Ce que j’en dis…

Lud le Bootlegger revient… avec The Irish Maid
26 juillet, 2017, 23:44
Classé dans : Epicurian Arts

 

Le bootlegger amateur que je suis (en fait : juste un bartender amateur – je ne fabrique ni ne vends mon propre alcool) est toujours aussi alcoolique, mais il écrit et publie moins. J’ai inauguré cette rubrique en 2013, et je n’ai pas publié grand-chose ! Blague à part, avant de sombrer dans la déchéance alcoolique, petit rappel : le but c’est le plaisir, le plaisir altruiste de s’amuser avec des amis en leur faisant plaisir ; le plaisir laborieux de travailler à produire quelque chose dont on peut être fier ; le plaisir artiste d’affiner son art(isanat) et d’améliorer ses productions. Juste le plaisir amateur de jouir de la vie. Pas d’alcool sans plaisir, l’inverse c’est l’alcoolisme. Pas d’alcool sans précaution ni sécurité. Let’s go !

Depuis l’arrivée des deux prochains sauveurs du monde (mes jumeaux, trois ans dans trois jours), je dois avouer que, concernant les cocktails, j’ai levé le pied – et par conséquent, j’écris beaucoup moins dessus aussi. Le seul truc que je continue à faire, c’est d’acheter des livres de cocktails, et quand je n’ai plus d’argent pour m’en procurer, ce sont mes chers élèves qui prennent le relais (deux de plus dans ma collec’ !).

La recette que je vais vous présenter, je ne l’ai pas chinée dans un obscur opuscule dédié à l’art du mix, mais sur Internet. La réalité est moche, je sais. J’ai oublié par quel biais, mais je tombe (certainement par erreur) sur le site des Inrocks, et la recette du Irish Maid. L’auteur de l’article (Luke, des Frères James) raconte son aventure : à l’arrivée de l’été, il cherche un cocktail frais et désaltérant, alors il va demander à Aron, bartender au Glass. Ce bar, l’un des nombreux bars à cocktails situés à Pigalle, est l’un de mes préférés : étroit, sombre, on peut venir entre potes, à deux pour causer, ou seul, parce que la solitude, « ça fait peut-être mal au bide, mais c’est bon pour la gueule ». Un cocktail et un hot-dog minute, à 23h50, en plein Pigalle, seul, en plein hiver : ça vous réchauffe une âme esseulée. (suite…)



The Sopranos’ lives #001 Quand T. Sirico et S. Schirripa se parodient en Muppets !
15 juillet, 2017, 0:55
Classé dans : Ca, de l'art ?

 

Si vous lisez régulièrement ce blog, vous savez déjà que je suis un fan inconditionnel de la série The Sopranos, créée par David Chase à la fin des nineties. J’espère que j’aurais la patience de développer cette nouvelle chronique intitulée The Sopranos’ lives : le but est de raconter les Sopranos, en long, en large et en travers, comme un amateur surtout. Je ne veux surtout pas me substituer aux experts officiels. Par contre, je préfère prévenir : ayant visionné l’intégralité de la série une bonne vingtaine de fois, il risque d’y avoir du spoiler !

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Je vous annonce un premier épisode léger et cabotineux avec deux acteurs importants de la série : Tony Sirico et Steve Schirripa.

Tony+Sirico+Steve+Schirripa+Garden+Dreams+AufyBE1aQWOlSteve Schirripa et Tony Sirico (Madison Square Garden, New York, 22 janvier 2013) – copyrights Brad Barket/Getty Images 2013

 

(suite…)



Tu veux ma culture dans ta gueule ? #004 Patrick Braoudé
4 mai, 2017, 17:01
Classé dans : Ca, de l'art ?,La Société en question(s)

Il y a un an à peu près, j’inaugurais une nouvelle rubrique sur ce blog, intitulée « Tu veux ma culture dans ta gueule ? », dont le titre est, je le répète, « suffisamment vague et ambivalent pour servir de prétexte et y mettre tout ce qui me fait bander culturellement ».

