteur anecdotique de Marx, disposant d’une connaissance approximative de la période qui va de la Révolution française jusqu’au début du XXe siècle, j’ai littéralement dévoré cet opuscule à l’automne dernier. Dans ce texte, Daniel Bensaïd revient notamment sur la notion terriblement ambiguë de « dictature du prolétariat », qui a tant fait couler d’encre. Je reproduis ici le paragraphe intégral.

 

 

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La Commune, donc, comme forme enfin trouvée de l’émancipation, ou de la dictature du prolétariat, ou des deux, indissociablement ? C’est ce que proclame Engels, vingt ans après, en conclusion de son introduction, datée précisément du 18 mars 1891, à La Guerre civile en France : « Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l’air ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat. »

Il vaut en effet la peine d’y regarder de plus près. Le mot « dictature », au XIXe siècle, évoque encore la vertueuse institution romaine d’un pouvoir d’exception, dûment mandaté et limité dans le temps pour faire face à une situation d’urgence. Il s’oppose à l’arbitraire de la « tyrannie ». C’est en ce sens que Marx le reprend dans Les Luttes de classes en France, après avoir cité son propre article du 29 juin 1848, publié dans la Nouvelle Gazette rhénane au lendemain même des massacres. (suite…)



Loyautés radicales et « intolérance à l’ambiguïté », par le sociologue Fabien Truong
28 décembre, 2017, 16:35
Classé dans : La Société en question(s)

FT Loyautes

 

Parfois, je partage des textes sur ce blog, des textes longs, de penseurs parfois pas très faciles d’accès. J’ai ainsi déjà publié des passages de Jacques Rancière et de Pierre Bourdieu, un essai de Jack London, et l’introduction d’une longue enquête sur l’islamophobie. Aujourd’hui, je souhaiterais partager l’épilogue d’un ouvrage qui vient de sortir, Loyautés radicales. L’Islam et les « mauvais garçons » de la Nation, publié en octobre 2017 aux éditions La Découverte (présentation ici). C’est une enquête réalisée par le sociologue Fabien Truong, qui a suivi le parcours de plusieurs « jeunes de banlieue » (syntagme « inaudible », enfermant, « stigmatisant » pour le sociologue lui-même, auteur en 2010 d’une tribune dans Libération : « Le « jeune de banlieue » n’existe pas »), qui doivent faire face aux contradictions de leur monde (famille, école, Nation, marché du travail, capitalisme, virilité, spiritualité, etc.), et tente d’en expliquer le cheminement, les cheminements. Le sociologue était invité le 24 octobre 2017 à France Culture (écouter ici) pour présenter son enquête, et il a donné, le 9 février 2018, un entretien au Nouveau Magazine Littéraire. Voici une présentation rapide de l’ouvrage par l’auteur :

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J’ai découvert ce sociologue en 2015. A l’époque, je viens d’obtenir le concours, je suis alors stagiaire en sciences économiques et sociales (SES) et doit produire un mémoire. Je tombe sur le second ouvrage de Fabien Truong, Jeunesses françaises. Bac + 5 made in banlieue, qui retrace le parcours de plusieurs « jeunes de banlieue » qu’il a encadrés lorsqu’il était prof de SES, justement, du lycée à l’enseignement supérieur jusqu’à la vie active. J’y trouve beaucoup de choses intéressantes, que je réutiliserai dans mon mémoire, et dans mes activités avec mes propres élèves.

En guise de conclusion à Loyautés radicales, Fabien Truong a préféré un épilogue. Le voici en intégralité :

 

 

« Ne moralisons pas. Mais aussi ne spéculons pas trop. Disons que l’anthropologie sociale, la sociologie, l’histoire nous apprennent à voir comment la pensée humaine « chemine » ; elle arrive lentement, à travers les temps, les sociétés, leurs contacts, leurs changements, par les voies en apparence les plus hasardeuses, à s’articuler. Et travaillons à montrer comment il faut prendre conscience de nous-mêmes, pour la perfectionner, pour l’articuler encore mieux. »

Marcel MAUSS, « Une catégorie de l’esprit humain : la notion de personne et de « moi »", Journal of the Royal Anthropological Institute, vol. LXVIII, 1938.