Après trois épisodes plus ou moins consacrés à des dessins-animés, j’ai décidé de centrer mon propos sur un artiste qui mérite, selon moi, à être davantage connu. Comme toujours, la lecture de ce papier vérifiera encore cette hypothèse, que je répète à l’envi sur ce blog : la culture prend de nombreuses formes et des chemins bien tortueux.

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À peu près à l’âge de sept ou huit ans, je tombe sur un film sur TF1, un mardi soir ou un dimanche soir. Un film que mes parents ou moi avons enregistré en VHS. Ce film s’intitule Génial mes parents divorcent ! (1990, Patrick Braoudé), et je m’en suis délecté avec régularité à l’époque. C’est l’histoire de gamins de CM2 qui se déchirent sur la situation conjugale de leurs parents respectifs ; c’est la guerre des boutons moderne, avec le stigmate du divorce en ligne de mire, et le retournement du stigmate. Patrick Braoudé, beaucoup plus tard, rappellera que ce n’était pas un sujet dérisoire, car, « à l’époque, les enfants de divorcés étaient des moutons noirs »

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Évidemment, c’est l’identification à des jeunes un tout petit plus vieux que moi qui a joué sur l’engouement que je porte à ce film : voir ces jeunes vivre des trucs (à peu près) réalistes, drôles (certaines scènes sont terribles), pas édulcorés (les douleurs des enfants liées à un divorce, en particulier), m’a permis de m’identifier aux personnages. Et puis, il ne faut pas oublier le point essentiel : le film est filmé du point de vue des enfants. (suite…)



Pierre Bourdieu : la mystification de l’école libératrice

 

En tant que professeur de Sciences économiques et sociales (SES), j’ai dû lire un peu de Pierre Bourdieu pour affronter les programmes lorsque je suis entré dans le métier, il y a sept ans maintenant. J’y ai découvert une pensée féconde, une pensée qui bouscule, une pensée ardue pour un étudiant qui, comme moi, a une formation plus économique que sociologique (je me souviens d’un chargé de TD, en 2e année de licence, qui était littéralement féru de Pierre Bourdieu, et qui nous avait fait lire plusieurs textes dont on n’avait même pas compris le titre). Petit à petit, je me suis frotté un peu plus sérieusement à la pensée du sociologue : Les Héritiers, Sur la télévision, Questions de sociologie, une palanquée d’articles aussi, principalement issus des Actes de la recherche en sciences sociales, puis La Misère du monde, Science de la science et réflexivité, Invitation à la sociologie réflexive, Interventions, Le sociologue et l’historien. Plusieurs autres ouvrages ont été commencés : Méditations pascaliennes, Homo Academicus, Sur l’Etat en particulier. Et puis une foultitude d’essais sur Pierre Bourdieu, qu’il est illusoire de tous citer ici.

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J’admire beaucoup ce grand penseur, et c’est avec une étrange fascination que, sous le coup de coude d’un enseignant-chercheur que j’ai rencontré l’an dernier, je suis nécessité à lire Jacques Rancière et, ainsi, à entendre les féroces critiques que le philosophe a émises à l’endroit du sociologue. Je dois reconnaître que cette tension entre Rancière et Bourdieu (du nom d’un formidable ouvrage de Charlotte Nordmann) est très féconde pour mon esprit fermé ! Je voudrais ici partager un texte du sociologue, publié en 1966, à propos de ce qu’il appelle l’idéologie jacobine. Bonne réflexion !

 

 

Pourquoi le système d’éducation est-il si rarement soumis à une critique radicale ? Je voudrais montrer que le radicalisme ou le terrorisme verbal dissimule le plus souvent une complicité souterraine avec la logique du système d’enseignement, les valeurs qui le soutiennent et les fonctions qu’ils remplissent objectivement. Ne s’accorde-t-on pas trop facilement pour dénoncer les insuffisances de ce système et celles-là seulement que le système d’enseignement doit aux conditions économiques et politiques de son fonctionnement ?

Dénoncer et combattre, au nom d’une surenchère d’exigences, toutes les tentatives pour transformer un système archaïque, cela est incontestablement utile, mais cela est aussi incontestablement rassurant. D’abord, on se donne les justifications du révolutionnarisme verbal en réaffirmant les exigences concernant les conditions du fonctionnement du système ; ensuite on se dispense ainsi d’examiner le fonctionnement proprement dit de ce système, d’en analyser la logique et d’en découvrir les fonctions réelles. C’est pourquoi j’ai la conviction que l’idéologie jacobine sur laquelle repose la critique traditionnelle du système d’enseignement, et aussi, il faut le dire, certaines critiques traditionnelles des réformes gouvernementales de ce système, justifient le système sous apparence de le contester en même temps qu’elles justifient dans leur conservatisme pédagogique nombre de ceux qui s’en réclament, même à l’intérieur de l’Université. (suite…)



LCS 201. Jack Seps, « Nihon Dropping », 2016
22 avril, 2017, 19:47
Classé dans : (l'allitération de la) Littérature,Musique & Music

 

Ces derniers jours, l’artiste Larry Nocksy (aka Hare-T) a mis en boîte le morceau « Nihon Dropping », que mon frère Jack Seps a publié à la fin du printemps 2016 sur son compte Soundcloud. Le titre est une face B d’une piste disponible sur un disque de musique de Pokemon, et comme nous ne savons pas encore lire le japonais, ben on ne sait pas qui en est l’auteur !

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Jack a écrit ce morceau à la suite de son voyage au Japon, à l’été 2015, voyage qui semble l’avoir bien marqué. Il résidait alors dans le quartier Jujo. Il a enregistré le morceau assez vite, aux studios Axiome à Montreuil (93). Aux dires même de Jack, ce morceau a des chances d’intéresser tout au plus trois ou quatre personnes tant il est crypté, codé ! C’est en effet un name-dropping de tout ce qu’il aime au Japon, une sorte de pot-pourri de son amour pour la culture nippone (« Nihon » signifiant Japon), et, comme on pouvait s’y attendre, il y a beaucoup de ce qui a fait la culture d’un enfant occidental né dans les eighties ! Pour dire les choses honnêtement, c’est le morceau qui me plaît le moins parmi tout ce qu’a fait mon frère. Mais, non seulement, je reconnais à ce morceau un certain nombre de qualités, mais je l’apprécie de plus en plus.

On sent que Jack prend un réel plaisir à affirmer son amour pour le Japon. A l’écoute, de par la manière dont il a écrit ce texte, son interprétation ressemble par moments à certains morceaux du Party de Plaisir de Tekilatex (2007), en particulier le titre « Bonne Soirée » (même si Jack livre un rap plus classique et, selon moi, plus intéressant sur ce type de morceau). D’ailleurs, la référence à Tekilatex et TTC n’est pas si étrange que cela : non content d’avoir bercé notre adolescence et post-adolescence (pour ma part), l’un de nos titres préférés de TTC s’intitule « Ebisu Rendez-vous », sorti sur leur maître-album Bâtards sensibles (2004), dans lequel les trois rappeurs racontent leur voyage au Japon, et déclarent leur flamme au pays du Soleil levant.

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Pour terminer, je voudrais dire un mot du clip de « Nihon Dropping », car le travail de Larry Nocksy vaut le détour. Mais avant, j’aimerais faire part d’un tourment récurrent chez Jack Seps qui, en effet, ne cesse de rappeler ce paradoxe dès qu’on parle musique : c’est par le biais du clip, donc de l’image, qu’aujourd’hui le public entre dans la musique. Selon lui, sans clip, il est impossible d’intéresser un public, aussi étroit possible. Et je ne lui donne pas tort, non seulement parce qu’il semblerait bien que les artistes subissent cette évolution, mais surtout parce que… je laisse penser, par le fait même d’écrire une chronique sur ce titre-là en particulier, premier clip de Jack Seps, que sa musique n’est intéressante qu’à cette condition-là ! Les Buggles l’ont doublement prophétisé dans leur « Video Killed the Radio Star », sorti en 1979, d’abord dans le morceau, mais ensuite parce que le clip du morceau fut le premier à être diffusé sur MTV, au lancement de la chaîne en 1981. Jack me dit souvent, désabusé, que les gens ne s’intéressent à la musique que s’ils peuvent la « voir » en clip ; et on peut légitimement se poser la question : le clip a-t-il tué la musique ? Le clip fait-il forcément écran pour la musique qu’il est censé mettre en valeur ? Ou le clip peut-il être aussi harmonieusement complémentaire de la musique ?