 

La répétition des attentats islamistes pose la question de la responsabilité. J’ai essayé d’y répondre par les moyens modestes, mais appliqués, de l’enquête et des sciences sociales. Que faire d’autre, devant un champ de ruines, à part s’efforcer de comprendre ? Dans l’urgence, certes, se protéger. Mais de qui et de quoi ?

Aujourd’hui, deux images de la menace se sont imposées : le « réseau islamiste mondialisé » et le « loup solitaire ». Elles me paraissent trompeuses. D’un côté, l’idée d’un réseau mondialisé, reliant pêle-mêle des terroristes maison, des fondamentalistes d’Afrique, du Moyen-Orient ou des États du Golfe, alimente de théories complotistes imaginant l’existence d’un financement occulte et réticulaire de la terreur et une unification politique par l’idéologie islamiste. Qu’il puisse y avoir des convergences de vues ou d’intérêts, nul n’en doute. Qu’il puisse y avoir des flux financiers entre ces protagonistes est, jusqu’à preuve du contraire, possible. Je n’en ai pour ma part pas trouvé trace. Le postulat du « réseau islamiste » insinue que la menace viendrait essentiellement de l’extérieur : « fermez les frontières » et « déchoyez de la nationalité », dit en chœur le populisme ambiant. (suite…)



The Sopranos’ lives #002 Summer of Sam, matrice des Sopranos
18 novembre, 2017, 2:02
Classé dans : Ca, de l'art ?

 

Cette semaine, j’ai fouillé plein de trucs et j’ai retrouvé plein de trucs. Je me focaliserai sur deux choses. Dans le but d’écrire un papier sur feu Frank Vincent, notre Phil Leotardo national, qui nous a quitté, j’ai d’abord fouillé dans ma DVDthèque, à la recherche des films dans lesquels il joue. J’ai ressorti The Goodfellas et Casino, mais je n’ai pas retrouvé mon édition de Raging Bull. Merde. En revanche, j’ai remis la main sur un film que j’oublie parfois, Summer of Sam de Spike Lee, que j’ai mis dans ma pile, près de mon lit, prêt à être glissé dans mon lecteur (note : Frank Vincent ne figure pas au générique). J’ai ensuite fouillé dans ma mémoire, pour essayer de retrouver des images, des idées, des cartes postales mentales de Frank Vincent. Par association d’idées, je me suis demandé quand j’ai commencé à suivre The Sopranos, et là, un épais brouillard s’est dressé devant mes yeux embués.

 

Pourtant, je vais devoir m’atteler à dissiper ce brouillard. L’article sur Frank Vincent peut attendre.

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Frank Vincent dans le rôle de Phil Leotardo, dans The Sopranos

 

A l’adolescence, sans grande originalité, je me suis pris de passion pour l’univers de la mafia. Goodfellas, The Godfather, les deux Scarface, Carlito’s Way, The Untouchables, Casino, Once Upon a Time in America, Gotti, Donnie Brasco, Mobsters (Les Indomptés), Witness to the Mob (Mafia – La Trahison de Gotti), Il était une fois le Bronx, et beaucoup d’autres œuvres, plus ou moins reconnues, sont venues alimenter un imaginaire déjà taillé par la lecture d’un livre offert par ma géniale grand-mère, Le Syndicat du Crime, écrit par Jean-Michel Charlier et Jean Marcilly (1981) et édité par France Loisirs. Je ne ratais jamais un épisode de la série documentaire Portrait de gangsters, sur la chaîne Planète, avec des portraits de Lucky Luciano, Meyer Lansky, Al Capone, Sam Giancana, Lepke Buchalter, etc. Je lisais tout ce que je trouvais, jusqu’à des livres universitaires dont je ne comprenais que la moitié. Je suis le genre d’adolescent qui, en 4e, lorsque son prof de français offre à ses élèves de lire une œuvre libre, propose le bouquin de Charlier et Marcilly. Refus catégorique, regard désemparé. J’aurais essayé.