On peut maintenant parler du formidable travail de Larry Nocksy, qui a décidé de répondre à chaque « drop » de name par une image, autant que faire se peut. Même si une erreur imperceptible s’est glissée dans le clip – on voit une image cool de Totoro alors que Jack dit « Toto », apparemment une marque de lavabo ou de toilette (mais Totoro, c’est cool quand même !) -, le travail de Larry Nocksy est tout bonnement génial : non seulement l’image est tremblante (ce qui donne de la vitesse, ce qui est loin d’être évident avec une suite de photos), mais aussi l’alternance d’images est rythmée, par construction, par le flow de Jack. D’un point de vue formel, le tout s’accorde donc très bien, d’autant plus qu’il y a un petit côté « professionnellement artisanal » de la part de Larry, qui convient parfaitement. L’essentiel, néanmoins, se trouve ailleurs. Ce qui est si plaisant dans le clip, c’est que l’image est au diapason de la musique : l’image n’écrase pas la musique, ne lui fait pas d’ombre, elle apporte au contraire quelque chose au morceau, « notamment de la compréhension » selon les propres dires d’un Jack Seps ravi du résultat. Le clip facilite la lecture du morceau, il rend fluide un texte et une interprétation qui, sans l’image, restent tout de même sacrément ésotériques ! Voilà un exemple parfait d’un mariage réussi entre l’image et la musique. Jack semble néanmoins avoir raison : c’est grâce au beau travail de Larry Nocksy qu’on va peut-être s’intéresser au beau travail de Jack Seps… Finalement, je n’ai qu’un conseil à leur donner : continuez à faire ce que vous faites, les mecs. Sincèrement, c’est du beau boulot. D’un côté comme de l’autre. Allez, je vous le remets, je fais ce que je veux, c’est mon putain de blog :

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La Parole Ouvrière (1830-1851) a des choses à nous dire sur l’élection présidentielle 2017

 

Dans les années 1970, le philosophe Jacques Rancière a déjà rompu avec le marxisme d’Althusser et entreprend une longue recherche qui le mènera à une thèse d’État en 1981. A l’époque, professeur de philosophie à l’Université de Vincennes, il décide de « [transformer son] cours de philosophie en groupe de recherche sur l’histoire ouvrière » (p. 339) et trouve son partenaire, Alain Faure, « Etudiant transfuge d’un département d’histoire » (p. 339) (qu’on ne doit pas confondre avec l’historien Alain Faure, spécialiste de la classe ouvrière à l’Université Paris 10 Nanterre). En 1976, avec cet étudiant, Jacques Rancière publie La Parole Ouvrière, une sélection de textes écrits par des prolétaires français entre 1830 et 1851. Ce livre a été réédité par les éditions La Fabrique en 2007*, et c’est une vraie libération de lire ces textes qui, non contents de signifier l’émancipation ouvrière pour les prolétaires de l’époque, amorcent également une véritable émancipation pour le lecteur du XXIe siècle, enfermé dans les contradictions et les absurdités de son siècle.

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Je ne sais pas si je l’ai déjà écrit ici, mais si je me suis lancé dans l’exploration rigoureuse de la pensée de Jacques Rancière, c’est grâce à ma rencontre, l’an dernier, avec un enseignant-chercheur de l’ISP-ICP de Paris, un véritable maître ignorant qui a fait sienne la non-méthode de Rancière ; c’est lui qui m’a poussé à revenir à Rancière, que j’avais lu trop rapidement plus tôt dans ma vie ; c’est lui qui m’a obligé à comprendre Rancière par moi-même, sans me le verser tout cuit dans le bec, pratique qui est trop souvent vouée à l’échec d’ailleurs ; c’est lui qui ravive la flamme que j’ai en moi depuis ce mémoire sur la crise de 1929, rédigé en 2009, cette flamme de la recherche universitaire et du questionnement scientifique. Bon, trêve de bavardage : en ces temps troublés d’élection toute pétée, je m’en vais reproduire quelques textes issus, donc, de La Parole Ouvrière.

* Les références renvoient à l’édition de 2007.

 

A la fin de son introduction (pp. 26-27), Alain Faure introduit et cite deux textes d’époque :

 

« Espoir et désespoir mêlés dans cette réflexion d’avant le combat que prêtait l’écrivain républicain Rey-Dusseuil dans son roman Le Cloître Saint-Merri à un ouvrier insurgé de juin 1832 :

« Tout le monde ne peut pas être riche, je le sais, mais tout le monde doit vivre, je le veux !… Qui nous arrêterait ? La peur de la mort ? On n’a peur de mourir que quand on a plaisir à vivre. La mort est la seule amie du peuple, si elle vient avec une balle, elle se présente mieux qu’attendue sur un grabat… En avant, donc ! »

En écho, à seize ans de distance, cette pensée se retrouve dans la brochure d’un ouvrier supposé tranquille, Cousin-Vesseron (Nécessité de l’organisation du travail) :

« Faut-il s’étonner si des hommes, pour qui le passé et le présent n’ont que des souvenirs d’amertume d’une réalité de souffrance, jettent vers tout nouveau soleil un regard d’impatience et d’espoir ; après tout, l’ouvrier n’a rien à perdre, son sort ne saurait être pire ; il ne désire pas les bouleversements, il ne les craint pas non plus, puisqu’à chaque catastrophe il peut espérer voir cesser l’intolérable état de choses dont il est la victime et se voir débarrasser du fardeau de misère qui depuis si longtemps pèse sur lui. »

Attitude devant la mort qui nous renvoie à la mort quotidienne subie dans l’atelier et à l’avenir qui se pense et se fait à partir d’elle ; s’exprimant dans la pensée ouvrière. »

 

L’extrait suivant (pp. 37-43) provient d’un texte écrit en 1831 par l’ouvrier typographe Augustin Colin, publié dans Le Cri du peuple :

 

« [...] Nous avons secoué le joug de l’aristocratie nobiliaire pour tomber sous la domination de l’aristocratie financière, nous avons chassé nos tyrans à parchemin pour nous jeter dans les bras des despotes à millions. (suite…)



LCS 200. La Femme, « Le Vide est ton nouveau prénom », 2016
3 avril, 2017, 13:34
Classé dans : Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un morceau du collectif La Femme, qui s’intitule « Le Vide est ton nouveau prénom », présent sur leur deuxième album Mystère sorti en 2016 chez Born Bad.

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Le groupe réunit des membres dont les origines géographiques sont diverses, mais dont l’ascension est fulgurante !

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Les références musicales sont nombreuses : ils penchent vers le meilleur de The Cure, Siouxsie & the Banshees, vers Taxi Girl, Jacno, Marie et les Garçons aussi, ils mixent cold wave et surf garage, mais ils coulent parfois aussi vers le pire de The Cure, le pire d’Etienne Daho, Indochine… Ouais. Du coup, je sens bien qu’en publiant La Femme, je vais exciter les haters, tant le groupe suscite aujourd’hui les railleries hautaines de ceux qui, hier, les encensaient aussi démesurément ; je sais que certains vont me renvoyer aux Inconnus et leur « Isabelle a les yeux bleus », et je m’étais déjà fait la réflexion en écoutant leur tout premier album. Mais je m’en fous. J’aime bien ce qu’ils proposent, et je vous emmerde.