  (suite…)



LCS 203. Santiago Navas feat. Danilo Nino, « Pejcao », 2016
30 octobre, 2017, 13:42
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un morceau de Santiago Navas, featuring Danilo Niño, intitulé « Pejcao », et sorti en 2016 sur l’EP Problemática sur le label In-Correcto.

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Santiago Navas est un jeune producteur de 20 ans, provenance Bogotá, Colombie, un type qui, selon un article publié sur le site Noisey (Vice), sait jouer de la guitare, de la basse, de la contrebasse et chanter. Le mec expérimente, bricole des trucs house tropical, navigue entre musique populaire traditionnelle et innovation électronique, avec des influences comme Darkside, Bonobo, James Blake, Nicolas Jaar. Selon sa page facebook, Santiago Navas aime réinterpréter ses morceaux sur scène avec de vraies musiciens pour leur donner davantage de dynamique.

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J’ai découvert ce morceau en écoutant la Radio I Have A Dream, une radio pirate qui émet depuis le pays basque fondée par Christian Bordes aka Jules-Edouard Moustic, bien connu de tous les citoyens Grolandais (dont je fais fièrement partie), et dont les ondes ont rouvert il y a quelques jours seulement. Une radio qui donne beaucoup d’air frais à mes oreilles, qui sont branchés H24 sur les ondes depuis la réouverture de la radio ! C’est donc il y a quelques jours seulement que je tombe sur ce morceau chelou, qui mixe des nappes planantes de synthé house, avec une basse entraînante, un tempo un peu à contretemps, et des rythmes guitares et voix latino zar-bi. Je suis sous le charme !

Santiago Navas

Voici un autre morceau issu du même EP (dont on peut écouter l’intégralité sur toutes les plateformes de streaming), intitulé « Región » :

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Tu veux ma culture dans ta gueule ? #005 Trois courts-métrages
18 octobre, 2017, 21:35
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

 

Même si je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer au blog en ce moment, ça fait trop longtemps que je n’ai rien publié. Alors, comme le guignol de Guillaume Durand, « moi, le temps, j’le prends »…

Cette fois, j’ai décidé de vous faire découvrir quelques courts-métrages que j’ai vus à la fin de mon adolescence et qui transpirent la culture que j’ingurgitais à l’époque. Il faut dire que, abonné à Canal + et à Canalsat, j’ai l’occasion d’en bouffer pas mal, du court-métrage. Je l’ai déjà écrit sur ce blog, mais à l’adolescence, j’ai l’idée, peut-être un peu saugrenue, d’enregistrer des VHS de 240 minutes entières « dans le vide », c’est-à-dire sans programmation : j’enregistre MCM ou MTV la nuit, à la recherche d’une bouteille à la mer. Je fais de même avec des chaînes comme 13e Rue, Planète, Comédie!, Paris Première ou Canal Jimmy. C’est d’ailleurs un peu comme ça, complètement par hasard, que je tombe sur The Sopranos ou Six Feet Under – mais c’est une autre histoire !

Le premier court que je présente est réalisé par Christophe Smith et Benoît Delépine en 1995, intitulé A l’arraché, l’histoire d’un voleur minable, interprété par Delépine lui-même, qui se fait rattraper par sa victime. Le film a reçu une récompense dans le cadre du festival de Gérardmer en 1996. Je ne sais plus où j’ai vu ce truc (certainement sur Canal + tard dans la nuit), mais ça m’a marqué… C’est mon frère qui m’a remis ces images dérangeantes en tête !