Ce qui se dit dans « Le Vide est ton nouveau prénom », les instruments choisis, le rythme, tout ça me parle. Alors, peut-être que c’est dû à une rupture amoureuse douloureuse, l’une des plus grandes douleurs qui soient dans la vie d’un être humain, mais ça me parle. Je ne pourrai jamais oublier son prénom, ni sa personne, mais il le faut ; il faut que le vide devienne son nouveau prénom, que ce vide soit remplacé dans mon cœur… ne serait-ce que pour que les souvenirs amers et crève-cœurs que je partage avec elle redeviennent de bons souvenirs, malgré tout. Sombre paradoxe. Le vide, c’est bien le sentiment qui caractérise quelqu’un qui aime encore quelqu’un qui ne l’aime plus. « Les roses c’est rare/Et toi tu les piétines/Une étoile t’est tombée des mains/Tu la regardes partir loin/Les étoiles ça file pour de bon/Maintenant, elle doit veiller/Sur quelqu’un d’autre que toi. » C’est marrant comme ces mots trouvent un écho remarquable dans mon histoire ; j’espère tant être cette étoile, mais surtout mon plus grand souhait, maintenant, c’est avoir le privilège de veiller à nouveau sur quelqu’un. Je suis un être solitaire, bizarre, tourmenté, et en même temps, incapable de ne pas aimer, de ne pas partager, de ne pas donner… C’est ça qui manque, c’est ça le vide, le trou noir dont on n’aperçoit jamais le fond, ces « inviolables frontières de glace » derrière lesquelles l’être aimé et tout ce que l’amour représente s’échappent. Le dilemme, alors, se déploie : doit-on encore aimer au risque de ne plus l’être, de tout perdre, notamment l’espoir et le goût de vivre, ou doit-on s’enfoncer dans la misanthropie, la solitude, le cynisme, le nihilisme ? Comment peut-on vivre avec le risque de la perte ? Comment peut-on vivre en refusant d’offrir ?

Comme je n’ai plus le goût d’écrire, je partage les morceaux qui suivent sans commentaire. Les trois premiers sont issus du premier album Psycho Tropical Berlin (2013) : « Nous étions deux », « Le Blues de Françoise », « La Femme ». Les deux autres sont issus de leur deuxième album : « Où va le monde ? », « Elle ne t’aime pas ». Le beau visuel de Psycho Tropical Berlin est signé de l’artiste belge Elzo Durt, habitué à créer pour Born Bad Records, tandis que l’encore plus beau visuel de Mystère est signé de l’immense Tanino Liberatore, un artiste italien que j’adore (RanXerox, la pochette de Frank Zappa, et puis toutes les femmes dessinées par le maître)...

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LCS 199. VedeTT, Tuer Les Gens, 2015
5 mars, 2017, 17:11
Classé dans : Musique & Music

 

Cette semaine, je n’ai pas choisi un morceau, mais un album intégral, celui du groupe VedeTT intitulé Tuer Les Gens, sorti en 2015 chez Echo Orange. Voici le titre qui donne son nom à l’album, histoire de vous faire patienter jusqu’au terme de ce papier.

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Là encore, la découverte de ce truc mérite d’être racontée. Un jour de début février 2017, je perds mon temps sur Facebook, comme souvent. Sur le profil de Bester Langs, le grand manitou de Gonzai, une photo avec un t-shirt « J’aime pas les gens » sur un sac en cuir. Dans les commentaires, un internaute (apparemment le boss du label Echo Orange qui fait de la promo) partage le clip du morceau « Tuer Les Gens ». Voilà… Passionnant, hein ? Ce morceau dépressif et misanthropique, cold pop à l’anglaise, chanté en français, me parle instantanément. Le site du label précise : « Son album [...] sort dans un contexte difficile : les attentats du Bataclan. Certains médias hésitent à diffuser le premier single, à cause de son apparente violence. Pourtant, ce titre, gentiment provocateur, qui donne le nom à l’album, exprime avec un vrai fonds de tendresse et de bienveillance la difficulté d’aimer l’autre (Tuer les Gens / Tu es les Gens). » J’aurais pu ajouter « Tu hais les Gens »…