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A la fin des années 1990, j’ai 15-16 ans, c’est la fin du collège, et je suis un fan de « l’humour Canal ». Je suis donc complètement happé par tout ce que font Jamel Debbouze, Gad Elmaleh, Eric & Ramzy, les Robins des bois, et tout ceux qu’ils touchent (Kader Aoun, Alain Chabat, Gérard Darmon, Omar & Fred, etc.). Je suis devenu un inconditionnel de la série H, évidemment, de nombreux sketchs de Jamel, par exemple, sont devenus cultes pour moi, je tombe complètement sous le charme du revival Chabat (les films, à commencer par Astérix et Cléopâtre, mais aussi le Burger Quizz)… Un jour, je tombe complètement par hasard sur un court-métrage de Denis Thybaud intitulé Granturismo (2000), avec Gérard Darmon, Jamel Debbouze et Zoé Félix (on y entend également les voix de Fred Testot et d’Omar Sy). A cette époque, Jamel est sur le toit du showbiz, il peut tout se permettre, en particulier cette perruque-combo cheveux-bouc ! Voilà, c’est n’imp’, mais c’est cadeau :

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Pour terminer, je vous propose un truc chelou un peu borderline chopé complètement par hasard sur 13e Rue (je crois), que j’ai adoré. Un truc bien tordu, bien trash, bien drôle. Ca s’appelle Balibalo, réalisé par Marc Andréoni en 2002. C’est l’histoire de la rencontre entre une bagnole rempli de malfrats et un jeune scout innocent, et ça va saigner… Le réal joue Marco, et j’aime beaucoup cet acteur (il joue le psy dans Caméra Café, le directeur de la prison dans Zonzon et un malfrat dans le génial Total Western). Si vous ne connaissez pas ce court, je suis super fier de vous le faire découvrir !

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Voilà encore un peu de ma culture dévoilée, et cette chronique ne va pas arranger mes bidons avec la bien-pensance… La bise les gens !



LCS 202. Yasmine Hamdan, « Shouei », 2012
26 août, 2017, 0:50
Classé dans : Ca, de l'art ?,Ils font avancer le monde,Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un morceau de Yasmine Hamdan intitulé « Shouei », 9e piste de son premier album solo (Yasmine Hamdan) sorti en 2012 chez Kwaidan Records.

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Je suis tombé sur ce morceau à la radio, il y a quelques années. J’écoutais distraitement le poste, et puis cet accord de guitare… et cette voix particulière. Je me laisse bercer par cet air mélancolique chanté en arabe, cette balade dont je ne saisis que la sensibilité. Le genre de son qui te fait sourire tristement et pleurer, sans t’en rendre compte, et sans savoir vraiment pourquoi. Pas tout à fait revenu de mes émotions, je reconnais finalement cette voix : c’est celle de Yasmine Hamdan.

Il faut dire que j’ai déjà eu l’honneur d’apprécier ce timbre de voix plusieurs années auparavant. A l’époque abonné à Technikart, je reçois, hiver 2009 finissant, une couverture noire intrigante, avec deux visages à moitié cachés. Le journaliste Benoît Sabatier s’entretient avec Yasmine Hamdan et le producteur Mirwais, qui s’apprêtent tous les deux à révolutionner la pop avec l’album Arabology (sous le nom Projet Y.A.S.). J’ai lu cette interview plusieurs fois, j’étais pressé que le disque sorte. Deux mois plus tard, je peux enfin l’écouter. Claque dans la gueule, à commencer par le morceau « Get It Right » : 

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Dans l’entretien, Mirwais, ancien de Taxi Girl et producteur de la Madone du début des années 2000, annonce la couleur :

« On part du vœu pieu de créer quelque chose qui n’a jamais été fait. Aller plus loin que la musique, intégrer dans la culture pop occidentale la langue arabe, qui est connotée soit exotique, soit agressive. Pour Arabology, je voulais une production intellectuelle. [...] Ce qui m’a intéressé [...], c’est l’uchronie. Partir de postulats tronqués, comme Philip K. Dick pour Le Maître du haut château, avec des États-Unis dirigés par l’Allemagne et le Japon. Depuis une quinzaine d’années, je vis avec ce fantasme : et si les Beatles, et Dylan, l’explosion pop, n’avaient pas existé ? Comment vivrait-on ? Arabology correspond à ces réflexions. Notre clip du morceau « Yaspop », c’est uchronique : on nous voit planter un drapeau symboliquement arabe sur la Lune, comme si la conquête spatiale des Américains et des Soviétiques avait échoué. [...] Dans l’industrie pop contemporaine totalement écrasée par les codes occidentaux, un tel disque en arabe, c’est une attaque frontale esthétique. »