Comme je tombe dingue du morceau, je fouine, je tombe sur l’album… et me laisse embarquer. Il y a de la mélancolie et de la loose dans cet album, plein, et de la grandeur, et pis de la larme et du sourire triste, et évidemment un peu de misanthropie et de solitude. Un album d’une trentaine de minutes, bien serrées, trop court évidemment, alors repeat. Parfois, le rythme est plus rapide, comme dans « Fried », un beat qui ressemble à des coups de couteau glacé dans un déjà mort. La voix est perchée, file comme un synthé, gelée comme un lac canadien en hiver sous un soleil lumineux. A l’écoute, je repense à la prose de Daniel Dominici, le personnage joué par Alain Delon dans le film La Prima Notte di Quiete, de V. Zurlini (1972), le titre signifiant la première nuit de quiétude (ou de calme), en d’autres termes, la mort : « Mais il n’existe pas de chemin vers l’amour espéré qui me soit plus doux à parcourir en cette vie. Renonce, je t’en conjure, à cette décision féroce qui t’entraînerait loin de moi, derrière d’inviolables frontières de glace. » Putain… D’inviolables frontières de glace…

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Les Inrocks précisent que c’était un trio venu d’Angers, repéré au Printemps de Bourges avant que Nerlov, le fondateur et chanteur, continue en solo. Il raconte aux Inrocks l’histoire de l’album : « J’ai composé cet album tout seul lorsque les autres membres du groupe ont décidé d’arrêter. J’ai tout fait chez moi dans mon home studio, à part certaines voix que j’ai enregistrées dans les studios Tostaky [...] La musique de VedeTT fait partie de la grande famille de la pop noire, un peu sombre et un peu fataliste… c’est un peu triste, mais malheureusement, je n’arrive pas à faire autre chose pour l’instant. »Les influences ? Q Lazzarus, Etienne Daho, War on Drugs notamment.

 

VedeTT Nerlov

 

Post Scriptum : C’est marrant, les thèmes, la musique et les conditions de production me rappellent cet album étrange d’une jeune femme originaire de mon pays, le sud de la Seine-et-Marne, Mohini Geisweiller (l’album s’appelle Event Horizon (2011), je l’avais néanmoins trouvé moins bon que ce Tuer Les Gens). Allez, je vous en donne un aperçu (le titre s’appelle « Milk Teeth ») :

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LCS 198. Villejuif Underground, « In The Beginning There Was Us », 2016
23 février, 2017, 0:04
Classé dans : Musique & Music

 

J’ai choisi cette semaine un morceau du Villejuif Underground, « In The Beginning There Was Us », présent sur le dernier 45T intitulé Heavy Black Matter, sorti chez Born Bad Records à la toute fin de l’année 2016.

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J’ai découvert ce truc génial en écoutant l’émission n° 568 de Rock à la Casbah, il y a un mois, émission hebdomadaire que je recommande chaudement tant j’y trouve de perles. Le Villejuif Underground semble être un groupe « parisien » emmené par l’écriture et la voix de l’Australien Nathan Roche. Dans l’émission, DJ Bingo, après l’écoute du morceau, évoque les « premiers Beck un peu bricolos et aussi Marc Minelli » ; l’animateur (dont j’ai oublié le nom) lui répond alors que ça risque de faire plaisir à Nathan Roche de n’avoir pas été comparé au Velvet Underground, car il n’y a aucune référence. D’ailleurs, l’Australien n’aimerait pas du tout qu’on compare sa voix à celle de Lou Reed… Apparemment, lorsqu’il est arrivé à Paname, Nathan Roche a habité à Villejuif, et ça l’aurait fait marrer de donner ce nom au groupe !

Villejuif-BD-

Voilà ce qu’en a dit le site The Drone alors qu’ils sortaient leur premier album Villejuif Underground en 2016 chez SDZ : « Nathan Roche est un garnement à la production foisonnante qui semble absolument incapable de tenir en place. Tout à la fois stakhanoviste et un peu cossard, éparpillé et éclairé, le jeune écrivain/musicien en provenance d’un bled paumé du nord de l’Australie a déjà sorti plus d’une dizaine d’albums [...], a joué dans autant de groupes et a bien dû écrire le double de romans (aucun de ces derniers n’a été publié par contre). Installé depuis plus d’un an en France, il habite désormais dans une cabane à Villejuif [...], y a débauché une bande de zazous locaux en guise de musiciens et sort aujourd’hui un premier album avec cette clique de débraillés [...], lesquels sonnent tellement comme le Velvet Underground circa Loaded que ça en devient presque un concept [...]. » Nathan Roche risque de ne pas apprécier… [Un autre petit papier de The Drone ici] J’ai écouté d’autres morceaux de l’EP, mais je ne suis pas aussi enchanté que ce « In The Beginning There Was Us » ! J’adore ce morceau : cette voix étrange, haut perchée, une instru étrange et répétitive, inactuelle. J’adore, voilà !

Je tiens à partager un autre titre du groupe, sorti sur leur premier album déjà cité, « On The Seine », qui me rappelle le coda joué au piano du « Layla » de Derek & the Dominos (1970) qu’on entend en générique de fin des Affranchis de Scorsese, un truc à la fois triste, mélancolique, comme si c’était la fin de quelque chose d’incroyable, une belle histoire d’amour ou une belle épopée professionnelle et amicale, ce qu’était la vie d’Henry Hill avant la descente aux enfers : « Et tout ça, maintenant c’est fini. C’est maintenant le plus dur. Aujourd’hui, tout a changé. J’attends que ça se passe comme tout le monde. [...] Je suis un quelconque minable. Je vais finir ma vie dans la peau d’un plouc. »Amen.

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Paye ta playlist ! #007 by Lud : My Classics R’n'B
15 février, 2017, 21:46
Classé dans : Ca, de l'art ?,Musique & Music,Un peu d'Histoire

 

Bonjour à tous (vous devez être bien… trois maximum !) et bienvenue pour cette nouvelle playlist, qui sera beaucoup plus avare en blabla que la dernière (en même temps, ce n’est pas difficile de faire moins bavarde que ma playlist Musica de Brasil). Cette fois, je vous convie à une plongée dans mon adolescence, la musique qu’on écoutait un peu par-dessus la jambe dans la 306 au lycée – donc celle qui passait plutôt sur les ondes, le R’n'B mainstream quoi, et qui fleure bon le début des années 2000. Une manière, aussi, de faire découvrir un temps pas si ancien aux jeunes curieux que je côtoie tous les jours : le R’n'B à la fin des 1990s début 2000s, c’était bandant ! Encore une fois, je vous préviens : cette playlist est entièrement subjective, partiale, partielle, et comportera quelques anachronismes (certains morceaux ne datent pas de la fin 1990s début 2000s – oui, je triche, mais je fais ce que je veux, c’est mon putain de blog). Je vais essayer de la faire chronologiquement… Et je m’excuse par avance : je n’ai pas toujours mis les clips disponibles sur Youtube, car ils sont trop souvent censurés, et je déteste ça !

On commence tout de suite avec un groupe qu’on pourrait qualifier davantage rap que R’n'B, mais bon : Fugees, immense groupe qui a moyennement fini, mais nous, les enfants des eighties, on s’en tape, parce qu’on s’est pris ce putain d’album The Score (1996) en pleine face, et qu’on était un peu trop jeune pour apprécier la bagarre East Coast/West Coast du début des 1990s, même si on s’est bien rattrapé ! Je vous propose deux morceaux connus, que j’affectionne tout particulièrement : « Fu-Gee-La », suivi de « Ready Or Not ».

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