(suite…)



Lud le Bootlegger revient… avec The Irish Maid
26 juillet, 2017, 23:44
Classé dans : Epicurian Arts

 

Le bootlegger amateur que je suis (en fait : juste un bartender amateur – je ne fabrique ni ne vends mon propre alcool) est toujours aussi alcoolique, mais il écrit et publie moins. J’ai inauguré cette rubrique en 2013, et je n’ai pas publié grand-chose ! Blague à part, avant de sombrer dans la déchéance alcoolique, petit rappel : le but c’est le plaisir, le plaisir altruiste de s’amuser avec des amis en leur faisant plaisir ; le plaisir laborieux de travailler à produire quelque chose dont on peut être fier ; le plaisir artiste d’affiner son art(isanat) et d’améliorer ses productions. Juste le plaisir amateur de jouir de la vie. Pas d’alcool sans plaisir, l’inverse c’est l’alcoolisme. Pas d’alcool sans précaution ni sécurité. Let’s go !

Depuis l’arrivée des deux prochains sauveurs du monde (mes jumeaux, trois ans dans trois jours), je dois avouer que, concernant les cocktails, j’ai levé le pied – et par conséquent, j’écris beaucoup moins dessus aussi. Le seul truc que je continue à faire, c’est d’acheter des livres de cocktails, et quand je n’ai plus d’argent pour m’en procurer, ce sont mes chers élèves qui prennent le relais (deux de plus dans ma collec’ !).

La recette que je vais vous présenter, je ne l’ai pas chinée dans un obscur opuscule dédié à l’art du mix, mais sur Internet. La réalité est moche, je sais. J’ai oublié par quel biais, mais je tombe (certainement par erreur) sur le site des Inrocks, et la recette du Irish Maid. L’auteur de l’article (Luke, des Frères James) raconte son aventure : à l’arrivée de l’été, il cherche un cocktail frais et désaltérant, alors il va demander à Aron, bartender au Glass. Ce bar, l’un des nombreux bars à cocktails situés à Pigalle, est l’un de mes préférés : étroit, sombre, on peut venir entre potes, à deux pour causer, ou seul, parce que la solitude, « ça fait peut-être mal au bide, mais c’est bon pour la gueule ». Un cocktail et un hot-dog minute, à 23h50, en plein Pigalle, seul, en plein hiver : ça vous réchauffe une âme esseulée. (suite…)



The Sopranos’ lives #001 Quand T. Sirico et S. Schirripa se parodient en Muppets !
15 juillet, 2017, 0:55
Classé dans : Ca, de l'art ?

 

Si vous lisez régulièrement ce blog, vous savez déjà que je suis un fan inconditionnel de la série The Sopranos, créée par David Chase à la fin des nineties. J’espère que j’aurais la patience de développer cette nouvelle chronique intitulée The Sopranos’ lives : le but est de raconter les Sopranos, en long, en large et en travers, comme un amateur surtout. Je ne veux surtout pas me substituer aux experts officiels. Par contre, je préfère prévenir : ayant visionné l’intégralité de la série une bonne vingtaine de fois, il risque d’y avoir du spoiler !

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Je vous annonce un premier épisode léger et cabotineux avec deux acteurs importants de la série : Tony Sirico et Steve Schirripa.

Tony+Sirico+Steve+Schirripa+Garden+Dreams+AufyBE1aQWOlSteve Schirripa et Tony Sirico (Madison Square Garden, New York, 22 janvier 2013) – copyrights Brad Barket/Getty Images 2013

 

(suite…)


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